04 octobre 2009

Crise du capitalisme


Le texte qui suit est le premier chapitre du programme électoral rédigé par le Parti du Travail genevois pour les élections cantonales de cet automne, mais il est toutefois aussi un programme politique allant bien au-delà des quatre ans de législature. Le programme a été rédigé par la commission politique du PdT dont je suis le président; pour voir la mise-en-page originale, suivez ce lien. Les quelques articles que j'ai publié aujourd'hui sont les différents chapitres du programme. L'analyse préliminaire sur la crise du capitalisme est de ma plume.

Depuis quelques mois, le capitalisme vit sa plus grande crise depuis 1929, probablement la pire crise de son histoire. L’économie est en récession, de plus en plus d’entreprises font faillite et licencient en masse, le Bureau International du Travail prévoit 50 millions de chômeurs de plus pour cette année. Selon toute vraisemblance, et selon toutes les analyses sérieuses, cette crise devrait durer encore au moins quinze ans ; il n’y a pas de raison d’ailleurs qu’une crise de telle ampleur dure moins, celle de 1929 ne s’est achevée qu’avec la Seconde Guerre mondiale. Celle que nous vivons actuellement a éclaté avec les subprimes américains, pour s’étendre à toute la finance de ce pays, puis à toute l’économie mondiale. Actuellement, l’économie suisse commence à être touchée par la récession et les vagues de licenciements, telles que l’affaire Franck Muller, le taux de chômage a augmenté de 60% en 12 mois et le nombre de faillites d’entreprises de 26,2% ; et ce n’est là que le début, selon toutes les prévisions, le pire de la crise est devant nous. Thomas Daum, directeur de l’Union patronale suisse, a d’ailleurs clairement annoncé quel avenir les maîtres du capital préparent pour les travailleurs : «ça ira mal à la rentrée, des décisions comme celle de Frank Muller, il y en aura certainement une par mois».
Il s’agit là, bien plus que de l’éclatement d’une simple bulle spéculative, d’une crise structurelle du capitalisme. La cause en va donc bien au-delà de l’incompétence de quelques managers ; la crise est le résultat nécessaire du mode d’accumulation du capitalisme qui tend à produire toujours plus sans augmenter les salaires en conséquence afin de pouvoir garder toujours des profits maximums, jusqu’à obtenir des masses de produis invendables qui précipitent l’économie entière dans la récessions et les travailleurs dans la misère ; l’excès de richesses cause la misère généralisée, là est l’absurdité profonde du système. Selon Atilio Borón, docteur en sciences politiques, professeur titulaire de théorie politique et sociale, directeur du Programme latino-américain de télé-enseignement en sciences sociales (PLED) : « il s'agit d'une crise de surproduction doublée d'une crise de sous-consommation. Ce n'est pas par hasard qu'elle a éclaté aux États-Unis puisque ce pays vit artificiellement, depuis plus de trente ans, de l'épargne extérieure et du crédit extérieur, deux choses qui ne sont pas infinies : les entreprises se sont endettées au-delà de leurs possibilités ; l'État s'est endetté lui aussi au-delà des siennes pour faire face non à une guerre, mais à deux, non seulement sans augmenter les impôts, mais même en les réduisant, tandis que les citoyens sont systématiquement poussés par la publicité à s'endetter pour soutenir une surconsommation effrénée, irrationnelle et gaspilleuse. » La financiarisation de l’économie, bien loin d’apporter la croissance perpétuelle que promettaient les pseudo-experts néolibéraux, n’était qu’un moyen de retarder la crise de surproduction en faisant consommer les gens à crédit, c’est-à-dire en s’endettant, et en utilisant leurs dettes comme produits financier (dont la valeur était assurée par l’hypothèse que les débiteurs allaient pouvoir les rembourser, avec lesquels jouer en bourse. Mais ce monopoly n’a fait que retarder un peu la crise pour qu’ensuite elle ne fasse qu’éclater avec plus de violence lorsque les gens ne pouvaient plus payer ne serait-ce que les intérêts de leurs dettes.

Pendant des années, les maîtres du monde et leurs « experts » autoproclamés ont imposé aux peuples des politiques néolibérales de dérégulation de l’économie, de privatisations et de liquidation des acquis sociaux obtenus par des décennies de lutte, sous prétexte que ces mesures étaient nécessaires à la bonne santé de l’économie. Or le néolibéralisme a conduit le capitalisme à une crise sans précédant, et aujourd’hui les chantres du « moins d’Etat » et de la « concurrence libre et non faussée » se disent tous « étatistes » et « keynésiens », et vantent à présent la régulation de la finance et l’intervention de l’Etat. Auraient-ils fait une indispensable autocritique ? Nullement ! Ils continuent de servir les mêmes intérêts, ceux des seigneurs du capital. Leur prétendu « plan de sauvetage » de l’économie, leur discours sur le fait que nous serions « tous dans le même bateau », ne sont de fait que la plus grande escroquerie de l’histoire. Ceux là même qui n’ont jamais voulu trouver les 82 milliards de dollars pour arrêter la faim et les épidémies dans le monde, qui ont prétendu que les modestes revendications sociales des travailleurs étaient impossible à satisfaire parce que « les caisses de l’Etat sont vides », ceux là mêmes ont soudain trouvé des sommes faramineuses à offrir à leurs banquiers en difficulté, sans prise de contrôle ni même droit de regard de l’Etat, ni aucune condition d’aucune sort, comme cadeaux pur et simple : 1'400 milliards d’euros, 700 milliards de dollars et 65 milliards de francs suisses !Par contre, pour les travailleurs, ils préconisent de se serrer la ceinture : du fait de la crise, les revendications sociales et salariales seraient irréalisables ; au contraire, il faut baisser les salaires, accepter les licenciements, baisser les retraites, couper encore et encore dans les déjà ridiculement faibles prestations sociales. Par exemple, Doris Leuthard, conseillère fédérale en charge du Département fédéral de l’économie, a tenu le 24 août une réunion à huis clos avec quelques «spécialistes» issus du milieu patronal, sans aucun représentant des travailleurs évidemment, sur le thème pour le moins surprenant «comment mettre à profit la crise» (c’est-à-dire comment augmenter encore les profits des actionnaires) ; d’ailleurs, elle annonce clairement la couleur : «discipline personnelle et dynamisme économique», c’est-à-dire plus d’exploitation et des baisses de revenus pour les salariés, qui doivent faire preuve de «discipline» et se serrer la ceinture pour que leur patron n’ait pas à baisser un tant soit peu son luxueux et démesuré train de vie.

C’est que les décideurs des Etats bourgeois sont au service justement de la bourgeoisie. Avec leurs « plans de sauvetage » ils veulent faire une chose très simple : renflouer les capitalistes avec les impôts des travailleurs, nous faire payer leur crise, prendre aux exploités l’argent investi actuellement dans les prestations sociales pour le donner aux banquiers. D’autant que ces cadeaux ne serviront pas à autre chose qu’à relancer la spéculation pour un round, avec comme issue de nouveau la crise. Les discours des décideurs sur la « relance » et la « moralisation » du capitalisme ne sont qu’hypocrisie. Car s’ils veulent sauver quelque chose, c’est bien le capitalisme, leur monde à eux, les conditions de leur richesse et de notre oppression. Or cette crise a amplement démontré l’incapacité du capitalisme, qu’il soit néolibéral ou régulé, à assurer ne serait-ce que les besoin les plus vitaux des peuples (près de 1 milliard de personnes sur terre souffrent de malnutrition ou de famine). Aussi le Parti du Travail n’est nullement intéressé à une «relance du capitalisme», tout simplement parce qu’il n’y a aucune raison de le relancer. Toutes les grandes entreprises fonctionnent comme société anonymes, sans propriétaire véritable (la majorité des actions étant généralement détenue par des fonds d’investissement), gérées par des cadres salariés. S’il existe encore une concurrence entre elles, il s’agit d’une concurrence entre monopoles et qui ne mène que trop souvent à des guerres impérialistes et à l’oppression néocoloniale. Dans ces conditions, poursuivre la production privée est une absurdité, mis à part pour les seigneurs du capital et leur richesse insolente. Il faut au contraire détruire cette société et ce système oppressif et gaspilleur pour construire à la place une société socialiste qui seule peut satisfaire les aspirations des peuples.

La précarisation de la population


Chapitre social du programme électoral du Parti du Travail, auteur Cécilia Toledo

Les constantes «réformes» économiques et «révisions» des lois sociales ont eu raison des quelques acquis sociaux des travailleurs. Les transformations dans le monde du travail ont permis aux entreprises de recourir de plus en plus à des emplois temporaires et à des emplois précaires pour la jeunesse. En 2006, 5.6% de la population active en Suisse exerçait un travail temporaire et ce pourcentage tend à augmenter d’année en année. Les chiffres suivants sont parlants: 40% des travailleurs intérimaires sont âgés de moins de 25 ans, près de la moitié de la main d’œuvre temporaire est de nationalité étrangère, deux tiers d’entre eux ont achevé leur apprentissage ou disposent d’une formation supérieure[1].

Alors que les travailleurs temporaires qui sont détenteurs d'un CFF ont plus de chance de trouver un emploi fixe, chaque année le marché du travail manque cruellement de places d’apprentissage. Les chances d’obtenir un emploi durable s’amenuisent pour les nouvelles générations. En Suisse, 63% des étudiants sont obligés d’avoir une activité lucrative même pendant les périodes de cours puisque la proportion des bénéficiaires de subsides étatiques est de 14%[2]. En comparaison, cette proportion est de 87% en Suède.

La baisse de la durée des indemnisations de chômage a obligé les demandeurs d’emploi à accepter des emplois précaires, dont les emplois temporaires. Aujourd’hui, alors que la crise économique frappe à la porte de la Suisse, ces emplois sont les premiers à être supprimés. Le durcissement des lois sur le chômage, sur l’asile et les étrangers, sur l’assurance invalidité sert à flexibiliser la gestion économique par l’Etat mais jette jour après jour de nombreuses personnes dans la précarité. En ces temps de crise et grâce aux «réformes», l’Etat pourra soutenir le marché du travail en «exportant» le chômage, c’est-à-dire en expulsant sous des prétextes fallacieux des étrangers travaillant et vivant depuis des années en Suisse. L’Etat peut aussi alléger ses charges en réduisant le nombre de prestataires des assurances et de l’assistance sociales. Il faut dire qu’il en a bien besoin s’il veut soutenir les banques et leurs actionnaires!

Une autre de ces nombreuses révisions: le parlement fédéral veut diminuer les rentes du deuxième pilier de presque 10%. Le référendum a abouti grâce aux efforts combiné du Parti suisse de Travail, de l’AVIVO, de UNIA et bien d’autres organisations avec près de 200'000 signatures! En automne 2009, il faudra voter contre ce projet honteux.


A Genève, des dizaines d’expulsions de locataires sont ordonnées par décision d’un juge alors que la crise du logement n’est pas prête à s’enrayer. La fermeture des squats a augmenté les demandeurs de logement et, en même temps, durement amoindri les espaces de culture alternative.

Ce n’est pas seulement la rigueur économique qui produit cette augmentation des inégalités, c’est aussi l’idéologie dominante patriarcale. Dès janvier 2009, l’application de la nouvelle loi sur les allocations familiales prévoit que la prestation soit versée au parent qui travaille. En cas de divorce, dans de nombreux cas ce sont les femmes qui élèvent les enfants mais qui également ont des difficultés à réintégrer le marché du travail. Ce qui induit que souvent les femmes doivent quémander les allocations familiales à leur ex-mari!

La crise économique va grossir les rangs des plus précarisés parce que le système capitaliste protège avant tout le règne de la propriété privée et de la liberté de commerce.

Les propositions du PdT :

1. Rétablir la durée des indemnisations du chômage de 400 à 520 jours

2. Rétablir les prestations de l'aide sociale cantonale (remboursement des frais de vêtements et transport)

3. Rétablir les prestations complémentaires pour les bénéficiaires de l'OCPA en Ville de Genève et l'élargir à tout le canton

4. Garantir suffisamment de places d'apprentissage

5. Favoriser une culture accessible à tous et particulièrement la culture alternative autogérée

6. Garantir un soutien financier pour les étudiants

7. Augmenter les allocations familiales et versement au parent qui à la garde des enfants lors d'une séparation

8. Légaliser les sans-papier

[1] La Vie économique, revue de politique économique 12-2007, pp 47-50
[2] La situation sociale des étudiant-e-s en Suisse et dans d'autres pays d'Europe, CSRE

Un regard critique sur le monde du travail




Chapitre travail du programme électoral du Parti du Travail, auteur Esteban Munoz


La tendance générale dans la politique patronale est « l’assouplissement » de l’organisation du travail pour s’attaquer indirectement aux conditions de travail durement arrachées pendant plus d’un siècle de luttes syndicales. Dans le continent européen, cette orientation est dictée par la Commission européenne qui veut instituer « la flexisécurité » dans la période 2008-2010.
Il s’agit de combiner flexibilité et sécurité du travail sous l’exemple des pays nordiques. La sécurité de l’emploi serait la garantie de toujours trouver un emploi et non la garantie de conserver son emploi. Dans cette optique, le volet de « sécurité de l’emploi » dans le concept de flexisécurité n’a d’autre objectif que de rendre la main d’œuvre plus maniable, plus docile et moins organisée.


