02 décembre 2009

Communiqué de presse relatif à l’occupation de la salle MR080 par le mouvement étudiant «Education is not for $A£€ »



Communiqué de presse rédigé par mes soins.



Le lundi 30 novembre à 6h30 du matin (soit avant le délai de 8h00 fixé par le rectorat lui-même), le rectorat a fait évacuer manu-militari l’amphithéâtre MR080 à Unimail, occupé jusque là par les étudiants participant au mouvement Education is not for $A£€, afin de soi-disant rendre l’amphithéâtre susmentionné aux cours, refusant de donner les locaux pour lesquels le mouvement était prêt à quitter l’auditoire sans réponse argumentée et le forçant à se replier sur une salle de séminaire bien trop petite et allant jusqu’à faire prendre de nombreuses photos des étudiants présents, tout en refusant de s’engager à détruire ces photos. Le Parti du Travail dénonce ce procédé policier et répressif contre le mouvement étudiant, unique en Suisse (ni Lausanne, ni Berne, ni Bâle, ni Zurich n’ont procédé à aucune opération de ce genre), allant à l’encontre de la promesse explicite du rectorat de ne pas faire usage de la force contre les étudiants. Visiblement, le recteur Jean-Dominique Vassali a fait le choix, dangereux et inacceptable dans un pays qui se prétend démocratique et garantissant la liberté d’expression, de faire usage de la répression contre un mouvement qui dérange ; tout cela sous le prétexte fallacieux d’assurer des cours, fallacieux car cela n’aurait posé aucun problème technique de déplacer les cours dans des salles inoccupées, ce que le rectorat a amplement prouvé en faisant aisément déplacer tous les cours durant l’occupation. Le Parti du Travail dénonce également le fichage des étudiants, pratique qui rappelle les sombres années du maccarthysme et le fichage systématique des militants de gauche, traités en ennemis de la nation, durant la Guerre froide, et exige la destruction des photos que le rectorat a ordonné de prendre.

Mais pourquoi, si déplacer les cours n’aurait posé aucun problème, cette occupation dérange-t-elle au point que les autorités aient jugé utile de faire appel à une répression aussi scandaleuse qu’inédite ? C’est tout simplement que le rectorat, institution servant l’Etat bourgeois, ne peut admettre l’existence, et à fortiori le renforcement du mouvement qu’il y a derrière l’occupation ni la propagation des revendications qu’il porte. Le Parti du Travail souhaite exprimer son entière solidarité au mouvement Education is not for $A£€, ainsi qu’un total soutient envers ses revendications qui correspondent à une vision de l’éducation que le PdT partage ; les étudiants membres du Parti participent d’ailleurs activement au mouvement d’occupation, à Genève de même que dans les autres universités de Suisse. Pourquoi ce mouvement dérange-t-il tellement nos autorités, ainsi que la presse bourgeoise qui n’hésite pas à le calomnier, toujours, avec la démagogie habituelle, jouant de l’amalgame mensonger protestation égale déprédation. Il faut commencer par rappeler que l’occupation genevoise s’inscrit dans le cadre d’un vaste mouvement européen d’occupation d’universités, ayant débuté à Vienne, dans une optique de lutte contre les réformes de Bologne et la marchandisation des études. Ce cadre européen donne tout son sens à un mouvement, qui a aussi des revendications plus concrètes et spécifiquement genevoises ; pour ne citer que les principales : la gratuité des études (notamment la suppression des taxes universitaires, alors que le Grand conseil, qui planche actuellement sur la loi sur l’université, aurait apparemment la velléité d’augmenter celles-ci), l’augmentation des bourses et plus de facilité à y accéder (actuellement il faut être ni trop riche ni trop pauvre pour y accéder, si bien qu’elles sont de fait réservées aux classes moyennes), la non-privatisation de l’université, l’indépendance de la recherche, plus de logements étudiants, un meilleur encadrement (le nombre de professeurs et d’assistants est insuffisant dans beaucoup de facultés), le rétablissement de la démocratie universitaire et des organes paritaires, ainsi que la non-fermeture des filières (le bachelor en histoire économique est actuellement menacé).

M. Vassali, invité à répondre à ces revendications en sa qualité de recteur, s’est fendu d’un discours en langue de bois, souvent contradictoire et donnant parfois l’impression qu’il ne connaît guère l’institution qu’il dirige ; disant tout de même qu’il soutient la plupart des revendications, tout en se déresponsabilisant d’office sur toutes, car il ne pourrait rien faire mais qu’il essaierait de faire des pressions, et répondant avec des réserves peu claires et touchant au sophisme sur les revendications qu’il est en son pouvoir de réaliser, et enfin promettant que l’université resterait publique et que la liberté de recherche resterait garantie. Mais alors, si le recteur est d’accord pour l’essentiel avec les revendications des étudiants, pourquoi le dérangent-ils au point de les faire évacuer manu-militari ? C’est tout simplement que M. le recteur sait très bien que les étudiants auraient été bien mal inspirés que de croire ses belles promesses sur parole. En effet, il existe quelque chose qui les réduit à n’être que des vaines paroles sans objet et ce quelque chose est la déclaration de Bologne, ratifiée par 29 ministres européens de l’éducation (dont un conseiller fédéral suisse), préalablement élaboré par la commission européenne sur la base d’exigences exprimées par l’ERT (Table Ronde des Industriels Européens, principale association patronale qui fait la pluie et le beau temps dans l’Union Européenne).

Pourquoi donc autant d’opposition face à une directive dont le but tel que décrit par les médias serait apparemment d’harmoniser l’enseignement supérieur au niveau européen afin de permettre aux étudiants d’effectuer une partie de leur cursus dans un autre pays afin de découvrir une autre culture et de créer une identité et une culture européenne ? Mais c’est que précisément là n’est pas le but réel de la réforme de Bologne. Effectivement, il est question d’harmoniser l’enseignement supérieur au niveau européen par le système bien connu de bachelor, master et le système ECTS, soit l’évaluation en termes de crédits, sensés être convertibles et utilisables partout en Europe. Toutefois, le but de cette harmonisation (déjà contestable en soi car poussant les étudiant à chercher l’accumulation des crédits plutôt que de s’intéresser sérieusement au contenu de leurs études) ne se limite pas à ce qui est dit publiquement. Le but, affirmé sans vergogne dans maintes et maintes déclarations et documents de l’ERT et de la commission européenne, est de mettre, à travers la mobilité des étudiants et des professeurs, les universités européennes en concurrence afin de parvenir à un système à l’américaine ; soit quelques «pôles d’excellence» réservés aux meilleurs étudiants et aux meilleurs chercheurs, et des universités de deuxième et troisième zone, avec des diplômes de deuxième et troisième zone, voire de simples écoles supérieures ayant perdu leur «label» universitaire pour la grande majorité. Aussi, les crédits, censés être utilisables partout, ne le seraient pas du tout. Et il ne faut surtout pas s’imaginer qu’il suffira d’être un étudiant studieux pour accéder à une bonne université : en effet, ce modèle de concurrence est incompatible avec l’université service public, trop « rigide » selon les soi-disant experts eurocrates, qui eux exigent ce qu’ils appellent «l’autonomie» de l’institution académique (c’est le sens de la loi sur l’université que le peuple genevois a hélas approuvée), c’est-à-dire que l’université est gérée par un rectorat n’ayant pas ou peu de comptes à rendre à la collectivité et autonome quant à ses choix académiques, administratifs, mais aussi quant à la recherche et à la gestion de ses fonds, publics et privés, gérant son établissement comme une véritable entreprise ; de fait une semi-privatisation, voire une privatisation pure et simple. Aussi, avec ce modèle néolibéral, l’université non seulement ne sera pas gratuite, mais sera même fort chère, et de plus en plus chère selon le prestige de l’établissement, les fameux «pôles d’excellence» devant être réservés quasiment aux seuls enfants de millionnaires ; ainsi que c’est le cas aux Etats-Unis. Le but de tout cela est, on le voit, de rendre l’enseignement universitaire infiniment plus élitaire qu’il ne l’est déjà, pour renforcer encore les privilèges héréditaire d’une toute petite élite, sous des formes qui n’ont rien à envier à l’Ancien Régime. Enfin, l’ouverture des fonds de l’université au privé, sous le prétexte fallacieux d’économiser l’argent du contribuable qu’on ne se gène pourtant pas de claquer dans des avions de combat dont on ne voit pas trop à quoi ils pourraient bien servir, vise en fait à mettre l’université «plus en contact avec les besoins de l’économie» selon le jargon bruxellois, soit de leur donner pour but de se mettre au service exclusif des exigences de profit des entreprises. Cela implique de ne pas ou plus former des citoyens libres, armés d’une culture générales et d’un esprit critique et mettant leur connaissances au service de la société, mais de former (outre une petite élite de maîtres aussi arrogante que bornée) de la force de travail pour les entreprises : c’est-à-dire démantèlement des facultés non rentables que sont les lettres, les sciences sociales,… et dans celles qui sont utiles à l’économies focalisation sur les seules compétences professionnelles et élimination de toute théorie alternative et de tout esprit critique (n’envisagez même pas de vous poser la question s’il existe d’autres visions que le néolibéralisme en économie). Autre danger de l’ouverture des fonds au privés : le financement de recherches, voire de chaires entières, par des multinationales oriente fortement, et c’est un euphémisme, le travail de celles-ci, les transformant en véritables fabriques à brevet au service exclusif de la rentabilité immédiate et repoussant le reste aux calendes grecques (des sommes minimes sont consacrées aux maladies tropicales alors qu’elles touchent 56% de la population mondiale…sauf qu’il s’agit d’une population non solvable).

