03 mai 2019

Oui à l’initiative « Pour une politique culturelle cohérente à Genève »

Cette initiative, émanant des milieux culturels, propose de rajouter à la Constitution cantonale un article ayant la teneur suivante :

« Art. 216 Art et culture (nouvelle teneur)
1.     L’Etat promeut la création artistique et l’activité culturelle. Il garantit leur diversité, leur accessibilité et leur enseignement. Il encourage les échanges culturels.
2.     A cette fin, il met à disposition des moyens, des espaces et des instruments de travail adéquats.
3.     Le canton coordonne une politique culturelle cohérente sur le territoire, en concertation avec les communes. Les acteurs culturels sont consultés.
4.     Le canton et les communes élaborent et mettent en œuvre une stratégie de cofinancement pour la création artistique et les institutions culturelles. »


Le Parti du Travail est favorable à cette initiative, qui est aussi soutenue par une majorité du Grand Conseil et les communes genevoises. Cette initiative pourrait poser les bases d’une véritable politique culturelle dans notre canton, fondée sur une collaboration active entre le canton et les communes, une meilleure consultation des milieux culturels et un cofinancement de la culture par les cantons est les communes. D’après la définition de l’UNESCO, « La culture désigne l’ensemble des traits distinctifs spirituels et matériels, intellectifs et affectifs qui caractérisent une société ou un groupe social et englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les façons de vivre ensemble, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances ». Bref, pour toute société, la culture est en enjeu absolument fondamental. Le Parti du Travail se bat pour une culture progressiste et démocratique, qui ne saurait s’épanouir sans une politique publique ambitieuse, et ne peut en aucun cas être laissées aux forces destructrices du marché. En ce sens, cette initiative est un pas dans la bonne direction, que nous soutenons pleinement. Il ne s’agit toutefois encore que d’un article constitutionnel. Il faudra des moyens et de la volonté politique pour que les principes qu’il énonce deviennent réalité.

CPEG : Liberté de vote pour la loi 1, NON à la loi 2, loi 1 à la question subsidiaire

La Caisse de pension de l’Etat de Genève (CPEG), qui compte 70'000 assurés, dont 2/3 de femmes, doit rapidement être recapitalisée pour satisfaire aux exigences de la loi fédérale. Le 19 mai, deux projets rivaux s’affrontent, tous deux adoptés par des majorités différentes au Grand Conseil, avec une question subsidiaire pour les départager (situation inédite et juridiquement problématique).

La loi 1, votée par une majorité de gauche et du MCG, prévoit le maintien des prestations, ainsi que le transfert à la CPEG de terrains de l’Etat pour bâtir des logements à loyers abordables, ce qui aurait pour avantage d’assurer des placements plus sûrs que les placements boursiers, ainsi que de construire des logements dont la population a cruellement besoin. Si le Parti du Travail est favorable tant au maintien des prestations qu’à la construction de logements, une majorité de l’Assemblée générale du Parti du Travail avait trouvé dérangeante l’idée que le logement social puisse être considéré comme un placement rentable. Le logement social devrait être détaché de tout objectif de rentabilité s’il doit remplir sa fonction première. De plus, les caisses de pensions, lorsqu’elles investissent dans l’immobilier, n’ont souvent pas hésité à avoir recours à la spéculation et à des pratiques pas toujours respectueuses des droits des locataires. C’est pourquoi, l’Assemblée a pris la décision de laisser la liberté de vote sur cet objet.

La loi 2, votée par une majorité de droite, sur proposition du Conseil d’Etat, coûterait tout aussi cher au contribuable, impliquerait une baisse supplémentaire des prestations de l’ordre de 22% (alors que les retraités affiliés à la CPEG ont déjà dû consentir à des sacrifices), et suppose des placements boursiers plutôt qu’immobiliers, dont le caractère peu sûr est patent. C’est pourquoi, nous combattons cette loi.