Dans ce cadre de « sécurité du travail », toutes les conditions sont réunies pour réduire le salaire réel ou allonger le temps de travail hebdomadaire car le changement d’emploi régulier causera une compétition plus importante entre les travailleurs.


D’autant plus que le plein emploi, que les libéraux font miroiter aux travailleurs depuis des décennies, est loin d’être acquis ni même propice pour les actionnaires, les banquiers et les capitalistes en général.


Le chômage va au contraire augmenter à cause de la crise structurelle du capitalisme. Les travailleurs ont la force et la capacité de construire des logements ou de fabriquer des produits de consommation en des temps record, mais ce système économique qui crée quotidiennement des inégalités ne peut pas concevoir la distribution des richesses autrement que par l’appât du gain. Et donc au lieu d’augmenter le revenu des ménages, les dirigeants économiques et politiques encouragent la diminution du coût du travail et la déréglementation du marché du travail.


Un autre versant de la politique de la droite, c’est la lutte pour isoler les syndicats et les éloigner du lieu de travail. Il y a un demi siècle, les centres de production en Suisse et en Europe employaient beaucoup de travailleurs, ce qui favorisait un esprit de cohésion et de classe entre les travailleurs et motivait une lutte intense contre le patronat. Aujourd’hui en Suisse, 99% des entreprises sont des PME qui emploient moins de 250 personnes et emploient près de 65% de la population active. A cela s’ajoute une plus grande flexibilité du travail et une criminalisation des luttes syndicales pour démoraliser les travailleurs et les empêcher de se révolter.


Les propositions du PdT :


1. Elargir les CCT à toutes les branches de l'économie
2. Briser la « paix du travail » en faveur d’une stratégie syndicale de lutte de classe
3. Instituer un salaire minimum
4. Réduire le temps de travail hebdomadaire à 35 heures
5. Interdire les licenciements abusifs
6. Garantir constitutionnellement le droit de grève

Un droit au logement pour tous


Chapitre logement du programme électoral du Parti du Travail, auteur Esteban Munoz


En 2006 le rapporteur spécial de l’ONU sur le logement convenable dénonçait dans un rapport accablant les expulsions massives de logements au niveau mondial. Ce sont des millions de gens qui se retrouvent à la rue chaque année, plus que les réfugiés de guerres et de catastrophes. A Genève, le PDT demande que l’article 10A pour le droit au logement, qui est inscrit dans la constitution de la République et Canton de Genève, soit pleinement appliqué. La loi permettrait en outre de lutter contre la spéculation menée par les milieux immobiliers et soutenue par les magistrats des partis bourgeois. Spéculation qui a comme conséquence d’enrichir les propriétaires et les régies au dépend des locataires. Ce sont des immeubles laissés vides pendant plusieurs années pour spéculer sur des immeubles neufs plus rentables, en favorisant les bureaux et les commerces en lieu et place de logements économiques pour les familles modestes. Les loyers ne cessent d’augmenter. Ainsi que les résiliations de bail, pour pouvoir relouer à un prix encore plus élevé ou encore acheter et revendre des immeubles à des prix exorbitants. Le seul but des investisseurs est d’augmenter la marge de la plus-value et des profits. La preuve en est l’exemple récent de la vente par la Fondation de valorisation des actifs de la BCGE d’un bâtiment, situé au Bd. Georges-Favon, pour le montant de CHF 10,7 millions à une société luxembourgeoise qui l’a revendu, deux ans plus tard, au Fonds de compensation de l’AVS pour la somme de CHF 25,5 millions ! C’est le même système prôné par les intérêts privés qui favorise le déclassement des terrains agricoles en les transformant en zone villas pour augmenter leur valeur. La crise du logement ne touche pas exclusivement les couches populaires mais aussi la classe moyenne. Sauf en période de récession, le taux hypothécaire et les intérêts élevés ne permettent pas l’acquisition d’un bien immobilier à un coût raisonnable puisque tant le prix foncier que celui de la maison sont soumis à la logique du marché. Pour stopper l’escalade scandaleuse de personnes expulsées, sans-abri ou mal-logées. Pour un droit au logement digne pour tous !

Le PdT propose :



  1. Construire des logements selon les besoins et les moyens des citoyens, en priorisant les logements économiques et les équipements socio-culturels à proximité


  2. L’urbanisme, l’architecture et l’aménagement doivent être définis en collaboration avec la population ; pour une ville commode pour ses habitants et respectueuse de l’environnement


  3. Pas d’évacuation sans solution de relogement


  4. Baisse des loyers et réquisition des immeubles vides pour les personnes sans logis, transformation des locaux commerciaux en locaux d’habitation


  5. Promouvoir une politique sociale du logement et encourager les pouvoirs publics à prendre des mesures pour instaurer un contrôle général des loyers et des appartements vacants


  6. Lutter pour que les locataires soient protégés efficacement et soutenir les organisations démocratiques de défense des locataires


  7. Renforcer la loi fédérale et cantonale pour en finir avec la spéculation et la dictature du marché


  8. Elaborer une nouvelle réglementation du droit foncier pour faciliter en particulier l’acquisition par les collectivités publiques des terrains à bâtir


  9. Augmenter l’achat de terrains par les communes pour une plus grande maîtrise du sol


Contre la politique des caisses vides, pour une fiscalité redistributive


Chapitre fiscalité du programme électoral du Parti du Travail, rédigé par mes soins


Depuis plus de deux décennies, les forces de la bourgeoisie, à l’appui d’une campagne médiatique délirante, reposant sur le matraquage et le catastrophisme sans autre argument, ont réussi à imposer le dogme néolibéral en matière de fiscalité. Les impôts ont été systématiquement baissés et rebaissés, soi-disant pour tout le monde selon la démagogie libérale, alors que seuls les plus fortunés en profitent réellement ; les baisses les plus notables ayant été la réduction linéaire de 12% sur l’impôt cantonal direct obtenue par le Parti libéral ; ainsi que la récente suppression de la prétendue « double imposition », c’est-à-dire suppression de l’imposition des dividendes des actionnaires, parce que soi-disant le profit du capital a déjà été imposé, donc une suppression pure et simple de l’imposition sur le revenu de ceux qui s’enrichissent sur le travail d’autrui. Evidemment, cette politique ne pouvait que mener à des déficits à répétition et à l’endettement pour l’Etat, déficits encore accrus par la hausse des dépenses de services sociaux due à l’augmentation de la pauvreté du fait justement des politiques néolibérales. Plutôt que de revenir sur ces baisses d'impôts, la droite dit que s'il y a déficit, c'est que l'Etat coûte trop cher et coupe encore et encore dans les prestations sociales, supprimant ainsi l'un après l'autre les maigres acquis des travailleurs suisses. Pour aller encore plus loin, les milieux de droite projettent de démanteler la progressivité des impôts, sans laquelle il ne peut y avoir de redistribution, pour la remplacer par la « flate rate taxe », soit le même taux d’imposition pour tout le monde quel que soit le revenu, voire la suppression pure et simple de l’impôt direct au profit des impôts indirects, tels que la TVA, impôts antisociaux au possible, car taxant la consommation au même taux pour tout le monde, ruinant les pauvres et ne prenant que fort modiquement aux riches.


Or ce manège a un but précis : supprimer progressivement la fonction redistributive de l’impôt afin de changer la répartition du produit social entre le travail et le capital, au profit de ce dernier. Les classes populaires souffrent de cette politique, car pour quelques francs gagnés en baisse d’impôts, elles perdent plusieurs fois plus en prestations sociales, prestations qui loin d’être du « gaspillage » sont absolument vitales. Des couches de plus en plus larges de la population s’enfoncent ainsi dans la misère la plus noire. Ce qui a pour conséquence immédiate d’augmenter encore les revenus plus que confortables des seigneurs du capital. Mais cette politique n’est pas que le fruit d’une avidité démesurée des actionnaires et qui pourrait donc être corrigée en « moralisant » le capitalisme ; elle est absolument nécessaire au capital. En effet, étant donné que les entreprises ont l’obligation de produire toujours plus et à moindre coût et en même temps ne pas augmenter, voire baisser les salaires réels, afin d’assurer sans cesse plus de profits à leurs actionnaires et rembourser leurs prêts auprès des banques avec intérêts, la croissance de la production dépasse toujours celle des revenus, ce qui condamne le capitalisme à des crises de surproduction répétitives et de plus en plus brutales. Les baisses d’impôts, parmi d’autres volets de la politique néolibérale, étaient un moyen d’essayer de retarder la crise. Les « experts » néolibéraux autoproclamés prétendaient que leurs recettes allaient assurer une croissance perpétuelle sans plus jamais de crise, or on a vu qu’elles n’ont fait qu’un peu repousser celle-ci, la rendant par contre encore plus brutale.


A présent, les milieux bourgeois voudraient baisser les impôts encore plus, afin de faire payer aux travailleurs leur crise et essayer de sauver au moins en parti leurs intérêts égoïstes. Cette politique ne saurait être la nôtre. La crise que nous traversons rappelle plus que jamais que les intérêts de l’immense majorité de la population et ceux des puissants de ce monde sont strictement antagoniques, ce qui pose la nécessité pour toutes les classes que le capitalisme opprime de s’organiser politiquement pour arracher le pouvoir au patronat et à ses pseudo-experts et de construire une société socialiste qui seule peut correspondre à leurs aspirations. Et il n’y a aucune raison de sauver le capitalisme, et à fortiori pas en faisant payer ce sauvetage aux masses populaires. Il n’y a donc pas plus de raison de continuer de baisser les impôts, au contraire il faut massivement les augmenter pour les hauts revenus, car non seulement une imposition fortement progressive est nécessaire pour assurer une redistribution, même limitée, des richesses à travers les prestations sociale, mais elle est aussi pour assurer les investissements socialement indispensables, comme l’école publique et gratuite, les infrastructures et logements publics, les services publics qui pour être de qualité ne peuvent parfois qu’être déficitaires…dépenses que les partis bourgeois ont tendance à négliger et à privatiser si possible, ce qui signifie délabrement, mauvaise qualité et inaccessibilité pour une large partie de la population


Le Parti du Travail propose donc :


1. D’augmenter fortement les impôts directs pour les hauts revenus afin de revenir sur les baisses d’impôts successives tout en accentuant la progressivité de la fiscalité.

2. De taxer fortement les profits spéculatifs, les dividendes et les holdings.


3. De fixer le centime additionnel des communes au même taux (proche de celui des communes urbaines) et d’établir une péréquation intercommunale avec le versement des excédents communaux dans une caisse commune afin de supprimer les paradis fiscaux pour hauts revenus tels que Cologny ou Vandoeuvre et de financer ainsi les indispensables dépenses sociales, d’infrastructures et culturelles des communes urbaines.


4. De taxer fortement les entreprises qui licencient tout en faisant des bénéfices.


5.De mettre en pratique le principe de la Taxe Tobin afin d’imposer fortement les capitaux purement spéculatifs.


6. De s’opposer à toute hausse de la TVA et d’autres taxes indirectes, il faut au contraire les remplacer par l’imposition directe.