Au vu de ce qui a été dit, pas étonnant que les autorités cherchent à étouffer toute résistance au processus de Bologne, à la réprimer et criminaliser au besoin. Nous profiterons de l’occasion pour rappeler la position du Parti du Travail sur l’Union Européenne : en effet, la réforme de Bologne ne montre que trop le rôle profondément réactionnaire, violemment néolibéral, antidémocratique et opposé aux intérêts des peuples de cette structure et nous ne pouvons que soutenir une lutte européenne contre la politique de cette poignée de fonctionnaires arrogants, élus par personne et n’ayant aucun compte à rendre aux peuples qu’ils sont de toute façon payés pour opprimer ; le but à terme du mouvement étudiant s’il veut stopper le processus de Bologne devrait être de faire tomber la commission européenne et la dissolution de l’UE. En tout cas, la déclaration de Bologne comme les agissements de M. Vassali rappellent de façon éclatante une vérité énoncée par Lénine : « Les formes d'Etats bourgeois sont extrêmement variées, mais leur essence est une : en dernière analyse, tous ces Etats sont, d'une manière ou d'une autre, mais nécessairement, une dictature de la bourgeoisie. » C’est pourquoi, si le Parti du Travail soutient sans réserve les revendications des étudiants, il tient à rappeler qu’elles ne sont pas pour une grande partie d’entre elles réalisables sous le capitalisme, mais exigent un changement de société, le socialisme. En effet, une véritable gratuité des études implique non seulement l’abolition des taxes universitaire, ce qui n’est que le strict minimum, mais également un véritable salaire d’étudiant, versé à tous les étudiants, qui permettrait à ceux-ci de ne plus devoir travailler à coté de leurs études et de se consacrer totalement à celles-ci. Un tel salaire implique que le travail produit par la société soit consacré au bien de tous ses membres et non au profit d’une toute petite élite. C’est quelque chose que tous les pays socialistes existants ou ayant existé accordent ou ont accordé à leurs peuples, quelque chose qu’on n’ose pas même revendiquer dans notre pays, pourtant bien plus riche. De même qu’une véritable indépendance de la recherche, ou plutôt que celles-ci soient consacrées à l’intérêt réel de la société, à l’intérêt de tous ses membres, implique que le pouvoir étatique, auquel l’université est soumise, n’appartienne plus aux laquais des multinationales mais au peuple travailleur. Le Parti du Travail apporte son entier et total soutient à la lutte des étudiants contre les réformes de Bologne et pour une université de qualité, gratuite, démocratique et tournée vers l’intérêt commun.

04 octobre 2009

Crise du capitalisme


Le texte qui suit est le premier chapitre du programme électoral rédigé par le Parti du Travail genevois pour les élections cantonales de cet automne, mais il est toutefois aussi un programme politique allant bien au-delà des quatre ans de législature. Le programme a été rédigé par la commission politique du PdT dont je suis le président; pour voir la mise-en-page originale, suivez ce lien. Les quelques articles que j'ai publié aujourd'hui sont les différents chapitres du programme. L'analyse préliminaire sur la crise du capitalisme est de ma plume.

Depuis quelques mois, le capitalisme vit sa plus grande crise depuis 1929, probablement la pire crise de son histoire. L’économie est en récession, de plus en plus d’entreprises font faillite et licencient en masse, le Bureau International du Travail prévoit 50 millions de chômeurs de plus pour cette année. Selon toute vraisemblance, et selon toutes les analyses sérieuses, cette crise devrait durer encore au moins quinze ans ; il n’y a pas de raison d’ailleurs qu’une crise de telle ampleur dure moins, celle de 1929 ne s’est achevée qu’avec la Seconde Guerre mondiale. Celle que nous vivons actuellement a éclaté avec les subprimes américains, pour s’étendre à toute la finance de ce pays, puis à toute l’économie mondiale. Actuellement, l’économie suisse commence à être touchée par la récession et les vagues de licenciements, telles que l’affaire Franck Muller, le taux de chômage a augmenté de 60% en 12 mois et le nombre de faillites d’entreprises de 26,2% ; et ce n’est là que le début, selon toutes les prévisions, le pire de la crise est devant nous. Thomas Daum, directeur de l’Union patronale suisse, a d’ailleurs clairement annoncé quel avenir les maîtres du capital préparent pour les travailleurs : «ça ira mal à la rentrée, des décisions comme celle de Frank Muller, il y en aura certainement une par mois».
Il s’agit là, bien plus que de l’éclatement d’une simple bulle spéculative, d’une crise structurelle du capitalisme. La cause en va donc bien au-delà de l’incompétence de quelques managers ; la crise est le résultat nécessaire du mode d’accumulation du capitalisme qui tend à produire toujours plus sans augmenter les salaires en conséquence afin de pouvoir garder toujours des profits maximums, jusqu’à obtenir des masses de produis invendables qui précipitent l’économie entière dans la récessions et les travailleurs dans la misère ; l’excès de richesses cause la misère généralisée, là est l’absurdité profonde du système. Selon Atilio Borón, docteur en sciences politiques, professeur titulaire de théorie politique et sociale, directeur du Programme latino-américain de télé-enseignement en sciences sociales (PLED) : « il s'agit d'une crise de surproduction doublée d'une crise de sous-consommation. Ce n'est pas par hasard qu'elle a éclaté aux États-Unis puisque ce pays vit artificiellement, depuis plus de trente ans, de l'épargne extérieure et du crédit extérieur, deux choses qui ne sont pas infinies : les entreprises se sont endettées au-delà de leurs possibilités ; l'État s'est endetté lui aussi au-delà des siennes pour faire face non à une guerre, mais à deux, non seulement sans augmenter les impôts, mais même en les réduisant, tandis que les citoyens sont systématiquement poussés par la publicité à s'endetter pour soutenir une surconsommation effrénée, irrationnelle et gaspilleuse. » La financiarisation de l’économie, bien loin d’apporter la croissance perpétuelle que promettaient les pseudo-experts néolibéraux, n’était qu’un moyen de retarder la crise de surproduction en faisant consommer les gens à crédit, c’est-à-dire en s’endettant, et en utilisant leurs dettes comme produits financier (dont la valeur était assurée par l’hypothèse que les débiteurs allaient pouvoir les rembourser, avec lesquels jouer en bourse. Mais ce monopoly n’a fait que retarder un peu la crise pour qu’ensuite elle ne fasse qu’éclater avec plus de violence lorsque les gens ne pouvaient plus payer ne serait-ce que les intérêts de leurs dettes.

Pendant des années, les maîtres du monde et leurs « experts » autoproclamés ont imposé aux peuples des politiques néolibérales de dérégulation de l’économie, de privatisations et de liquidation des acquis sociaux obtenus par des décennies de lutte, sous prétexte que ces mesures étaient nécessaires à la bonne santé de l’économie. Or le néolibéralisme a conduit le capitalisme à une crise sans précédant, et aujourd’hui les chantres du « moins d’Etat » et de la « concurrence libre et non faussée » se disent tous « étatistes » et « keynésiens », et vantent à présent la régulation de la finance et l’intervention de l’Etat. Auraient-ils fait une indispensable autocritique ? Nullement ! Ils continuent de servir les mêmes intérêts, ceux des seigneurs du capital. Leur prétendu « plan de sauvetage » de l’économie, leur discours sur le fait que nous serions « tous dans le même bateau », ne sont de fait que la plus grande escroquerie de l’histoire. Ceux là même qui n’ont jamais voulu trouver les 82 milliards de dollars pour arrêter la faim et les épidémies dans le monde, qui ont prétendu que les modestes revendications sociales des travailleurs étaient impossible à satisfaire parce que « les caisses de l’Etat sont vides », ceux là mêmes ont soudain trouvé des sommes faramineuses à offrir à leurs banquiers en difficulté, sans prise de contrôle ni même droit de regard de l’Etat, ni aucune condition d’aucune sort, comme cadeaux pur et simple : 1'400 milliards d’euros, 700 milliards de dollars et 65 milliards de francs suisses !Par contre, pour les travailleurs, ils préconisent de se serrer la ceinture : du fait de la crise, les revendications sociales et salariales seraient irréalisables ; au contraire, il faut baisser les salaires, accepter les licenciements, baisser les retraites, couper encore et encore dans les déjà ridiculement faibles prestations sociales. Par exemple, Doris Leuthard, conseillère fédérale en charge du Département fédéral de l’économie, a tenu le 24 août une réunion à huis clos avec quelques «spécialistes» issus du milieu patronal, sans aucun représentant des travailleurs évidemment, sur le thème pour le moins surprenant «comment mettre à profit la crise» (c’est-à-dire comment augmenter encore les profits des actionnaires) ; d’ailleurs, elle annonce clairement la couleur : «discipline personnelle et dynamisme économique», c’est-à-dire plus d’exploitation et des baisses de revenus pour les salariés, qui doivent faire preuve de «discipline» et se serrer la ceinture pour que leur patron n’ait pas à baisser un tant soit peu son luxueux et démesuré train de vie.

C’est que les décideurs des Etats bourgeois sont au service justement de la bourgeoisie. Avec leurs « plans de sauvetage » ils veulent faire une chose très simple : renflouer les capitalistes avec les impôts des travailleurs, nous faire payer leur crise, prendre aux exploités l’argent investi actuellement dans les prestations sociales pour le donner aux banquiers. D’autant que ces cadeaux ne serviront pas à autre chose qu’à relancer la spéculation pour un round, avec comme issue de nouveau la crise. Les discours des décideurs sur la « relance » et la « moralisation » du capitalisme ne sont qu’hypocrisie. Car s’ils veulent sauver quelque chose, c’est bien le capitalisme, leur monde à eux, les conditions de leur richesse et de notre oppression. Or cette crise a amplement démontré l’incapacité du capitalisme, qu’il soit néolibéral ou régulé, à assurer ne serait-ce que les besoin les plus vitaux des peuples (près de 1 milliard de personnes sur terre souffrent de malnutrition ou de famine). Aussi le Parti du Travail n’est nullement intéressé à une «relance du capitalisme», tout simplement parce qu’il n’y a aucune raison de le relancer. Toutes les grandes entreprises fonctionnent comme société anonymes, sans propriétaire véritable (la majorité des actions étant généralement détenue par des fonds d’investissement), gérées par des cadres salariés. S’il existe encore une concurrence entre elles, il s’agit d’une concurrence entre monopoles et qui ne mène que trop souvent à des guerres impérialistes et à l’oppression néocoloniale. Dans ces conditions, poursuivre la production privée est une absurdité, mis à part pour les seigneurs du capital et leur richesse insolente. Il faut au contraire détruire cette société et ce système oppressif et gaspilleur pour construire à la place une société socialiste qui seule peut satisfaire les aspirations des peuples.