Le Parti du Travail estime enfin qu’aucune des deux solution ne saurait être estimée réellement durable – dire le contraire serait tromper les assurés. C’est tout le système du 2ème pillier qui était dès le départ une usine à gaz, ce que notre Parti avait clairement dit dès le début. Il n’est que grand temps de renoncer aux fausses promesses de la capitalisation, et de passer enfin à un système à base de répartition intégral, seul qui soit à la fois social, sûr et durable.

28 mars 2019

Militants kurdes en grève de la faim



7'000 prisonniers kurdes sont en grève de la faim dans les geôles turques. C’est un mouvement lancé par Leyla Güven, députée du parti progressiste, démocratique et défendant la cause kurde HDP, et soutenu par la diaspora kurde. Il y a actuellement 14 grévistes de la faim à Strasbourg, et il est prévu que le mouvement prenne une ampleur autrement spectaculaire, avec 300 personnes à Bruxelles, et 1000 à Strasbourg ces prochains jours. Revendications de cette grève de la faim ? La levée de l’isolement pour Abdullah Öcalan, leader du mouvement kurde, et prisonnier politique du régime turc depuis 1999. A Genève, où la communauté kurde compte près de 2'500 personnes, le mot d’ordre est également suivi. Nous avons rencontré Mehmet Ali Koçak, gréviste de la faim (il a déjà perdu 4 kg), au local du Centre Démocratique Kurde de Genève, dont il est membre.

Il faut comprendre qu’il ne s’agit pas du seul cas d’Abdullah Öcalan, même si la stratégie communicationnelle de l’Etat turc est de tout centrer sur sa personne. Il s’agit en réalité d’une exigence élémentaire de respect du droit international, et du droit turc par lequel le régime, ne se sent plus lié, des droits du peuple kurde, des droits fondamentaux et de la démocratie pour toutes et tous. Il faut savoir en effet que, depuis l’accession au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan et de son parti, l’AKP, au pouvoir – que certains médias bourgeois ont très longtemps présenté comme des « islamistes modérés », voire comme un modèle à suivre pour le monde musulman – la Turquie a connu un processus d’islamisation et de dérive autoritaire. Le coup d’Etat raté en 2016 a servi à Erdogan de prétexte pour mettre en place des mesures d’exception, instaurant de fait un régime qu’il n’est pas abusif de qualifier d’islamo-fascisme. Une propagande fascisante étouffe aujourd’hui la Turquie, la  répression y est généralisée, les procès truqués sont devenus la norme, et la liberté d’expression n’est plus qu’un lointain souvenir. Il n’y a plus de médias indépendants, tous ceux qui subsistent sont aujourd’hui totalement pro-gouvernementaux, et s’autocensurent avec une minutie implacable. Les principales victimes de ce régime sont les Kurdes, mais aussi les femmes.

Pour ce qui est du peuple kurde – près de 40 millions dans toute la Mésopotamie – et dont les droits les plus fondamentaux, comme celui de parler sa propre langue, ont toujours été niés en Turquie – sa situation est devenue tragique sous la dictature d’Erdogan. Au succès électoral du HDP, le pouvoir a répondu a répondu par une répression brutale. Son co-président, Selahattin Demirtas, est placé en détention administrative, de façon parfaitement arbitraire, depuis 2016. Les arrestations et les menaces se succèdent tous les jours. L’action légale du HDP devient de plus en plus aléatoire à l’approche des élections municipales. Erdogan se livre à chacun de ses meetings à des discours d’inspiration hitlérienne, qualifiant les électeurs du HDP de « terroristes ». Et en 2016, l’armée turque s’est livrée à une véritable guerre civile contre le peuple kurde, multipliant les crimes contre l’humanité. 11 villes au total – parmi lesquelles Sur, Cizre, Sirnak, Slopi, Nusaykin, Silvan – ont été pratiquement réduites en cendres, et d’horribles crimes de guerre ont été commis à cette occasion. Depuis, le Kurdistan turc est devenu une véritable prison à ciel ouvert. Une loi martiale de fait y règne, et les journalistes ne peuvent y accéder. Ainsi, par exemple, deux délégations invitées pour Newroz, le nouvel an kurde, une du PCF et une norvégienne, ont été arrêtées et expulsées sans explication : pas de témoin ! Plus de 7'000 prisonniers kurdes croupissent dans les prisons turques, dans des conditions de détention contraires au droit international, et même au droit turc : isolement, interdiction de recevoir la visite de leur famille, de voir un avocat, ou d’accéder à des livres (choses que pourtant le droit turc normalement garantit).

