24 juin 2009
Plateforme commune solidaritéS-Parti du Travail/ liste n°4
05 juin 2009
L'attitude de la Corée du Nord est compréhensible

Les grandes puissances rivalisent de virulence pour réprouver les opérations militaires et l’attitude de la République Populaire Démocratique de Corée (RPDC).
Ces grandes puissances omettent cependant de dire que la RPDC est favorable, depuis longtemps, à la dénucléarisation de la péninsule, ce qui impliquerait le démantèlement de la base militaire américaine en Corée du Sud, ainsi que des armements nucléaires mobiles transportés par la flotte et l’aviation américaine.
Elles oublient d’indiquer que la RPDC est favorable, depuis longtemps, à la transformation de l’Accord d’armistice de 1953 en un véritable Traité de paix, ce qui impliquerait une négociation directe RPDC-États-Unis.
Elles oublient, enfin, de rappeler à l’ordre le Japon, qui est en cours de remilitarisation, en dépit des obligations de sa propre Constitution.
Ce « deux poids, deux mesures » est tout bonnement insupportable. En réalité, la politique actuelle de la RPDC est une réaction naturelle suite au rejet de ses multiples propositions, que les grands médias occultent systématiquement.
Il faut aussi rappeler que, malgré les accords conclus sous la présidence Clinton, la RPDC n’a jamais obtenu, en échange de sa renonciation à l’arme nucléaire, les contreparties promises. Celles-ci concernent la livraison de réacteurs à eau légère, de pétrole et l’arrêt de l’embargo unilatéralement imposé. Ces contreparties étaient pourtant vitales pour le peuple coréen.
La France qui, à travers la future Loi de Programmation Militaire, entend axer notre stratégie de défense sur la dissuasion nucléaire, au détriment de la nécessaire lutte contre la prolifération nucléaire mondiale, devrait comprendre la position de l’État souverain nord-coréen. L’épisode sanglant de l’envahissement de l’Irak a d’ailleurs démontré, si besoin était, que le droit international va toujours dans le même sens, celui des puissants. Dans le rapport de forces actuel, c’est la RPDC qui est sous la menace internationale ; elle l’est d’ailleurs depuis sa naissance !
J’estime que le peuple coréen n’a que trop souffert de la guerre et des tentatives hégémoniques de l’étranger. La RPDC ne s’est pas mise au ban de la communauté internationale toute seule, par plaisir ! C’est pourquoi, en lieu et place de nouvelles sanctions néfastes et inefficaces, rétablir le dialogue et la confiance passe :
Par la fin de l’embargo américain, installé depuis plus de 50 ans maintenant,
Par l’ouverture de négociations avec les États-Unis,
Par l’arrêt des tentatives de dénigrement et de déstabilisation,
Par le respect de la souveraineté du peuple coréen, conformément à la Charte des Nations Unies, en vue de favoriser le rapprochement des deux Corées, ce qui serait source de détente et de développement partagé.
Alors que la France, mauvais élève de l’Union européenne, continue à se refuser de reconnaître officiellement jusqu’à l’existence même de ce pays, l’établissement d’une ambassade de RPDC à Paris serait un premier geste.
J’interroge immédiatement M. le Premier ministre en ce sens.
En savoir plus :
04 juin 2009
Lettre ouverte à ceux qui ne veulent pas de contre-réformes scolaires

« Le 17 mai les Genevois choisissent entre une école qui cadre (IN134) et une école qui soigne (Contre-projet) soutenue par la majorité des partis qui se sont entendus sur le plus petit dénominateur commun : ne pas changer grand-chose à la catastrophe actuelle du Cycle d'orientation ; faire semblant : comme il y a eu les fausses notes, cette fois-ci, il y a les fausses réformes. » (Jean-Romain). Le célèbre philosophe conservateur est sans doute beaucoup trop dur avec le Parti radical sur les listes duquel il sera probablement élu député cet automne. Car le Parti du Travail n’a pas trouvé le contre-projet si fondamentalement différent de l’initiative ; s’il n’est sans doute pas aussi rétrograde, il va pourtant dans le même sens d’une manière certes bien plus édulcoré. En effet le contre-projet et l’initiative ont en commun l’essentiel : la réintroduction des sections pour un durcissement de la sélection. Sans aucun doute le système actuel avec deux filières, soit des classes quasi-hétérogènes en A et des véritables classes ghettos en B est catastrophique car les élèves qui se retrouvent en B n’ont que des possibilités de formation ultérieure plus que réduites et se retrouvent souvent éjectés de toute formation et donc du marché de l’emploi et donc précarisés à vie. Mais le réseau REEL de même que le Grand Conseil n’ont rien trouvé de mieux pour résoudre ce problème que de rendre le système pire encore. Certes le contre-projet prévoit des mesures d’appui aux élèves en difficulté qui ont l’air intéressantes mais qui en fin de compte n’offrent strictement rien de nouveau par rapport à ce qui existe déjà, et s’il y des déficiences en la matière actuellement ce n’est pas faute de base légale mais faute de moyens.
L’initiative prévoyait quatre filières en septième et six en huitième et en neuvième, le contre-projet trois filières pour toutes les années ; la différence est seulement quantitative et non qualitative. Sans doute que l’initiative allait nettement plus loin que le contre-projet en matière de contre-réforme ; outre qu’en impliquant plus de filières elle est nettement plus anti-égalitaire, en plus elle prévoyait une sélection bien plus rigide que le contre-projet (selon les initiants, un changement de filière ne devrait pouvoir se faire qu’avec examens de promotion) et comme seule solution pour résoudre les problèmes sociaux et psychologiques des élèves le retour d’une note de comportement. Et régression plus grave encore, le réseau REEL souhaitait réduire le rôle de l’école obligatoire à l’acquisition de connaissances de base en Français, en mathématiques et en culture générale pour satisfaire aux exigences du marché de l’emploi. Or le Parti du Travail considère qu’il n’est pas acceptable de réduire les buts de l’éducation publique à former une force de travail docile pour le patronat. Actuellement le Cycle vise des objectifs bien plus ambitieux qui sont « développer l’ouverture d’esprit, la faculté de discernement, l’autonomie, la solidarité, toutes compétence qui contribuent à l’éducation citoyenne » ; « il assure un équilibre dans le développement des différentes aptitudes (intellectuelles, manuelles, physiques et artistiques) des adolescents, qui leur permet de trouver du sens de leur apprentissages et leur donne progressivement les éléments de choix de leur parcours de formation ». Bref actuellement le Cycle d’orientation vise à former des citoyens libres capables de prendre leur destin en main et dotés d’un esprit critique ; c’est une conquête fondamentale de la classe ouvrière et le Parti du Travail luttera résolument contre toutes les forces néoconservatrices qui veulent nous faire retourner au capitalisme sauvage du XIXe siècle.
De même que le Parti du Travail est opposé au retour des filières, car sélectionner les élèves dès l’âge de douze ans en fonction de leurs résultats en primaire et choisir ainsi leur orientation professionnelle future revient à sélectionner selon les revenus de leurs parents (car les parents aisés ont en moyenne plus de temps et plus de moyens pour suivre l’éducation de leurs enfants), les difficultés personnelles et familiales. Loin « d’orienter » les élèves selon leurs aspirations, une sélection par filières n’a d’autre conséquence que de renforcer des privilèges de classe. Un tel système contribue à renforcer l’idéologie de la concurrence et de la méritocratie, crée chez les élèves de la filière supérieure le sentiment d’appartenance à une élite dotée de privilèges légitimes, et chez ceux des filières inférieurs un sentiment d’échec à-priori qui se transforme trop souvent en échec réel plus tard. Et évidemment la transmission de toute valeur de solidarité devient alors illusoire.
Aussi le Parti du Travail ne peut que se réjouir du rejet d’une initiative rétrograde, mais la vraie bataille aura lieu cet automne lorsque le contre-projet accepté le 17 mai sera opposé à l’initiative 138, lancée par la coordination enseignement, que le Parti soutient car elle correspond à notre vision de l’éducation. En effet, cette initiative propose des classes entièrement hétérogènes et des moyens d’appui réellement nouveaux, à savoir une aide à la transition entre la primaire et le Cycle, ainsi qu’entre le Cycle et le post-obligatoire, de même que des possibilités réelles de transfert entre les filières du post-obligatoire, afin de remédier à la situation actuelle où beaucoup d’élèves sont interdits de redoublement ou de transfert et se retrouvent éjectés de quelque cursus de formation que ce soit et donc éjectés du marché du travail. Or les principaux dirigeants socialistes et verts ont déjà annoncé qu’ils recommanderaient désormais le rejet d’une initiative qu’ils ont contribué à lancer ; il y a même des velléités de pression des ces milieux sur les initiants pour qu’ils retirent leur initiative, afin d’épargner aux appareils rose-vert de trop montrer leur opportunisme avant les élections. Pourquoi ce soudain changement de cap ? C’est que les apparatchiks sociaux-démocrates et écolo auraient conclu des accords avec la droite au parlement pour la rédaction du contre-projet et auraient donc désormais des obligations envers leurs « partenaires de droite ». Nous ne pouvons que constater jusqu’où mène la collaboration de classe, les obligations de la « gauche parlementaire » envers les partis bourgeois les libérant de celles envers le peuple. Contrairement aux opportunistes rose-verts, le Parti du Travail continuera sa lutte pour une éducation au service des classes que le capital opprime et non à celui du patronat, une éducation qui forme des citoyens libres et non de simples facteurs de production.
Un jeune de 17 ans assassiné par la police à Bienne
Rouge
Vidéo envoyée par kropotskin
Chansons:
#1 17 ♪ La Jeune Garde
#2 Dominique Grange ♪ Les Nouveaux Partisans
http://www.dailymotion.com/kropotskin
Communiqué de jeunes solidaires
Source: Action Autonome
Hier soir à Bienne, un jeune de 17 ans est mort pércuté par en train en tentant d’échapper à la police. Nous avons écrit ce communiqué et allons le distribuer dans les bars, boîtes de nuit et salles de concert à bienne ce soir. nous appelons les gens à reproduire et distribuer ce texte.
AUJOURD’HUI LES FLICS NOUS COURRENT APRES. DEMAIN ILS NOUS TIRERONT DESSUS.
Vendredi soir à Bienne vers 3 heures du matin, un jeune de 17 ans (pour l’instant sans nom n’est pas connu) est mort, percuté par un train en tentant d’échapper à la police. Son crime ? Tirer une charette de bois qui semblait suspecte au regard des flics. La chasse aux jeunes est devenue monnaie courante, mais cette fois ça a tourné au drame. Dans sa volonté de mettre la jeunesse au pas, l’Etat a développé un arsenal de réglements et dispositions digne de „la lutte contre le terrorisme“. Interdictions de périmètre, interdictions de rassemblement, prisons pour mineurs, stages de rééducation et couvre-feu (Viège est la dernière commune à l’adopter). La jeunesse passe ses nuits à fuir les flics. Que le bois que transportait le jeune était volé (ce qui reste encore à prouver) n’est pas le problème. Le problème c’est que pour satisfaire la soif de sécurité alimenté par des politiciens et des medias hystériques, les flics coursent les jeunes jusqu’à risquer de les tuer. Que ce soit dans les banlieues françaises, dans les rues d’Athènes ou dans le métro d’Oakland, nous sommes tous et toutes concérnéEs.
Aujourd’hui ils nous courrent aprés. Demain ils nous tireront dessus.
Nous sommes tous et toutes Zyed Benna et Bouna Traoré Nous sommes tous et toutes Alexis Grigoropoulos Nous sommes tous et toutes Oscar Grant Nous sommes tous et toutes ce jeune de 17 ans Nous sommes tous les morts assassinés par l’Etat.
Montrons leur que nous les laissons pas tuer nos frères et soeurs en silence. Rassemblement demain dimanche à 18h00 devant la gare de ta ville. Nous transmettons nos condoléances aux proches de la victime Pas de justice, pas de paix !
Fais circuler l’info. Des jeunes solidaire
31 mai 2009
03 mai 2009
Pour un monde socialiste
Les partisans_0002
Vidéo envoyée par trotsky-1917
"Dans une société fondée sur le pouvoir de l'argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent étre que des parasites, il ne peut y avoir liberté réelle et véritable"LENINE
Conclusion de la brochure programmatique du PdT éditée pour le 1er mai, également rédigée par mes soins. Je n'ai pas tous les textes à disposition pour les publier, mais je posterai le lien dès que la brochure sera publiée sur le site du PdT.
En tant que Parti des classes que le capitalisme opprime, le Parti du Travail lutte pour les exigences immédiates des exploités, mais notre programme va au-delà des propositions concrètes avancées dans les pages précédentes. Essayer de résoudre les problèmes que nous avons évoqués dans le cadre du capitalisme relève de la quadrature du cercle. En effet, le problème fondamental dont découlent tous les autres est la propriété privée sur les moyens de production, de crédit et d’échange. Notre ambition ne saurait donc nullement être de « réformer » ou de « mieux gérer » la société actuelle. Au contraire, nous estimons que l’intérêt des travailleurs est de détruire cette société, de renverser la bourgeoisie pour prendre le pouvoir, abolir le capitalisme et construire à la place une société socialiste, puis communiste.