7. D’abolir les forfaits fiscaux.


8. De supprimer le secret bancaire pour pouvoir poursuivre sévèrement la fraude et la soustraction fiscale qui font perdre de milliards aux pays pauvres, mais aussi à la Suisse car des riches contribuables helvétiques en abusent massivement aussi.

ma santé n'a pas de prix


Chapitre santé du programme électoral du Parti du Travail; auteur Cécilia Toledo


Les causes de maladies se multiplient à Genève, qu’elles soient psychologiques ou physiologiques, les personnes affectées sont certes les personnes âgées mais aussi les salariés jeunes et de moins de 55 ans. Les cancers, les psychoses, les dépressions, les accidents de travail, le stress, le virus HIV, l’alcoolisme, le tabagisme touchent toutes les catégories sociales de la population. Paradoxalement, les prestations sociales sont constamment attaquées comme la rente AI et le coût des cotisations de base de l’assurance maladie n’arrête pas de monter. Les compagnies d’assurance et les entreprises pharmaceutiques font des profits énormes sur le dos des malades et des rentiers AVS. La médecine à deux vitesses s’est installée en Suisse à cause des politiques d’austérité édictées par la classe dirigeante et les milieux économiques. L’idéologie de la droite et du patronat aborde le domaine de la santé comme un marché comme un autre, c’est le rendement des entreprises qui l’emporte sur le bien être moral et physique des travailleurs. L’espérance de vie des salariés exerçant un travail pénible est fortement réduite comparée à celle des cadres. L’individu malade voulant toucher l’AI est prié de s’adapter sinon, même après des années de cotisation, l’assurance AI lui est refusée. Les coupes budgétaires ont péjoré la qualité des soins et diminué la durée de la prise en charge des patients dans les établissements hospitaliers publics. Parfois pendant des mois, des personnes sont en attente d’une opération ou d’un traitement efficace en raison du manque d’infrastructures et de personnel. Notre corps et celui de nos enfants ne peuvent pas être considérés comme une marchandise ! La santé « est un droit fondamental de l’être humain, indispensable à l’exercice des autres droits humains. Toute personne a le droit de jouir du meilleur état de santé susceptible d’être atteint, lui permettant de vivre dans la dignité. » Nous refusons que le secteur public de la santé soit privatisé.


Les propositions du PDT



  1. Caisse maladie publique cantonale pour une assurance de base équitable proportionnelle au revenu et à la situation économique des citoyens


  2. Relèvement massif du premier pilier AVS/AI pour des prestations garantissant une vie décente


  3. Prise en charge rapide des arriérés de l’assurance maladie pour les personnes démunies et malades


  4. Soins dentaires gratuits pour les enfants et les personnes percevant un revenu modeste


  5. Intensifier les campagnes de prévention, renforcer la médecine scolaire et le dépistage des maladies à chaque étape de la vie par des consultations gratuites


  6. Améliorer la médecine préventive et la sécurité sur les lieux de travail en développant un cadre de travail soucieux de la santé des salariés


  7. Garantir une formation de qualité et des conditions de travail correctes (intensité, horaires et salaire) pour tout le personnel médical


  8. Garantir le droit à des soins de qualité pour tous, indépendamment du revenu et du statut des patients

  9. Renforcer et garantir les droits des patients, comme celui d’information

  10. Limiter les marges de profit sur les médicaments

  11. Augmenter les budgets et renforcer les effectifs des établissements hospitaliers publics, HUG, EMS

  12. Plus de contrôle sur la gestion des EMS et transparence sur les fonds publics utilisés

  13. Garantir l’accès des personnes handicapées aux établissements publics et privés

  14. Favoriser l’intégration des invalides en leur garantissant une formation professionnelle et un emploi

  15. Lutter contre la discrimination et l’isolement des personnes malades et âgées

La voix des jeunes


Programme électoral du Parti du Travail, chapitre sur la jeunesse; auteur: Esteban Munoz

Les problèmes des jeunes générations sont depuis bien trop longtemps pointés du doigt pour stigmatiser la jeunesse et manipuler l’opinion publique. Les médias et les partis bourgeois et réformistes se focalisent sur des thèmes de société comme la délinquance, le suicide, l’alcool, la drogue ou sur des faits d’actualité comme les incivilités ou les mauvais résultats scolaires des élèves genevois. En règle générale, les autorités politiques et administratives ne s’attardent pas à analyser le système qui crée autant d’inégalités sociales et à dégager des solutions politiques courageuses. Par conséquent, chaque année de nombreux jeunes se retrouvent sur le carreau car il n’y a pas assez de places d’apprentissage, d’autres sont marginalisés à cause d’une mauvaise orientation scolaire et par la sélection pratiquée dans l’école genevoise.


Du rêve au cauchemar


Le dogme capitaliste devait donner une chance à chaque personne d’avoir un emploi, un logement et une bonne qualité de vie. Avant même la crise du système économique, cette vision idyllique du capitalisme ne s’est pas réalisée. D’ailleurs, le «rêve américain» est le point de départ de la crise actuelle puisque ce sont les subprimes qui l’ont provoqué. Les effets de cette crise vont se répercuter sur la jeunesse dans les prochains mois. Il convient de mettre en avant des solutions concrètes pour que la jeunesse révoltée ne soit pas désorientée et tentée par les approches fascistes.



Plus de places d’apprentissage


L’apprentissage est une alternative pour beaucoup d’élèves qui acquièrent plus facilement des connaissances à travers la pratique ou qui sont plutôt attirés par des métiers manuels. Néanmoins, ce sont les résultats scolaires qui déterminent ce chemin professionnel. La sélection précoce qui est pratiquée en Suisse rétrécit les chances des élèves dont la situation sociale ou familiale est difficile et compromet l’avenir des jeunes. Il est toutefois primordial d’assurer des places d’apprentissages suffisantes, soit en augmentant les incitations financières pour les PME, soit en créant des entreprises publiques dans la plupart des secteurs et métiers. Bien entendu, sortir le système d’apprentissage du marché de l’emploi est inévitable pour assurer à tous les élèves qui le souhaitent de poursuivre cette voie.


Scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans


Une des façons d’élargir la période de réflexion d’une jeunesse désorientée et fascinée par la société de consommation, c’est de rendre la scolarité obligatoire jusqu’à la majorité civile. En effet, comme dit auparavant, le marché de l’emploi profite d’une main d’œuvre mineure et dépourvue de moyens de défense. Le rôle de l’école, tel que l’entendent les progressistes, est de transmettre aux élèves, futurs citoyens, un esprit critique et indépendant pour surmonter les obstacles de la vie. Un adolescent de 15 ans qui rentre dans le monde du travail, c’est trois ans d’aliénation de trop.



Espaces publics pour les jeunes



La fermeture des squats et des lieux de la culture alternative a limité l’espace de vie sociale des étudiants, des apprentis et des jeunes travailleurs. Des espaces d’expression hors du champ commercial doivent se créer pour évacuer le stress lié aux études et au travail. Les partis de droite ne sont pas sensibles à ce genre de propositions, ils préfèrent renforcer les dispositifs de répression. Les jeunes ont le droit et le devoir d’investir l’espace public.


Changement de société


Au-delà des propositions développées dans ce chapitre, la jeunesse doit saisir l’occasion de cette crise pour remettre en cause le système économique qui a généré autant d’inégalités et d’absurdités. Elle doit refuser d’être instrumentalisée par les milieux économiques qui prônent le moins d’impôt, le moins d’assurances sociales, etc… Mais les jeunes d’aujourd’hui seront les personnes âgées de demain et auront aussi besoin de rentes AVS. Luttons pour un revenu digne pour les étudiants et les apprentis, pour la création de premiers emplois pour les jeunes avec une perspective de dépassement du capitalisme.

La sécurité publique, pouvoir protéger les citoyens et leurs familles




Chapitre du programme électoral du Parti du Travail sur la sécurité; auteur Cécilia Toledo


Le thème de la sécurité préoccupe la population qui s’inquiète de la détérioration de sa qualité de vie quotidienne. En effet, l’angoisse grandit chez les habitants quand ils perçoivent que des vols à la tire (4'122), vols de véhicules (4'525), vols par effraction (5'934), voies de faits et agressions (743), brigandages (432) et autres délits sont commis dans leurs quartiers ou touchent leur entourage proche, quand ce ne sont pas eux-mêmes les victimes. Pour diminuer la criminalité et la violence en ville et dans les quartiers populaires, il faut aussi connaître les causes du développement de la délinquance. Globalement à Genève, les infractions au code pénal ont légèrement augmenté + 2,5 % en 2008, sauf les cambriolages + 21, 6 % à cause du réseau géorgien selon les informations de la police genevoise.


L’Europe reste le deuxième marché de la cocaïne dans le monde
[1], le trafic de drogue (cannabis, cocaïne, héroïne, drogues de synthèse) emprunte divers itinéraires, dont le principal est la route des Balkans. La Suisse nichée au cœur de l’Europe est un lieu de passage avec ses frontières donnant sur les marchés illicites de la France, l’Italie, l’Allemagne. Deux catégories sociales ont été pointées du doigt par les médias et une partie des citoyens : les immigrants et les jeunes, est-ce avec raison ? Les inégalités socio-économiques jouent un rôle primordial, la mafia et les réseaux criminels peuvent, en effet, continuer à s’enrichir grâce non seulement aux guerres et aux conflits mais aussi à l’augmentation de la misère, la pauvreté, les carences culturelles, éducationnelles (rupture scolaire - chômage) et psychiques (maltraitance - toxicomanie) qui touchent, en particulier, deux catégories sociales vulnérables et marginalisées de la société suisse: les requérants d’asile et une jeunesse défavorisée vivant dans les cités du canton et communes avoisinantes.


Une grande partie des petits trafiquants arrêtés à Genève est d’origine principalement africaine et maghrébine. Genève accueille 5,6 % des requérants d’asile demandant la protection de la Suisse. Un requérant d’asile est logé très modestement et reçoit CHF 450. - par mois pour vivre. Il n’est pas habilité à travailler pendant les trois premiers mois, et davantage, si le temps de traitement de la procédure de demande d’asile se prolonge. Les requérants quand ils travaillent, autorisation donnée sous des conditions très strictes, sont engagés pour des travaux souvent ingrats et sous payés. Par ailleurs, les requérants frappés d’une non entrée en matière (NEM) n’ont droit qu’à une aide d’urgence, 483 personnes reçoivent CHF 10.- par jour pour se nourrir et CHF 3.- d’argent de poche
[2]. Il est à souligner que Genève compte 52% d’étrangers nés dans le canton, 38,9 % d’étrangers et 0,7%[3] de requérants d'asile. C’est donc une petite minorité de requérants d’asile qui tombe dans la spirale du trafic de drogue pour survivre et la grande majorité des immigrants travaillent pour subvenir à leurs besoins et ceux de leurs familles


Les 12 à 17 ans sont victimes de 40'000 à 55'000 actes de violence par an en Suisse. En 2006, sur un total de condamnation en vertu de la Loi sur les stupéfiants (LStup), les jeunes âgés de moins de 20 ans représentent 9,04 % et ceux âgés entre 20 et 29 ans 67%
[4]. Ces chiffres indiquent à la fois les condamnations pour consommation et trafic de stupéfiants. C’est les multirécidivistes cependant qui posent réellement des problèmes de criminalité liée au trafic et aux vols en bande organisée, ils constituent 500 personnes en Suisse. Concernant les gangs, les adhérents à de tels groupes représentent 6,5 % des jeunes, en majorité des garçons ; la nationalité n’apparaît pas comme un élément significatif. En revanche, une enquête concernant la violence pratiquée par des groupes prônant l’idéologie d’extrême droite révèle que les actes de violence de ce type ne sont pas des cas isolés ; 10,8% des jeunes en ont été victimes et 9,6 %[5] des interrogés sympathisent avec ces groupes dangereux. Les agressions et les règlements de compte se produisent en général dans l’espace public.
Ce qu’il y a de plus courant et qui gêne la population, ce sont les incivilités : le bruit dans les rues, les dégradations matérielles, les déchets, les injures. En 2005, 44% des enfants et jeunes de moins de 25 ans étaient bénéficiaires de l’aide sociale en Suisse, la crise économique aidant, ce sont entre 55'000 et 60'000 jeunes qui pourraient se retrouver sans emplois en 2010. La rupture scolaire, familiale, sociale et le manque de perspective d’améliorer sa condition économique favorisent la violence chez le jeune. Cependant, les experts indiquent que les auteurs d’incivilités ont tous les âges confondus et que même si la hausse de violence chez les adolescents est gravement significative, dire de la jeunesse que c’est une génération de délinquants n’est ni exact, ni prouvé.


Les zones d’ombre existent en ce qui concerne les statistiques, en effet toutes les données pour obtenir un tableau brossant la réalité ne sont par répertoriées. Divers délits sont moins visibles, par exemple quand ils sont perpétrés dans la sphère privée, chez soi ou des lieux festifs. S’il est connu que la consommation première chez les jeunes est le cannabis, les étudiants effectuant de longues et difficiles études peuvent être tentés occasionnellement par des drogues chimiques ou malheureusement en devenir dépendants. Les traders et le milieu bancaire, les cadres, les patrons, la jet set, les fils à papa, les gens fortunés et d’autres catégories sociales consommatrices de substances illicites n’apparaissent pas forcement dans les données officielles, ils seraient environ 10'000 cocaïnomanes rien qu’à Zürich
[6]par exemple. Les villes de Zurich, Bâle et St-Moritz figurent dans le palmarès des dix premières villes au monde de consommation de cocaïne[7]. Il semblerait que l’opulence rend moins suspect et que les risques de passer par la case prison diminuent avec la taille du portefeuille.