Contre la politique des caisses vides, pour une fiscalité redistributive


Chapitre fiscalité du programme électoral du Parti du Travail, rédigé par mes soins


Depuis plus de deux décennies, les forces de la bourgeoisie, à l’appui d’une campagne médiatique délirante, reposant sur le matraquage et le catastrophisme sans autre argument, ont réussi à imposer le dogme néolibéral en matière de fiscalité. Les impôts ont été systématiquement baissés et rebaissés, soi-disant pour tout le monde selon la démagogie libérale, alors que seuls les plus fortunés en profitent réellement ; les baisses les plus notables ayant été la réduction linéaire de 12% sur l’impôt cantonal direct obtenue par le Parti libéral ; ainsi que la récente suppression de la prétendue « double imposition », c’est-à-dire suppression de l’imposition des dividendes des actionnaires, parce que soi-disant le profit du capital a déjà été imposé, donc une suppression pure et simple de l’imposition sur le revenu de ceux qui s’enrichissent sur le travail d’autrui. Evidemment, cette politique ne pouvait que mener à des déficits à répétition et à l’endettement pour l’Etat, déficits encore accrus par la hausse des dépenses de services sociaux due à l’augmentation de la pauvreté du fait justement des politiques néolibérales. Plutôt que de revenir sur ces baisses d'impôts, la droite dit que s'il y a déficit, c'est que l'Etat coûte trop cher et coupe encore et encore dans les prestations sociales, supprimant ainsi l'un après l'autre les maigres acquis des travailleurs suisses. Pour aller encore plus loin, les milieux de droite projettent de démanteler la progressivité des impôts, sans laquelle il ne peut y avoir de redistribution, pour la remplacer par la « flate rate taxe », soit le même taux d’imposition pour tout le monde quel que soit le revenu, voire la suppression pure et simple de l’impôt direct au profit des impôts indirects, tels que la TVA, impôts antisociaux au possible, car taxant la consommation au même taux pour tout le monde, ruinant les pauvres et ne prenant que fort modiquement aux riches.


Or ce manège a un but précis : supprimer progressivement la fonction redistributive de l’impôt afin de changer la répartition du produit social entre le travail et le capital, au profit de ce dernier. Les classes populaires souffrent de cette politique, car pour quelques francs gagnés en baisse d’impôts, elles perdent plusieurs fois plus en prestations sociales, prestations qui loin d’être du « gaspillage » sont absolument vitales. Des couches de plus en plus larges de la population s’enfoncent ainsi dans la misère la plus noire. Ce qui a pour conséquence immédiate d’augmenter encore les revenus plus que confortables des seigneurs du capital. Mais cette politique n’est pas que le fruit d’une avidité démesurée des actionnaires et qui pourrait donc être corrigée en « moralisant » le capitalisme ; elle est absolument nécessaire au capital. En effet, étant donné que les entreprises ont l’obligation de produire toujours plus et à moindre coût et en même temps ne pas augmenter, voire baisser les salaires réels, afin d’assurer sans cesse plus de profits à leurs actionnaires et rembourser leurs prêts auprès des banques avec intérêts, la croissance de la production dépasse toujours celle des revenus, ce qui condamne le capitalisme à des crises de surproduction répétitives et de plus en plus brutales. Les baisses d’impôts, parmi d’autres volets de la politique néolibérale, étaient un moyen d’essayer de retarder la crise. Les « experts » néolibéraux autoproclamés prétendaient que leurs recettes allaient assurer une croissance perpétuelle sans plus jamais de crise, or on a vu qu’elles n’ont fait qu’un peu repousser celle-ci, la rendant par contre encore plus brutale.


A présent, les milieux bourgeois voudraient baisser les impôts encore plus, afin de faire payer aux travailleurs leur crise et essayer de sauver au moins en parti leurs intérêts égoïstes. Cette politique ne saurait être la nôtre. La crise que nous traversons rappelle plus que jamais que les intérêts de l’immense majorité de la population et ceux des puissants de ce monde sont strictement antagoniques, ce qui pose la nécessité pour toutes les classes que le capitalisme opprime de s’organiser politiquement pour arracher le pouvoir au patronat et à ses pseudo-experts et de construire une société socialiste qui seule peut correspondre à leurs aspirations. Et il n’y a aucune raison de sauver le capitalisme, et à fortiori pas en faisant payer ce sauvetage aux masses populaires. Il n’y a donc pas plus de raison de continuer de baisser les impôts, au contraire il faut massivement les augmenter pour les hauts revenus, car non seulement une imposition fortement progressive est nécessaire pour assurer une redistribution, même limitée, des richesses à travers les prestations sociale, mais elle est aussi pour assurer les investissements socialement indispensables, comme l’école publique et gratuite, les infrastructures et logements publics, les services publics qui pour être de qualité ne peuvent parfois qu’être déficitaires…dépenses que les partis bourgeois ont tendance à négliger et à privatiser si possible, ce qui signifie délabrement, mauvaise qualité et inaccessibilité pour une large partie de la population


Le Parti du Travail propose donc :


1. D’augmenter fortement les impôts directs pour les hauts revenus afin de revenir sur les baisses d’impôts successives tout en accentuant la progressivité de la fiscalité.

2. De taxer fortement les profits spéculatifs, les dividendes et les holdings.


3. De fixer le centime additionnel des communes au même taux (proche de celui des communes urbaines) et d’établir une péréquation intercommunale avec le versement des excédents communaux dans une caisse commune afin de supprimer les paradis fiscaux pour hauts revenus tels que Cologny ou Vandoeuvre et de financer ainsi les indispensables dépenses sociales, d’infrastructures et culturelles des communes urbaines.


4. De taxer fortement les entreprises qui licencient tout en faisant des bénéfices.


5.De mettre en pratique le principe de la Taxe Tobin afin d’imposer fortement les capitaux purement spéculatifs.


6. De s’opposer à toute hausse de la TVA et d’autres taxes indirectes, il faut au contraire les remplacer par l’imposition directe.


7. D’abolir les forfaits fiscaux.


8. De supprimer le secret bancaire pour pouvoir poursuivre sévèrement la fraude et la soustraction fiscale qui font perdre de milliards aux pays pauvres, mais aussi à la Suisse car des riches contribuables helvétiques en abusent massivement aussi.

Un autre monde est possible s’il est socialiste

traduction haut: République socialiste fédérative soviétique de Russie
traduction en bas: Les travailleurs n'ont rien à perdre que leurs chaînes,
ils ont un monde à gagner (K.Marx et F.Engels)


Conclusion du programme électoral du Parti du Travail, rédigée par mes soins

En tant que parti des classes que le capitalisme opprime, le Parti du Travail lutte pour la défense des intérêts des exploités et pour leurs revendications immédiates qui dans le rapport de force actuel sont bien trop souvent des revendications défensives ou réformistes. Mais notre but ne saurait évidemment se limiter à préserver les très maigres conquêtes sociales des travailleurs suisses ni à participer aux institutions bourgeoises afin de «gérer autrement» ou de «réformer» la société capitaliste. Car essayer de résoudre les contradictions sociales et économiques dans le cadre du capitalisme relève de la cadrature du cercle. Le problème principal de la société actuelle, dont découlent toutes les autres, est la propriété privée sur les moyens sociaux de production, de crédit et d’échange. La loi fondamentale du capitalisme est la maximisation des profits par tous les moyens, même les plus criminels ; en dehors de cette loi il ne saurait fonctionner, il n’est pas réformable. C’est pourquoi, le but fondamental du Parti du Travail est le renversement politique de la bourgeoisie, la prise du pouvoir par les travailleurs, l’abolition du capitalisme et la socialisation des moyens de production pour l’édification d’une société socialiste, puis d’une société communiste.



Le Parti du Travail tient à participer aux parlements car toutes les formes de lutte sont nécessaires, y compris la lutte institutionnelle, qui permet d’obtenir certaines victoires, même partielles, et de renforcer le Parti et le mouvement populaire de résistance. Toutefois, le parlementarisme ne saurait être pour nous un but en soi, ni le moyen principal pour construire le socialisme. En effet, la résistance de la bourgeoisie qui n’acceptera jamais volontairement de perdre ses privilèges et qui recourt à des solutions de type fasciste dès qu’elle se sent menacée, les limites des processus parlementaires qui n’associent pas les masses aux décisions, la nature non réformable du capitalisme qui ne peut fonctionner en dehors de sa loi fondamentale, rendent toute stratégie de type transformiste, reposant sur une transformation progressive du capitalisme en socialisme, illusoire et menant nécessairement à l’abandon de tout horizon communiste. Au contraire, une rupture de type révolutionnaire est nécessaire : "Quiconque se prononce en faveur de la voie des réformes légales, au lieu et à l'encontre de la conquête du pouvoir politique et de la révolution sociale, ne choisit pas en réalité une voie plus tranquille, plus sûre et plus lente, conduisant au même but, mais un but différent, à savoir, au lieu de l'instauration d'une société nouvelle, des modifications purement superficielles de l'ancienne société […] non pas la suppression du salariat, mais le dosage en plus ou en moins de l'exploitation." (Rosa Luxemburg)


L’objectif fondamental du Parti du Travail est de rassembler les classes populaires dans un mouvement de lutte pour renverser la domination des capitalistes, qui ne gouvernent que dans leur intérêt exclusif et par l’oppression d’une large majorité de la population, briser la machine de l’Etat bourgeois et l’instauration d’une démocratie populaire. En effet, l’Etat dans sa forme actuelle, fondée sur une démocratie purement représentative et la séparation des pouvoirs, construite comme une structure verticale et séparée de la société, est avant tout une machine destinée à assurer la domination bourgeoise et réprimer au besoin ses adversaires. Même une majorité parlementaire révolutionnaire pacifiquement élue ne saurait s’appuyer sur cet appareil d’Etat pour réaliser jusqu’au bout un projet d’émancipation du peuple. Car dans l’Etat sous sa forme actuelle, le pouvoir réel appartient à l’exécutif et plus particulièrement à une bureaucratie dont aucun échelon n’est élu, même les plus hauts, qui n’a donc pas de comptes à rendre au peuple et qui à son sommet fonctionne dans une véritable fusion organique avec le grand capital. Pour réaliser concrètement l’émancipation des classes populaires et une société socialiste, il faut rompre avec le modèle autoritaire et oppressif de l’Etat bourgeois et construire à la place une démocratie populaire, avec comme organe de base le conseil de quartier, formée de tous les habitants et le conseil de travailleurs de chaque entreprise, et fondée sur l’élection de toutes les organes de l’Etat du bas vers le haut, où les membres des chaque instance seraient délégués, élus et en tout temps révocables, de celle immédiatement inférieure avec mandat de défendre les positions que celle-ci aurait prise ; ainsi que l’élection de tous les fonctionnaires importants. Ainsi, pour la première fois dans l’histoire suisse, l’Etat ne serait plus une machine oppressive séparée de la société et aux mains de représentant de la classe dirigeante, mais l’organisation réellement démocratique de la majorité de la population.