Notre but fondamental est de rassembler les classes populaires pour renverser la domination des capitalistes, qui ne gouvernent que dans leur intérêt exclusif et par l’oppression d’une large majorité de la population. La démocratie populaire que nous voulons suppose de briser la machine de l’Etat bourgeois, fondée sur la séparation des pouvoirs où le peuple est réduit à un simple contrepoids et où le pouvoir réel appartient à une classe politique qui est majoritairement composée de représentants de la bourgeoisie, avec une prédominance d’une bureaucratie cooptée et qui n’a donc aucun compte à rendre au peuple et qui entretient des relations fusionnelles avec la bourgeoisie ; détruire la machine de l’Etat bourgeois pour la remplacer par une démocratie populaire dont l’organe de base serait le conseil des travailleurs, avec élection de toutes les fonctions de bas en haut et où les conseils des travailleurs détiendraient non pas une partie mais tout le pouvoir, ce qui permettrait que pour la première fois dans l’histoire suisse le pouvoir appartienne au peuple et non à une élite.
Cette nouvelle démocratie populaire aura pour but immédiat la socialisation de tous les moyens de production, de crédit et d’échange, afin de remplacer le marché par le plan centralisé comme instance régulatrice de l’économie ; ce qui permettra une production et une distribution en fonction des besoins de la société, sans aucune considération de profit, ainsi que l’abandon du dogme de la croissance pour une production respectueuse de l’environnement. Ce contrôle démocratique populaire sur la politique et l’économie permettra la suppression définitive de toute oppression et de toute exploitation afin de construire une société communiste, une société qui pourra inscrire sur ses bannières « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », une société « où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ». (Karl Marx)
Crise du capitalisme

Depuis quelques mois, le capitalisme vit sa plus grande crise depuis 1929, probablement la pire crise de son histoire. L’économie est en récession, de plus en plus d’entreprises font faillite et licencient en masse, le Bureau International du Travail prévoit 50 millions de chômeurs de plus pour cette année. Selon toute vraisemblance, et selon toutes les analyses sérieuses, cette crise devrait durer encore au moins quinze ans ; il n’y a pas de raison d’ailleurs qu’une crise de telle ampleur dure moins, celle de 1929 ne s’est achevée qu’avec la Seconde Guerre mondiale. Celle que nous vivons actuellement a éclaté avec les subprimes américains, pour s’étendre à toute la finance de ce pays, puis à toute l’économie mondiale. Pour l’instant, l’économie réelle en Suisse est relativement épargnée, mais celle-ci ne saurait tarder à être touchée de plein fouet dans les quelques prochains mois ; selon toutes les prévisions, le pire de la crise est devant nous.
Quelles sont les causes structurelles de cette crise ? Selon Atilio Borón, docteur en sciences politiques, professeur titulaire de théorie politique et sociale, directeur du Programme latino-américain de télé-enseignement en sciences sociales (PLED) : « il s'agit d'une crise de surproduction doublée d'une crise de sous-consommation. Ce n'est pas par hasard qu'elle a éclaté aux États-Unis puisque ce pays vit artificiellement, depuis plus de trente ans, de l'épargne extérieure et du crédit extérieur, deux choses qui ne sont pas infinies : les entreprises se sont endettées au-delà de leurs possibilités ; l'État s'est endetté lui aussi au-delà des siennes pour faire face non à une guerre, mais à deux, non seulement sans augmenter les impôts, mais même en les réduisant, tandis que les citoyens sont systématiquement poussés par la publicité à s'endetter pour soutenir une surconsommation effrénée, irrationnelle et gaspilleuse. » La financiarisation de l’économie n’a donc fait que retarder artificiellement la crise de surproduction, qui n’a fait qu’éclater avec plus de violence lorsque le décalage avec l’économie réelle est devenu intenable.
Pendant des années, les maîtres du monde et leurs « experts » autoproclamés ont imposé aux peuples des politiques néolibérales de dérégulation de l’économie, de privatisations et de liquidation des acquis sociaux obtenus par des décennies de lutte, sous prétexte que ces mesures étaient nécessaires à la bonne santé de l’économie. Or le néolibéralisme a conduit le capitalisme à une crise sans précédant, et aujourd’hui les chantres du « moins d’Etat » et de la « concurrence libre et non faussée » se disent tous « étatistes » et « keynésiens », et vantent à présent la régulation de la finance et l’intervention de l’Etat. Auraient-ils fait une indispensable autocritique ? Nullement ! Ils continuent de servir les mêmes intérêts, ceux des seigneurs du capital. Leur prétendu « plan de sauvetage » de l’économie, leur discours sur le fait que nous serions « tous dans le même bateau », ne sont de fait que la plus grande escroquerie de l’histoire. Ceux là même qui n’ont jamais voulu trouver les 82 milliards de dollars pour arrêter la faim et les épidémies dans le monde, qui ont prétendu que les modestes revendications sociales des travailleurs parce que « les caisses de l’Etat sont vides », ceux là mêmes ont soudain trouvé des sommes faramineuses à offrir comme cadeau, sans prise de contrôle par l’Etat ni autre exigences, à leurs banquiers en difficulté : 1'400 milliards d’euros, 700 milliards de dollars et 65 milliards de francs suisses !
Par contre, pour les travailleurs, ils préconisent de se serrer la ceinture : du fait de la crise, les revendications sociales et salariales seraient irréalisables ; au contraire, il faut baisser les salaires, accepter les licenciements, baisser les retraites, couper encore et encore dans les déjà ridiculement faibles prestations sociales. C’est que les décideurs des Etats bourgeois sont au service justement de la bourgeoisie. Avec leurs « plans de sauvetage » ils veulent faire une chose très simple : renflouer les capitalistes avec les impôts des travailleurs, nous faire payer leur crise, prendre aux exploités l’argent investi actuellement dans les prestations sociales pour le donner aux banquiers. D’autant que ces cadeaux ne serviront pas à autre chose qu’à relancer la spéculation pour un round, avec comme issue de nouveau la crise. Les discours des décideurs sur la « relance » et la « moralisation » du capitalisme ne sont qu’hypocrisie. Car s’ils veulent sauver quelque chose, c’est bien le capitalisme, leur monde à eux, les conditions de leur richesse et de notre oppression. Or cette crise est une crise structurelle du capitalisme, après tout le but de toute entreprise privée est de faire du bénéfice à court terme. Ce profit ne s’obtient jamais que par l’exploitation de la force de travail, l’impérialisme et la guerre. Aussi le Parti du Travail n’est nullement intéressé par un « sauvetage du capitalisme », car celui-ci est contraire aux intérêts des travailleurs. Au contraire, nous voulons renverser la bourgeoisie, abolir le capitalisme et construire à la place une société socialiste qui seule peut satisfaire les aspirations des peuples.
01 avril 2009
Gloses sur le programme de Facebook
Appel du komintern
Vidéo envoyée par trotsky-1917
L’ « Appel pour une vraie force politique alternative de gauche en Suisse », auquel le Gauchebdo de la semaine dernière a consacré la totalité de sa page trois (à juste titre, tant cette question est cruciale pour le PST), exige un débat interne en tant que question d’importance stratégique pour notre Parti. Premièrement que va-t-il en sortir ? La portée de cet appel dépasse de loin celui d’un coup médiatique de Josef Zisyadis et la consultation de la page qui y est consacrée sur Facebook (247 signataires au moment où j’écris ces lignes, plus les quelques dizaines voire centaines qui ont signé le format papier) ne laisse aucun doute quant à l’intention et l’existence d’une base sociale suffisante pour la création d’un nouveau parti, qui sera probablement nommé « La Gauche », en référence explicite à Die Linke et au nouveau Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon.
La question qui se pose actuellement au PST et à ses militants est la suivante : quelle attitude adopter face à cela ? Ou plus clairement : est-il concevable pour nous de participer à ce processus de création d’un nouveau parti dont on ne sait pas trop ce qu’il sera (à part qu’il sera « de gauche alternative », ce qui nous avance beaucoup…), processus explicitement dirigé contre les partis constitués, dont il suppose de faire abstraction des décisions, des statuts et des instances, selon un procédé « pseudo-néo-marcusien » ? Rappelons tout de même que le XIXe congrès national du PST a démocratiquement et à une très large majorité rejeté l’idée de création d’un nouveau parti de la gauche du PS, de même que celle d’une fédération de la gauche combative. Pourtant, certains camarades considèrent comme légitime de tenir pour nulles des décisions démocratiques et largement majoritaire de l’instance suprême du PST, voire même de participer personnellement aux débats en vue de la création du futur nouveau parti sur Facebook, sans même prendre la peine de demander l’aval des instances nationales du Parti, ni même simplement les informer.
En vue de justifier cette démarche anti-parti, le conseiller national Zisyadis avance que la décision du congrès est à priori illégitime car « sectaire » et qu’il est par conséquent tout à fait normal de passer outre au nom de l’ « Unité » (avec une majuscule, car principe soi-disant inconditionnel et indiscutable). Pourtant, ce sacro-saint principe d’ « unité » mérite pour le moins une sérieuse remise en question. Car « unité » avec qui et dans quel but ? Mais voyons, unité avec tout ce qu’il peut y avoir à la gauche du PS pour être plus forts. Oui, mais « à la gauche du PS » ça fait très, très large ; quid de la ligne politique ? Oh, ce n’est pas important, on verra plus tard… Mais qu’est-ce qui est important alors, n’est pas la ligne politique d’un parti qui constitue sa raison d’être même ? Comment osez-vous poser cette question (sous-entendu : stalinien rétrograde), le plus important est évidemment d’être plus forts afin de mener nos luttes immédiates et concrètes. Oui, mais quelles luttes et sur quelle base si la ligne politique n’est pas si importante, de simples et vagues « valeurs » de gauche suffiraient-elles à faire un projet politique cohérant et un rempart contre l’opportunisme droitier ? Voyons, la réponse saute aux yeux, il n’a jamais été question d’objectif final, ni de projet politique cohérant, mais de rassembler le plus de monde possible sur un plus petit dénominateur commun idéologique aussi minimaliste et vague que possible, afin d’avoir la force maximale pour « notre lutte concrète » (avec des trémolos dans la voix), i.e. la lutte électorale.
Il est sans doute pas inutile et même très important d’avoir une participation parlementaire, je n’ai jamais soutenu le contraire. Toutefois, si l’on veut avoir des sièges, encore faut-il savoir quoi en faire. Et pour cela il est primordial d’avoir une ligne politique claire, qui ne peut qu’être fondée sur une idéologie et pas sur de vagues valeurs. Or le futur nouveau parti n’aura pour base idéologique que de vagues valeurs éthiques, ce qui n’est pas un à-priori dogmatique de ma part mais le fruit d’une consultation minutieuse de Facebook. Le nouveau parti se définit d’ores et déjà comme « gauche alternative » (terme vide de sens à souhait et signifiant rien de plus qu’alternative électorale au PS et aux Verts) et « écosocialiste » (tout aussi vague, et signifiant simplement écologiste avec quelques revendications sociales). Ce nouveau parti propose certes de remettre en cause le « capitalisme productiviste » et pourrait peut-être (quoique certains sur le forum aient peur d’aller ainsi déjà trop à gauche) se dire « anticapitaliste » (expression pourtant vide de sens car ne proposant aucun projet positif), mais en l’absence de la moindre vision claire, ni revendication proprement révolutionnaire, l’ « écosocialisme » ne veut pas dire plus que la société capitaliste saupoudrée de quelques acquis sociaux et garde-fous écologiques. D’ailleurs, le forum de discussion sur l’idéologie du futur nouveau parti montre des discussions vagues à souhait sur l’écologie et sur une notion de décroissance purement abstraite car détachée de la question de la propriété, discussions on ne peut plus réformistes et passablement anticommunistes, cela va sans dire. La majorité des membres de ce futur parti auberge-espagnole devraient clairement être, selon les discussions sur Facebook, des sociaux-démocrates actuellement non-organisés car ne se reconnaissant pas dans le PS qui aujourd’hui est beaucoup trop à droite. Le nouveau parti ne pourra donc qu’être celui qui manque dans le paysage politique suisse : un parti social-démocrate un peu plus à gauche que le PSS, mais toutefois à peine moins opportuniste.
Or ce n’est pas de cela que les classes opprimées de notre pays ont besoin. Il est dans le meilleur des cas naïf et insensé de penser qu’un quelconque projet d’émancipation peut sortir de la social-démocratie, même « améliorée » et « plus à gauche ». Le PST doit résolument rejeter toute velléité de fusion dans une vague nébuleuse insipide et réformiste, et les camarades qui participent aux discussions de préparations du nouveau parti doivent être conscients que la participation à une telle manœuvre anti-parti est incompatible avec leur statut de militant du PST et qu’entre les deux ils doivent choisir. Quant au fait que de telles manœuvres soient possibles, il démontre la faiblesse des instances nationales de notre Parti ainsi que la nécessité de rétablir le centralisme démocratique comme un mode de fonctionnement nécessaire pour l’efficacité et l’unité du Parti. Lénine a dit : « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire… Seul un parti guidé par une théorie d’avant-garde peut remplir le rôle de combattant d’avant-garde. ». Le seul projet sensé pour la « gauche de la gauche » suisse, le seul qui puisse être à l’origine d’un véritable projet d’émancipation, et celui de la construction d’un grand Parti révolutionnaire, d’un authentique Parti communiste suisse (sans qu’il soit forcément nécessaire de changer le nom du PST pour cela d’ailleurs), un Parti qui ose s’appuyer sur le marxisme-léninisme afin de renverser la bourgeoisie et construire une société socialiste.