La criminalité internationale et économique ne peuvent s’implanter en Suisse que si des citoyens « respectables » acceptent de coopérer avec l’organisation du crime, le blanchiment d’argent, la corruption, la prostitution, la traite d’êtres humains et de migrants, les trafics de stupéfiants, d’arme, d’organe ou autres. Les paradis fiscaux et off shore attirent les capitaux crapuleux et démanteler les réseaux impliquant les personnes morales et physiques (banques, multinationales, assurances) demande une réelle volonté politique, s’attaquer à la macro criminalité doit être une priorité de l’Etat. Les institutions ne doivent pas servir la classe des privilégiés au dépend de la classe des travailleurs.


Ce qui signifie que la sécurité publique nous concerne toutes et tous, la police doit faire face à la violence ordinaire et diverses autres formes d’infractions incluant aussi les couches élevées de la société. Pour ce faire, elle manque d’effectif suffisant et les conditions de travail deviennent plus difficiles, les salariés des corps de police ont effectué 72'000 heures supplémentaires
[8] l’année précédente à Genève. Par ailleurs, les solutions des partis politiques de droite comme les coupes budgétaires ou fermer des dizaines de postes de police de quartier a eu comme conséquence de réduire drastiquement le rôle de la police de proximité. Les postes ouverts offrent un service minimal tant sur le plan des horaires que sur le nombre d’agents disponibles. Les îlotiers avaient l’avantage de connaître les quartiers qu’ils parcouraient à pied et de rencontrer et de communiquer avec la population locale, les jeunes, les travailleurs sociaux, les associations, les protagonistes de cultures et d’expériences de vie diverses. Le rôle de la police ne doit pas être que répressif et d’intervention mais aussi dissuasif et préventif.


Propositions du PdT


1. Axer comme priorité la lutte contre la criminalité économique et donner les moyens financiers pour mener les enquêtes, démanteler et condamner les protagonistes des réseaux de la prostitution, la corruption et le blanchiment d’argent


2. Veiller au respect des droits humains par la police.


3. Former et engager des îlotiers


4. Améliorer la formation et augmenter les salaires des jeunes recrues ; rendre le métier de policier plus attractif et mieux vu afin de pallier aux difficultés de recrutement


5. Engager les jeunes étrangers au bénéfice d’un permis C


6. Ne pas sous traiter les tâches de la police à des entreprises privées


7. Endiguer la culture de la violence par la prévention et des campagnes dans les écoles, les lieux de formation, les universités, les entreprises, les établissements médicaux-sociaux et publics, les lieux festifs, les médias


8. Donner les moyens financiers nécessaires aux diverses instances pour appliquer la politique des 4 piliers (lutte contre la drogue) : prévention, soins, répression et « aide à la survie »


9. Les mineurs et jeunes adultes incarcérés devraient systématiquement avoir accès à une formation et à la culture ; les mineurs délinquants ne devraient être condamnables qu’à des peines éducatives.


10. Améliorer les espaces ouverts et offrir des lieux culturels de rencontres aux adolescents et aux jeunes adultes de la ville et des quartiers populaires


11. Soutenir financièrement les associations travaillant dans le domaine de l’insertion socioprofessionnelle


12. Stimuler le débat sur les causes de l’immigration dans le monde et les inégalités entre riches et pauvres


13. Promouvoir une véritable politique d’accueil et d’intégration conformément aux traités internationaux des Nations Unies


14. Permettre l'accès au marché du travail aux requérants d’asile et proposer des formations rémunérées dans les associations culturelles, sociales, d’intérêt général ou ONGs


[1] Source : rapport 2008 de l’Organe International de Contrôle des Stupéfiants
[2] Source : l’asile à Genève de l’Hospice général, septembre 2008
[3] Source : Bureau de l'intégration des étrangers http://www.ge.ch/integration/immigration-en-questions/
[4] Source : OFS- Statistique des condamnations pénales, octobre 2007
[5] Source : Les jeunes et la violence. Pour une prévention efficace dans la famille, l’école, l’espace social et les médias, 25 mai 2009
[6] Désintoxication de luxe pour riches cocaïnomanes, Tribune de Genève, 11 mai 2009
[7] Rapport mondial de l’Onu sur la drogue 2009 - UNODC
[8] Rapport d’activité 2008 de la Police de Genève

Internationalisme : la crise est internationale, la solution est mondiale

traduction: mort à l'impérialisme mondial

Chapitre du programme électoral du Parti du Travail sur l'internationalisme; auteur Cécilia Toledo

L’idée répandue dans les pays riches est que « nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde ». Cette position est très pratique car elle ne remet pas en question le système capitaliste qui est la cause de cette misère. C’est une réalité partielle que nous voyons dans nos postes de télévision. Les images de guerres, des dictatures, des ravages de la famine, des catastrophes climatiques et écologiques rendent visible une partie du lourd coût humain que paie les populations du sud. Pourtant, la file des clandestins tentant de franchir les frontières européennes, les personnes emprisonnées dans les centres de rétention ou encore les mendiants dans les rues de Genève ne décrivent pas à leur juste mesure la violence omniprésente exercée contre les milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui partent de chez eux pour sauver leur vie et offrir un avenir meilleur à leurs familles.


Les médias et les autorités n’expliquent pas le mécanisme de pillage des ressources naturelles, l’appétit vorace des multinationales à se procurer le pétrole, les matières premières et précieuses comme l’eau, le gaz, le bois, le cuivre, l’or, les diamants, la biodiversité. Hier, les continents d’Afrique et d’Amérique latine ont connu l’esclavage, la colonisation et la domination. Aujourd’hui encore, le contrôle de la chaîne de production et des marchés engendre les profits faramineux des rois de la finance et des élites. Le revenu des 500 individus les plus riches de la planète dépasse les revenus cumulés des 416 millions de personnes les plus pauvres.


L’exploitation des matières premières permet le développement de notre industrie, technologie et recherche scientifique ; piliers de notre mode de vie. L’injustice est d’autant plus criante quand on réalise que les lois de la concurrence favorisent avant tout les riches, plutôt que les travailleurs suisses et étrangers. Ce qui n’est guère surprenant puisque les oligopoles décident des politiques économiques à mener et que si un gouvernement refuse de s’y plier, ils imposent avec la complicité de l’Etat leurs mesures à coup de bombes et de répression militaire. Les dépenses mensuelles des Etats-Unis pour la guerre en Irak et en Afghanistan sont de 1 Milliard de dollars alors que PIB (Produit Intérieur Brut) du Kenya est de 30 Milliards d’euros.

Le protectionnisme et les subventions pratiquées par les Etats-Unis et l’Europe pour certains secteurs comme celui des produits agricoles mettent en faillite les producteurs locaux et des Etats du Sud. Le montant des subventions agricoles des pays du Nord à leurs exploitations agricoles atteint 1 milliard de dollar par jour. La dette étrangle les pays en développement qui ont remboursé l’équivalent de 102 fois ce qu’ils devaient en 1970, mais entre temps leur dette a été multipliée par 48
[1].

La réponse des pays du Nord est d’accorder une aide au développement de 0,7% du PIB. En Suisse, la coopération étatique au développement repose sur l’article 54 de la Constitution fédérale ainsi que sur la Loi sur la coopération au développement et l’aide humanitaire internationales du 19 mars 1976. Ce sont la DDC et le SECO qui sont chargés de sa mise en application[2].

Malheureusement, la charité n’est ni suffisante, ni efficace. D’abord, le pourcentage de 0,7% n’est pas atteint, la Suisse donne environ 0,4% de son PIB par manque de volonté politique. Ensuite, tant que les gouvernements du nord refusent de reconnaître leur responsabilité dans l’accroissement de la pauvreté et qu’ils privilégient l’ordre économique mondial, le système d’accumulation du capital ne changera pas et le nombre de démunis continuera à augmenter. La solidarité internationale, c’est aider les travailleurs et les peuples à obtenir plus de droits fondamentaux, plus de justice sociale, permettre aux gouvernements des pays en voie de développement le droit d’exploiter les ressources naturelles pour le bien être de leurs peuples, de pouvoir développer l’économie locale et nationale pour nourrir, éduquer et offrir du travail à leurs citoyens. Comme le disait Karl Marx : « Abolissez l'exploitation de l'homme par l'homme et vous abolirez l'exploitation d'une nation par une autre nation. »


Les propositions du PdT



  1. Soutenir les peuples qui refusent de payer la crise économique des USA


  2. S’opposer à l’économie néocolonialiste qui exploite les pays du Tiers-monde


  3. Augmenter et améliorer l’aide au développement des pays du Tiers-monde


  4. Lutter contre la militarisation de la société et ne pas participer au marché des armes


  5. Stopper la collaboration avec les interventions militaires, notamment avec l’OTAN


  6. Développer une véritable culture de paix et de coopération


  7. Demander l’annulation de la dette des pays pauvres


  8. Chaque pays est souverain sur ses propres ressources naturelles


  9. Soutenir les accords de coopération mis en place par des gouvernements progressistes comme l’ALBA (alternative bolivarienne des Amériques)


  10. Taxer les milliardaires pour garantir les besoins fondamentaux des populations


  11. Lutter contre l’évasion fiscale et renforcer la coopération judiciaire avec les pays en développement


  12. Démocratiser les Nations Unies et l’OMC


  13. Abolir les centres de rétentions et ne plus condamner les pauvres pour mendicité


  14. Demander que la Suisse adhère à Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille


  15. Exiger que l’Union Européenne arrête de privilégier le commerce et respecte la souveraineté alimentaire


  16. Exiger que l’Union Européenne arrête de financer des projets et des subsides avantageux pour l’agrobusiness


  17. Soutenir les petites et moyennes exploitations


  18. Interdiction de l’extension des champs d’OGMs


  19. Soutenir les reformes agraires en faveur des paysans pauvres et des indigènes

[1] http://www.cadtm.org/IMG/pdf/TAP_les_chiffres_de_la_dette-2.pdf
[2] http://www.ddc.admin.ch/ressources/resource_fr_164056.pdf

Un autre monde est possible s’il est socialiste

traduction haut: République socialiste fédérative soviétique de Russie
traduction en bas: Les travailleurs n'ont rien à perdre que leurs chaînes,
ils ont un monde à gagner (K.Marx et F.Engels)

Conclusion du programme électoral du Parti du Travail, rédigée par mes soins

En tant que parti des classes que le capitalisme opprime, le Parti du Travail lutte pour la défense des intérêts des exploités et pour leurs revendications immédiates qui dans le rapport de force actuel sont bien trop souvent des revendications défensives ou réformistes. Mais notre but ne saurait évidemment se limiter à préserver les très maigres conquêtes sociales des travailleurs suisses ni à participer aux institutions bourgeoises afin de «gérer autrement» ou de «réformer» la société capitaliste. Car essayer de résoudre les contradictions sociales et économiques dans le cadre du capitalisme relève de la cadrature du cercle. Le problème principal de la société actuelle, dont découlent toutes les autres, est la propriété privée sur les moyens sociaux de production, de crédit et d’échange. La loi fondamentale du capitalisme est la maximisation des profits par tous les moyens, même les plus criminels ; en dehors de cette loi il ne saurait fonctionner, il n’est pas réformable. C’est pourquoi, le but fondamental du Parti du Travail est le renversement politique de la bourgeoisie, la prise du pouvoir par les travailleurs, l’abolition du capitalisme et la socialisation des moyens de production pour l’édification d’une société socialiste, puis d’une société communiste.