Cette nouvelle démocratie populaire aura pour but immédiat la socialisation de tous les moyens de production, de crédit et d’échange, afin de remplacer le marché par le plan centralisé comme instance régulatrice de l’économie, avec un organe central de planification démocratiquement élu et la gestion des entreprises par les travailleurs, organisés en conseil, élisant et contrôlant tout le personnel dirigeant. Une économie socialiste ainsi organisée permettra une production et une distribution en fonction des besoins de la société, sans aucune considération de profit, donc sans pauvreté ni privilèges ni chômage, sans mobing ni surtravail, avec au contraire une réduction du temps de travail substantielle, aux environs de cinq heures par jour. La planification centralisée et démocratique de l’économie permettra aussi l’abandon du dogme de la croissance et une décroissance nécessaire pour la préservation durable de l’environnement, décroissance qui pourra se faire sans appauvrissement, excepté pour les riches, par la suppression des privilèges et des dépenses de luxe, par la suppression des dépenses militaires et des choix de production non gaspilleurs, la priorité à la qualité plutôt qu’à la quantité et le remplacement des énergies fossiles par les technologies renouvelables. La libération de l’humanité des chaînes de la propriété privée permettra aussi de soustraire la culture et l’information du contrôle par le capital, et donc une authentique liberté d’expression par les médias publics et associatifs et des possibilités aujourd’hui inexistantes pour les artistes. Ce contrôle démocratique populaire sur la politique et l’économie permettra la suppression définitive de toute oppression et de toute exploitation, la possibilité pour chaque être humain de bénéficier d’une vie digne et d’un épanouissement social et culturel authentique ; avec comme but final la construction d’une société communiste, une société qui pourra inscrire sur ses bannières « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », une société « où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ». (Karl Marx)

16 septembre 2009

Face à la crise, un séminaire des forces anticapitalistes

La manifestation contre le forum de Davos tenue à Genève le 31 janvier de cette année, malgré l’interdiction scandaleuse et anti-démocratique prononcée par le Conseil d’Etat, a permis aux différentes organisations anticapitalistes (Parti du Travail, solidaritéS, Mouvement pour le socialisme, Gauche anticapitaliste, Action Autonome, Organisation socialiste libertaire, ATTAC, Forum social lémanique, ainsi que des écologistes radicaux non-organisés) de travailler ensemble et de réussir à avoir une bonne collaboration, même pour des formes de luttes semi-illégales avec à la clé un affrontement avec l’Etat bourgeois. Cette expérience a permis un rapprochement entre ces forces et la poursuite de la lutte contre le capitalisme en commun, la «coordination anti-wef» ayant continué ses réunions de façon régulière, pour préparer la résistance au WEF 2010, mais pas seulement ; ainsi, cette même coordination ayant organisé une manifestation contre le G20.

Or donc, ce travail commun ne se limite pas à l’organisation de manifs, où les discussions se limitent à la rédaction de l’appel unitaire et à la logistique. La crise que nous traversons actuellement a rendu des couches de plus en plus nombreuses de la population conscientes que le capitalisme est un système rapace et oppressif qui ne pourra jamais satisfaire leurs aspirations. Les seigneurs du capital sont décidés à faire payer leur crise aux travailleurs afin de sauver leur système et leurs privilèges, les licenciements de masse se succèdent, plus encore sont prévus…il est urgent d’organiser la lutte des travailleurs, pour la résistance, et pour renverser cette oligarchie au pouvoir et dépasser son système oppressif. Pour relever ce défi, les organisations anticapitalistes composant la coordination anti-wef ont décidé d’organiser ensemble un séminaire public, intitulé «regards sur le capitalisme : analyses, perspectives et alternatives» afin de créer un cadre de discussion ouvert, afin de mettre en lumière leurs convergences et divergences dans l’analyse de la société actuelle, la vision d’une société non-capitaliste et la stratégie pour l’édifier ; dans l’optique d’un rapprochement pour mener ensemble une lutte révolutionnaire conséquente pour l’édification d’une autre société. Le séminaire aura lieu le samedi 26 septembre, à partir de 9h30, à la Maison des Associations (15 Rue des Savoises, à quelques pas des locaux du PdT). Pour le Parti du Travail interviendront le matin Esteban Muñoz pour l’analyse de la crise, et l’après-midi moi-même pour présenter un projet d’alternative au capitalisme. Le Parti du Travail vous convie chaleureusement à venir participer au séminaire.

11 août 2009

L'AVIVO fête ses soixante ans : entretient avec René Ecuyer

René au 18e Congrès national du PST en 2006


L'Association des Vieillards, Invalides, Veuves et Orphelins (AVIVO) fête ses soixante ans cette année. Le Parti du Travail ne pouvait manquer d'en parler dans son journal et pour ce faire j'ai eu le plaisir d'interviewer René Ecuyer, un de ceux qui connaissent le mieux l'AVIVO et son histoire. René Ecuyer (est-il encore besoin de le présenter?), secrétaire cantonal du Parti jusqu'en octobre 2008 et tête de liste pour les prochaines élections cantonales, avait adhéré au PdT à l'âge de 20 ans, et à 30 ans avait repris sur demande de Roger Dafflon l'office social de l'AVIVO qui ne fonctionnait plus depuis quelque temps, ce qui l'a vite amené à devoir prendre des dossiers avec lui pendant ses vacances afin d'avoir le temps de tout faire.

Quant à la propre histoire de l'AVIVO, elle commence dans les années quarante, avec des comites de vieillards, fondes par des membres du Parti du Travail, pour la création de retraites populaires. René met l'accent sur ce fait : "l'AVIVO est fondamentalement une émanation du Parti du Travail". Il faut savoir qu'avant 1948, il n'y avait en Suisse de prévoyance vieillesse que privée et réservée aux riches; si bien que les gens de condition modeste devaient travailler tant qu'ils le pouvaient, et dès qu'ils ne le pouvaient plus, ils étaient obliges de demander la charité publique de leur commune d'origine telle qu'inscrite dans leur passeport (souvent un village de Suisse allemande ou ils n'avaient jamais mis les pieds auparavant) pour y vivre dans un foyer, dans le déracinement et la misère.

L'AVS fut enfin concrétisée en 1948. La première AVS se montait à 40,- pour une personne seule et 70,- pour un couple; ce qui était ridiculement peu et bien en deçà du minimum vital, mais tout de même un progrès énorme : enfin les personnes âgées allaient pouvoir bénéficier d'une autonomie financière sans devoir travailler, et en bénéficier en tant que droit et non plus charité. Quant à l'AVIVO même, elle fut fondée à Genève en 1948, et au niveau national en 1949 sous la forme de l'Association Suisse des AVIVO. Elle devint rapidement une organisation de masse. Ainsi à Genève, l'AVIVO compte actuellement de l'ordre de 20 milles personnes, soit environ le tiers de tous les retraités genevois.

René explique que depuis sa fondation et jusqu'a aujourd'hui "l'AVIVO a trois objectifs fondamentaux : une bataille politique contre les inégalités sociales, une bataille pour la défense individuelle des retraités et une bataille contre la solitude". Le combat politique tout d'abord pour la hausse de l'AVS autrefois et contre le démantèlement des retraites aujourd'hui. Ensuite la défense individuelle, soit l'office social qui conseille les personnes et les informe de leurs droits que souvent celles-ci ne connaissent pas et ne peuvent donc pas utiliser. Et enfin, le combat contre la solitude dont souffrent souvent les personnes âgées qui consiste dans les multiples activités récréatives que l'AVIVO organise pour ses membres, dont la première fut l'arbre de noël où chaque participant recevait un petit cadeau, mais aussi des voyages, ou des billets soldés pour divers spectacles, et le thés dansants, etc.

Les communistes ont toujours joue un rôle moteur au sein de l'AVIVO, qu'ils ont fortement contribué a fonder: et des membres du Parti l'ont très souvent dirigé; comme Roger Dafflon ou actuellement Christiane Jacquet Berger, députée du POP au Grand Conseil vaudois et présidente en exercice de l'AVIVO au niveau national. Cette réalité a toujours été très bien acceptée au sein de l'AVIVO; elle est d'ailleurs logique: "les communistes sont naturellement appelés à se battre pour défendre les classes populaires, explique René, les autres partis ont essayé de créer des organisations de retraités concurrentes, mais ca n'a jamais marche, car ce n'est pas leur rôle." Par exemple, le parti radical avait une fois annoncé une telle association en grande pompe, plusieurs avocats radicaux se sont portes volontaires pour effectuer gratuitement la permanence juridique, l'affaire était sur les manchettes de tous les journaux... sauf qu'on en a jamais entendu reparler après la conférence de presse de fondation.