23 mars 2009
Le secret bancaire est à l’agonie : aucune raison de le regretter !

Bien que la bourgeoisie suisse n’ose pas ou ne veuille pas l’admettre, le secret bancaire est bel et bien à l’agonie. Contrairement aux accusations aussi grandiloquentes que ridicules (« la cinquième colonne prépare la capitulation ») du libéral Pierre Weiss envers la gauche qu’il accuse de « trahison envers la patrie » (c'est-à-dire envers les banques suisses), c’est le Conseil fédéral à majorité bourgeoise qui a « capitulé », après quelques gesticulations et protestations de forme, face à ses rivaux impérialistes étatsuniens et européens, acceptant de conclure avec eux des traités supprimant pour leurs contribuables la subtile distinction entre fraude et soustraction fiscale, distinction qui constitue de facto le secret bancaire helvétique (et non pas la protection des données, impliquant que les services de l’Etat n’aient accès aux informations relatives au compte d’un individu qu’en cas de poursuites pénales, ce qui est le cas partout). Cette distinction entre fraude fiscale qui est punissable et soustraction fiscale qui ne l’est pas consiste simplement, au-delà de toutes les subtilités et sophismes de juristes, qu’un contribuable peut en toute légalité détourner une partie de ses revenus imposables, les cacher au fisc, s’il le fait assez subtilement (s’il commet une soustraction et non une fraude).
Ce subtil système a permis à des riches contribuables américains et européens, à des dictateurs des pays pauvres, à des mafieux, mais aussi à des riches contribuables suisses de soustraire des sommes gigantesques au fisc de leurs pays, de voler à leurs pays des fortunes qui auraient dû financer des prestations sociales, et cela sans être inquiétés, car protégés par la loi suisse. Le secret bancaire helvétique n’est donc pas autre chose qu’un soutien au vol, au détournement fiscal et au blanchiment d’argent. C’est ce qui a fait écrire à Jean Ziegler La Suisse lave plus blanc. Durant les années fastes, l’existence des paradis fiscaux, dont la Suisse, arrangeait les bourgeoisies européennes et nord-américaines qui en profitaient grandement. La crise mit fin à cet état de fait. Le laisser-faire néolibéral a mené le capitalisme à une crise sans précédent. Pour sauver le système de propriété privée qui est source de la richesse de leurs classes dirigeantes, les Etats bourgeois sont obligés de mettre en place un minimum de régulation, mais surtout renflouer leurs banques à coup de milliards pour les sauver de la faillite, c’est-à-dire faire payer une fois de plus leur crise à leurs peuples. Sous peine de se retrouver en faillite, les Etats bourgeois ne peuvent désormais plus tolérer qu’une partie de leurs possédants détournent leurs revenus du fisc.
Les bourgeoisies étatsuniennes et européennes se sont entendues pour liquider les paradis fiscaux et les off-shores, qu’elles considèrent être incompatibles avec leur plan de sauvetage du capitalisme, comme mesure anti-crise. Le Luxembourg, Liechtenstein, Andorre, l’Autriche… ont déjà cédé ou sont prêts à céder. Les Iles Caïman, Hong Kong, Macao… n’ont pas encore été inquiétés, mais leur tour va probablement bientôt venir. Dans cette situation, la bourgeoisie suisse n’avait d’autre choix que de « capituler » (si l’on veut reprendre la fanfaronne métaphore martiale de Pierre Weiss). Le secret bancaire n’est toutefois pas mort pour autant : des dictateurs africains ou des mafieux des pays de ce qui fut l’URSS pourront encore en profiter pour cacher dans les coffres forts suisses l’argent volé à leurs peuples… de même que des contribuables helvétiques fraudant le fisc suisse ! Toutefois, la panique de la bourgeoisie helvétique n’est que trop compréhensible : privée de la possibilité d’héberger des fortunes détournées par de riches européens et américains ne peut que la priver d’une part appréciable de ses revenus.
Face au tintamarre propagandiste grandiloquent (dont monsieur Weiss est sans doute le meilleur exemple) qui cache mal la panique de la bourgeoisie suisse, nous ne devons pas tomber dans le piège, tendu par l’ennemi de classe, de croire que sommes pas « tous dans le même bateau ». En tant que Parti communiste, il est de notre devoir de rappeler l’antagonisme fondamental entre les classes. Contrairement aux mensongers que la bourgeoisie distille à longueur de journées, le secret bancaire ne profite nullement aux travailleurs suisses. Tout au plus avons-nous reçu pendant ces dernières décennies quelques os de la table des patrons, des os qu’ils avaient eux-mêmes volés aux peuples des pays néo-colonisés. Certes les banques suisses payent des impôts qui servent à financer quelques maigres prestations sociales que les bourgeois nous ont presque toutes déjà enlevées. Mais si le niveau de vie moyen en Suisse est l’un des plus élevés au monde, le pays n’en est pas moins extrêmement inégalitaire (un million de personnes, soit environ un septième de la population totale, en dessous du seuil de pauvreté selon Caritas) et plus inégalitaire que ses voisins qui ne connaissent pas de secret bancaire.
C’est que, que les banques suisses se gavent de l’argent volé aux autres peuples de la planète ne rapporte pas pour autant le moindre bien être, ni le moindre emploi pour les travailleurs suisses. Car les banques privées ne peuvent avoir pour seul but que le profit maximum, elles ne vont donc pas investir leurs précieux trésors volés aux peuples de la planète dans l’économie réelle helvétique avec des salaires décents à la clé. L’usage qu’elles ont fait jusque là de leur argent n’est que trop connu : délocalisations industrielles dans les pays pauvres avec des salaires de misère à la clé, « restructurations » d’entreprises avec licenciements de masse et baisses de salaires, spéculations… prospérité qui a fini dans les subprimes américains, si bien que le peuple suisse a dû payer l’ardoise d’UBS. Continuer la politique que la droite et la social-démocratie veulent continuer ne peut conduire la Suisse à un autre destin que celui de l’Islande : la faillite intégrale. Vouloir sauver le capitalisme dans le fol espoir que la bourgeoisie suisse redevenue hautement bénéficiaire ait l’immense bonté de partager un peu sa richesse est absurde ; quelque soit la façon dont on pose l’équation, l’issue pour les travailleurs est toujours la même : la crise, le chômage, la misère. Face à un capitalisme désespérément en crise qui n’a rien à offrir aux peuples à part de le suivre dans le gouffre, nous devons porter haut et fort le vieux slogan des révolutionnaires russes : « Tu obtiendras ton droit dans la lutte ». Pour rompre avec ce non-avenir de chute dans le gouffre, nous devons arracher le pouvoir à cette bourgeoisie arrogante qui ne peut rien nous apporter à part la misère et la crise, afin de mettre en place une économie planifiée, une économie socialiste qui seule est capable de satisfaire les aspirations des peuples.
22 mars 2009
Documents d’identité biométriques : non à l’Etat Big Brother !
source de l'image: www.damweb.fr/wp-content/2008/09/big-brother-...Voudriez-vous que la police fédérale crée à votre insu un dossier exhaustif sur vous, dossier enregistré dans une base de données centralisée dont vous ignorez tout du contenu, et qui serait consultable par les services de sécurité, mais aussi par les gouvernements étrangers et des entreprises privées, par une simple lecture à distance d’une minuscule puce cachée dans votre passeport, lecture à votre insu évidemment ? A cette question, il vous faudra répondre le 17 mai, dans le cadre de la votation nationale portant sur les documents d’identité biométrique. Il s’agit d’une loi, concoctée par les services du tristement célèbre ex conseiller fédéral Christophe Blocher et votée par la majorité de droite du parlement, qui sous couvert de modernisme branché et d’indispensable adaptation au progrès technologique est de fait dangereusement liberticide et s’inscrit dans la droite ligne du projet fascisant de la bourgeoisie suisse (de même que la modification de la loi sur la police dont parle notre éditorial).
Actuellement, les citoyens suisses peuvent choisir s’ils veulent avoir des documents d’identité biométriques ou non. La loi sur laquelle nous allons voter prévoit la suppression de ce choix. Si elle passe, les citoyens ne pourront avoir que des passeports et cartes d’identité biométriques, c'est-à-dire contenant une photo du visage numérisée, une empreinte digitale et une puce RFID dans le cas du passeport. Il sera impossible d’acquérir ces nouveaux documents « modernes » auprès de la mairie de sa commune, mais il faudra se rendre dans un des quelques centres prévus à cet effet (à Lausanne dans le cas des genevois). Quelques explications techniques s’imposent en ce qui concerne la puce RFID. Il s’agit d’une puce, comme son nom l’indique ; une puce qui peut être plus petite qu’un grain de sel mais pouvant contenir néanmoins des milliers et des milliers de page de texte dont le détenteur du passeport n’aurait aucune idée du contenu. Les informations qui y sont stockées peuvent être lues jusqu’à une distance de quelques mètres par un capteur à l’insu total du porteur du passeport. De plus, la technologie RFID, par l’intermédiaire de capteurs terrestres, est compatible avec le repérage par satellite. La carte d’identité ne contiendrait pas de puce RFID « jusqu’à nouvel avis » (dixit le Conseil fédéral). Mais selon la loi il aura toute latitude de rendre obligatoire la présence d’une puce RFID dans la carte d’identité, ainsi que toute autre innovation technologique dont nous n’avons pas la moindre idée actuellement, et ce sans aucune possibilité de référendum.
Les données biométriques seraient archivées dans une base de données centralisée, et par conséquent accessibles sans aucune limites ni aucun contrôle à touts les services de sécurité. Or même le parlement européen et des collaborateurs scientifiques du Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence se sont opposés à l’existence d’une telle base centralisée de données. Et combien à raison ! Car la loi qu’a voté le parlement n’est pas autre chose qu’un retour au fichage généralisé des citoyens (fichage qui de fait n’a certainement pas cessé une seconde), avec des moyens techniques et un pouvoir jamais vus auparavant donnés à la police fédérale. La droite de ce pays veut un espionnage de tous en permanence et sans limites, veut traiter tous les citoyens comme des criminels potentiels (seuls les suspects directs de crime devaient auparavant donner leur empreinte digitale). Les bourgeois veulent purement et simplement instaurer un Etat Big Brother, un Etat où chacun, sous un fallacieux prétexte de sécurité, serait fiché et surveillé sans limites par la police fédérale, sans plus aucune possibilité de contrôle démocratique ni même de contestation. De plus, les données sur les puces RFID seraient potentiellement lisibles, car ne pouvant être à 100% protégées, par des entreprises privées ou des services de sécurité étrangers.
La raison officielle avancée par le Conseil fédéral pour voter oui à cette loi liberticide est qu’elle serait soi-disant imposée par les accords de Schengen avec l’Union européenne, et que donc sous peine de perdre notre liberté de déplacement dans l’UE (et dans les USA qui exigeraient également cette technologie), nous n’aurions pas le choix que de voter oui. Il faut toutefois rappeler que la Suisse irait ainsi plus loin dans le fichage que l’UE, qui n’exige ni base de données centralisée, ni que les cartes d’identité (document à usage interne) soient biométriques. Mais dans tous les cas, ce chantage de l’UE ne saurait nous impressionner. Au contraire, c’est une raison de plus de voter non ! Car pourquoi les peuples devraient-ils obéir aux arrogants bureaucrates nommés de la commission européenne ? Nous devons résolument combattre ce sophisme bourgeois, sous peine de perdre nos libertés démocratiques. Que l’Union européenne cherche une énième fois à nous imposer un projet anti-démocratique et en tous points contraire aux intérêts des peuples confirme une fois encore la justesse de la position qui fut toujours celle du PdT, la position du rejet de cette UE, qui loin d’être « l’Europe » n’est qu’un outil d’oppression des peuples au service du grand capital. Voter non le 17 mai est donc un acte de résistance contre la droite fascisante, mais c’est aussi un acte d’internationalisme, un acte de solidarité avec les peuples européens dans leur lutte contre la construction européenne, antidémocratique et réactionnaire.
Pour toutes ces raisons, le Parti du Travail vous invite à glisser un non résolu et sans nuances dans l’urne le 17 mai.
19 mars 2009
L'empereur Palpatine, nouvel idéologue des libéraux genvois
Dans le discours où il proclama l'Empire galactique, Palpatine définit ce nouveau régime de la façon suivante: "une société fondée sur l'ordre et la sécurité". Ordre et sécurité? Pratiquement ces mots signifient toujours tyrannie, oppression et terreur, terreur qui atteindra son apogée avec la destruction d'Alderaan dans l'épisode 4. De fait, l'Empire galactique est un symbole du fascisme selon les propres dires de George Lukas (notamment les uniformes des officiers impériaux, directement inspirés de ceux des nazis) dans l'ancienne trilogie; et un symbole du bushisme poussé jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'au fascisme, dans la nouvelle.