Le Parti du Travail tient à participer aux parlements car toutes les formes de lutte sont nécessaires, y compris la lutte institutionnelle, qui permet d’obtenir certaines victoires, même partielles, et de renforcer le Parti et le mouvement populaire de résistance. Toutefois, le parlementarisme ne saurait être pour nous un but en soi, ni le moyen principal pour construire le socialisme. En effet, la résistance de la bourgeoisie qui n’acceptera jamais volontairement de perdre ses privilèges et qui recourt à des solutions de type fasciste dès qu’elle se sent menacée, les limites des processus parlementaires qui n’associent pas les masses aux décisions, la nature non réformable du capitalisme qui ne peut fonctionner en dehors de sa loi fondamentale, rendent toute stratégie de type transformiste, reposant sur une transformation progressive du capitalisme en socialisme, illusoire et menant nécessairement à l’abandon de tout horizon communiste. Au contraire, une rupture de type révolutionnaire est nécessaire : "Quiconque se prononce en faveur de la voie des réformes légales, au lieu et à l'encontre de la conquête du pouvoir politique et de la révolution sociale, ne choisit pas en réalité une voie plus tranquille, plus sûre et plus lente, conduisant au même but, mais un but différent, à savoir, au lieu de l'instauration d'une société nouvelle, des modifications purement superficielles de l'ancienne société […] non pas la suppression du salariat, mais le dosage en plus ou en moins de l'exploitation." (Rosa Luxemburg)


L’objectif fondamental du Parti du Travail est de rassembler les classes populaires dans un mouvement de lutte pour renverser la domination des capitalistes, qui ne gouvernent que dans leur intérêt exclusif et par l’oppression d’une large majorité de la population, briser la machine de l’Etat bourgeois et l’instauration d’une démocratie populaire. En effet, l’Etat dans sa forme actuelle, fondée sur une démocratie purement représentative et la séparation des pouvoirs, construite comme une structure verticale et séparée de la société, est avant tout une machine destinée à assurer la domination bourgeoise et réprimer au besoin ses adversaires. Même une majorité parlementaire révolutionnaire pacifiquement élue ne saurait s’appuyer sur cet appareil d’Etat pour réaliser jusqu’au bout un projet d’émancipation du peuple. Car dans l’Etat sous sa forme actuelle, le pouvoir réel appartient à l’exécutif et plus particulièrement à une bureaucratie dont aucun échelon n’est élu, même les plus hauts, qui n’a donc pas de comptes à rendre au peuple et qui à son sommet fonctionne dans une véritable fusion organique avec le grand capital. Pour réaliser concrètement l’émancipation des classes populaires et une société socialiste, il faut rompre avec le modèle autoritaire et oppressif de l’Etat bourgeois et construire à la place une démocratie populaire, avec comme organe de base le conseil de quartier, formée de tous les habitants et le conseil de travailleurs de chaque entreprise, et fondée sur l’élection de toutes les organes de l’Etat du bas vers le haut, où les membres des chaque instance seraient délégués, élus et en tout temps révocables, de celle immédiatement inférieure avec mandat de défendre les positions que celle-ci aurait prise ; ainsi que l’élection de tous les fonctionnaires importants. Ainsi, pour la première fois dans l’histoire suisse, l’Etat ne serait plus une machine oppressive séparée de la société et aux mains de représentant de la classe dirigeante, mais l’organisation réellement démocratique de la majorité de la population.


Cette nouvelle démocratie populaire aura pour but immédiat la socialisation de tous les moyens de production, de crédit et d’échange, afin de remplacer le marché par le plan centralisé comme instance régulatrice de l’économie, avec un organe central de planification démocratiquement élu et la gestion des entreprises par les travailleurs, organisés en conseil, élisant et contrôlant tout le personnel dirigeant. Une économie socialiste ainsi organisée permettra une production et une distribution en fonction des besoins de la société, sans aucune considération de profit, donc sans pauvreté ni privilèges ni chômage, sans mobing ni surtravail, avec au contraire une réduction du temps de travail substantielle, aux environs de cinq heures par jour. La planification centralisée et démocratique de l’économie permettra aussi l’abandon du dogme de la croissance et une décroissance nécessaire pour la préservation durable de l’environnement, décroissance qui pourra se faire sans appauvrissement, excepté pour les riches, par la suppression des privilèges et des dépenses de luxe, par la suppression des dépenses militaires et des choix de production non gaspilleurs, la priorité à la qualité plutôt qu’à la quantité et le remplacement des énergies fossiles par les technologies renouvelables. La libération de l’humanité des chaînes de la propriété privée permettra aussi de soustraire la culture et l’information du contrôle par le capital, et donc une authentique liberté d’expression par les médias publics et associatifs et des possibilités aujourd’hui inexistantes pour les artistes. Ce contrôle démocratique populaire sur la politique et l’économie permettra la suppression définitive de toute oppression et de toute exploitation, la possibilité pour chaque être humain de bénéficier d’une vie digne et d’un épanouissement social et culturel authentique ; avec comme but final la construction d’une société communiste, une société qui pourra inscrire sur ses bannières « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », une société « où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ». (Karl Marx)

16 septembre 2009

Face à la crise, un séminaire des forces anticapitalistes

La manifestation contre le forum de Davos tenue à Genève le 31 janvier de cette année, malgré l’interdiction scandaleuse et anti-démocratique prononcée par le Conseil d’Etat, a permis aux différentes organisations anticapitalistes (Parti du Travail, solidaritéS, Mouvement pour le socialisme, Gauche anticapitaliste, Action Autonome, Organisation socialiste libertaire, ATTAC, Forum social lémanique, ainsi que des écologistes radicaux non-organisés) de travailler ensemble et de réussir à avoir une bonne collaboration, même pour des formes de luttes semi-illégales avec à la clé un affrontement avec l’Etat bourgeois. Cette expérience a permis un rapprochement entre ces forces et la poursuite de la lutte contre le capitalisme en commun, la «coordination anti-wef» ayant continué ses réunions de façon régulière, pour préparer la résistance au WEF 2010, mais pas seulement ; ainsi, cette même coordination ayant organisé une manifestation contre le G20.

Or donc, ce travail commun ne se limite pas à l’organisation de manifs, où les discussions se limitent à la rédaction de l’appel unitaire et à la logistique. La crise que nous traversons actuellement a rendu des couches de plus en plus nombreuses de la population conscientes que le capitalisme est un système rapace et oppressif qui ne pourra jamais satisfaire leurs aspirations. Les seigneurs du capital sont décidés à faire payer leur crise aux travailleurs afin de sauver leur système et leurs privilèges, les licenciements de masse se succèdent, plus encore sont prévus…il est urgent d’organiser la lutte des travailleurs, pour la résistance, et pour renverser cette oligarchie au pouvoir et dépasser son système oppressif. Pour relever ce défi, les organisations anticapitalistes composant la coordination anti-wef ont décidé d’organiser ensemble un séminaire public, intitulé «regards sur le capitalisme : analyses, perspectives et alternatives» afin de créer un cadre de discussion ouvert, afin de mettre en lumière leurs convergences et divergences dans l’analyse de la société actuelle, la vision d’une société non-capitaliste et la stratégie pour l’édifier ; dans l’optique d’un rapprochement pour mener ensemble une lutte révolutionnaire conséquente pour l’édification d’une autre société. Le séminaire aura lieu le samedi 26 septembre, à partir de 9h30, à la Maison des Associations (15 Rue des Savoises, à quelques pas des locaux du PdT). Pour le Parti du Travail interviendront le matin Esteban Muñoz pour l’analyse de la crise, et l’après-midi moi-même pour présenter un projet d’alternative au capitalisme. Le Parti du Travail vous convie chaleureusement à venir participer au séminaire.

11 août 2009

L'AVIVO fête ses soixante ans : entretient avec René Ecuyer

René au 18e Congrès national du PST en 2006


L'Association des Vieillards, Invalides, Veuves et Orphelins (AVIVO) fête ses soixante ans cette année. Le Parti du Travail ne pouvait manquer d'en parler dans son journal et pour ce faire j'ai eu le plaisir d'interviewer René Ecuyer, un de ceux qui connaissent le mieux l'AVIVO et son histoire. René Ecuyer (est-il encore besoin de le présenter?), secrétaire cantonal du Parti jusqu'en octobre 2008 et tête de liste pour les prochaines élections cantonales, avait adhéré au PdT à l'âge de 20 ans, et à 30 ans avait repris sur demande de Roger Dafflon l'office social de l'AVIVO qui ne fonctionnait plus depuis quelque temps, ce qui l'a vite amené à devoir prendre des dossiers avec lui pendant ses vacances afin d'avoir le temps de tout faire.

Quant à la propre histoire de l'AVIVO, elle commence dans les années quarante, avec des comites de vieillards, fondes par des membres du Parti du Travail, pour la création de retraites populaires. René met l'accent sur ce fait : "l'AVIVO est fondamentalement une émanation du Parti du Travail". Il faut savoir qu'avant 1948, il n'y avait en Suisse de prévoyance vieillesse que privée et réservée aux riches; si bien que les gens de condition modeste devaient travailler tant qu'ils le pouvaient, et dès qu'ils ne le pouvaient plus, ils étaient obliges de demander la charité publique de leur commune d'origine telle qu'inscrite dans leur passeport (souvent un village de Suisse allemande ou ils n'avaient jamais mis les pieds auparavant) pour y vivre dans un foyer, dans le déracinement et la misère.

L'AVS fut enfin concrétisée en 1948. La première AVS se montait à 40,- pour une personne seule et 70,- pour un couple; ce qui était ridiculement peu et bien en deçà du minimum vital, mais tout de même un progrès énorme : enfin les personnes âgées allaient pouvoir bénéficier d'une autonomie financière sans devoir travailler, et en bénéficier en tant que droit et non plus charité. Quant à l'AVIVO même, elle fut fondée à Genève en 1948, et au niveau national en 1949 sous la forme de l'Association Suisse des AVIVO. Elle devint rapidement une organisation de masse. Ainsi à Genève, l'AVIVO compte actuellement de l'ordre de 20 milles personnes, soit environ le tiers de tous les retraités genevois.

René explique que depuis sa fondation et jusqu'a aujourd'hui "l'AVIVO a trois objectifs fondamentaux : une bataille politique contre les inégalités sociales, une bataille pour la défense individuelle des retraités et une bataille contre la solitude". Le combat politique tout d'abord pour la hausse de l'AVS autrefois et contre le démantèlement des retraites aujourd'hui. Ensuite la défense individuelle, soit l'office social qui conseille les personnes et les informe de leurs droits que souvent celles-ci ne connaissent pas et ne peuvent donc pas utiliser. Et enfin, le combat contre la solitude dont souffrent souvent les personnes âgées qui consiste dans les multiples activités récréatives que l'AVIVO organise pour ses membres, dont la première fut l'arbre de noël où chaque participant recevait un petit cadeau, mais aussi des voyages, ou des billets soldés pour divers spectacles, et le thés dansants, etc.

Les communistes ont toujours joue un rôle moteur au sein de l'AVIVO, qu'ils ont fortement contribué a fonder: et des membres du Parti l'ont très souvent dirigé; comme Roger Dafflon ou actuellement Christiane Jacquet Berger, députée du POP au Grand Conseil vaudois et présidente en exercice de l'AVIVO au niveau national. Cette réalité a toujours été très bien acceptée au sein de l'AVIVO; elle est d'ailleurs logique: "les communistes sont naturellement appelés à se battre pour défendre les classes populaires, explique René, les autres partis ont essayé de créer des organisations de retraités concurrentes, mais ca n'a jamais marche, car ce n'est pas leur rôle." Par exemple, le parti radical avait une fois annoncé une telle association en grande pompe, plusieurs avocats radicaux se sont portes volontaires pour effectuer gratuitement la permanence juridique, l'affaire était sur les manchettes de tous les journaux... sauf qu'on en a jamais entendu reparler après la conférence de presse de fondation.

Mais malgré des dirigeants communistes, tous les partis, du moins toutes les opinions politiques ont toujours été représentés a l'AVIVO (des députés de droite y ayants parfois leurs parents), ce qui ne l'a pas empêché de disposer d'une grande unité d'action et d'une capacité de mobilisation impressionnante. Par exemple, très récemment, l'AVIVO a réussi à mobiliser 2000 personnes âgées en plein hiver pour manifester devant l'hôtel de Ville contre la hausse des impôts pour les rentiers AVS voulue par le Conseil d'Etat. De fait, l'AVIVO a toujours été représentée au Grand Conseil a travers les députés du PdT: "Quand je parlais, tout le monde disait, c'est l'AVIVO qui parle" se souvient René. Cette capacité de mobilisation, l'AVIVO a pu l'avoir sans jamais présenter une liste aux élections, précisément en agissant comme un syndicat de tous les retraités, indépendamment de leurs opinions politiques. " Toutes les batailles que l'AVIVO a gagne, elle l'a réussi sans être un parti politique". Là, René souhaite faire une critique, très sévère du comite de l'AVIVO, qui, sous l'impulsion de politiciens connus de la gauche genevoise, voulait présenter une liste pour le Grand Conseil, ce contre quoi il s'est battu a l'Assemblée Générale; car l'acceptation de ce projet aventureux aurait eu pour conséquence directe de transformer l'association en parti politique, devant comme tel avoir une ligne générale sur l'ensemble des questions politiques et ne pouvant donc plus représenter tous les retraités de Genève dans la diversité de leurs opinions politiques; un affaiblissement extrême aurait été alors inévitable et l'association de défense des retraités telle qu'on la connaît aurait alors été in fine sacrifiée aux ambitions personnelle de quelques dirigeants. "J'étais déjà contre de dépôt d'une liste a la Constituante, je pensais que ça serait une erreur, mais bon l'Assemblée a voté ... par contre le dépôt d'une liste au Grand Conseil aurait été une catastrophe, et rien que le simple fait d'en avoir parlé lors d'une conférence de presse avant l'assemblée générale (ce qui d'ailleurs était passablement antidémocratique, ndr) est une faute grave que nous allons payer très cher". Heureusement l'Assemblée générale de l'AVIVO a eu le bon sens de rejeter à une large majorité ce projet aventureux dont l'association n'avait nul besoin; car en ces temps où même les acquis sociaux les plus élémentaires sont menacés, l'AVIVO telle qu'elle existe actuellement est plus que jamais nécessaire pour la défense des intérêts des retraités des classes populaires. Le Parti du Travail souhaite un joyeux soixantième anniversaire a l'AVIVO et transmet a ses militants ses meilleurs vœux pour leurs luttes.