Face à cette dictature, la grève de la faim est apparue aux militants kurdes comme l’arme de dernier recours, en restant pacifiques et respectueux des valeurs humaines. En Turquie, la presse ne parle pas du tout de cette grève de la faim. En Occident, ce n’est guère mieux. Les Etats occidentaux ne peuvent ignorer les crimes du régime d’Erdogan. Mais ils n’y trouvent rien à redire. Les médias bourgeois pour la plupart préfèrent ne guère en parler. Le Centre Société Démocratique Kurde de Genève a essayé de médiatiser leur action : seuls Gauchebdo et le Courrier en ont parlé. Pour ce qui est de la grève de la faim, il était prévu de la faire à la Place des Nations. Un préavis favorable avait été accordé par la police…puis l’autorisation a été refusée, pour des raisons assez mystérieuses. Des pressions de l’Etat turc ? Ce refus est dans tous les cas scandaleux. Jamais les Kurdes n’ont occasionné le moindre trouble de l’ordre public en Suisse. Quoi qu’il en soit, le peuple kurde va continuer sa lutte héroïque, démocratique, écologique et humaine, une lutte pas seulement pour eux, mais pour tous les peuples du monde. Tous les militants que nous avons pu rencontrer sont intimement convaincus que leur cause finira par triompher.



25 mars 2019

La République des conseils de Bavière et les communistes




La connaissance de l’histoire n’est pas qu’une affaire d’historiens. Elle est indispensable pour comprendre le présent, et tracer la voie de l’avenir. Sans passé il ne peut y avoir d’avenir. Le Parti du Travail attache une importance considérable à l’histoire du mouvement ouvrier et communiste, comme de tous les mouvements des classes populaires pour leur émancipation, depuis le début de l’histoire connue et sur toute la planète. Le mercredi 20 mars, nous recevions Hermann Kopp, historien et président de la Fondation Marx-Engels en Allemagne, venu pour faire une conférence, passionnante et instructive, sur un épisode pas toujours connu de l’histoire du XXème siècle. Nous en résumerons les éléments essentiels pour nos lecteurs.

La Bavière à l’heure de la Révolution de Novembre

Au mois de novembre 1918, une révolution prolétarienne balayait le régime de Guillaume II en Allemagne, mettant ainsi fin au IIème Reich et à la Guerre. La dictature militaire qui avait cours pendant la guerre s’effondre, l’ordre bourgeois vacille et des conseils d’ouvriers et de soldats se mettent en place. La malheur de la révolution allemande fut de ne pas avoir eu de parti révolutionnaire à sa tête, qui aurait su la mener jusqu’au bout. De ce fait, elle s’arrêta à mis chemin, et confia son destin aux dirigeants du SPD, le parti social-démocrate allemand, qui ne firent semblant de la rejoindre que pour la trahir, aider la réaction à se réorganiser, pour ensuite noyer la révolution dans le sang. Il n’y en eut pas moins plusieurs tentatives de ne pas laisser la révolution mourir, de la pousser jusqu’au bout, jusqu’à une authentique révolution socialiste. La dernière, et la plus radicale, de ces tentatives eut pour théâtre la Bavière.