Mais malgré des dirigeants communistes, tous les partis, du moins toutes les opinions politiques ont toujours été représentés a l'AVIVO (des députés de droite y ayants parfois leurs parents), ce qui ne l'a pas empêché de disposer d'une grande unité d'action et d'une capacité de mobilisation impressionnante. Par exemple, très récemment, l'AVIVO a réussi à mobiliser 2000 personnes âgées en plein hiver pour manifester devant l'hôtel de Ville contre la hausse des impôts pour les rentiers AVS voulue par le Conseil d'Etat. De fait, l'AVIVO a toujours été représentée au Grand Conseil a travers les députés du PdT: "Quand je parlais, tout le monde disait, c'est l'AVIVO qui parle" se souvient René. Cette capacité de mobilisation, l'AVIVO a pu l'avoir sans jamais présenter une liste aux élections, précisément en agissant comme un syndicat de tous les retraités, indépendamment de leurs opinions politiques. " Toutes les batailles que l'AVIVO a gagne, elle l'a réussi sans être un parti politique". Là, René souhaite faire une critique, très sévère du comite de l'AVIVO, qui, sous l'impulsion de politiciens connus de la gauche genevoise, voulait présenter une liste pour le Grand Conseil, ce contre quoi il s'est battu a l'Assemblée Générale; car l'acceptation de ce projet aventureux aurait eu pour conséquence directe de transformer l'association en parti politique, devant comme tel avoir une ligne générale sur l'ensemble des questions politiques et ne pouvant donc plus représenter tous les retraités de Genève dans la diversité de leurs opinions politiques; un affaiblissement extrême aurait été alors inévitable et l'association de défense des retraités telle qu'on la connaît aurait alors été in fine sacrifiée aux ambitions personnelle de quelques dirigeants. "J'étais déjà contre de dépôt d'une liste a la Constituante, je pensais que ça serait une erreur, mais bon l'Assemblée a voté ... par contre le dépôt d'une liste au Grand Conseil aurait été une catastrophe, et rien que le simple fait d'en avoir parlé lors d'une conférence de presse avant l'assemblée générale (ce qui d'ailleurs était passablement antidémocratique, ndr) est une faute grave que nous allons payer très cher". Heureusement l'Assemblée générale de l'AVIVO a eu le bon sens de rejeter à une large majorité ce projet aventureux dont l'association n'avait nul besoin; car en ces temps où même les acquis sociaux les plus élémentaires sont menacés, l'AVIVO telle qu'elle existe actuellement est plus que jamais nécessaire pour la défense des intérêts des retraités des classes populaires. Le Parti du Travail souhaite un joyeux soixantième anniversaire a l'AVIVO et transmet a ses militants ses meilleurs vœux pour leurs luttes.

19 juillet 2009

Accord de libre-échange entre la Suisse (l'AELE) et la Colombie

le dictateur pseudo-démocrate de
Colombie Alvaro Uribe Velez

Communiqué de presse du Parti du Travail à la rédaction duquel j'ai contribué

L'article 54, alinéa 2 de la Constitution suisse dit que «La Confédération s'attache à préserver l’indépendance et la prospérité de la Suisse; elle contribue notamment à soulager les populations dans le besoin et à lutter contre la pauvreté ainsi qu'à promouvoir le respect des droits de l'homme, la démocratie, la coexistence pacifique des peuples et la préservation des ressources naturelles». Cela étant, cet article est scandaleusement bafoué par la volonté de l'assemblée nationale de conclure un accord de libre-échange avec la Colombie, volonté concrétisée par les négociations actuellement en cours entre Doris Leuthard et Alvaro Uribe à Bogota.

Un accord de libre-échange entre la Suisse et la Colombie est un soutien direct au régime violemment anti-social et répressif d'Alvaro Uribe. Le Parti du Travail souhaite rappeler que 60% des syndicalistes assassinés dans le monde en 2008 étaient colombiens et que les exécutions extrajudiciaires de syndicalistes, d'opposants politiques ou de journalistes critiques envers le régime en place, soit disant démocratique, continuent impitoyablement, preuve que le prétendu désarmement des milices paramilitaires d'extrême-droite n'est que de la poudre aux yeux, comme le dénoncent les rapports des ONG activent dans la défense des droits humains.

Le scandale des faux positifs et les déclarations du rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, Philip Alston, ont mis explicitement en cause la responsabilité des paramilitaires et de l'armée colombienne. Ils ont travaillé main dans la main, se livrant à des massacres et à des exactions abominables contre les populations civiles, les opposants à l'oligarchie colombienne et les paysans. Il est à rappeler que des milliers de paysans, d’indigènes et d’afro-descendants ont été chassé de leurs terres pour le compte des multinationales, le déplacement forcé de population est aussi une méthode d’intimidation contre le peuple et de destruction du tissu social. Alvaro Uribe n'a eu aucune peine à s'asseoir à la même table avec les paramilitaires d'extrême-droite (ce qu'il a toujours refusé de faire avec les FARC) et à amnistier des criminels qui ont pratiqué la torture, la disparition forcée et les assassinats. Seul un nombre ridicule d'armes ont été rendues, or le régime uribiste avec ses milices paramilitaires est le bras armé de l'oligarchie colombienne et des multinationales, qui profitent de cette alliance organique avec l'Etat pour mener une politique violemment anti-syndicale, faite de mépris pour les droits les plus élémentaires des travailleurs, de licenciements abusifs des syndicalistes, voire de leur élimination physique pure et simple.

Il est de notoriété publique en Suisse que la multinationale Nestlé est trempée dans ce genre d'abus à très large échelle en Colombie, elle a été accusée par le Tribunal des Peuples, des organisations comme Amnesty International, le CETIM, AJJ, la Déclaration de Berne ou encore Alliance Sud. Derrière une démocratie de façade, le régime uribiste est de facto une dictature d'extrême-droite, reposant sur la corruption, l’impunité, le mépris pour les droits de l'homme et la terreur. Il y aurait environ 7000 prisonniers politiques en Colombie, chiffre difficilement vérifiable puisque pour le gouvernement le conflit armé est masqué par la guerre contre le terrorisme et le narco-trafique, faisant fi de la Convention de Genève. Par ailleurs, dans le cadre de l’escalade des percutions contre les dirigeants de l’opposition manifestant ouvertement leurs divergences contre le régime du Président colombien Alvaro Uribe Velez, surgit l’injuste et mensongère accusation contre Jaime Caicedo, professeur universitaire à la carrière renommée: académicien et chercheur social, conseiller communal de Bogota, actuel secrétaire général du Parti Communiste Colombien et dirigeant national de Pôle Démocratique Alternatif. Le Parti du Travail souhaite exprimer sa solidarité envers Jaime Caicedo et salue son combat pour le plein exercice des droits et libertés civils en Colombie.

Le nom de Jaime Caicedo s'ajoute à la déjà longue liste des personnes blâmées et poursuivies par le gouvernement à l'intérieur du territoire colombien comme à l'extérieur. En Suisse, entre autres cas, la leader sociale de l'Association Paysanne de l'Arauca (ACA), Luz Perly Cordoba, a dû subir une enquête fédérale suite à la plainte déposée contre elle et sa famille par la Colombie. Il est très inquiétant de constater que la Suisse, en procédant ainsi, ne défend pas les intérêts des réfugiés politiques colombiens qu'elle a accueillis sur son sol, alors même que par son rôle de facilitateur dans le conflit colombien, la Confédération est avertie des méthodes gouvernementales scandaleuses en vigueur dans ce pays.

Finalement, il est regrettable que les arguments du sénateur Jorge Enrique Robledo, du Pôle démocratique alternatif, délivré en mai 2009 lors de son passage en Suisse aux parlementaires fédéraux, n’ont pas été entendus. Il avertissait que cet accord économique n’était pas bon pour l’intégration régionale de la Colombie, puisqu’en signant des accords bilatéraux l’union Européenne déstructure non seulement la CAN mais appauvrit aussi la population colombienne, ce qu’il a considéré ne pas être très démocratique. « De plus, personne ne connaît ses accords, moi-même qui suis sénateur, je ne les connaissais pas car c’est des négociations presque clandestines, le peuple ignore leur contenu » a-t-il ajouté lors d’une interview.

Signer l'accord de libre-échange entre la suisse et la Colombie reviendrait à soutenir ce régime, juste l'exact contraire de la promotion des droits de l'homme, du droit international et de la démocratie que la Suisse avait inclue dans ses recommandations à la Colombie lors de la troisième session d'examens périodiques universels de l'ONU de fin 2008. Le Parti du Travail regrette que la vigueur de ces recommandations soit atténuée par l’intérêt purement économique de la Suisse.