19 juillet 2009

Accord de libre-échange entre la Suisse (l'AELE) et la Colombie

le dictateur pseudo-démocrate de
Colombie Alvaro Uribe Velez

Communiqué de presse du Parti du Travail à la rédaction duquel j'ai contribué

L'article 54, alinéa 2 de la Constitution suisse dit que «La Confédération s'attache à préserver l’indépendance et la prospérité de la Suisse; elle contribue notamment à soulager les populations dans le besoin et à lutter contre la pauvreté ainsi qu'à promouvoir le respect des droits de l'homme, la démocratie, la coexistence pacifique des peuples et la préservation des ressources naturelles». Cela étant, cet article est scandaleusement bafoué par la volonté de l'assemblée nationale de conclure un accord de libre-échange avec la Colombie, volonté concrétisée par les négociations actuellement en cours entre Doris Leuthard et Alvaro Uribe à Bogota.

Un accord de libre-échange entre la Suisse et la Colombie est un soutien direct au régime violemment anti-social et répressif d'Alvaro Uribe. Le Parti du Travail souhaite rappeler que 60% des syndicalistes assassinés dans le monde en 2008 étaient colombiens et que les exécutions extrajudiciaires de syndicalistes, d'opposants politiques ou de journalistes critiques envers le régime en place, soit disant démocratique, continuent impitoyablement, preuve que le prétendu désarmement des milices paramilitaires d'extrême-droite n'est que de la poudre aux yeux, comme le dénoncent les rapports des ONG activent dans la défense des droits humains.

Le scandale des faux positifs et les déclarations du rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston, ont mis explicitement en cause la responsabilité des paramilitaires et de l'armée colombienne. Ils ont travaillé main dans la main, se livrant à des massacres et à des exactions abominables contre les populations civiles, les opposants à l'oligarchie colombienne et les paysans. Il est à rappeler que des milliers de paysans, d’indigènes et d’afro-descendants ont été chassé de leurs terres pour le compte des multinationales, le déplacement forcé de population est aussi une méthode d’intimidation contre le peuple et de destruction du tissu social. Alvaro Uribe n'a eu aucune peine à s'asseoir à la même table avec les paramilitaires d'extrême-droite (ce qu'il a toujours refusé de faire avec les FARC) et à amnistier des criminels qui ont pratiqué la torture, la disparition forcée et les assassinats. Seul un nombre ridicule d'armes ont été rendues, or le régime uribiste avec ses milices paramilitaires est le bras armé de l'oligarchie colombienne et des multinationales, qui profitent de cette alliance organique avec l'Etat pour mener une politique violemment anti-syndicale, faite de mépris pour les droits les plus élémentaires des travailleurs, de licenciements abusifs des syndicalistes, voire de leur élimination physique pure et simple.

Il est de notoriété publique en Suisse que la multinationale Nestlé est trempée dans ce genre d'abus à très large échelle en Colombie, elle a été accusée par le Tribunal des Peuples, des organisations comme Amnesty International, le CETIM, AJJ, la Déclaration de Berne ou encore Alliance Sud. Derrière une démocratie de façade, le régime uribiste est de facto une dictature d'extrême-droite, reposant sur la corruption, l’impunité, le mépris pour les droits de l'homme et la terreur. Il y aurait environ 7000 prisonniers politiques en Colombie, chiffre difficilement vérifiable puisque pour le gouvernement le conflit armé est masqué par la guerre contre le terrorisme et le narco-trafique, faisant fi de la Convention de Genève. Par ailleurs, dans le cadre de l’escalade des percutions contre les dirigeants de l’opposition manifestant ouvertement leurs divergences contre le régime du Président colombien Alvaro Uribe Velez, surgit l’injuste et mensongère accusation contre Jaime Caicedo, professeur universitaire à la carrière renommée: académicien et chercheur social, conseiller communal de Bogota, actuel secrétaire général du Parti Communiste Colombien et dirigeant national de Pôle Démocratique Alternatif. Le Parti du Travail souhaite exprimer sa solidarité envers Jaime Caicedo et salue son combat pour le plein exercice des droits et libertés civils en Colombie.

Le nom de Jaime Caicedo s'ajoute à la déjà longue liste des personnes blâmées et poursuivies par le gouvernement à l'intérieur du territoire colombien comme à l'extérieur. En Suisse, entre autres cas, la leader sociale de l'Association Paysanne de l'Arauca (ACA), Luz Perly Cordoba, a dû subir une enquête fédérale suite à la plainte déposée contre elle et sa famille par la Colombie. Il est très inquiétant de constater que la Suisse, en procédant ainsi, ne défend pas les intérêts des réfugiés politiques colombiens qu'elle a accueillis sur son sol, alors même que par son rôle de facilitateur dans le conflit colombien, la Confédération est avertie des méthodes gouvernementales scandaleuses en vigueur dans ce pays.

Finalement, il est regrettable que les arguments du sénateur Jorge Enrique Robledo, du Pôle démocratique alternatif, délivré en mai 2009 lors de son passage en Suisse aux parlementaires fédéraux, n’ont pas été entendus. Il avertissait que cet accord économique n’était pas bon pour l’intégration régionale de la Colombie, puisqu’en signant des accords bilatéraux l’union Européenne déstructure non seulement la CAN mais appauvrit aussi la population colombienne, ce qu’il a considéré ne pas être très démocratique. « De plus, personne ne connaît ses accords, moi-même qui suis sénateur, je ne les connaissais pas car c’est des négociations presque clandestines, le peuple ignore leur contenu » a-t-il ajouté lors d’une interview.

Signer l'accord de libre-échange entre la suisse et la Colombie reviendrait à soutenir ce régime, juste l'exact contraire de la promotion des droits de l'homme, du droit international et de la démocratie que la Suisse avait inclue dans ses recommandations à la Colombie lors de la troisième session d'examens périodiques universels de l'ONU de fin 2008. Le Parti du Travail regrette que la vigueur de ces recommandations soit atténuée par l’intérêt purement économique de la Suisse.

24 juin 2009

Plateforme commune solidaritéS-Parti du Travail/ liste n°4

Un travail décent pour toutes et tous:
Salaire minimum légal permettant de vivre décemment, mesures contre les licenciements dont l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices, réduction importante du temps de travail avec maintien des salaires pour favoriser la qualité de vie, lutte contre les horaires de travail atypiques contre le travail sur appel et la flexibilisation-précarisation des conditions de travail, égalité salariale hommes-femmes: à travail égal - salaire égal, reconnaissance du travail éducatif et ménager, renforcement et extension des conventions collectives à toutes les branches et professions, respect et renforcement des droits et libertés syndicales sur les lieux de travail.
Un bouclier social:
Revenu minimum d’insertion, défense des acquis sociaux et rétablissement des prestations sociales supprimées (SCARPA, abonnements TPG, etc.), maintien des prestations municipales aux bénéficiaires SPC-OCPA, unification des barèmes sociaux donnant droit aux prestations prenant en compte les charges réelles des citoyen-ne-s, amélioration des prestations de chômage avec un suivi et un soutien accru dans la recherche d’emploi, y compris pour les personnes en fin de formation, lutte pour des retraites permettant de vivre décemment aujourd’hui et demain avec une priorité au renforcement de l’AVS.
Défense des services publics:
Pour des prestations de qualité répondant aux besoins de la population. Développement du service sanitaire public (soins à domicile, transports sanitaires urgents, transports handicap, EMS...), contre le scandale des hausses de prime, pour une caisse maladie publique aux primes proportionnelles aux revenus. Une formation de qualité pour toutes et tous, pour la création de véritables emplois d’utilité publique sociale et écologique, maintien des offices postaux de proximité et d’autres services publics décentralisés, contre toute libéralisation-privatisation-marchandisation de nos services publics...
Pour plus de justice fiscale:
Suppression immédiate des forfaits fiscaux. Refus des cadeaux fiscaux à répétition aux privilégiés. Pour une fiscalité plus redistributive et plus équitable. Contre la politique des caisses vides. Contre la sous-enchère fiscale, contre le développement de la fiscalité indirecte et des taxes injustes. Pour la suppression du secret bancaire.
Mieux vivre ensemble dans un environnement sain:
Priorité au logement social de qualité et bon marché, développement des écoquartiers, lutte contre la spéculation foncière, pour une meilleure protection des locataires, pas d’expulsion sans relogement. Priorité à des transports publics de qualité accessibles pour tous et toutes, gratuits pour les jeunes et les retraités, intensification des mesures pour freiner la dégradation de notre environnement, pour un tournant énergétique radical basé sur les énergies renouvelables, les économies d’énergie et la lutte contre le nucléaire... Priorité à la mobilité douce et mesures d’aménagement contre les déplacements inutiles et contraints. Pour une meilleure habitabilité en Ville notamment par la diminution du bruit et une amélioration de la qualité de l’air (respect des normes).
Contre l’insécurité:
priorité et moyens accrus pour la prévention et refus du tout-répressif. Non au Taser! Création d’espaces autogérés par et pour les jeunes... Accès pour tous à des activités sportives non élitaires. Développement du budget culturel cantonal, soutien à la création indépendante et accès populaire garanti aux activités culturelles.
Extension des droits démocratiques et luttes contre les discriminations:
Droit de vote et d’éligibilité cantonal et communal pour tous les résidents. Développement d’une politique antiraciste, anti-xénophobe, antisexiste, anti-homophobe et contre toutes les discriminations. Mesures concrètes contre les violences faites aux femmes. Pour la parité hommes-femmes dans les instances élues. Renforcement des droits démocratiques notamment en matière de référendums et d’initiatives populaires, respect du droit de manifester et de toutes les libertés publiques (liberté d’expression, d’association, etc.)
Solidarité internationale et ouverture aux étrangers:
Défense d’un droit d’asile digne de ce nom dans le respect des droits humains. Régularisation de tous les résident-e-s sans-statut légal, ouverture et facilitation de l’intégration des étrangers-ères et refus des mesures policières contre la misère et la pauvreté. Refus des centres de rétention et de détention administrative. Développement de la solidarité nord-sud dans une politique de paix et de justice. Refus des dépenses militaires et de tous les engagements militaires à l’étranger, renforcement d’une véritable aide au développement.

05 juin 2009

L'attitude de la Corée du Nord est compréhensible



Article de: Jean-Jacques Candelier, député PCF



Votre député, favorable à la dénucléarisation mondiale, comprend cependant l'attitude de ce pays souverain et l'explique surtout par le dédain des grandes puissances et le non-respect de leurs engagements. Afin d'éviter une escalade de tensions dramatique, il interroge M. le Premier ministre pour réclamer, dans un esprit d'apaisement, l'installation rapide d'une ambassade de République populaire démocratique de Corée (RPDC) à Paris. Il ne s'agit en aucun cas d'apporter un soutien politique à la Corée du Nord mais de comprendre les raisons de son attitude afin d'éviter le pire.

Les grandes puissances rivalisent de virulence pour réprouver les opérations militaires et l’attitude de la République Populaire Démocratique de Corée (RPDC).
Ces grandes puissances omettent cependant de dire que la RPDC est favorable, depuis longtemps, à la dénucléarisation de la péninsule, ce qui impliquerait le démantèlement de la base militaire américaine en Corée du Sud, ainsi que des armements nucléaires mobiles transportés par la flotte et l’aviation américaine.

Elles oublient d’indiquer que la RPDC est favorable, depuis longtemps, à la transformation de l’Accord d’armistice de 1953 en un véritable Traité de paix, ce qui impliquerait une négociation directe RPDC-États-Unis.

Elles oublient, enfin, de rappeler à l’ordre le Japon, qui est en cours de remilitarisation, en dépit des obligations de sa propre Constitution.

Ce « deux poids, deux mesures » est tout bonnement insupportable. En réalité, la politique actuelle de la RPDC est une réaction naturelle suite au rejet de ses multiples propositions, que les grands médias occultent systématiquement.

Il faut aussi rappeler que, malgré les accords conclus sous la présidence Clinton, la RPDC n’a jamais obtenu, en échange de sa renonciation à l’arme nucléaire, les contreparties promises. Celles-ci concernent la livraison de réacteurs à eau légère, de pétrole et l’arrêt de l’embargo unilatéralement imposé. Ces contreparties étaient pourtant vitales pour le peuple coréen.

