21 décembre 2015

« Tu gagneras ton droit dans la lutte ! »



C’est là un slogan devenu classique de l’organisation révolutionnaire russe « Terre et liberté », fondée par les précurseurs du mouvement révolutionnaire russe, bien avant que le Parti ouvrier social-démocrate russe (POSDR), et son aile bolchévique, n’existe. Un slogan qui résume assez bien l’idée fondamentale du marxisme : on n’obtient rien si ce n’est par la lutte, pas par la « conciliation », le « dialogue » ou la « paix du travail ». C’est du reste aussi ce que dit très justement Mao Tse Toung : « La grande complexité du marxisme peut se résumer en une phrase : « on a raison de se révolter ». Pendant des siècles, on a dit : il est juste d’opprimer et d’exploiter le peuple, mais il est erroné de se rebeller. Le marxisme renverse la thèse. C’est une grande contribution, une thèse établie par Marx à partir de la lutte du prolétariat. En se fondant sur cette thèse, les gens résistent, combattent et œuvrent pour le socialisme ». Oublier ce principe fondamental revient quant au fond à céder la victoire au camp d’en face, au patronat et à ses fondés de pouvoir politiques.

C’est un vieux slogan, mais qui n’a pas pris une ride, qu’il est utile de porter aujourd’hui. Il répond en tout cas assez bien à la courageuse lutte des travailleurs de la fonction publique et du secteur subventionné, ainsi qu’à celle des travailleurs de la construction, moins médiatisée, ainsi qu’aux polémiques malhonnêtes et diffamatoires des médias bourgeois et des politiciens de droite contre les travailleurs qui luttent pour leurs droits. Les employés de la fonction publique, et du secteur subventionné, dont on parle un peu moins, engagés dans une lutte exemplaire depuis plusieurs semaines contres les projets austéritaires délirants de la droite cantonale font l’objet d’une campagne de dénigrement hallucinante de la part  de la classe dirigeante et de ses médias. Ils seraient, paraît-il, des enfants gâtés qui défendent des privilèges exorbitants et indus, au mépris de la plupart de citoyens moins bien lotis qu’eux, voire prennent en otage les élèves, s’agissant des profs qui manifestent (les victimes de véritables prises d’otages apprécieront cette misérable hyperbole journalistique…). Les travailleurs de la construction, eux, ont fini par contraindre un patronat arrogant à l’origine refusant quelque négociation que ce soit à signer une nouvelle CCT reprenant les acquis de l’ancienne et répondant à quelques revendications essentielles, ce après avoir fait l’objet d’une campagne de dénigrement pour atteinte à la sacro-sainte « paix du travail », et après qu’une partie du patronat ait envisagé de poursuivre en « justice » bourgeoise les travailleurs qui ont eu l’outrecuidance de lutter plutôt que courber l’échine en silence comme il se doit.


Le Parti du Travail avait soutenu dès le départ, et continue de soutenir sans réserve ce mouvement de lutte exemplaire. La démagogie anti-fonctionnaire de la droite cantonale et de sa presse de révérence est révoltante. Traiter les enseignants où les infirmières de « privilégiés » est tout simplement grotesque de la part des laquais des banquiers. Leur manœuvre dilatoire visant à opposer salariés du public et ceux du privé constitue un exemple cyniquement classique de la vielle maxime divide ut regnes. Est-il nécessaire de rappeler que les travailleurs du public, c’est avant tout le service public : une école publique et gratuite, qui dispense un enseignement globalement de qualité pour tous ; un hôpital cantonal de pointe et efficace, malgré les saignées successives que lui a apporté le new public management ; des transports publics rapides et qui desservent très bien la plus grande partie du canton ? Bien entendu, les seigneurs de la finance, qui inscrivent leurs enfants à l’école privée, vont se soigner dans des hôpitaux privés et ne se déplacent qu’en voiture de luxe, n’ont cure de tout cela, et c’est seulement de l’avis de ces gens-là que la droite se préoccupe. Oui, mais les services publics sont absolument vitaux pour tous ceux qui ne font pas partie de cette toute petite oligarchie. C’est une lutte qui nous concerne toutes et tous, et qu’il importe de mener avec détermination et jusqu’au bout.

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