24 juin 2009

Plateforme commune solidaritéS-Parti du Travail/ liste n°4

Un travail décent pour toutes et tous:
Salaire minimum légal permettant de vivre décemment, mesures contre les licenciements dont l’interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices, réduction importante du temps de travail avec maintien des salaires pour favoriser la qualité de vie, lutte contre les horaires de travail atypiques contre le travail sur appel et la flexibilisation-précarisation des conditions de travail, égalité salariale hommes-femmes: à travail égal - salaire égal, reconnaissance du travail éducatif et ménager, renforcement et extension des conventions collectives à toutes les branches et professions, respect et renforcement des droits et libertés syndicales sur les lieux de travail.
Un bouclier social:
Revenu minimum d’insertion, défense des acquis sociaux et rétablissement des prestations sociales supprimées (SCARPA, abonnements TPG, etc.), maintien des prestations municipales aux bénéficiaires SPC-OCPA, unification des barèmes sociaux donnant droit aux prestations prenant en compte les charges réelles des citoyen-ne-s, amélioration des prestations de chômage avec un suivi et un soutien accru dans la recherche d’emploi, y compris pour les personnes en fin de formation, lutte pour des retraites permettant de vivre décemment aujourd’hui et demain avec une priorité au renforcement de l’AVS.
Défense des services publics:
Pour des prestations de qualité répondant aux besoins de la population. Développement du service sanitaire public (soins à domicile, transports sanitaires urgents, transports handicap, EMS...), contre le scandale des hausses de prime, pour une caisse maladie publique aux primes proportionnelles aux revenus. Une formation de qualité pour toutes et tous, pour la création de véritables emplois d’utilité publique sociale et écologique, maintien des offices postaux de proximité et d’autres services publics décentralisés, contre toute libéralisation-privatisation-marchandisation de nos services publics...
Pour plus de justice fiscale:
Suppression immédiate des forfaits fiscaux. Refus des cadeaux fiscaux à répétition aux privilégiés. Pour une fiscalité plus redistributive et plus équitable. Contre la politique des caisses vides. Contre la sous-enchère fiscale, contre le développement de la fiscalité indirecte et des taxes injustes. Pour la suppression du secret bancaire.
Mieux vivre ensemble dans un environnement sain:
Priorité au logement social de qualité et bon marché, développement des écoquartiers, lutte contre la spéculation foncière, pour une meilleure protection des locataires, pas d’expulsion sans relogement. Priorité à des transports publics de qualité accessibles pour tous et toutes, gratuits pour les jeunes et les retraités, intensification des mesures pour freiner la dégradation de notre environnement, pour un tournant énergétique radical basé sur les énergies renouvelables, les économies d’énergie et la lutte contre le nucléaire... Priorité à la mobilité douce et mesures d’aménagement contre les déplacements inutiles et contraints. Pour une meilleure habitabilité en Ville notamment par la diminution du bruit et une amélioration de la qualité de l’air (respect des normes).
Contre l’insécurité:
priorité et moyens accrus pour la prévention et refus du tout-répressif. Non au Taser! Création d’espaces autogérés par et pour les jeunes... Accès pour tous à des activités sportives non élitaires. Développement du budget culturel cantonal, soutien à la création indépendante et accès populaire garanti aux activités culturelles.
Extension des droits démocratiques et luttes contre les discriminations:
Droit de vote et d’éligibilité cantonal et communal pour tous les résidents. Développement d’une politique antiraciste, anti-xénophobe, antisexiste, anti-homophobe et contre toutes les discriminations. Mesures concrètes contre les violences faites aux femmes. Pour la parité hommes-femmes dans les instances élues. Renforcement des droits démocratiques notamment en matière de référendums et d’initiatives populaires, respect du droit de manifester et de toutes les libertés publiques (liberté d’expression, d’association, etc.)
Solidarité internationale et ouverture aux étrangers:
Défense d’un droit d’asile digne de ce nom dans le respect des droits humains. Régularisation de tous les résident-e-s sans-statut légal, ouverture et facilitation de l’intégration des étrangers-ères et refus des mesures policières contre la misère et la pauvreté. Refus des centres de rétention et de détention administrative. Développement de la solidarité nord-sud dans une politique de paix et de justice. Refus des dépenses militaires et de tous les engagements militaires à l’étranger, renforcement d’une véritable aide au développement.

05 juin 2009

L'attitude de la Corée du Nord est compréhensible



Article de: Jean-Jacques Candelier, député PCF



Votre député, favorable à la dénucléarisation mondiale, comprend cependant l'attitude de ce pays souverain et l'explique surtout par le dédain des grandes puissances et le non-respect de leurs engagements. Afin d'éviter une escalade de tensions dramatique, il interroge M. le Premier ministre pour réclamer, dans un esprit d'apaisement, l'installation rapide d'une ambassade de République populaire démocratique de Corée (RPDC) à Paris. Il ne s'agit en aucun cas d'apporter un soutien politique à la Corée du Nord mais de comprendre les raisons de son attitude afin d'éviter le pire.

Les grandes puissances rivalisent de virulence pour réprouver les opérations militaires et l’attitude de la République Populaire Démocratique de Corée (RPDC).
Ces grandes puissances omettent cependant de dire que la RPDC est favorable, depuis longtemps, à la dénucléarisation de la péninsule, ce qui impliquerait le démantèlement de la base militaire américaine en Corée du Sud, ainsi que des armements nucléaires mobiles transportés par la flotte et l’aviation américaine.

Elles oublient d’indiquer que la RPDC est favorable, depuis longtemps, à la transformation de l’Accord d’armistice de 1953 en un véritable Traité de paix, ce qui impliquerait une négociation directe RPDC-États-Unis.

Elles oublient, enfin, de rappeler à l’ordre le Japon, qui est en cours de remilitarisation, en dépit des obligations de sa propre Constitution.

Ce « deux poids, deux mesures » est tout bonnement insupportable. En réalité, la politique actuelle de la RPDC est une réaction naturelle suite au rejet de ses multiples propositions, que les grands médias occultent systématiquement.

Il faut aussi rappeler que, malgré les accords conclus sous la présidence Clinton, la RPDC n’a jamais obtenu, en échange de sa renonciation à l’arme nucléaire, les contreparties promises. Celles-ci concernent la livraison de réacteurs à eau légère, de pétrole et l’arrêt de l’embargo unilatéralement imposé. Ces contreparties étaient pourtant vitales pour le peuple coréen.

La France qui, à travers la future Loi de Programmation Militaire, entend axer notre stratégie de défense sur la dissuasion nucléaire, au détriment de la nécessaire lutte contre la prolifération nucléaire mondiale, devrait comprendre la position de l’État souverain nord-coréen. L’épisode sanglant de l’envahissement de l’Irak a d’ailleurs démontré, si besoin était, que le droit international va toujours dans le même sens, celui des puissants. Dans le rapport de forces actuel, c’est la RPDC qui est sous la menace internationale ; elle l’est d’ailleurs depuis sa naissance !

J’estime que le peuple coréen n’a que trop souffert de la guerre et des tentatives hégémoniques de l’étranger. La RPDC ne s’est pas mise au ban de la communauté internationale toute seule, par plaisir ! C’est pourquoi, en lieu et place de nouvelles sanctions néfastes et inefficaces, rétablir le dialogue et la confiance passe :

Par la fin de l’embargo américain, installé depuis plus de 50 ans maintenant,

Par l’ouverture de négociations avec les États-Unis,

Par l’arrêt des tentatives de dénigrement et de déstabilisation,

Par le respect de la souveraineté du peuple coréen, conformément à la Charte des Nations Unies, en vue de favoriser le rapprochement des deux Corées, ce qui serait source de détente et de développement partagé.

Alors que la France, mauvais élève de l’Union européenne, continue à se refuser de reconnaître officiellement jusqu’à l’existence même de ce pays, l’établissement d’une ambassade de RPDC à Paris serait un premier geste.

J’interroge immédiatement M. le Premier ministre en ce sens.

En savoir plus :

04 juin 2009

Lettre ouverte à ceux qui ne veulent pas de contre-réformes scolaires



« Le 17 mai les Genevois choisissent entre une école qui cadre (IN134) et une école qui soigne (Contre-projet) soutenue par la majorité des partis qui se sont entendus sur le plus petit dénominateur commun : ne pas changer grand-chose à la catastrophe actuelle du Cycle d'orientation ; faire semblant : comme il y a eu les fausses notes, cette fois-ci, il y a les fausses réformes. » (Jean-Romain). Le célèbre philosophe conservateur est sans doute beaucoup trop dur avec le Parti radical sur les listes duquel il sera probablement élu député cet automne. Car le Parti du Travail n’a pas trouvé le contre-projet si fondamentalement différent de l’initiative ; s’il n’est sans doute pas aussi rétrograde, il va pourtant dans le même sens d’une manière certes bien plus édulcoré. En effet le contre-projet et l’initiative ont en commun l’essentiel : la réintroduction des sections pour un durcissement de la sélection. Sans aucun doute le système actuel avec deux filières, soit des classes quasi-hétérogènes en A et des véritables classes ghettos en B est catastrophique car les élèves qui se retrouvent en B n’ont que des possibilités de formation ultérieure plus que réduites et se retrouvent souvent éjectés de toute formation et donc du marché de l’emploi et donc précarisés à vie. Mais le réseau REEL de même que le Grand Conseil n’ont rien trouvé de mieux pour résoudre ce problème que de rendre le système pire encore. Certes le contre-projet prévoit des mesures d’appui aux élèves en difficulté qui ont l’air intéressantes mais qui en fin de compte n’offrent strictement rien de nouveau par rapport à ce qui existe déjà, et s’il y des déficiences en la matière actuellement ce n’est pas faute de base légale mais faute de moyens.

L’initiative prévoyait quatre filières en septième et six en huitième et en neuvième, le contre-projet trois filières pour toutes les années ; la différence est seulement quantitative et non qualitative. Sans doute que l’initiative allait nettement plus loin que le contre-projet en matière de contre-réforme ; outre qu’en impliquant plus de filières elle est nettement plus anti-égalitaire, en plus elle prévoyait une sélection bien plus rigide que le contre-projet (selon les initiants, un changement de filière ne devrait pouvoir se faire qu’avec examens de promotion) et comme seule solution pour résoudre les problèmes sociaux et psychologiques des élèves le retour d’une note de comportement. Et régression plus grave encore, le réseau REEL souhaitait réduire le rôle de l’école obligatoire à l’acquisition de connaissances de base en Français, en mathématiques et en culture générale pour satisfaire aux exigences du marché de l’emploi. Or le Parti du Travail considère qu’il n’est pas acceptable de réduire les buts de l’éducation publique à former une force de travail docile pour le patronat. Actuellement le Cycle vise des objectifs bien plus ambitieux qui sont « développer l’ouverture d’esprit, la faculté de discernement, l’autonomie, la solidarité, toutes compétence qui contribuent à l’éducation citoyenne » ; « il assure un équilibre dans le développement des différentes aptitudes (intellectuelles, manuelles, physiques et artistiques) des adolescents, qui leur permet de trouver du sens de leur apprentissages et leur donne progressivement les éléments de choix de leur parcours de formation ». Bref actuellement le Cycle d’orientation vise à former des citoyens libres capables de prendre leur destin en main et dotés d’un esprit critique ; c’est une conquête fondamentale de la classe ouvrière et le Parti du Travail luttera résolument contre toutes les forces néoconservatrices qui veulent nous faire retourner au capitalisme sauvage du XIXe siècle.