Or, Olivier Jornot, notre disciple cantonal de Palpatine (ce serait faire trop d'honneur à ce piètre démagogue d'extrême-droite que de le comparer au brillant Seigneur Noir des Sith) a repris la même formulation que l'empereur dans la modification de la loi sur la police qu'il parvint à faire accepter par le parlement. Cette modification, intitulée Pour renforcer les libertés (décidémment, la droite dure a le sens de la provocation) et restaurer la sécurité publique, généralise les "mesures d'éloignement" (qui de fait existent déjà pour les étrangers, les mendiants, les drogués et dans d'autres cas très précis), en donnant à la police de nouveaux pouvoirs dont elle peut faire usage dans l'arbitraire le plus total.
Jugez en plutôt. La police peut interdire à une personne l'accès d'un périmètre verbalement jusqu'à 24 heures, et par écrit entre 24 heures et 3 mois (avec certes possibilités de recours devant le tribunal administratif), sous des motifs aussi flous que "elle même ou un rassemblement de personnes auquel elle participe menace l'ordre et la sécurité publique (vive la formulation palpatinienne!) ...importune un tiers ou empêche sans motif l'usage normal du domaine public". Parmi les cibles potentielles, seuls les mendiants, les drogués et les dealers sont mentionnés explicitement. Autres victimes non-mentionnées dans la loi, mais dans le discours de monsieur Jornot, les jeunes qui vont discuter en groupes le soir dans la rue (des "bandes" qui "traîent" dans le jargon néo-fasciste). En effet, c'est un crime très grave s'il en est, un crime contre l'humanité serais-je tenté de dire, que d'être jeune et de parler le soir dans la rue. Mais voir des jeunes en groupes de plus de trois, et (suprême offense) sans porter de costume trois pièces, dans la rue et 18 heures passées est insupportable pour ces respectables monsieurs en cravate. Ces jeunes devraient avoir honte de déranger ainsi par leur simple présence nos bons bourgeois de droite, que dis-je devraient avoir honte d'avoir moins de 30 ans! Ils devraient rester chez eux 18 heures tombées, ou alors s'endetter à mort pour aller dans des boîtes bourgeoises où une seule soirée peut coûter plus cher qu'une journée de travail de leurs parents!
Mais les formulations que je viens de citer, ambigues à souhait donc authorisant toutes les dérives et instaurant le délit de faciès, laissent à réfléchir. Visiblement, les rassemblements de personnes sont visés. Il s'agit très visiblement de criminaliser les manifestations de gauche, qui chacun sait troublent "ce calme apparent que l'on appelle de l'ordre" (Victor Hugo, parlant de condamnés au bagne réduits au silence à coups de matraque). Pour la droite néo-fascisante, la seule existence d'une cotestation est innacceptable, car elle trouble son ordre, c'est-à-dire celui de la soumission aveugle, celui de la servitude. C'est pourquoi, elle veut criminaliser toute contestation, l'accusant de "troubler l'ordre (c'est-à-dire tout le monde au pas) et la sécurité publique". Par exemple, si cette loi avait déjà été en vigueur le 31 janvier, j'aurais sans doute été interdit d'accès à tout le périmètre de la Rue du Mont-Blanc pendant 3 mois pour avoir participé à une manif interdite contre le WEF (cf. l'article "l'ordre règne à Genève"). "Trouble de l'usage normal du domaine public"? Il s'agit là clairement d'une loi anti-syndicale, que le conseiller administratif Pierre Maudet, jeune carriériste radical sarkosyste crypto-fascisant, a appliqué avant même qu'elle soit votée par le peuple contre des syndicalistes d'Unia qui participaient à un piquet de protestation devant Manor pour protester contre le licenciement abusif de leur camarade Marisa Pralong (licenciée sur le prétexte d'avoir commis le crime très grave d'avoir dans une lettre de lecteur à la Tribune de Genève critiqué les pratiques anti-sociales des grands détaillants du canton, sans même avoir mentionné nommément son employeur... de fait licenciée pour ses activités syndicales).
Il s'agit là très clairement d'une énième loi liberticide et fascisante, rappelant le Chili de Pinochet où les rassemblements de plus de trois personnes étaient interdits, concoctée par une droite qui de démocrate n'a plus que le nom, une loi fascisante du même registre que celle concernant le passeport biomètrique sur laquelle nous voterons le 17 mai, ou la généralisation des caméras de sécurité, ou l'arrestation sur simple soupçon... en vérité, une très longue série de lois, série qui se retrouve dans tous les pays dévéloppé et qui prouve évidemment l'existence d'un projet cohérant de toutes les bourgeoisies impérialistes. C'est que la bourgeoisie a peur, très peur de son peuple qui a tout intérêt à la renvercer, si bien que dès qu'elle se sent menacée (ce qui actuellement du fait de la crise est le cas) elle liquide les uns après les autres tous les acquis démocratiques que le peuple avait précédemment conquis par des décennies de luttes jusqu'à parvenir à une dictature intégrale. C'est ce qui se passe actuellement. La bourgeoisie suisse, qui garde encore un masque démocratique, attaque de plus en plus violement des droits démocratiques de plus en plus fondamentaux. Continuer dans ces conditions à croire en la sacro-sainte "démocratie semi-directe suisse" serait une tragique folie, cela nous menerait à rester passifs ou trop mous jusqu'à ce qu'un jour la droite laisse tomber le masque et que nous nous révéillions dans une prison à ciel ouvert qui est précisément le fascisme. Mais du moins, cette évolution fasciste de la droite et de l'Etat bourgeois a au moins cela de positif qu'elle réveille les masses, leurs fait perdre leurs illusions sur la "démocratie la plus parfaite au monde" et fait apparaître l'oppression de classe dans ce qu'elle a de plus brutal. Elle rappelle aussi à certains qui se disent communistes une vérité qu'ils n'ont que trop souvent oubliée: « Les formes d'Etats bourgeois sont extrêmement variées, mais leur essence est une : en dernière analyse, tous ces Etats sont, d'une manière ou d'une autre, mais nécessairement, une dictature de la bourgeoisie. Le passage du capitalisme au communisme ne peut évidemment manquer de fournir une grande abondance et une large diversité de formes politiques, mais leur essence sera nécessairement une : la dictature du prolétariat. » (Lénine)
SIGNEZ TOUTES ET TOUS LE REFERENDUM LANCE PAR LE PARTI DU TRAVAIL
Résumé indispensable sur la crise du capitalisme

Fidel Castro écrit (texte publié sur le bog de Danielle Bleitrach) :RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL,Une réunion qui valait la peine
« ...Nous nous trouvons devant une crise générale du capitalisme, la première à atteindre une ampleur comparable à celle qui a éclaté en 1929 et à ce qu'on a appelé la "Longue Dépression" de 1873-1896. Une crise intégrale, de civilisation, multidimensionnelle, dont la durée, la profondeur et la portée géographique seront sûrement supérieures à celles des précédentes.
« Il s'agit d'une crise qui dépasse de loin les domaines financier et bancaire et qui touche l'économie réelle dans tous ses volets. Elle frappe l'économie mondiale et s'étend bien au-delà des frontières étasuniennes.
« Quelles sont ses causes structurelles : il s'agit d'une crise de surproduction doublée d'une crise de sous-consommation. Ce n'est pas par hasard qu'elle a éclaté aux États-Unis puisque ce pays vit artificiellement, depuis plus de trente ans, de l'épargne extérieure et du crédit extérieur, deux choses qui ne sont pas infinies : les entreprises se sont endettées au-delà de leurs possibilités ; l'État s'est endetté lui aussi au-delà des siennes pour faire face non à une guerre, mais à deux, non seulement sans augmenter les impôts, mais même en les réduisant, tandis que les citoyens sont systématiquement poussés par la publicité à s'endetter pour soutenir une surconsommation effrénée, irrationnelle et gaspilleuse.
« Mais, à ces causes structurelles, il faut en ajouter d'autres : la financiarisation accélérée de l'économie et la tendance irrésistible à l'incursion dans des opérations spéculatives toujours plus risquées. Une fois découverte la "fontaine de jouvence" grâce à laquelle l'argent rapporte toujours plus d'argent en se passant de la valorisation que lui apporte l'exploitation de la force de travail et compte tenu du fait que l'on peut obtenir des masses énormes de capital fictif en quelques jours ou quelques semaines au plus, le capital, tel un narcodépendant, en arrive à renoncer à tout calcul, et même à n'avoir plus aucun scrupule.
« D'autres circonstances ont favorisé l'éclatement de la crise. Les politiques néolibérales de dérégulation et de libéralisation ont permis aux acteurs les plus puissants qui pullulent sur les marchés d'imposer la loi de la jungle.
« On a assisté à une énorme destruction de capitaux à l'échelle mondiale, une sorte de "destruction créatrice" qui, à Wall Street, a abouti à une dévalorisation des sociétés cotées en bourse de presque 50 p. 100 : une société qui détenait un capital de 100 millions n'en a plus aujourd'hui que 50 ! On constate une chute de la production, des cours, des salaires, du pouvoir d'achat. L'ensemble du système financier est sur le point d'éclater. Les pertes bancaires se chiffrent à plus de 500 milliards, et on s'attend sous peu à un billion de plus. Plus d'une douzaine de banques ont fait faillite, et des centaines d'autres courront le même sort. À l'heure qu'il est, la Réserve fédérale a transféré plus d'un billion de dollars au cartel bancaire, mais il en faudra 1,5 billion de plus pour maintenir la liquidité des banques dans les prochaines années. Nous vivons la phase initiale d'une longue dépression, et le mot récession, si à la mode récemment, ne traduit pas dans tout son dramatisme ce que l'avenir réserve au capitalisme.
« L'action ordinaire de Citicorp a perdu 90 p. 100 de sa valeur en 2008. Dans la dernière semaine de février, elle était cotée à Wall Street à 1,95 dollar !
« Ce processus n'est pas neutre, car il favorisera les oligopoles les plus importants et les mieux organisés qui déplaceront leurs rivaux des marchés. La "sélection darwinienne des plus aptes" fraiera la voie à de nouvelle fusions et alliances entre entreprises, lançant les plus faibles à la banqueroute.
« On constate un essor accéléré du chômage. Le nombre de chômeurs dans le monde (environ 190 millions en 2008) pourrait augmenter de 51 millions en 2009. Les travailleurs pauvres (ceux qui gagnent juste deux euros par jour) se monteront à 1,4 milliard, soit 45 p. 100 de la population active de la planète. Aux USA, la récession a déjà détruit 3 600 000 postes de travail. En Union européenne, les chômeurs sont 17 500 000, soit 1 600 000 de plus que voilà un an. On prévoit la perte de 3 500 000 emplois en 2009. Plusieurs États centraméricains, ainsi que le Mexique et le Pérou, seront durement touchés par la crise à cause de leurs liens étroits avec l'économie étasunienne.
« C'est une crise qui frappe tous les secteurs de l'économie : la banque, l'industrie, les assurances, le bâtiment, etc., et fait métastase à l'ensemble du système capitaliste international. « Des décisions prises dans les centres mondiaux et touchant les filiales de la périphérie engendrent des licenciements massifs, des ruptures de paiements, des chutes de la demande d'intrants, etc. Les USA ont décidé d'appuyer les Big Three (Chrysler, Ford, General Motors) de Detroit, mais uniquement pour qu'elles sauvent les usines du pays. La France et la Suède ont annoncé qu'elles conditionneront les aides à leurs industries automobiles : ne pourront en bénéficier que les usines situées dans le pays même. La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a déclaré que le protectionnisme pouvait être "un mal nécessaire en temps de crise". Le ministre espagnol de l'Industrie, Miguel Sebastián, pousse à "consommer des produits espagnols". » J'ajoute pour ma part que Barack Obama promotionne le "Buy American !".
« On peut citer d'autres sources de propagation de la crise vers la périphérie : la chute des cours des produits de base qu'exportent les pays latino-américains et caribéens, avec ses séquelles récessives et la montée du chômage. "Les envois d'argent des émigrés latino-américains et caribéens dans les pays développés à leurs familles diminuent brutalement. (Dans certains cas, les envois de fonds familiaux constituent la plus importante source de revenus des pays, au point de dépasser les recettes d'exportations.)
« Le retour des émigrés dépriment encore plus le marché du travail. « Tout ceci se conjugue à une profonde crise énergétique qui exige le remplacement du modèle actuel basé sur une utilisation irrationnelle et prédatrice des combustibles fossiles.
« Cette crise coïncide avec la prise de conscience croissante de la portée catastrophique des changements climatiques.
« Ajoutez-y la crise alimentaire, aggravée par la prétention du capitalisme de maintenir son modèle de consommation irrationnel et de reconvertir des terres aptes à la production d'aliments en terres destinées à la production d'agrocarburants.