La France qui, à travers la future Loi de Programmation Militaire, entend axer notre stratégie de défense sur la dissuasion nucléaire, au détriment de la nécessaire lutte contre la prolifération nucléaire mondiale, devrait comprendre la position de l’État souverain nord-coréen. L’épisode sanglant de l’envahissement de l’Irak a d’ailleurs démontré, si besoin était, que le droit international va toujours dans le même sens, celui des puissants. Dans le rapport de forces actuel, c’est la RPDC qui est sous la menace internationale ; elle l’est d’ailleurs depuis sa naissance !

J’estime que le peuple coréen n’a que trop souffert de la guerre et des tentatives hégémoniques de l’étranger. La RPDC ne s’est pas mise au ban de la communauté internationale toute seule, par plaisir ! C’est pourquoi, en lieu et place de nouvelles sanctions néfastes et inefficaces, rétablir le dialogue et la confiance passe :

Par la fin de l’embargo américain, installé depuis plus de 50 ans maintenant,

Par l’ouverture de négociations avec les États-Unis,

Par l’arrêt des tentatives de dénigrement et de déstabilisation,

Par le respect de la souveraineté du peuple coréen, conformément à la Charte des Nations Unies, en vue de favoriser le rapprochement des deux Corées, ce qui serait source de détente et de développement partagé.

Alors que la France, mauvais élève de l’Union européenne, continue à se refuser de reconnaître officiellement jusqu’à l’existence même de ce pays, l’établissement d’une ambassade de RPDC à Paris serait un premier geste.

J’interroge immédiatement M. le Premier ministre en ce sens.

En savoir plus :

04 juin 2009

Lettre ouverte à ceux qui ne veulent pas de contre-réformes scolaires



« Le 17 mai les Genevois choisissent entre une école qui cadre (IN134) et une école qui soigne (Contre-projet) soutenue par la majorité des partis qui se sont entendus sur le plus petit dénominateur commun : ne pas changer grand-chose à la catastrophe actuelle du Cycle d'orientation ; faire semblant : comme il y a eu les fausses notes, cette fois-ci, il y a les fausses réformes. » (Jean-Romain). Le célèbre philosophe conservateur est sans doute beaucoup trop dur avec le Parti radical sur les listes duquel il sera probablement élu député cet automne. Car le Parti du Travail n’a pas trouvé le contre-projet si fondamentalement différent de l’initiative ; s’il n’est sans doute pas aussi rétrograde, il va pourtant dans le même sens d’une manière certes bien plus édulcoré. En effet le contre-projet et l’initiative ont en commun l’essentiel : la réintroduction des sections pour un durcissement de la sélection. Sans aucun doute le système actuel avec deux filières, soit des classes quasi-hétérogènes en A et des véritables classes ghettos en B est catastrophique car les élèves qui se retrouvent en B n’ont que des possibilités de formation ultérieure plus que réduites et se retrouvent souvent éjectés de toute formation et donc du marché de l’emploi et donc précarisés à vie. Mais le réseau REEL de même que le Grand Conseil n’ont rien trouvé de mieux pour résoudre ce problème que de rendre le système pire encore. Certes le contre-projet prévoit des mesures d’appui aux élèves en difficulté qui ont l’air intéressantes mais qui en fin de compte n’offrent strictement rien de nouveau par rapport à ce qui existe déjà, et s’il y des déficiences en la matière actuellement ce n’est pas faute de base légale mais faute de moyens.

L’initiative prévoyait quatre filières en septième et six en huitième et en neuvième, le contre-projet trois filières pour toutes les années ; la différence est seulement quantitative et non qualitative. Sans doute que l’initiative allait nettement plus loin que le contre-projet en matière de contre-réforme ; outre qu’en impliquant plus de filières elle est nettement plus anti-égalitaire, en plus elle prévoyait une sélection bien plus rigide que le contre-projet (selon les initiants, un changement de filière ne devrait pouvoir se faire qu’avec examens de promotion) et comme seule solution pour résoudre les problèmes sociaux et psychologiques des élèves le retour d’une note de comportement. Et régression plus grave encore, le réseau REEL souhaitait réduire le rôle de l’école obligatoire à l’acquisition de connaissances de base en Français, en mathématiques et en culture générale pour satisfaire aux exigences du marché de l’emploi. Or le Parti du Travail considère qu’il n’est pas acceptable de réduire les buts de l’éducation publique à former une force de travail docile pour le patronat. Actuellement le Cycle vise des objectifs bien plus ambitieux qui sont « développer l’ouverture d’esprit, la faculté de discernement, l’autonomie, la solidarité, toutes compétence qui contribuent à l’éducation citoyenne » ; « il assure un équilibre dans le développement des différentes aptitudes (intellectuelles, manuelles, physiques et artistiques) des adolescents, qui leur permet de trouver du sens de leur apprentissages et leur donne progressivement les éléments de choix de leur parcours de formation ». Bref actuellement le Cycle d’orientation vise à former des citoyens libres capables de prendre leur destin en main et dotés d’un esprit critique ; c’est une conquête fondamentale de la classe ouvrière et le Parti du Travail luttera résolument contre toutes les forces néoconservatrices qui veulent nous faire retourner au capitalisme sauvage du XIXe siècle.

De même que le Parti du Travail est opposé au retour des filières, car sélectionner les élèves dès l’âge de douze ans en fonction de leurs résultats en primaire et choisir ainsi leur orientation professionnelle future revient à sélectionner selon les revenus de leurs parents (car les parents aisés ont en moyenne plus de temps et plus de moyens pour suivre l’éducation de leurs enfants), les difficultés personnelles et familiales. Loin « d’orienter » les élèves selon leurs aspirations, une sélection par filières n’a d’autre conséquence que de renforcer des privilèges de classe. Un tel système contribue à renforcer l’idéologie de la concurrence et de la méritocratie, crée chez les élèves de la filière supérieure le sentiment d’appartenance à une élite dotée de privilèges légitimes, et chez ceux des filières inférieurs un sentiment d’échec à-priori qui se transforme trop souvent en échec réel plus tard. Et évidemment la transmission de toute valeur de solidarité devient alors illusoire.

Aussi le Parti du Travail ne peut que se réjouir du rejet d’une initiative rétrograde, mais la vraie bataille aura lieu cet automne lorsque le contre-projet accepté le 17 mai sera opposé à l’initiative 138, lancée par la coordination enseignement, que le Parti soutient car elle correspond à notre vision de l’éducation. En effet, cette initiative propose des classes entièrement hétérogènes et des moyens d’appui réellement nouveaux, à savoir une aide à la transition entre la primaire et le Cycle, ainsi qu’entre le Cycle et le post-obligatoire, de même que des possibilités réelles de transfert entre les filières du post-obligatoire, afin de remédier à la situation actuelle où beaucoup d’élèves sont interdits de redoublement ou de transfert et se retrouvent éjectés de quelque cursus de formation que ce soit et donc éjectés du marché du travail. Or les principaux dirigeants socialistes et verts ont déjà annoncé qu’ils recommanderaient désormais le rejet d’une initiative qu’ils ont contribué à lancer ; il y a même des velléités de pression des ces milieux sur les initiants pour qu’ils retirent leur initiative, afin d’épargner aux appareils rose-vert de trop montrer leur opportunisme avant les élections. Pourquoi ce soudain changement de cap ? C’est que les apparatchiks sociaux-démocrates et écolo auraient conclu des accords avec la droite au parlement pour la rédaction du contre-projet et auraient donc désormais des obligations envers leurs « partenaires de droite ». Nous ne pouvons que constater jusqu’où mène la collaboration de classe, les obligations de la « gauche parlementaire » envers les partis bourgeois les libérant de celles envers le peuple. Contrairement aux opportunistes rose-verts, le Parti du Travail continuera sa lutte pour une éducation au service des classes que le capital opprime et non à celui du patronat, une éducation qui forme des citoyens libres et non de simples facteurs de production.

Un jeune de 17 ans assassiné par la police à Bienne


Rouge
Vidéo envoyée par kropotskin

Chansons:
#1 17 ♪ La Jeune Garde
#2 Dominique Grange ♪ Les Nouveaux Partisans


http://www.dailymotion.com/kropotskin

Communiqué de jeunes solidaires

Source: Action Autonome


Hier soir à Bienne, un jeune de 17 ans est mort pércuté par en train en tentant d’échapper à la police. Nous avons écrit ce communiqué et allons le distribuer dans les bars, boîtes de nuit et salles de concert à bienne ce soir. nous appelons les gens à reproduire et distribuer ce texte.


AUJOURD’HUI LES FLICS NOUS COURRENT APRES. DEMAIN ILS NOUS TIRERONT DESSUS.


Vendredi soir à Bienne vers 3 heures du matin, un jeune de 17 ans (pour l’instant sans nom n’est pas connu) est mort, percuté par un train en tentant d’échapper à la police. Son crime ? Tirer une charette de bois qui semblait suspecte au regard des flics. La chasse aux jeunes est devenue monnaie courante, mais cette fois ça a tourné au drame. Dans sa volonté de mettre la jeunesse au pas, l’Etat a développé un arsenal de réglements et dispositions digne de „la lutte contre le terrorisme“. Interdictions de périmètre, interdictions de rassemblement, prisons pour mineurs, stages de rééducation et couvre-feu (Viège est la dernière commune à l’adopter). La jeunesse passe ses nuits à fuir les flics. Que le bois que transportait le jeune était volé (ce qui reste encore à prouver) n’est pas le problème. Le problème c’est que pour satisfaire la soif de sécurité alimenté par des politiciens et des medias hystériques, les flics coursent les jeunes jusqu’à risquer de les tuer. Que ce soit dans les banlieues françaises, dans les rues d’Athènes ou dans le métro d’Oakland, nous sommes tous et toutes concérnéEs.


Aujourd’hui ils nous courrent aprés. Demain ils nous tireront dessus.


Nous sommes tous et toutes Zyed Benna et Bouna Traoré Nous sommes tous et toutes Alexis Grigoropoulos Nous sommes tous et toutes Oscar Grant Nous sommes tous et toutes ce jeune de 17 ans Nous sommes tous les morts assassinés par l’Etat.


Montrons leur que nous les laissons pas tuer nos frères et soeurs en silence. Rassemblement demain dimanche à 18h00 devant la gare de ta ville. Nous transmettons nos condoléances aux proches de la victime Pas de justice, pas de paix !


Fais circuler l’info. Des jeunes solidaire


31 mai 2009

03 mai 2009

Pour un monde socialiste


Les partisans_0002
Vidéo envoyée par trotsky-1917

"Dans une société fondée sur le pouvoir de l'argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent étre que des parasites, il ne peut y avoir liberté réelle et véritable"LENINE

Conclusion de la brochure programmatique du PdT éditée pour le 1er mai, également rédigée par mes soins.

En tant que Parti des classes que le capitalisme opprime, le Parti du Travail lutte pour les exigences immédiates des exploités, mais notre programme va au-delà des propositions concrètes avancées dans les pages précédentes. Essayer de résoudre les problèmes que nous avons évoqués dans le cadre du capitalisme relève de la quadrature du cercle. En effet, le problème fondamental dont découlent tous les autres est la propriété privée sur les moyens de production, de crédit et d’échange. Notre ambition ne saurait donc nullement être de « réformer » ou de « mieux gérer » la société actuelle. Au contraire, nous estimons que l’intérêt des travailleurs est de détruire cette société, de renverser la bourgeoisie pour prendre le pouvoir, abolir le capitalisme et construire à la place une société socialiste, puis communiste.

Notre but fondamental est de rassembler les classes populaires pour renverser la domination des capitalistes, qui ne gouvernent que dans leur intérêt exclusif et par l’oppression d’une large majorité de la population. La démocratie populaire que nous voulons suppose de briser la machine de l’Etat bourgeois, fondée sur la séparation des pouvoirs où le peuple est réduit à un simple contrepoids et où le pouvoir réel appartient à une classe politique qui est majoritairement composée de représentants de la bourgeoisie, avec une prédominance d’une bureaucratie cooptée et qui n’a donc aucun compte à rendre au peuple et qui entretient des relations fusionnelles avec la bourgeoisie ; détruire la machine de l’Etat bourgeois pour la remplacer par une démocratie populaire dont l’organe de base serait le conseil des travailleurs, avec élection de toutes les fonctions de bas en haut et où les conseils des travailleurs détiendraient non pas une partie mais tout le pouvoir, ce qui permettrait que pour la première fois dans l’histoire suisse le pouvoir appartienne au peuple et non à une élite.