De même que le Parti du Travail est opposé au retour des filières, car sélectionner les élèves dès l’âge de douze ans en fonction de leurs résultats en primaire et choisir ainsi leur orientation professionnelle future revient à sélectionner selon les revenus de leurs parents (car les parents aisés ont en moyenne plus de temps et plus de moyens pour suivre l’éducation de leurs enfants), les difficultés personnelles et familiales. Loin « d’orienter » les élèves selon leurs aspirations, une sélection par filières n’a d’autre conséquence que de renforcer des privilèges de classe. Un tel système contribue à renforcer l’idéologie de la concurrence et de la méritocratie, crée chez les élèves de la filière supérieure le sentiment d’appartenance à une élite dotée de privilèges légitimes, et chez ceux des filières inférieurs un sentiment d’échec à-priori qui se transforme trop souvent en échec réel plus tard. Et évidemment la transmission de toute valeur de solidarité devient alors illusoire.

Aussi le Parti du Travail ne peut que se réjouir du rejet d’une initiative rétrograde, mais la vraie bataille aura lieu cet automne lorsque le contre-projet accepté le 17 mai sera opposé à l’initiative 138, lancée par la coordination enseignement, que le Parti soutient car elle correspond à notre vision de l’éducation. En effet, cette initiative propose des classes entièrement hétérogènes et des moyens d’appui réellement nouveaux, à savoir une aide à la transition entre la primaire et le Cycle, ainsi qu’entre le Cycle et le post-obligatoire, de même que des possibilités réelles de transfert entre les filières du post-obligatoire, afin de remédier à la situation actuelle où beaucoup d’élèves sont interdits de redoublement ou de transfert et se retrouvent éjectés de quelque cursus de formation que ce soit et donc éjectés du marché du travail. Or les principaux dirigeants socialistes et verts ont déjà annoncé qu’ils recommanderaient désormais le rejet d’une initiative qu’ils ont contribué à lancer ; il y a même des velléités de pression des ces milieux sur les initiants pour qu’ils retirent leur initiative, afin d’épargner aux appareils rose-vert de trop montrer leur opportunisme avant les élections. Pourquoi ce soudain changement de cap ? C’est que les apparatchiks sociaux-démocrates et écolo auraient conclu des accords avec la droite au parlement pour la rédaction du contre-projet et auraient donc désormais des obligations envers leurs « partenaires de droite ». Nous ne pouvons que constater jusqu’où mène la collaboration de classe, les obligations de la « gauche parlementaire » envers les partis bourgeois les libérant de celles envers le peuple. Contrairement aux opportunistes rose-verts, le Parti du Travail continuera sa lutte pour une éducation au service des classes que le capital opprime et non à celui du patronat, une éducation qui forme des citoyens libres et non de simples facteurs de production.

Un jeune de 17 ans assassiné par la police à Bienne



Rouge
Vidéo envoyée par kropotskin
Chansons:
#1 17 ♪ La Jeune Garde
#2 Dominique Grange ♪ Les Nouveaux Partisans
http://www.dailymotion.com/kropotskin

Communiqué de jeunes solidaires

Hier soir à Bienne, un jeune de 17 ans est mort pércuté par en train en tentant d’échapper à la police. Nous avons écrit ce communiqué et allons le distribuer dans les bars, boîtes de nuit et salles de concert à bienne ce soir. nous appelons les gens à reproduire et distribuer ce texte.

AUJOURD’HUI LES FLICS NOUS COURRENT APRES. DEMAIN ILS NOUS TIRERONT DESSUS.

Vendredi soir à Bienne vers 3 heures du matin, un jeune de 17 ans (pour l’instant sans nom n’est pas connu) est mort, percuté par un train en tentant d’échapper à la police. Son crime ? Tirer une charette de bois qui semblait suspecte au regard des flics. La chasse aux jeunes est devenue monnaie courante, mais cette fois ça a tourné au drame. Dans sa volonté de mettre la jeunesse au pas, l’Etat a développé un arsenal de réglements et dispositions digne de „la lutte contre le terrorisme“. Interdictions de périmètre, interdictions de rassemblement, prisons pour mineurs, stages de rééducation et couvre-feu (Viège est la dernière commune à l’adopter). La jeunesse passe ses nuits à fuir les flics. Que le bois que transportait le jeune était volé (ce qui reste encore à prouver) n’est pas le problème. Le problème c’est que pour satisfaire la soif de sécurité alimenté par des politiciens et des medias hystériques, les flics coursent les jeunes jusqu’à risquer de les tuer. Que ce soit dans les banlieues françaises, dans les rues d’Athènes ou dans le métro d’Oakland, nous sommes tous et toutes concérnéEs.

Aujourd’hui ils nous courrent aprés. Demain ils nous tireront dessus.

Nous sommes tous et toutes Zyed Benna et Bouna Traoré Nous sommes tous et toutes Alexis Grigoropoulos Nous sommes tous et toutes Oscar Grant Nous sommes tous et toutes ce jeune de 17 ans Nous sommes tous les morts assassinés par l’Etat.

Montrons leur que nous les laissons pas tuer nos frères et soeurs en silence. Rassemblement demain dimanche à 18h00 devant la gare de ta ville. Nous transmettons nos condoléances aux proches de la victime Pas de justice, pas de paix !

Fais circuler l’info. Des jeunes solidaire

31 mai 2009

03 mai 2009

Pour un monde socialiste



Les partisans_0002
Vidéo envoyée par trotsky-1917
"Dans une société fondée sur le pouvoir de l'argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent étre que des parasites, il ne peut y avoir liberté réelle et véritable"LENINE
Conclusion de la brochure programmatique du PdT éditée pour le 1er mai, également rédigée par mes soins.
En tant que Parti des classes que le capitalisme opprime, le Parti du Travail lutte pour les exigences immédiates des exploités, mais notre programme va au-delà des propositions concrètes avancées dans les pages précédentes. Essayer de résoudre les problèmes que nous avons évoqués dans le cadre du capitalisme relève de la quadrature du cercle. En effet, le problème fondamental dont découlent tous les autres est la propriété privée sur les moyens de production, de crédit et d’échange. Notre ambition ne saurait donc nullement être de « réformer » ou de « mieux gérer » la société actuelle. Au contraire, nous estimons que l’intérêt des travailleurs est de détruire cette société, de renverser la bourgeoisie pour prendre le pouvoir, abolir le capitalisme et construire à la place une société socialiste, puis communiste.

Notre but fondamental est de rassembler les classes populaires pour renverser la domination des capitalistes, qui ne gouvernent que dans leur intérêt exclusif et par l’oppression d’une large majorité de la population. La démocratie populaire que nous voulons suppose de briser la machine de l’Etat bourgeois, fondée sur la séparation des pouvoirs où le peuple est réduit à un simple contrepoids et où le pouvoir réel appartient à une classe politique qui est majoritairement composée de représentants de la bourgeoisie, avec une prédominance d’une bureaucratie cooptée et qui n’a donc aucun compte à rendre au peuple et qui entretient des relations fusionnelles avec la bourgeoisie ; détruire la machine de l’Etat bourgeois pour la remplacer par une démocratie populaire dont l’organe de base serait le conseil des travailleurs, avec élection de toutes les fonctions de bas en haut et où les conseils des travailleurs détiendraient non pas une partie mais tout le pouvoir, ce qui permettrait que pour la première fois dans l’histoire suisse le pouvoir appartienne au peuple et non à une élite.

Cette nouvelle démocratie populaire aura pour but immédiat la socialisation de tous les moyens de production, de crédit et d’échange, afin de remplacer le marché par le plan centralisé comme instance régulatrice de l’économie ; ce qui permettra une production et une distribution en fonction des besoins de la société, sans aucune considération de profit, ainsi que l’abandon du dogme de la croissance pour une production respectueuse de l’environnement. Ce contrôle démocratique populaire sur la politique et l’économie permettra la suppression définitive de toute oppression et de toute exploitation afin de construire une société communiste, une société qui pourra inscrire sur ses bannières « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », une société « où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ». (Karl Marx)

Crise du capitalisme


Introduction de la brochure programmatique du PdT éditée pour le 1er mai, rédigée par mes soins.


Depuis quelques mois, le capitalisme vit sa plus grande crise depuis 1929, probablement la pire crise de son histoire. L’économie est en récession, de plus en plus d’entreprises font faillite et licencient en masse, le Bureau International du Travail prévoit 50 millions de chômeurs de plus pour cette année. Selon toute vraisemblance, et selon toutes les analyses sérieuses, cette crise devrait durer encore au moins quinze ans ; il n’y a pas de raison d’ailleurs qu’une crise de telle ampleur dure moins, celle de 1929 ne s’est achevée qu’avec la Seconde Guerre mondiale. Celle que nous vivons actuellement a éclaté avec les subprimes américains, pour s’étendre à toute la finance de ce pays, puis à toute l’économie mondiale. Pour l’instant, l’économie réelle en Suisse est relativement épargnée, mais celle-ci ne saurait tarder à être touchée de plein fouet dans les quelques prochains mois ; selon toutes les prévisions, le pire de la crise est devant nous.

Quelles sont les causes structurelles de cette crise ? Selon Atilio Borón, docteur en sciences politiques, professeur titulaire de théorie politique et sociale, directeur du Programme latino-américain de télé-enseignement en sciences sociales (PLED) : « il s'agit d'une crise de surproduction doublée d'une crise de sous-consommation. Ce n'est pas par hasard qu'elle a éclaté aux États-Unis puisque ce pays vit artificiellement, depuis plus de trente ans, de l'épargne extérieure et du crédit extérieur, deux choses qui ne sont pas infinies : les entreprises se sont endettées au-delà de leurs possibilités ; l'État s'est endetté lui aussi au-delà des siennes pour faire face non à une guerre, mais à deux, non seulement sans augmenter les impôts, mais même en les réduisant, tandis que les citoyens sont systématiquement poussés par la publicité à s'endetter pour soutenir une surconsommation effrénée, irrationnelle et gaspilleuse. » La financiarisation de l’économie n’a donc fait que retarder artificiellement la crise de surproduction, qui n’a fait qu’éclater avec plus de violence lorsque le décalage avec l’économie réelle est devenu intenable.