« Obama a reconnu que nous n'avions pas encore touché le fond, et Michael Klare a écrit voilà quelques jours : "Si la catastrophe économique actuelle se transforme en ce que le président Obama a qualifié de "décennie perdue", le résultat pourrait en être un panorama mondial gros de convulsions provoquées par l'économie". « En 1929, le chômage avait atteint 25 p. 100 aux USA, tandis que les cours des produits agricoles et des matières premières dégringolaient. Dix ans après, malgré les politiques radicales mises en œuvre par Franklin D. Roosevelt (le New Deal), le chômage restait très élevé (17 p. 100) et l'économie ne parvenait pas à sortir de la dépression. Seule la Deuxième Guerre mondiale avait mis fin à cette étape. Pourquoi devrait-elle être plus brève aujourd'hui ? La dépression de 1873-1896 n'a-t-elle pas duré vingt-trois ans !
« Compte tenu de ces antécédents, pourquoi sortirions-nous de la crise actuelle en quelques mois, comme le pronostiquent des publicitaires et "gourous" de Wall Street ?
« On ne sortira pas de cette crise par une ou deux réunions de G-20 ou du G-7. Si l'on veut une preuve de l'incapacité radicale du système à régler la crise, il suffit de voir la réponse des principales bourses de valeurs du monde à chaque annonce ou à chaque sanction d'une loi portant approbation d'un nouveau sauvetage : la réponse des "marchés" est immanquablement négative.
« Selon George Soros, "l'économie réelle subira les effets secondaires qui prennent maintenant toujours plus de poids. Puisque, dans de telles circonstances, le consommateur étasunien ne peut plus servir de locomotive de l'économie mondiale, l'administration étasunienne doit stimuler la demande. Et comme nous faisons face aux problèmes menaçants du réchauffement de la planète et de notre dépendance énergétique, la prochaine administration devrait lancer un plan visant à encourager les économies d'énergie, à développer des sources d'énergies alternatives et à mettre en place des infrastructures écologiques."
« Une longue période de tiraillements et de négociations s'ouvre pour définir de quelle façon on sortira de la crise, quels en seront les bénéficiaires et quels seront ceux qui en feront les frais.
« Les accords de Bretton Woods, conçus dans le cadre de l'étape keynésienne du capitalisme, ont coïncidé avec la stabilisation d'un nouveau modèle d'hégémonie bourgeoise dont la toile de fond nouvelle et inattendue, conséquence de la guerre et de la lutte antifasciste, a été le renforcement du poids des syndicats ouvriers, des partis de gauche et des capacités de régulation et d'intervention des États.
« L'URSS n'existe plus, dont la simple présence, doublée de la peur de l'Occident de voir son exemple y irradier, faisait pencher la balance en cas de négociations en faveur de la gauche, des secteurs populaires, des syndicats, etc.
« La Chine joue de nos jours un rôle incomparablement plus important dans l'économie mondiale, mais sans atteindre un poids similaire dans l'arène politique mondiale. Malgré sa faiblesse économique, l'URSS était en revanche une formidable puissance militaire et politique. La Chine est une puissance économique, mais sa présence militaire et politique dans les affaires mondiales est faible, bien qu'elle soit en train d'entreprendre une réaffirmation très précautionneuse et graduelle dans la politique mondiale.
« La Chine peut finir par jouer un rôle positif pour la stratégie de recomposition des pays de la périphérie. Beijing est en train de réorienter graduellement ses énormes énergies nationales vers le marché intérieur. Pour de multiples raisons qu'il serait impossible de discuter ici, son économie doit obligatoirement croître de 8 p. 100 par an, en réponse soit aux stimulants des marchés mondiaux soit à ceux qui découlent de son marché interne immense mais encore partiellement exploité. Si ce virage se confirme, on peut prédire que la Chine continuera d'avoir besoin de nombreux produits originaires des pays du Tiers-monde, comme le pétrole, le nickel, le cuivre, l'aluminium, l'acier, le soja et d'autres matières premières et denrées alimentaires. « Lors de la Grande Dépression des années 30, l'URSS était en revanche très faiblement insérée dans les marchés mondiaux. La Chine est dans une situation différente : elle pourra continuer de jouer un rôle très important et, tout comme la Russie et l'Inde (bien que dans un moindre mesure), acheter à l'extérieur les matières premières et les aliments dont elle a besoin, contrairement à l'URSS durant la Grande Dépression.
« Dans les années 30, la "solution" à la crise avait été le protectionnisme et la guerre mondiale. De nos jours, le protectionnisme se heurtera à de nombreux obstacles du fait de l'interpénétration des grands oligopoles nationaux dans les différents espaces du capitalisme mondial. Compte tenu de l'existence d'une bourgeoisie mondiale, ancrée dans de gigantesques compagnies qui, malgré leur base nationale, opèrent dans une foule de pays, l'option protectionniste dans le monde développé sera peu efficace en ce qui concerne le commerce Nord/Nord, et les politiques tendront - du moins pour l'instant et non sans des tensions - à respecter les paramètres établis par l'OMC. L'atout du protectionnisme apparaît largement plus probable quand on le jouera, comme cela se fera sûrement, contre le Sud dans son ensemble. Il est pratiquement impossible que des "bourgeoisies nationales" du monde développé prêtes à lutter entre elles pour la domination des marchés déclenchent une guerre mondiale, parce que ce genre de bourgeoisie a été écarté par l'ascension et la consolidation d'une bourgeoise impériale qui se réunit périodiquement à Davos et pour laquelle le choix d'un affrontement militaire constituerait une idiotie monumentale. Ce qui ne veut pas dire que cette bourgeoisie mondiale n'appuierait pas, comme elle l'a fait jusqu'alors pour les équipées militaires des États-Unis en Iraq et en Afghanistan, de nombreuses opérations militaires à la périphérie du système, nécessaires à la préservation de la rentabilité du complexe militaro-industriel étasunien et, indirectement, à celle des grands oligopoles des autres pays.
« La situation actuelle n'est pas celle des années 30. Lénine disait que "le capitalisme ne chute que si une force sociale le fait chuter". Cette force sociale n'existe pas de nos jours dans les sociétés du capitalisme de la métropole, dont les États-Unis. « Auparavant, les USA, le Royaume-Uni, la France et le Japon vidaient leur querelle pour l'hégémonie impériale sur le terrain militaire.
« De nos jours, l'hégémonie et la domination sont clairement aux mains des USA, le seul garant du système capitalisme à l'échelle mondiale. Si les USA chutaient, il en résulterait un effet domino qui entrainerait l'effondrement de presque tous les capitalismes métropolitains, sans parler des conséquences pour la périphérie du système. Au cas où Washington serait menacé par une insurrection populaire, tous courraient à son secours parce que les USA sont le soutien ultime du système et le seul qui peut, le cas échéant, secourir les autres.
« Les USA sont un acteur irremplaçable et le centre incontesté du système impérialiste mondial : ils disposent à eux seuls dans environ cent vingt pays de plus de sept cents missions et bases militaires qui constituent la réserve finale du système. Si les autres options échouaient, la force apparaîtrait dans toute sa splendeur. Seuls les USA sont en mesure de déployer leurs troupes et leur panoplie de guerre pour maintenir l'ordre à l'échelle planétaire. Ils sont, comme le disait Samuel Huntington, "le sheriff solitaire".
« Cet "étayage" du centre impérialiste bénéficie de la collaboration hors de pair des autres alliés impériaux ou des concurrents sur le terrain économique, voire de la plupart des pays du Tiers-monde qui accumulent leurs réserves en dollars des Etats-Unis. Ni la Chine, ni le Japon, ni la Corée ni la Russie, pour ne parler que des principaux détenteurs de dollars sur la planète, ne peuvent liquider leurs stocks dans cette monnaie parce que ce serait un mouvement suicidaire. Bien entendu, c'est là encore quelque chose à considérer avec beaucoup de prudence.
« Le comportement des marchés et des épargnants du monde entier renforce la position des USA : la crise s'aggrave, les sauvetages s'avèrent insuffisants, le Dow Hones de Wall Street chute en dessous du plancher psychologique des 7 000 points - soit moins que la cotisation de 1997 ! - et les gens cherchent pourtant refuge dans le dollar, tandis que les parités de l'euro et de l'or chutent ! « Zbigniev Brzezinski a déclaré: "Je suis inquiet parce que nous allons avoir des millions et des millions de chômeurs, et que des tas de gens sont vraiment dans une très mauvaise situation. Et cette situation se maintiendra pour un temps avant que les choses ne s'améliorent éventuellement."
« Nous sommes en présence d'une crise qui est bien plus qu'une crise économique ou financière. « Il s'agit d'une crise intégrale d'un modèle de civilisation insoutenable des points de vue économique et politique sans recourir une fois de plus à la violence contre les peuples ; tout aussi insoutenable du point de vue écologique, parce qu'il détruit, parfois d'une manière irréversible, l'environnement ; et tout aussi insoutenable sur le terrain social parce qu'il dégrade la condition humaine jusqu'à des limites inimaginables et détruit la trame même de la vie sociale. « La réponse à cette crise ne peut donc être seulement économique ou financière. Les classes dominantes feront exactement ça : utiliser un vaste arsenal de ressources publiques pour socialiser les pertes et renflouer les gros oligopoles. Accrochées à la défense de leurs intérêts les plus immédiats, elles ne sont même pas capables d'envisager une stratégie plus intégrale. »
« La crise n'a pas touché le fond », dit Atilio. « Nous nous trouvons devant une crise générale du capitalisme »... aucune n'a été pire. Celle qui a duré de 1873 à 1896, soit vingt-trois ans, a été nommée la Grande Dépression. L'autre crise très grave a été celle de 1929, qui a duré, elle aussi, au moins vingt ans. La crise actuelle est « intégrale, de civilisation, multidimensionnelle ». Et d'ajouter : « Il s'agit d'une crise qui dépasse de loin les domaines financier et bancaire et qui touche l'économie réelle dans tous ses volets. »
Quiconque glisse ce résumé dans sa poche, le lit de temps à autre ou l'apprend par cœur comme une petite bible sera mieux informé de ce qu'il se passe dans le monde que 99 p. 100 de la population dans un monde matraqué par des centaines de publicités et saturé de milliers d'heures d'infos, de romans et de films de fiction vrais ou faux.
Fidel Castro Ruz 8 mars 2009 11 h 16"
(la traduction est de JF Bonaldi)
Le Parti de la Gauche Européenne a peur des peuples!
Allons-voir ce qu’elle dit là ou elle s’exprime sans contrainte, dans les textes du PGE auquel adhère la direction du PCF.
Les choses sont claires. Alors que jamais l’affrontement entre capital et travail n’a été aussi violent et aiguisé qu’aujourd’hui, la déclaration politique du PGE nous dit
« La “vieille” contradiction facilement comprise entre le Capital et le Travail est balayée par de nouvelles aspirations et contradictions entre les sexes, les générations, les cultures, les groupes ethniques et surtout par une conscience nouvelle de l’interrelation entre l’humanité et l’environnement »
Bien sûr, si l’histoire n’est plus celle des luttes de classe, les peuples n’ont pas besoin de souveraineté populaire ! Pire, les peuples sont suspects de "populisme".
C’est ainsi que le PGE analyse les tensions de plus en plus grande entre les peuples qui disent NON et l’Union Européenne qui impose toujours plus ses directives
« Les choix néolibéraux définis par Maastricht ont provoqué une érosion des conditions matérielles de vie de larges secteurs de la population, conduisant à une crise de rejet de l’intégration Européenne. Cette crise est due à la non-viabilité d’un modèle économique, écologique, patriarcal et social qui produit des inégalités intolérables, un désastre environnemental, la précarité au travail et dans la vie. Elle n’est pas en mesure de dénouer les nœuds politiques qui se trouvent à la base de la crise de cohésion sociale et politique sur le Vieux Continent. Cela crée un vide politique. Les vieux pouvoirs politiques ne peuvent résoudre ces problèmes parce qu’ils continuent à mettre en pratique les politiques de Maastricht. Cela est en train de créer un vide politique. Ce vide et l’absence de perspectives de changement pourrait engendrer la victoire de projets néo-populistes basés sur un mélange d’éléments xénophobes et racistes avec le néo-libéralisme. »
Résumons-nous
« Le processus de l’intégration Européenne devient plus lent et plus contradictoire. La crise de légitimité des politiques met en danger le processus d’intégration Européenne ».
L’Union Européenne a trouvé son fidèle soutien... le PGE combattra tout ce qui met en danger l’intégration européenne. Il a bien mérité de sa forte subvention !
30 janvier 2009
l'expression contre l'oppression v1.0
l'expression contre l'oppression v1.0
Vidéo envoyée par linconnubxl
40 artistes belges répondent à l'appel, en soutien au peuple palestinien
Abdo, Arabica (Couscous Clan), Anakonda (DCS), Bilibra, Cheb Malek, Cybang
Djam le Rif (CNN), Driss, El Mago (DCS), Enas Reddin, Esko, Ertug (BCL), HMI
Hoomam (ULS Prod), Insaan (Couscous Clan), Issam, James Deano, Kazavetz
KHD (A6000), Kortas (Couscous Clan), L'Ab2C (Opak), Le Must (A6000)
Mourad (Ben label), Nerlock kila (OH My Prod), Passpartou,
RomOne (OH My Prod), Rayane et Adam, Saad (BX en force), SCYLLA (OPAK),
Shany, SegOne (Starflam), Seriak (OH My Prod), S'Jam, The Wil, Vedat,
Verbal (BCL), Youn-S, Yumer (A6000), Zz'ino (A6000)
Beatmaker : Daroum
pour info...
