26 décembre 2013

Non à la réduction du taux d’encadrement dans les crèches !





Au printemps 2013, le PDC déposait un projet de loi ayant pour but de réduire le taux d’encadrement dans les crèches (soit le nombre d’adultes par enfant) et la proportion de personnel qualifié. Face à la tournure ultraréactionnaire que la majorité de droite du Grand Conseil donna à la chose, le PDC n’osa pas voter la loi issue de son propre projet et se rétracta. La loi passa néanmoins grâce aux votes du PLR, de l’UDC et du MCG.

            Le Parti du Travail s’associa au référendum lancé par toutes les forces progressistes de ce canton contre cette attaque inqualifiable contre nos enfants. Plus de 28 mille signatures furent récoltées en 40 jours (sur les 7000 nécessaires). C’est dire l’importance du sujet et le sentiment de la population sur la question.

            La droite prétend que cette loi créera des places supplémentaires dans les crèches. C’est faux, absolument faux ! Les normes intercantonales prévoient un minimum de 3 m2 par enfant. Les institutions actuelles ne pourront pas repousser leurs murs pour accueillir plus d’enfants dans des locaux conçus pour respecter cette norme.

            La droite prétend que le taux d’encadrement actuel est excessif et que l’on pourrait le réduire sans mal. Encore une fois, c’est faux ! La qualité de l'encadrement actuel, déjà limite, sera encore réduite. Genève aura ainsi le plus mauvais taux d’encadrement de Suisse et d’Europe. A titre d'exemple pour les 2-3 ans : Genève compte actuellement 8 enfants pour un adulte, Bâle (6), Vaud (7), Neuchâtel et Tessin (8) et en Europe, la Suède et le Portugal en comptent 5, la France 8. Avec la nouvelle loi, le taux d’encadrement passerait à 10 enfants pour un adulte contre 8 actuellement pour les 2-3 ans, et de 13 enfants pour un adulte contre 10 actuellement pour les 3-4 ans. Par ailleurs, elle supprime le taux d’au minimum 50% d’éducateurs diplômés.

            Comment dans ces conditions maintenir un encadrement approprié, des activités éducatives, la possibilité d’activités à l’extérieur, voir simplement la sécurité de nos enfants ?

            En outre, avec la nouvelle loi l'ouverture de crèches privées ne sera plus soumise à la conclusion d'une CCT approuvée par les communes concernées. Le risque est grand de dégrader les conditions de travail (dumping salarial) de ce secteur très féminisé, au détriment d'une reconnaissance professionnelle bien méritée. Ceci alors que le canton, qui recense déjà quatre CCT différentes, aurait au contraire besoin d'harmonisation !

            On le voit, sous le prétexte hypocrite de créer de nouvelles places de crèche, la loi mise en votation ne vise qu’à faire des économies sur les dos des enfants, ce qui est tout simplement révoltant, et sur le dos du personnel. C’est pourquoi, il faut résolument voter NON.

            Il existe sans doute une pénurie réelle de crèches dans ce canton, mais ni la droite ni sa loi ne contribuent en rien à la résoudre. La seule solution passe par la construction de nouvelles crèches, qui passe par des investissement des pouvoirs publics, solution que défend le Parti du Travail, mais dont la droite ne veut dans aucun cas.

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