Pendant des années, les maîtres du monde et leurs « experts » autoproclamés ont imposé aux peuples des politiques néolibérales de dérégulation de l’économie, de privatisations et de liquidation des acquis sociaux obtenus par des décennies de lutte, sous prétexte que ces mesures étaient nécessaires à la bonne santé de l’économie. Or le néolibéralisme a conduit le capitalisme à une crise sans précédant, et aujourd’hui les chantres du « moins d’Etat » et de la « concurrence libre et non faussée » se disent tous « étatistes » et « keynésiens », et vantent à présent la régulation de la finance et l’intervention de l’Etat. Auraient-ils fait une indispensable autocritique ? Nullement ! Ils continuent de servir les mêmes intérêts, ceux des seigneurs du capital. Leur prétendu « plan de sauvetage » de l’économie, leur discours sur le fait que nous serions « tous dans le même bateau », ne sont de fait que la plus grande escroquerie de l’histoire. Ceux là même qui n’ont jamais voulu trouver les 82 milliards de dollars pour arrêter la faim et les épidémies dans le monde, qui ont prétendu que les modestes revendications sociales des travailleurs parce que « les caisses de l’Etat sont vides », ceux là mêmes ont soudain trouvé des sommes faramineuses à offrir comme cadeau, sans prise de contrôle par l’Etat ni autre exigences, à leurs banquiers en difficulté : 1'400 milliards d’euros, 700 milliards de dollars et 65 milliards de francs suisses !

Par contre, pour les travailleurs, ils préconisent de se serrer la ceinture : du fait de la crise, les revendications sociales et salariales seraient irréalisables ; au contraire, il faut baisser les salaires, accepter les licenciements, baisser les retraites, couper encore et encore dans les déjà ridiculement faibles prestations sociales. C’est que les décideurs des Etats bourgeois sont au service justement de la bourgeoisie. Avec leurs « plans de sauvetage » ils veulent faire une chose très simple : renflouer les capitalistes avec les impôts des travailleurs, nous faire payer leur crise, prendre aux exploités l’argent investi actuellement dans les prestations sociales pour le donner aux banquiers. D’autant que ces cadeaux ne serviront pas à autre chose qu’à relancer la spéculation pour un round, avec comme issue de nouveau la crise. Les discours des décideurs sur la « relance » et la « moralisation » du capitalisme ne sont qu’hypocrisie. Car s’ils veulent sauver quelque chose, c’est bien le capitalisme, leur monde à eux, les conditions de leur richesse et de notre oppression. Or cette crise est une crise structurelle du capitalisme, après tout le but de toute entreprise privée est de faire du bénéfice à court terme. Ce profit ne s’obtient jamais que par l’exploitation de la force de travail, l’impérialisme et la guerre. Aussi le Parti du Travail n’est nullement intéressé par un « sauvetage du capitalisme », car celui-ci est contraire aux intérêts des travailleurs. Au contraire, nous voulons renverser la bourgeoisie, abolir le capitalisme et construire à la place une société socialiste qui seule peut satisfaire les aspirations des peuples.

01 avril 2009

Gloses sur le programme de Facebook



Appel du komintern
Vidéo envoyée par trotsky-1917


L’ « Appel pour une vraie force politique alternative de gauche en Suisse », auquel le Gauchebdo de la semaine dernière a consacré la totalité de sa page trois (à juste titre, tant cette question est cruciale pour le PST), exige un débat interne en tant que question d’importance stratégique pour notre Parti. Premièrement que va-t-il en sortir ? La portée de cet appel dépasse de loin celui d’un coup médiatique de Josef Zisyadis et la consultation de la page qui y est consacrée sur Facebook (247 signataires au moment où j’écris ces lignes, plus les quelques dizaines voire centaines qui ont signé le format papier) ne laisse aucun doute quant à l’intention et l’existence d’une base sociale suffisante pour la création d’un nouveau parti, qui sera probablement nommé « La Gauche », en référence explicite à Die Linke et au nouveau Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon.

La question qui se pose actuellement au PST et à ses militants est la suivante : quelle attitude adopter face à cela ? Ou plus clairement : est-il concevable pour nous de participer à ce processus de création d’un nouveau parti dont on ne sait pas trop ce qu’il sera (à part qu’il sera « de gauche alternative », ce qui nous avance beaucoup…), processus explicitement dirigé contre les partis constitués, dont il suppose de faire abstraction des décisions, des statuts et des instances, selon un procédé « pseudo-néo-marcusien » ? Rappelons tout de même que le XIXe congrès national du PST a démocratiquement et à une très large majorité rejeté l’idée de création d’un nouveau parti de la gauche du PS, de même que celle d’une fédération de la gauche combative. Pourtant, certains camarades considèrent comme légitime de tenir pour nulles des décisions démocratiques et largement majoritaire de l’instance suprême du PST, voire même de participer personnellement aux débats en vue de la création du futur nouveau parti sur Facebook, sans même prendre la peine de demander l’aval des instances nationales du Parti, ni même simplement les informer.

En vue de justifier cette démarche anti-parti, le conseiller national Zisyadis avance que la décision du congrès est à priori illégitime car « sectaire » et qu’il est par conséquent tout à fait normal de passer outre au nom de l’ « Unité » (avec une majuscule, car principe soi-disant inconditionnel et indiscutable). Pourtant, ce sacro-saint principe d’ « unité » mérite pour le moins une sérieuse remise en question. Car « unité » avec qui et dans quel but ? Mais voyons, unité avec tout ce qu’il peut y avoir à la gauche du PS pour être plus forts. Oui, mais « à la gauche du PS » ça fait très, très large ; quid de la ligne politique ? Oh, ce n’est pas important, on verra plus tard… Mais qu’est-ce qui est important alors, n’est pas la ligne politique d’un parti qui constitue sa raison d’être même ? Comment osez-vous poser cette question (sous-entendu : stalinien rétrograde), le plus important est évidemment d’être plus forts afin de mener nos luttes immédiates et concrètes. Oui, mais quelles luttes et sur quelle base si la ligne politique n’est pas si importante, de simples et vagues « valeurs » de gauche suffiraient-elles à faire un projet politique cohérant et un rempart contre l’opportunisme droitier ? Voyons, la réponse saute aux yeux, il n’a jamais été question d’objectif final, ni de projet politique cohérant, mais de rassembler le plus de monde possible sur un plus petit dénominateur commun idéologique aussi minimaliste et vague que possible, afin d’avoir la force maximale pour « notre lutte concrète » (avec des trémolos dans la voix), i.e. la lutte électorale.

Il est sans doute pas inutile et même très important d’avoir une participation parlementaire, je n’ai jamais soutenu le contraire. Toutefois, si l’on veut avoir des sièges, encore faut-il savoir quoi en faire. Et pour cela il est primordial d’avoir une ligne politique claire, qui ne peut qu’être fondée sur une idéologie et pas sur de vagues valeurs. Or le futur nouveau parti n’aura pour base idéologique que de vagues valeurs éthiques, ce qui n’est pas un à-priori dogmatique de ma part mais le fruit d’une consultation minutieuse de Facebook. Le nouveau parti se définit d’ores et déjà comme « gauche alternative » (terme vide de sens à souhait et signifiant rien de plus qu’alternative électorale au PS et aux Verts) et « écosocialiste » (tout aussi vague, et signifiant simplement écologiste avec quelques revendications sociales). Ce nouveau parti propose certes de remettre en cause le « capitalisme productiviste » et pourrait peut-être (quoique certains sur le forum aient peur d’aller ainsi déjà trop à gauche) se dire « anticapitaliste » (expression pourtant vide de sens car ne proposant aucun projet positif), mais en l’absence de la moindre vision claire, ni revendication proprement révolutionnaire, l’ « écosocialisme » ne veut pas dire plus que la société capitaliste saupoudrée de quelques acquis sociaux et garde-fous écologiques. D’ailleurs, le forum de discussion sur l’idéologie du futur nouveau parti montre des discussions vagues à souhait sur l’écologie et sur une notion de décroissance purement abstraite car détachée de la question de la propriété, discussions on ne peut plus réformistes et passablement anticommunistes, cela va sans dire. La majorité des membres de ce futur parti auberge-espagnole devraient clairement être, selon les discussions sur Facebook, des sociaux-démocrates actuellement non-organisés car ne se reconnaissant pas dans le PS qui aujourd’hui est beaucoup trop à droite. Le nouveau parti ne pourra donc qu’être celui qui manque dans le paysage politique suisse : un parti social-démocrate un peu plus à gauche que le PSS, mais toutefois à peine moins opportuniste.

Or ce n’est pas de cela que les classes opprimées de notre pays ont besoin. Il est dans le meilleur des cas naïf et insensé de penser qu’un quelconque projet d’émancipation peut sortir de la social-démocratie, même « améliorée » et « plus à gauche ». Le PST doit résolument rejeter toute velléité de fusion dans une vague nébuleuse insipide et réformiste, et les camarades qui participent aux discussions de préparations du nouveau parti doivent être conscients que la participation à une telle manœuvre anti-parti est incompatible avec leur statut de militant du PST et qu’entre les deux ils doivent choisir. Quant au fait que de telles manœuvres soient possibles, il démontre la faiblesse des instances nationales de notre Parti ainsi que la nécessité de rétablir le centralisme démocratique comme un mode de fonctionnement nécessaire pour l’efficacité et l’unité du Parti. Lénine a dit : « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire… Seul un parti guidé par une théorie d’avant-garde peut remplir le rôle de combattant d’avant-garde. ». Le seul projet sensé pour la « gauche de la gauche » suisse, le seul qui puisse être à l’origine d’un véritable projet d’émancipation, et celui de la construction d’un grand Parti révolutionnaire, d’un authentique Parti communiste suisse (sans qu’il soit forcément nécessaire de changer le nom du PST pour cela d’ailleurs), un Parti qui ose s’appuyer sur le marxisme-léninisme afin de renverser la bourgeoisie et construire une société socialiste.