L’enregistrement sonore et le clip ont été fait le même jour au studio face a, la plupart des mc's ont écrit sur place. Respect
"L'ordre règne à Genève"
BxN - coup d'etat de la jeunesse
Vidéo envoyée par betizfest
"Engage-toi, réengage-toi !"
Nouvel hymne à la jeunesse rebelle du monde entier extrait du prochain album de Bérurier Noir.
N.B: l'article qui suit a été rédigé le 01.02.09
Le Conseil d'Etat de "gauche" à la solde de la droite croyait pouvoir décourager la gauche radicale de manifester contre le WEF en interdisant au dernier moment (alors que la coordination s'est montrée irreprochable dans ses négociations avec la police) la manifestation prévue pour le samedi 31 janvier. Pas de chance! Non seulement aucune organisation signataire de l'appel à la manifestation ne s'est désistée, mais solidaritéS et les syndicats (d'abord hésitants) s'y sont joints, ainsi que de nombreuses personnes non-membres des organisations en question mais attachées aux droits démocratiques: entre 1000 et 2000 au total. Le rassemblement avec prises de parole s'est très bien déroulé, les manifestants sont jusqu'au bout restés pacifiques, à écouter les discours au contenu clairement révolutionnaire: Jean-Luc Ardite, président du PdT, a rappelé l'alternative "socialisme ou barbarie", le célèbre sociologue socialiste de gauche Jean Ziegler a parlé d'une montée du fascisme à propos de l'interdiction de la manifestation.
Or cela, la police ne voulait pas l'accepter! Désireux de criminaliser toute contestation de l'ordre établi et voyant que les manifestants ne lui en donnaient pas le prétexte, le gouvernement genevois donna à sa police l'ordre de créer ce prétexte. Ce qui fut fait. Une partie des manifestants voulut défiler pacifiquement malgré l'interdiction, en parlementant d'abord avec la police; on les laissa marcher quelques mètres, puis la police les attaqua sans la moindre raison avec un tir de barrage de grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc, les forçants à refluer vers la Rue du Mont-Blanc. Auparavant, la police avait donné l'ordre aux manifestants de se disperser, tout en blocant les passages presque complètement, si bien que les gens ne pouvaient passer qu'au compte-gouttes, soit-disant pour garantir "l'ordre public". Or dès le jet des premières grenades, la police mit son plan à exécution: les passages furent totalement bloqués, laissants des dizaines de manifestants qui n'avaient pas eu le temps de se disperser, ainsi que de simples badauds pris au piège. J'étais resté avec quelques camarades afin de s'assurer que tous les membres présent du Parti quitteraient les lieux sains et saufs. Au moment des faits, je me trouvais sur l'esplanade d'où les discours avaient été prononcés, ce qui me donnait une vue surplombante. Depuis là, j'ai respiré du gaz lacrymogène jusqu'à l'overdose et j'ai pu voire de mes yeux toutes les exactions de la police: de ce que j'écris, je n'ai rien inventé, je me borne à relater les faits dont j'ai été le témoin oculaire.
Pendant des heures, les keufs déguisés pour l'occasion en infanterie lourde des temps jadis ont retenus en otage près d'une centaine de personnes, sans la moindre raison, refusant de parlementer et allant jusqu'à menacer de "coups de matraque dans les jambes" ceux qui s'y risqueraient. Or cela était de la provoc tout à fait classique: en effet les manifestants qui restaient, pour la plupart des jeunes aux intentions pacifiques (certains étaient venus par solidarité avec le peuple palestinien), surtout les plus nerveux ou ceux qui sont un peu claustrophobes, ne pouvaient que céder à l'insoutenable pression. Jeter des canettes ou des bouteilles de bière sur les flics était une réaction parfaitement naturelle. Par son attitude arrogante et autiste, la police a prouvé que cette réaction elle la voulait. A ces quelques jets, qui pouvaient tout au plus tacher de bière un uniforme (grave crime s'il en est!), la police répliqua, de façon scandaleusement disproportionnée, par le jet de dizaines de grenades lacrymogènes dans le tas, faisant fi de la santé des personnes présentes. Certains en ont pourtant eu des malaises, un jeune dut même être hospitalisé. Pourquoi une telle disproportion? Encore de la provoc! Les centaines de manifestants qui étaient déjà sortis de l'encerclement furent naturellement portés à venir au secours de leurs camarades pris au piège, à user de leur droit de légitime défense. Alors, la police put vraiment se déchaîner dans une répression hallucinante: grenades lacrymogènes, balles de caoutchouc, camions avec des jets d'eau, le tout ressemblait plus à la reconstruction d'un combat de rue qu'à une opération de police. Des policiers jetèrent même des grenades lacrymogènes à l'intérieur de la Manor, contaminant la ventilation! Certes, après d'âpres négociations avec ATTAC, la police accepta de laissa sortir les membres de certaines organisations (dont le PdT), mais dans l'arbitraire le plus total, refusant ce droit à la plupart pour simple délit de faciès... ou délit de port du foulard!
Pourquoi une telle répression sauvage? Les faits ont démontré (si toutefois cela n'était pas évident!) que le prétexte officiel que sont les "casseurs" ne tient pas la route. Bilan des dégâts: quelques papiers et bouteilles par terre, le contenu d'une poubelle brûlé (il l'aurait de toute façon été aux Chenevriers), une caissette de 20minutes renversée... par contre le prix de la répression est de 1,2 millions, au frais du contribuable! Invoquer une affiche hyper symbolique et stylisée, avec notamment un fond de flammes, était d'un ridicule sans nom, comme si les manifestants sont une horde de barbares venus brûler Genève (est-ce pour cela que les flics se déguisent en légionaires romains?) Il n'existe rien de tel que le black block, et aucun casseur n'était présent à la manifestation... ou plutôt si: le "blue block", les sbires de Moutinot! Par contre, interdire une manifestation sous prétexte que quelques insignifiants dégâts matériels pourraient en résulter est d'une gravité extrême, cela revient à remettre en cause un droit démocratique fondamental! Alors pourquoi le "socialiste" Moutinot prit une décision d'une telle gravité?
Cela devient plus clair si l'on songe à l'objet de la manifestation: le World Economical Forum de Davos. Car qu'est que le WEF? C'est tout simplement la réunion des représentantants des grandes multinationales (il faut avoir un chiffre d'affaires de 5 milliards de dollars annuel pour en être membre), le conclave des princes de la finance et des chefs des Etats bourgeois à leur solde qui cette année se sont réunis pour se mettre d'accord de comment construire le "monde d'après crise", c'est-à-dire de comment nous faire payer leur crise. S'il y a des "casseurs", c'est à Davos qu'ils se réunissent, légalement et sous la protection de l'armée suisse: en effet les seigneur du capital sont responsables de millions de morts, de centaines de millions de vies brisées, d'océans de sang et de larmes. En somme, le WEF est le meilleur exemple de la démocratie censitaire poussée jusqu'à l'absurde, voire d'un nouvel avatar du féodalisme, les potentats qui décident de la politique mondiale dans leur intérêt exclusif et dans le mépris le plus total de l'avis de leurs peuples! Or nous n'acceptons pas leur domination et de leur monde nous n'en voulons pas! Ce que nous souhaitons nous c'est construire l'après-capitalisme, leur arracher le pouvoir et la richesse qui revient de droit aux peuples pour rompre avec leur tyrannie et construire sans eux un autre monde.
Or la bourgeoisie, dont la droite mais aussi la pseudo-gauche modérée est le bras politique, se sentant affaiblie par la crise, honnie par les masses qu'elle exploite impunément, ne veut pas entendre parler de la contestation par laquelle elle se sent menacée: en effet les travailleurs ont toutes les raisons du monde de se révolter, de briser leurs chaînes et de renverser leurs oppresseurs. C'est pourquoi, pour sauver son pouvoir affaiblie par la crise, la bourgeoisie est aujourd'hui décidée de suivre la même voie que ses ancêtres en 1929: liquider la démocratie bourgeoise pour éliminer physiquement toute opposition et mettre à la place une dictature néo-fasciste. C'est pourquoi, quand Jean Ziegler parla de "montée du fascisme", il n'avait que trop raison. Pour éviter que le peuple ne se lève à la défense de ses libertés chèrement acquises, la bourgeoisie le noie, par l'intermédiaire de ses médias, sous une propagande mensongère, invoquant toujours sous forme de délire paranoïaque le même prétexte pour supprimer la liberté: la sécurité. Cette fascisation rempante prend aujourd'hui des proportions terrifiantes: caméras de sécurité, fichage des manifestants, criminalisation de toute contestation, suppression de l'habeas corpus (un droit acquis par la révolution bourgeoise anglaise de 1649!), arrestations "préventives" (c'est-à-dire arbitraires), documents biométriques, Guantanamo, torture, Patriot Act... la liste est très, très longue!
Et c'est au service de cette politique que c'est mis le conseiller d'Etat socialiste Laurent Moutinot, c'est cette politique que promeuvent Pierre Weiss et Eric Stauffer. Sur le site de M. Moutinot, les pages "droit des personnes" et "sécurité et dignité" sont "en construction"... en effet, il y a du travail! S'il voulait être honnête envers ses électeurs, Moutinot devrait soit démissionner, soit adhérer à l'UDC! En effet, en quoi son bilan est il de gauche? Ministre des travaux publics: le peuple n'a guère vu les logements sociaux qu'il était sensé faire construire. Ministre des institutions: répression sauvage des mendiants roms (on n'osait pas en faire autant au Moyen Age!), défense du centre Frambois pour la détention de réquérents d'asyle déboutés qu'Amnesty international avait jugé contraire aux droits de l'homme, enfin répression sauvage d'une manifestation de gauche. Mais ce n'est pas la première fois que les socio-démocrates jouent le rôle de garde-chiourme du capitalisme. Au sortir de la Première Guerre mondiale, la bourgeoisie allemande donna le pouvoir au parti social-démocrate (SPD) afin qu'il écrase dans le sang la révolution spartakiste, c'est le notable du SPD Noske qui ordonna froidement d'assassiner Rosa Luxemenbourg et Karl Liebknecht. Après cela, le Parti communiste (KPD) jeta à la face des traîtres du SPD, bourreaux de la classe ouvrière, le slogan de "socio-traîtres". La "gauche non-communiste", ainsi que certains opportunistes du mouvement communiste, accusèrent et continuent d'accuser le KPD de secrtarisme et de stalinisme pour ce slogan. Or la prtique politique démontre que les socio-démocrates étaient et restent des socio-traîtres, et que c'est le SPD qui par sa trahison de la classe ouvrière ouvrit la route du pouvoir à Hitler. Il ne faudrait certes pas étendre ce jugement à tous les membres du PS genevois, il compte encore dans ses rangs une aile gauche, voire même une minorité (très réduite) qui est pour le socialisme. Mais, dans l'interview qu'elles ont donné au Gauchebdo de cette semaine, les trois candidates à la candidature socialistes pour le Conseil d'Etat ont approuvé la décision de leur collègue; on peut en déduire qu'une candidate qui soit vraiment de gauche n'aurait aucune chance d'être adoubée par les militants. CQFD!