Cette nouvelle démocratie populaire aura pour but immédiat la socialisation de tous les moyens de production, de crédit et d’échange, afin de remplacer le marché par le plan centralisé comme instance régulatrice de l’économie ; ce qui permettra une production et une distribution en fonction des besoins de la société, sans aucune considération de profit, ainsi que l’abandon du dogme de la croissance pour une production respectueuse de l’environnement. Ce contrôle démocratique populaire sur la politique et l’économie permettra la suppression définitive de toute oppression et de toute exploitation afin de construire une société communiste, une société qui pourra inscrire sur ses bannières « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », une société « où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ». (Karl Marx)

Crise du capitalisme


Introduction de la brochure programmatique du PdT éditée pour le 1er mai, rédigée par mes soins.


Depuis quelques mois, le capitalisme vit sa plus grande crise depuis 1929, probablement la pire crise de son histoire. L’économie est en récession, de plus en plus d’entreprises font faillite et licencient en masse, le Bureau International du Travail prévoit 50 millions de chômeurs de plus pour cette année. Selon toute vraisemblance, et selon toutes les analyses sérieuses, cette crise devrait durer encore au moins quinze ans ; il n’y a pas de raison d’ailleurs qu’une crise de telle ampleur dure moins, celle de 1929 ne s’est achevée qu’avec la Seconde Guerre mondiale. Celle que nous vivons actuellement a éclaté avec les subprimes américains, pour s’étendre à toute la finance de ce pays, puis à toute l’économie mondiale. Pour l’instant, l’économie réelle en Suisse est relativement épargnée, mais celle-ci ne saurait tarder à être touchée de plein fouet dans les quelques prochains mois ; selon toutes les prévisions, le pire de la crise est devant nous.

Quelles sont les causes structurelles de cette crise ? Selon Atilio Borón, docteur en sciences politiques, professeur titulaire de théorie politique et sociale, directeur du Programme latino-américain de télé-enseignement en sciences sociales (PLED) : « il s'agit d'une crise de surproduction doublée d'une crise de sous-consommation. Ce n'est pas par hasard qu'elle a éclaté aux États-Unis puisque ce pays vit artificiellement, depuis plus de trente ans, de l'épargne extérieure et du crédit extérieur, deux choses qui ne sont pas infinies : les entreprises se sont endettées au-delà de leurs possibilités ; l'État s'est endetté lui aussi au-delà des siennes pour faire face non à une guerre, mais à deux, non seulement sans augmenter les impôts, mais même en les réduisant, tandis que les citoyens sont systématiquement poussés par la publicité à s'endetter pour soutenir une surconsommation effrénée, irrationnelle et gaspilleuse. » La financiarisation de l’économie n’a donc fait que retarder artificiellement la crise de surproduction, qui n’a fait qu’éclater avec plus de violence lorsque le décalage avec l’économie réelle est devenu intenable.

Pendant des années, les maîtres du monde et leurs « experts » autoproclamés ont imposé aux peuples des politiques néolibérales de dérégulation de l’économie, de privatisations et de liquidation des acquis sociaux obtenus par des décennies de lutte, sous prétexte que ces mesures étaient nécessaires à la bonne santé de l’économie. Or le néolibéralisme a conduit le capitalisme à une crise sans précédant, et aujourd’hui les chantres du « moins d’Etat » et de la « concurrence libre et non faussée » se disent tous « étatistes » et « keynésiens », et vantent à présent la régulation de la finance et l’intervention de l’Etat. Auraient-ils fait une indispensable autocritique ? Nullement ! Ils continuent de servir les mêmes intérêts, ceux des seigneurs du capital. Leur prétendu « plan de sauvetage » de l’économie, leur discours sur le fait que nous serions « tous dans le même bateau », ne sont de fait que la plus grande escroquerie de l’histoire. Ceux là même qui n’ont jamais voulu trouver les 82 milliards de dollars pour arrêter la faim et les épidémies dans le monde, qui ont prétendu que les modestes revendications sociales des travailleurs parce que « les caisses de l’Etat sont vides », ceux là mêmes ont soudain trouvé des sommes faramineuses à offrir comme cadeau, sans prise de contrôle par l’Etat ni autre exigences, à leurs banquiers en difficulté : 1'400 milliards d’euros, 700 milliards de dollars et 65 milliards de francs suisses !

Par contre, pour les travailleurs, ils préconisent de se serrer la ceinture : du fait de la crise, les revendications sociales et salariales seraient irréalisables ; au contraire, il faut baisser les salaires, accepter les licenciements, baisser les retraites, couper encore et encore dans les déjà ridiculement faibles prestations sociales. C’est que les décideurs des Etats bourgeois sont au service justement de la bourgeoisie. Avec leurs « plans de sauvetage » ils veulent faire une chose très simple : renflouer les capitalistes avec les impôts des travailleurs, nous faire payer leur crise, prendre aux exploités l’argent investi actuellement dans les prestations sociales pour le donner aux banquiers. D’autant que ces cadeaux ne serviront pas à autre chose qu’à relancer la spéculation pour un round, avec comme issue de nouveau la crise. Les discours des décideurs sur la « relance » et la « moralisation » du capitalisme ne sont qu’hypocrisie. Car s’ils veulent sauver quelque chose, c’est bien le capitalisme, leur monde à eux, les conditions de leur richesse et de notre oppression. Or cette crise est une crise structurelle du capitalisme, après tout le but de toute entreprise privée est de faire du bénéfice à court terme. Ce profit ne s’obtient jamais que par l’exploitation de la force de travail, l’impérialisme et la guerre. Aussi le Parti du Travail n’est nullement intéressé par un « sauvetage du capitalisme », car celui-ci est contraire aux intérêts des travailleurs. Au contraire, nous voulons renverser la bourgeoisie, abolir le capitalisme et construire à la place une société socialiste qui seule peut satisfaire les aspirations des peuples.

01 avril 2009

Gloses sur le programme de Facebook


Appel du komintern
Vidéo envoyée par trotsky-1917



L’ « Appel pour une vraie force politique alternative de gauche en Suisse », auquel le Gauchebdo de la semaine dernière a consacré la totalité de sa page trois (à juste titre, tant cette question est cruciale pour le PST), exige un débat interne en tant que question d’importance stratégique pour notre Parti. Premièrement que va-t-il en sortir ? La portée de cet appel dépasse de loin celui d’un coup médiatique de Josef Zisyadis et la consultation de la page qui y est consacrée sur Facebook (247 signataires au moment où j’écris ces lignes, plus les quelques dizaines voire centaines qui ont signé le format papier) ne laisse aucun doute quant à l’intention et l’existence d’une base sociale suffisante pour la création d’un nouveau parti, qui sera probablement nommé « La Gauche », en référence explicite à Die Linke et au nouveau Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon.

La question qui se pose actuellement au PST et à ses militants est la suivante : quelle attitude adopter face à cela ? Ou plus clairement : est-il concevable pour nous de participer à ce processus de création d’un nouveau parti dont on ne sait pas trop ce qu’il sera (à part qu’il sera « de gauche alternative », ce qui nous avance beaucoup…), processus explicitement dirigé contre les partis constitués, dont il suppose de faire abstraction des décisions, des statuts et des instances, selon un procédé « pseudo-néo-marcusien » ? Rappelons tout de même que le XIXe congrès national du PST a démocratiquement et à une très large majorité rejeté l’idée de création d’un nouveau parti de la gauche du PS, de même que celle d’une fédération de la gauche combative. Pourtant, certains camarades considèrent comme légitime de tenir pour nulles des décisions démocratiques et largement majoritaire de l’instance suprême du PST, voire même de participer personnellement aux débats en vue de la création du futur nouveau parti sur Facebook, sans même prendre la peine de demander l’aval des instances nationales du Parti, ni même simplement les informer.

En vue de justifier cette démarche anti-parti, le conseiller national Zisyadis avance que la décision du congrès est à priori illégitime car « sectaire » et qu’il est par conséquent tout à fait normal de passer outre au nom de l’ « Unité » (avec une majuscule, car principe soi-disant inconditionnel et indiscutable). Pourtant, ce sacro-saint principe d’ « unité » mérite pour le moins une sérieuse remise en question. Car « unité » avec qui et dans quel but ? Mais voyons, unité avec tout ce qu’il peut y avoir à la gauche du PS pour être plus forts. Oui, mais « à la gauche du PS » ça fait très, très large ; quid de la ligne politique ? Oh, ce n’est pas important, on verra plus tard… Mais qu’est-ce qui est important alors, n’est pas la ligne politique d’un parti qui constitue sa raison d’être même ? Comment osez-vous poser cette question (sous-entendu : stalinien rétrograde), le plus important est évidemment d’être plus forts afin de mener nos luttes immédiates et concrètes. Oui, mais quelles luttes et sur quelle base si la ligne politique n’est pas si importante, de simples et vagues « valeurs » de gauche suffiraient-elles à faire un projet politique cohérant et un rempart contre l’opportunisme droitier ? Voyons, la réponse saute aux yeux, il n’a jamais été question d’objectif final, ni de projet politique cohérant, mais de rassembler le plus de monde possible sur un plus petit dénominateur commun idéologique aussi minimaliste et vague que possible, afin d’avoir la force maximale pour « notre lutte concrète » (avec des trémolos dans la voix), i.e. la lutte électorale.

Il est sans doute pas inutile et même très important d’avoir une participation parlementaire, je n’ai jamais soutenu le contraire. Toutefois, si l’on veut avoir des sièges, encore faut-il savoir quoi en faire. Et pour cela il est primordial d’avoir une ligne politique claire, qui ne peut qu’être fondée sur une idéologie et pas sur de vagues valeurs. Or le futur nouveau parti n’aura pour base idéologique que de vagues valeurs éthiques, ce qui n’est pas un à-priori dogmatique de ma part mais le fruit d’une consultation minutieuse de Facebook. Le nouveau parti se définit d’ores et déjà comme « gauche alternative » (terme vide de sens à souhait et signifiant rien de plus qu’alternative électorale au PS et aux Verts) et « écosocialiste » (tout aussi vague, et signifiant simplement écologiste avec quelques revendications sociales). Ce nouveau parti propose certes de remettre en cause le « capitalisme productiviste » et pourrait peut-être (quoique certains sur le forum aient peur d’aller ainsi déjà trop à gauche) se dire « anticapitaliste » (expression pourtant vide de sens car ne proposant aucun projet positif), mais en l’absence de la moindre vision claire, ni revendication proprement révolutionnaire, l’ « écosocialisme » ne veut pas dire plus que la société capitaliste saupoudrée de quelques acquis sociaux et garde-fous écologiques. D’ailleurs, le forum de discussion sur l’idéologie du futur nouveau parti montre des discussions vagues à souhait sur l’écologie et sur une notion de décroissance purement abstraite car détachée de la question de la propriété, discussions on ne peut plus réformistes et passablement anticommunistes, cela va sans dire. La majorité des membres de ce futur parti auberge-espagnole devraient clairement être, selon les discussions sur Facebook, des sociaux-démocrates actuellement non-organisés car ne se reconnaissant pas dans le PS qui aujourd’hui est beaucoup trop à droite. Le nouveau parti ne pourra donc qu’être celui qui manque dans le paysage politique suisse : un parti social-démocrate un peu plus à gauche que le PSS, mais toutefois à peine moins opportuniste.

Or ce n’est pas de cela que les classes opprimées de notre pays ont besoin. Il est dans le meilleur des cas naïf et insensé de penser qu’un quelconque projet d’émancipation peut sortir de la social-démocratie, même « améliorée » et « plus à gauche ». Le PST doit résolument rejeter toute velléité de fusion dans une vague nébuleuse insipide et réformiste, et les camarades qui participent aux discussions de préparations du nouveau parti doivent être conscients que la participation à une telle manœuvre anti-parti est incompatible avec leur statut de militant du PST et qu’entre les deux ils doivent choisir. Quant au fait que de telles manœuvres soient possibles, il démontre la faiblesse des instances nationales de notre Parti ainsi que la nécessité de rétablir le centralisme démocratique comme un mode de fonctionnement nécessaire pour l’efficacité et l’unité du Parti. Lénine a dit : « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire… Seul un parti guidé par une théorie d’avant-garde peut remplir le rôle de combattant d’avant-garde. ». Le seul projet sensé pour la « gauche de la gauche » suisse, le seul qui puisse être à l’origine d’un véritable projet d’émancipation, et celui de la construction d’un grand Parti révolutionnaire, d’un authentique Parti communiste suisse (sans qu’il soit forcément nécessaire de changer le nom du PST pour cela d’ailleurs), un Parti qui ose s’appuyer sur le marxisme-léninisme afin de renverser la bourgeoisie et construire une société socialiste.