La Bavière ne semblait pourtant pas prédestinée à être à l’avant-garde de la révolution. C’était alors une région encore très rurale et peu industrialisée, dominée par le catholicisme politique – incarné par le BVP (Parti populaire bavarois), l’ancêtre de la CSU. La révolution y débuta néanmoins 2 jours avant Berlin. Et elle avait à sa tête Kurt Eisner, membre de l’USPD (scission du SPD unie essentiellement par son opposition à la guerre), qui était résolu de faire triompher effectivement la révolution. Il refusa de coopérer avec les anciens dirigeants militaires, et soutint activement le développement des conseils crées au cours de la révolution, en qui il voyait l’embryon d’une authentique démocratie populaire. Cependant, les efforts d’Eisner étaient contrecarrés par le SPD, qui était majoritaire dans son cabinet. Lors des élections au Landtag de Bavière, tenues le 12 janvier 1919, le BVP arriva en tête, suivi du SPD, alors que l’USPD avait subi un échec retentissant. Eisner accepta de démissionner, mais fut assassiné par un extrémiste de droite alors qu’il était sur le chemin du Landtag, lettre de démission en poche.

La « Deuxième Révolution »

L’assassinat de Kurt Eisner conduisit à la « deuxième révolution », partie d’un mouvement essentiellement spontané de la classe ouvrière. Une grève générale de plusieurs jours éclata dans toute la Bavière, de nouveau conseils ouvriers virent le jour, et ceux existant déjà changèrent de caractère, décidant d’êtres désormais des organes d’un nouveau pouvoir populaire, et non plus des courroies de transmission du SPD. A Munich, un congrès des conseils d’ouvriers, soldats et paysans de Bavière se réunit pour trouver une solution de crise. Le SPD y était encore majoritaire, mais même sa base s’était radicalisée. Malgré des divergences, le congrès se proclama pouvoir législatif suprême de Bavière. Une solution de compromis proposée par le SPD fut votée, afin de conjurer le danger de guerre civile : la constitution d’un gouvernement 100% socialiste, dominé par le SPD. Le Landtag accepta. Un ministère socialiste fut donc constitué. Mais il ne satisfit pas les ouvriers, car, contre les problèmes pressants dont souffrait le peuple – chômage, faim et pénuries de logement et de charbon – le gouvernement ne fit pas grand chose.

Face à la déception provoquée par le gouvernement socialiste, prit forme un mouvement populaire pour la république des conseils, qui exigeait que les conseils assument désormais la totalité du pouvoir. La radicalisation de la classe ouvrière, ainsi que de la base de l’USPD et du SPD, progressait rapidement. Les ministres sociaux-démocrates eux-mêmes se sentirent contraints de se rallier. Le 7 avril 1919, la République des Conseils fut proclamée dans pratiquement toute la Bavière. Cependant, le gouvernement social-démocrate se réfugia à Bamberg, ville de province extrêmement conservatrice, afin de préparer l’étouffement économique et la défaite militaire de la révolution.

La République des Conseils

La République des Conseils existait donc désormais. Le KPD (Parti communiste d’Allemagne) allait y jouer un rôle essentiel. Le KPD fut fondé au tournant 1918-1919. Au début, il ne comptait que très peu de membres en Bavière, et était à peine identifiable dans la galaxie de la gauche radicale avant mi-mars 1919. Cependant, il grandit très rapidement, passant d’une centaine à plusieurs milliers de membres en quelques mois, au point de devoir finir par édicter des règles pour mieux contrôler les nouvelles adhésions. Cette croissance était due principalement à l’activisme du nouveau parti, soutien inconditionnel du système des conseils, et prônant une république des conseils immédiatement. Il avait alors à sa tête des dirigeants aux tendances gauchistes, notamment son président, Max Levien. La direction centrale du KPD décida alors, à la mi-mars, d’envoyer plusieurs représentants à Munich, dont Eugen Leviné, pour convaincre la section bavaroise de tempérer son activisme par une stratégie fondée sur une évaluation plus réaliste du rapport de forces et orientée sur un objectif de conquête à terme de la majorité de la classe ouvrière.