Et qui sont ils, bourgeois et socio-traîtres, pour critiquer Staline? Non pas qu'il ne soit digne d'être durement critiqué, mais en quoi sont-ils meilleurs que lui? De quelle démocratie parlent-ils? Démocratie des lacrymos et des matraques! J'avais envie à certains moments de demander l'asyle politique à la Corée du Nord pour échapper à leur démocratie! En fait, démocratie bourgeoise signifie simplement démocratie pour les bourgeois et dictature pour les autres. Par contre, s'ils n'aiment pas Staline, c'est peut-être parce qu'il a dit des choses très justes et subversives pour leur régime. Par exemple dans ce qui fut en quelque sorte son testament politique, au 19e congrès du PCUS, en 1952, un an avant sa mort: "Autrefois la bourgeoisie se permettait d'être libérale (au sens de libéralisme politique, ndr.). Aujourd'hui du libéralisme il ne reste aucune trace. La bannière des libertés démocratiques bourgeoises est jetée par dessus-bord. Et c'est vous, Partis communistes, qui devez la relever parce qu'à part vous personne ne peut la relever". Hé bien oui, cette bannière nous la relèverons et nous la porteront haut, sans eux et contre eux. Nous ne plieront pas genou face à la droite fascisant et son Etat, nous lutterons jusqu'au bout contre son arbitraire, jusqu'au renversement de nos bourreaux. Du reste, ce combat n'est ni perdu d'avance ni même si dangereux. La bourgeoisie n'est forte que lorsque les masses sont désunies par la peur, sitôt qu'elles se lèvent son pouvoir s'évanouit. Au Brésil, à Bélem, pour le Forum Social Mondial, des centaines de milliers de personnes ont défilé dans la rue sans aucun obstacle de la part de la police. En France, les autorités ne peuvent interdire une manifestation pour laquelle ils ont reçu un préavis des organisateurs. Si la France et le Brésil sont plus démocratiques que la Suisse, c'est que les travailleurs brésiliens et français ne se sont pas laissés effrayer par leurs tyrans et ont lutté pour obtenir ces droits. Rappelons nous que: "Grand n'est pas synonyme de redoutable. Le grand sera renversé par le petit et le petit deviendra grand." (Mao Tse-Toung)
Mais la répression sauvage de la manifestation par l'Etat bourgeois aura au moins apporter une chose de bien. Elle aura été, je l'espère, une douche froide bienvenue pour la gauche étatiste et les communistes prônant une voie idéaliste et naïvement pacifiste vers le socialisme. Les événements du 31 janvier auront rappelé à cette tendance de la gauche radicale que l'Etat n'est pas l'incarnation de l'Idée du Bien commun mais un Etat de classe, la superstructure bourgeoise, le bastion armé du capitalisme et donc l'ennemi des masses populaires. La répression aura aussi rappelé aux idéalistes du mouvement communiste que la "démocratie" n'est qu'illusion, et que la bourgeoisie ne jouera pas le jeu de la "démocratie suisse semi-directe" lorsqu'elle aura le moindre risque de le perdre. La brutalité de la répression d'une manifestation qui n'avait pour but que de dénoncer et qui ne réunissait que 2000 personnes grand max laisse imaginer ce qu'elle fera le jour où elle se sentira réellement menacée. N'oublions pas que la bourgeoisie à écrasé dans le sang toutes les révolutions qui ne l'ont pas renversé. Dès lors, rêver d'une voie douce et sans heurts vers le socialisme tient précisément du doux rêve. "L'enfer est pavé de bonne intentions" dit le proverbe; respecter à la lettre des règles que la bourgeoisie ne songe pas même à respecter est une voie qui ne peut conduire le prolétariat, qui se sera ainsi privé de sa capacité de résistance, que dans la prison à ciel ouvert du fascisme. En un mot, la répression de la manif Anti-WEF rappelle aux communistes non-léninistes qu'ils ont tort sur toute la ligne! Il ne suffit pas de rêver de communisme pour être communiste, il faut encore se donner les moyens, tous les moyens, de construire effectivement le communisme. Le chant révolutionnaire Resolution der Kommunarden aux bourgeois: "Ihr hört auf die Kanonen, Andere Sprache könnt ihr nicht verstehen" (vous entendez les canons, vous ne sauriez comprendre une autre langue). L'histoire a montré que cela est malheureusement vrai et que les puissants ne comprennent jamais que le langage de la force, alors pourquoi les peuples devraient-ils leurs parler une autre langue? Faudrait-il se laisser massacrer au nom des valeurs de démocratie et de non-violence? "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs" (Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Révolution française, 1793). L'entêtement des puissants à vouloir conserver leurs privilèges par tous les moyens, y compris les plus criminels, oblige les peuples à devoir employer la force pour prendre le pouvoir et le conserver afin de pouvoir effectivement construire un monde plus juste. Pour rompre avec la dictature de la bourgeoisie qui nous opprime, comment saurions nous nous passer de la dictature du prolétariat?
25 janvier 2009
Pourquoi un NON sans ambiguïtés aux bilatérales s’impose ?

A première vue, comment être de gauche et dire NON à la libre circulation ? Cette terminologie induit en erreur les tenants du OUI. Car bien sûr il serait impensable d’être dans le camp des travailleurs et contre le droit de chacun de se déplacer librement. Mais ce n’est pas sur cela que nous voterons le 8 février. Les accords bilatéraux sont intitulés ainsi pour tromper les peuples, en vérité ils ne sont porteurs d’aucune émancipation, ni d’aucune liberté pour les travailleurs. Au contraire, il s’agit d’un projet ultraréactionnaire qui n’a de fait que peu à voir avec la « libre circulation des personnes » (qui est régie par la Loi sur les étrangers). Il s’agit exclusivement d’une libéralisation du marché du travail, non pas d’une quelconque « liberté » abstraite de tout être humain mais d’une « liberté » bien concrète pour le capital d’exploiter et de faire circuler sans entraves la marchandise force de travail. En fait, la vraie question à laquelle nous devrons répondre est si oui ou non nous acceptons que les règles en vigueur dans l’Union Européenne s’appliquent en Suisse.
De fait, nous voterons sur la superstructure juridique et étatique, et non sur des supposés droits nouveaux pour les travailleurs, droits qui n’existent que dans l’imagination de la gauche europhile. Dire OUI reviendrait à confirmer la « semi adhésion » de la Suisse à l’Union Européenne. Or l’Union Européenne n’est ni un magnifique « projet de civilisation » (dixit Laurent Fabius), ni un simple changement d’échelle pour dépasser le cadre obsolète des Etats nationaux. Née avec le traité de Maastricht en 1991 (l’année de la chute de l’URSS), celle-ci était destinée à un usage bien précis : graver dans le marbre l’avantage pris par la bourgeoisie sur le prolétariat, liquider tous les acquis sociaux ainsi que la démocratie bourgeoise, afin d’imposer une brutale thérapie de choc néolibérale aux peuples. C’est ce qui explique la flagrante absence de démocratie dans le fonctionnement de l’UE, dirigée par une Commission de technocrates cooptés et qui n’ont aucun compte à rendre aux peuples et régie par des traités ratifiés par les parlements, sans que les peuples aient le droit de se prononcer (et qu’ils rejettent toujours lorsqu’ils reçoivent la possibilité de voter). Il n’est donc pas étonnant que les institutions européennes mènent une politique réactionnaire forcenée : une récente directive européenne autorise les patrons à faire travailler leurs travailleurs jusqu’à 67 heures par semaine.
Et ce contenu réactionnaire constitue l’essence même des accords sur lesquels nous allons voter. Car ils prévoient la « libre prestation de services », c’est-à-dire le droit pour des entreprises de « détacher » à l’étranger des travailleurs pour une durée limitée aux conditions en vigueur dans les pays d’origine de ces entreprises, ou tout simplement le droit de faire travailler en Suisse des travailleurs d’Europe de l’Est aux salaires et horaires d’Europe de l’Est : la porte ouverte à tous les dumpings. A noter que les conventions collectives ne s’appliquent pas dans ces cas et que les syndicats ont l’interdiction de lutter pour les faire appliquer ! La Cour Européenne de Justice (une autre institution de technocrates cooptés…) a plusieurs fois statué dans ce sens. Ainsi l’argument selon lequel ce serait se tromper de combat que de combattre les accords bilatéraux plutôt que de lutter pour renforcer les mesures d’accompagnement ne tient pas la route : s’opposer aux bilatérales c’est lutter directement contre le dumping salarial et pour les droits des travailleurs.
L’argument de l’internationalisme ne tient pas la route non plus. Car l’internationalisme prolétarien implique de combattre l’ « internationale du capital », dont l’UE est un des avatars. « On ne défend pas les travailleurs si on ne défend pas tous les travailleurs », et c’est pour cela que nous devons dire NON aux bilatérales. Car contrairement à ce que prétend la propagande bourgeoise, l’Union Européenne n’a en rien profité aux peuples d’Europe de l’Est ; bien au contraire, l’UE a imposé comme condition d’adhésion aux ex-républiques populaires de l’Est une thérapie de choc néolibérale qui impliquait la liquidation de l’industrie d’Etat construite à l’époque socialiste. C’est la classe dirigeant d’Europe qui a volontairement créé le chômage et la misère de masse dans ces pays pour obtenir une grande armée de réserve au service du capital et liquider les acquis salariaux et sociaux obtenus par des décennies de lutte. Refuser les bilatérales c’est donc soutenir les travailleurs d’Europe de l’Est dans leur lutte contre leur oppression par la bourgeoisie européenne et les institutions de l’UE à son service.
Citer le « Discours sur le libre échange » de Marx à l’appui du OUI est tout aussi malvenu. Tout simplement parce que nous ne sommes plus en 1848 ; il ne s’agit pas aujourd’hui de voter pour le libre-échange afin de liquider les dernières survivances de l’économie féodale et que les acquis salariaux et sociaux ne sont pas du « protectionnisme ». De plus, « la pratique est le critère de la vérité » (Engels), la pratique et non pas la citation. Si nous suivons jusqu’au bout cette vision scolastique et citationiste de Marx, nous arriverons à la conclusion que nous ne devons pas défendre les acquis sociaux, mais au contraire de soutenir toutes les régressions néolibérales dans une optique « révolutionnaire », afin de durcir l’antagonisme entre classes jusqu’à ce que la révolution en résulte. Soutenir le néolibéralisme dans une optique révolutionnaire ? C’est une conception pour le moins étrange du marxisme. « Mondialisons nos luttes », a dit Julien Sansonnens. Eh bien justement, unissons-nous aux travailleurs des autres pays d’Europe dans un combat commun contre l’Union Européenne antidémocratique et réactionnaire, non pas pour retourner à un mythique âge d’or de l’Etat providence qui n’a jamais existé, mais pour renverser la bourgeoisie qui nous opprime et construire une nouvelle Europe, une Europe débarrassée à jamais de toute oppression, une Europe des peuples, démocratique et socialiste.
23 décembre 2008
Petite vidéo sur Sarkozy
Sarkozy empereur malefique
Vidéo envoyée par sarkophage
Retrouvez d'autres vidéos et détournements sur le blog anti sarko le plus connu :
http://sarkostique.over-blog.com/
Le rap conscient est-il révolutionnaire
Kery James - Banlieusards
Vidéo envoyée par peul91
Le 22 novembre, j'ai eu l'occasion d'assister au festival de rap communes-ikation, organisé par la commune de Carouge. A ce festival se produisait notamment, c'est la raison pour laquelle une très large partie du public était là (moi aussi d'ailleurs), le célèbre rappeur français Kery James. Je mentionne Kery James dans mon profil parmi mes préférences musicales, car j'apprécie beaucoup sa musique: très belles paroles, poésie, grande qualité d'écriture, musique pleine d'énergie. Je dois dire que le concert était magnifique, notamment la prestation scénique qui était plus qu'à la hauteur de ce que le CD laissait espérer. D'ailleurs, le billet d'entrée ne coûtait que 18 francs, peu d'artistes de ce niveau auraient accepté de jouer pour si peu. Toutefois, si j'écris le présent article, ce n'est pas seulement, ni essentiellement d'ailleurs, faire l'éloge de Kery James (dont je recommande au passage la musique, ça en vaut la peine), mais pour faire part de quelques réflexions sur le contenu idéologique de son rap. Kery, on le sait, est le représentant le "plus connu de ce que l'on appelle le rap conscient, par opposition au "rap gangster" (auquel on fait le reproche, souvent à juste titre, de faire l'apologie du crime et de la loi de la jungle)
Rien de tel chez Kery James. Au contraire, à première vue on a l'impression d'un contenu franchement à gauche, voire plus. D'abord, rien que sur la couverture du CD l'étoile rouge à cinq branches. Puis le célèbre morceau "banlieusards" (le clip en tête de cet article) peut sembler un champ révolutionnaire à une oreille inatentive. D'abord les mots "l'chant des combattants", puis "ceux qui n'font pas toujours ce qu'on attend d'eux, qui n'disent pas toujours ce qu'on veut entendre d'eux" semblent annoncer un chant de lutte. Puis une longue critique, assez juste d'ailleurs, de la politique de l'Etat français ("c'est un crime contre notre avenir que la France commet"), et ce qui semble être une allusion à la lutte des classes: "nous derrière les barreaux, eux au sénat, ils défendent leurs intérêts". Aussi, Kery se réclame des "prolétaires" et finit son morceau par "c'est une révolution". Alors, Kery James est communiste? En fait pas du tout, même très loin de là!
Premièrement, malgré l'impression que pourrait avoir l'auditeur distrait, il n'est nul part question de lutte des classes. Car les "banlieusards" ne sont nullement, malgré les apparences, un synonymes pour "prolétaires" ou "travailleurs". D'ailleur qui est l'adversaire: il n'est nul part fait mention de la bourgeoisie. Non les banlieusards, d'autres morceaux le montrent clairement, représentent uniquement les prolétaires noirs et arabes. L'adversaire est alors les blancs? Cette vision, qui est possible et qui est certainement l'interprétation de nombreux "banlieusards", est dangeureuse: elle divise les travailleurs selon leur origine et les empêche de s'unir dans un combat commun contre l'oppression capitaliste, c'est d'ailleurs exactement le miroir inversé du discours du FN et participe au même obscurantisme qui masque les mécanismes réels de l'exploitation et de l'injustice.