Eugen Leviné s’est concentré sur la réorganisation du KPD, le renforcement de sa discipline et de son implantation dans la classe ouvrière. Il parvint à convaincre ses camarades de donner la priorité aux tâches immédiates qu’aux grandes espérances d’avenir, qu’une révolution socialiste ne pouvait survivre dans la seule Bavière, trop dépendante du reste de l’Allemagne, et ne pourrait triompher avant que la classe ouvrière ne se réorganise pour la lutte dans tout le Reich, qu’une proclamation immédiate d’une république des conseils ne serait qu’aventurisme condamné à la défaite. Il fut élu rapidement président du KPD. Max Levien en resta le dirigeant le plus connu, mais changea de discours. Cependant, la nouvelle orientation du KPD ne fut pas de suite remarquée, si bien que cela fut une surprise quand une délégation du KPD déconseilla la proclamation immédiate de la République des Conseils et les postes de commissaires du peuple offerts. La République des conseils fut néanmoins proclamée.

Elle était dirigée par un Conseil central révolutionnaire provisoire, dont les membres étaient sincères, mais dépourvus de vision stratégique ; et se contentaient de fait de déclarations verbales. Ils laissèrent néanmoins une latitude maximale aux Conseils ouvriers. La bourgeoisie prit si peur qu’elle consentit des concessions majeures : hausses spectaculaires des salaires et réduction des heures de travail. C’est pourquoi les ouvriers s’identifièrent à la République des conseils, et les mises en garde du KPD ne furent pas écoutées. Mais, quelques jours à peine après la proclamation de la République des conseils, le gouvernement socialiste réfugié à Bamberg tenta un coup d’Etat contre-révolutionnaire, qui parvint à arrêter plusieurs membres du Conseil central révolutionnaire provisoire, mais échoua face à la résistance armée des ouvriers de Munich. Il fut par contre un succès à d’autres endroits de la Bavière. Une réunion des conseils d’entreprises et des casernes désigna alors un nouveau gouvernement révolutionnaire, un comité exécutif, formé de 3 membres du KPD, un de l’USPD, et un du SPD. Leviné, malgré ses réticences initiales, accepta d’en prendre la tête. Cette période est souvent appelée la « République communiste des conseils », bien que le KPD demeurât en fait minoritaire au sein des comités d’entreprises, auxquels le comité exécutif devait rendre quotidiennement des comptes.

Le gouvernement Leviné prit les mesures d’urgences qui s’imposaient pour tenter de sauver la révolution : distribution de 20'000 fusils aux ouvriers, constitution d’une armée rouge, remplacement de la police par une garde rouge, interdiction des journaux bourgeois, mise en place de tribunaux révolutionnaires, contrôle du trafic et surveillance des communications ; réquisition des banques et des réserves d’argent, réquisition des stocks de nourriture, distribution des logements vides et usines placées sous contrôle des comités d’entreprises. Ces tâches ne purent être réalisées que dans la mesure où le gouvernement communiste bénéficiait d’un soutien massif et d’une participation enthousiaste de la classe ouvrière. De fait, il accomplit plus pour les ouvriers dans le bref laps de temps dont il disposa que tous les gouvernements précédents, bourgeois et « socialistes » réunis.

De la contre-révolution au nazisme

La réaction était déterminée à écraser cette « ulcère rouge » avant qu’elle ne puisse se propager. Le ministre « socialiste » Gustav Noske envoya contre la République des conseils de Bavière ses corps francs, formés de la pire racaille d’extrême-droite. Malgré une résistance héroïque, la lutte était inégale. La République des conseils fut noyée dans un horrible bain de sang, ponctué d’innombrables assassinats, souvent accomplis de la manière la plus barbare, et de milliers de condamnations à mort, après des simulacres de procès. Eugen Leviné déclara au sien « nous les communistes sommes toujours des morts en sursis ». Il fut fusillé le jour même.


Le SPD avait accompli son sale boulot et, comme au niveau du Reich, la contre-révolution triomphante n’avait plus besoin de lui. Moins d’une année après l’écrasement de la République des conseils, le SPD et chassé sans ménagement du gouvernement. La Bavière était désormais tenue en main par la pire réaction. D’épicentre de la révolution qu’elle fut, la Bavière devint le foyer du mouvement nazi.