En fait, il ne s'agit même pas de cela. En réalité, il n'y a pas vraiment d'adversaire. Certes, l'Etat est durement critiqué. Mais cette critique ne suppose nullement un antagonisme. La seule chose qui est critiquée, c'est le supposé racisme des potentats "blancs", mais aucunement le caractère de classe de l'Etat, ni l'oppression de classe. "Car à ce jour y'a deux Frances, qui peut le nier?" dit certes Kery, mais n'oublions pas que ces mots sont procédés par "pour ceux qui rêvent d'une France unifiée". Or ce "rêve" constitue précisément la négation de la lutte des classes, le mythe de l'unité nationale. "Unité nationale"? Dit sous cette forme, le joli rêve de Kery James fait tout de suite moins rêver, il fait même plutôt peur. Et à juste titre, car cette fois on redonne aux mots leur vraie valeur: l'unité nationale est une idée de droite dure (qui rappelle dangereusement le corporatisme mussolinien), l'idée de négation de la lutte de classe au profit d'une "collaboration sous le patronage de l'Etat", c'est-à-dire la soumission totale des travailleurs à la bourgeoisie. Car celui qui nie la lutte des classes est de fait contre le combat du peuple pour plus de justice, est objectivement contre le progrès social, est un allié objectif des exploiteurs!
Délire idéologique stalinien? Nullement! Car ce que Kery James critique plus que la politique de l'Etat, c'est la résignation, la "paresse" pour le dire en jargon néolibéral, des banlieusards! Car le "combat" que Kery James prône n'est nullement la lutte révolutionnaire, mais la concurrence accrue sur le marché du travail, la lutte des places! Dans une optique très libérale d'ailleurs: "Je suis le capitaine dans le bateua des mes efforts, J'n'attends rien du système je suis un indépendant" Transformer la sinistre loi de la jungle que l'on appelle joliment concurence et la lutte des travailleurs entre eux pour le droit de se faire exploiter par le capital en révolte des opprimés, magnifique sophisme rien à dire! Pour la rhétorique "révolutionnaire", jugez les fragments suivants: "il est temps qu'on fasse de l'oseille, ce que la France ne nous donne pas on va le prendre, j'veux pas brûler des voitures, mais à construire et en vendre" ou encore "car y'a 2 fois plus d'obstacles et 2 fois moins d'avantages, Et alors?! Ma victoire aura 2 fois plus de goût, Avant d'pouvoir la savourer, j'prendrai 2 fois plus de coût"
Belle "révolution" en effet! Le capital vous opprime, liquide les acquis sociaux que vous avez obtenus par des décennies de luttes? Alors luttez bon sang, luttez contre vos camarades pour les places de travail; seuls les "lâches" pleurnichent sur leurs acquis sociaux, les "soldats" eux se saignent à blanc pour la plus grande gloire du capitalisme! Le capitalisme veut vous imposez des exigeances inhumaines, alors résistez bon Dieu, faites ce que le capitalisme néolibéral veut de vous, donnez votre temps, votre santé et votre sang pour un jour atteindre l'horizont radieux de la victoire: le droit de se faire exploiter par le capital! Vous voyez une différence avec les slogans tristement célèbres de Sarkozy "l'assistance est un piège pour les plus démunis" et "travailler plus pour gagner plus"? Pas moi! Ou plutôt si: Sarkozy lui dit clairement qu'il est de droite, il ne cache pas quels intérêts il sert; tandis que Kery James habille d'une rhétorique de gauche un discours à peine moins sarkozyste que celui du président français en exercice. Le but du présent article n'est pas de jeter l'anathème sur Kery James, sinon je ne le citerai pas dans mes préférences musicales, ses considérations sur l'art sont tout simplement magnifiques. Mais il n'est pas d'une grande honnêteté intellectuelle de travestir avec une phraséologie révolutionnaire ce qui n'est au fond qu'une "sagesse traditionnelle", c'est-à-dire une morale de la soumission, une idéologie réactionnaire au service de la bourgeoisie. Rappelons en passant que l'étoile rouge à cinq branches a un sens, ce n'est pas qu'une simple figure géométrique dont chacun peut faire ce que bon lui semble. Non! L'étoile rouge est celle de l'Internationale communiste, les cinq branches symbolisent les travailleurs des cinq continents de la Terre, le rouge le sang versé par les ouvriers sous le joug de la tyrannie capitaliste et dans la lutte pour la liberté, l'étoile elle-même le communisme qui est la lumière qui éclaire la voie au prolétariat en révolte (telle l'étoile de Gallilée qui selon les Evangiles guida les rois-mages)
Tout cela n'est il qu'une interprétation de communiste qui ne reconnaît aux mots que le sens que les classiques du marxisme-léninisme leurs accordent, alors que Kery James a en fait voulu dire autre chose? Assurément non, le discours "gauchiste", ou plutôt qui prétend l'être, de Kery James est évident. Mais je dois dire néanmoins que ses termes ont aussi un autre sens, un sens qui leur vient d'autres mystificateurs qui ont camouflé leur opportunisme de fait par une phraséologie marxiste, au point précisément qu'il ne reste que la phraséologie et que les masses oublient le sens des mots. En effet, pour beaucoup de jeunes de mon âge le terme "ghetto", ainsi que ce que l'on appelle communément "quartier populaire", ne renvoie pas aux ouvriers, ne renvoie pas à la lutte de classe, mais à des références culturelles, à la culture alternative; à ce qui s'appelle en bon français "la bohème", à Rimbaud et Baudelaire. Les quartiers populaires sont pour ces jeunes avant tout des quartiers d'artistes. C'est pourquoi, beaucoup de jeunes, petit-bourgeois au demeurant, se reconnaissent dans un discours en apparence marxiste, mais dont le fond ne l'est pas, ainsi que dans le mouvement solidaritéS, qui n'est pour eux que le mouvement de la culture alternative. Et Kery James s'adresse aussi à cette clientèle là. "Mon art est un art prolétaire, donc les minorités y sont majoritaires, dit-il absurdement dans un morceau, alors que le prolétariat est par définition (ceux qui sont forcés de vendre au plus offrant leur force de travail pour subsister) forme l'écrasante majorité de la population! Ce genre d'ambiguités m'a valu parfois des dialogues de sourds avec mes camarades du collège qui utilisaient les mêmes mots que moi mais en leur donnant un sens différent. Une telle rhétorique pseudo-marxiste est en effet extrêment pernicieuse, elle fait perdre leur sens aux mots et rend incompréhensible le disours des vrais communistes.
Pourtant, il serait faux de dire que le rap est soi l'apologie du crime soit celle de la concurrence. Car il existe un rap progressiste et révolutionnaire. La meilleure représentante de ce rap véritablement contestataire est sans conteste Keny Arkana. Keny Arkana qui part de la lutte des classes (même si elle n'utilise pas une terminologie rigoureusement marxiste) et d'une conception religieuse du monde (preuve que la religion n'est réactionnaire que si elle est utilisée comme telle) pour arriver à une vision tout à fait révolutionnaire: "sans logis, sans papiers, sans rêves et sans droits, Solidarité, on est ensemble le front des sans-voix". Certes il lui manque la dialectique, ce qui fait que Keny Arkana ne comprend pas la nécessité pour le prolétariat de s'organiser sous la forme du Parti communiste et marxiste-léniniste, forme sans laquelle toute révolution est illusoire. Mais chez elle pas des phrases alambiquées qui signifient de fait le contraire de ce que l'on penserait. Non, Keny Arkana transmet par sa musique, magnifique au demeurant, une franche et belle idée révolutionnaire, un immense espoir de renaissance de lutte des peuples pour un autre monde:"ils ont le chiffre, on est plus forts on a le nombre", vers que l'on a envie de mettre en parallèle avec l'Internationale: "c'est nous la force, c'est nous le nombre, nous ne sommes rien, soyons tout".
07 décembre 2008
Que penser de la victoire d'Obama?
Rappelon qu'Obama est contre une couverture de santé universelle, contrairement à Hillary Clinton, qui n'est pas exactement de gauche pourtant; cela alors que 46 millions d'Américains sont privés d'assurance maladie, qui est privée aux USA, faute de pouvoir payer, et qui donc ne sont pas soignés s'ils ne peuvent payer de leur poche, ce qui est presque toujours le cas. Et une majorité d'Américains qui ont une assurance maladie bon marché sont souvent non-soignés, sauf cas d'extrême nécessité, à cause de la volonté de leur caisse de payer le moins possible. C'est pourquoi l'espérence de vie est inférieure aux USA qu'à Cuba. Et quand on pense que c'est un tel système que Couchepin veut nous imposer! Obama est aussi pour la peine de mort. Et pour des réductions d'impôts aux "classes moyennes" dont il se fait le défenseur, alors que selon les tranches de revenus sur lesquels il se base se révèlent être les classes supérieures, ce qui supprime d'office tout espoir du moindre progrès social, ainsi que celui de résorber la dette du pays le plus endetté du monde (et le plus à droite...la droite hélvétique devrait y penser)
Et contrairement à ce que l'on pense souvent, l'un des volets les plus dangereux du programme d'Obama concerne la politique étrangère. La citation placée en tête de cet article le prouve, le nouveau président des Etats-Unis mènera une politique plus impérialiste que jamais. Il a d'ailleurs prévu de renforcer encore l'armée américaine, tenu des propos belliqueux face à l'Iran et à la Syrie, annoncé son intention de renforcée encore l'oppression impérialiste du peuple afgan, et devenu de plus en plus flou sur le calendrier réel du retrait d'Irak, avouant à demi-mot que l'armée étatsunienne y restera durablement. Il fermera peut-être Guantanamo, en tant que symbole par trop gênant, mais pas les innombrables prisons secrètes de la CIA (près de 400 en Irak), ni n'interdira la torture. Il est opposé aux régimes socialistes et anti-impérialistes de Bolivie et du Venezuela, critiquant d'ailleurs Bush d'avoir été "inéficace contre les démagogues" (démagogues? balayez devant votre porte M. Obama), et partisan d'une ligne dure face au peuple cubain. Ce développement est loin d'être exhaustif, j'y joins deux liens à lire absolument: un article de Gauchebdo et un de Mondialisation.ca.
29 novembre 2008
Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire
Je voudrais aussi répondre à certains propos avec lesquels je ne saurais être d’accord. Je ne ferais pas une explication de texte, mais insisterai en particulier sur un aspect : le lien entre la théorie et la pratique. Je n’ai jamais présenté l’idéologie comme une production intellectuelle détachée de la réalité concrète de la lutte des classes. L’idéologie est dérivée de la réalité sociale, le marxisme est avant tout « l’analyse concrète d’une situation concrète » (Lénine), et celui qui dit le contraire n’est pas marxiste. Mais le marxisme n’est pas non plus le rejet de toute théorie au profit de la seule pratique. Etre marxiste c’est voir le monde de façon dialectique : la théorie est la conceptualisation des contradictions de la société réelle, et cette conceptualisation est en retour nécessaire pour agir sur la réalité. Marx et Lénine ont certes combattu le dogmatisme et le gauchisme, détachés de la pratique. Mais il ne faut pas faire l’erreur de tomber dans l’autre extrême, l’empirisme et le subjectivisme, le spontanéisme et le refus de la théorie que Lénine a combattu au moins autant que le dogmatisme.
Car Lénine a dit avant tout : « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire… Seul un parti guidé par une théorie d’avant-garde peut remplir le rôle de combattant d’avant-garde. » Comment saurions-nous encore garder un but final si nous renions l’importance de l’idéologie ?. Car si la lutte de classe réelle est bien notre raison d’être, nous ne saurions nous contenter de porter les exigences immédiates du prolétariat, car un projet communiste ne peut naître de lui-même de cette somme de combats partiels. La lutte politique, c’est-à-dire la lutte pour le communisme, a nécessairement besoin d’un apport théorique provenant de l’extérieur, c'est-à-dire du marxisme-léninisme porté par le Parti communiste. Et puisque nous jusqu’à nouvel ordre nous vivons dans une société fondée sur des rapports de production capitalistes, le marxisme-léninisme, s’il doit être adapté aux conditions réelles de la lutte des classes en Suisse, demeure valide. Il ne s’agit donc pas d’une "pensée magique" mais d’un guide indispensable pour l’action.
Quelle crédibilité auraient nos revendications si nous ne pouvons les fonder sur une base théorique solide ? Comment pourrions-nous justifier qu’un monde plus juste est possible sans théorie révolutionnaire ? Et dans ce cas la droite aurait raison de nous traiter d’utopistes aux propositions farfelues, puisque nous nous serions privés de la simple possibilité de contre-argumenter sérieusement. Rassembler toutes les classes populaires, cela va de soi ! Adapter notre discours aux aspirations du peuple, évidemment ! Mais « les victoires idéologiques précédent toujours les victoires politiques » (Antonio Gramsci), et avant de pouvoir rassembler qui que ce soit, nous devons d’abord convaincre. Et pour cela précisément nous avons besoin de la théorie marxiste-léniniste. Car les mots que nous utilisons ont de l’importance. Car « la langue est la réalité première de la pensée » (Karl Marx), et si l’on dit « justice sociale » au lieu de « communisme », « lutte pour une société plus juste » plutôt que « lutte de classes », ou « Etat de tout le peuple » plutôt que «république populaire », ce n’est pas la même chose avec d’autres mots, mais bien autre chose que nous disons.



