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23 juin 2022

De l’idéologie du poutinisme

 

     A gauche : étoile rouge ; armée soviétique, 1917- 1991 / 
à droite : étoile rouge ; Régiment immortel, Russie, 2017

 

Quelle est l’idéologie de la Russie poutinienne ? Elle a bien une idéologie officielle. Même si elle n’est pas rigoureusement formalisée – ni assez consistante pour être rigoureusement formalisable –, ni formellement obligatoire, les médias d’État fournissent néanmoins des efforts considérables pour la faire rentrer dans les têtes. Par chez nous, on ne connaît guère cette idéologie, même si la propagande d’État russe est dénoncée par les médias, et qu’elle rencontre un étrange succès chez certains usages des réseaux sociaux, qui préfèrent s’informer à travers des médias de « réinformation ».

 

Cette ignorance est problématique, et engendre une double, et symétrique, erreur de catégorie : des gens de droite, des socio-démocrates, et certains trotskistes, s’opposent viscéralement à la Fédération de Russie, au point de prendre fait et cause pour le gouvernement ukrainien sans aucun esprit critique, parce qu'ils voient en elle l'héritière de l'URSS. A l’inverse, certains camarades anti-impérialistes mal informés prennent passionnément fait et cause pour la Russie, au point de soutenir l’« opération militaire spéciale », parce qu’ils voient en elle l’héritière de l’URSS. Autant faire de Mario Draghi le successeur des empereurs de Rome à ce compte…En réalité, la Russie actuelle est non seulement un pays très différent de celui des Soviets, mais même une sorte d’anti-URSS.

 

Un régime réactionnaire

 

La première chose à dire est que le régime russe actuel est profondément réactionnaire, et que son idéologie est viscéralement de droite et anticommuniste. Vladimir Poutine a lui-même commencé sa carrière politique comme un néolibéral et un partisan de la liquidation du socialisme. S’il est de bon ton aujourd’hui dans la propagande officielle de dénoncer le « Far West des années 90 », le néolibéralisme pur et dur d’alors, à base de social -darwinisme et de promotion du capitalisme le plus dérégulé et le plus sauvage, n’a jamais été renié. Boris Eltsine continue d’ailleurs d’être vénéré par le régime, et ne fait l’objet d’aucune critique publique directe.

 

Il pourrait difficilement en aller autrement du reste, car la structure socio-économique du pays n’a pas changé : un capitalisme oligarchique semi-mafieux, inégalitaire jusqu’à la nausée, avec un filet social rachitique et des services publics « rationalisés » jusqu’à l’asphyxie. Lorsque des représentants de Russie Unie, le parti au pouvoir, s’expriment sur les questions socio-économiques, ils feraient passer Philippe Nantermod pour un homme de gauche. Ce capitalisme est devenu certes un peu moins « sauvage » car pris en main par un seul clan oligarchique dominant toute la vie du pays à travers une superstructure étatique de plus en plus autoritaire, mais il n’y a rien de « socialiste » là-dedans, pas plus que dans les quelques nationalisations, qui sont au bénéfice exclusif du clan au pouvoir. Ce type de capitalisme-là est d’ailleurs particulièrement décadent et inefficace, provoquant en trente an un recul dramatique à tous les niveaux. Comme le dit une blague triste : « la Fédération de Russie produit l’impression d’être une grande puissance. Malheureusement, elle ne produit plus grand-chose d’autre ». Lorsque vous voyez des « informations » sur de prétendus « succès » économiques russes, il s’agit de fake news.

 

L’idéologie qui sied logiquement à un tel régime est logiquement un anticommunisme viscéral, une haine virulente du socialisme qui a réellement existé. Une détestation massive qui transparaît dans une campagne de calomnie permanente contre le socialisme, des discours de Vladimir Poutine à des navets produits par la télé russe, à base de dénigrement mensonger de la réalité soviétique, de la Révolution d’Octobre et de Lénine, doublée d’une héroïsation de l’armée blanche, du passé tsariste et même de certains émigrés blancs qui prirent fait et cause pour le Troisième Reich. Cette propagande n’a pas fondamentalement changé depuis les années Eltsine, même si elle est devenue moins unilatérale et plus ambigüe. Ou plutôt ce n’est pas au niveau du rejet absolu de tout ce qui est socialiste qu’il y a un changement.

 

Un certain héritage soviétique

 

Oui, mais Poutine a aussi exprimé des regrets pour la disparition de l’URSS, la plus grande « catastrophe géopolitique » du siècle, et son régime se réclame d’un certain « héritage soviétique » et en récupère des symboles, direz-vous peut-être…

 

Eh bien, regardons-y de plus près. Car se réclamer d’un « héritage » et en reprendre quelques symboles ne signifie pas grand-chose en soi. L’important est quel sens on leur donne. Ce n’est en tout cas pas celui qu’ils avaient en URSS. Socialisme, internationalisme, amitié entre les peuples, paix…toutes ces valeurs disparaissent logiquement entre les mains des propagandistes de Poutine. Certes, cette propagande joue sur une nostalgie bien réelle, sur un sentiment de « c’était mieux avant », parfaitement justifié en l’occurrence. Mais, dans la mesure où le système social qui faisait que c’était effectivement mieux avant est rejeté sans nuance, cette nostalgie est dépolitisée.

 

En réalité, les symboles soviétiques que le régime reprend à son compte changent de nature entre ses mains, et peuvent être mélangés de façon qui semblerait aberrante avec d’autres, d’époque tsariste. Ce mélange est possible, parce que tout cet héritage soviétique est vidé de son sens véritable, pour être réinscrit dans une histoire glorieuse d’une Russie éternelle, selon un paradigme nationaliste.

 

Le Jour de la Victoire

 

La meilleure illustration en est le 9 mai, jour de la grande victoire sur le nazisme en 1945, aujourd’hui la fête la plus symbolique en Fédération de Russie, célébrée avec un faste qui n’eut jamais cours à l’époque soviétique.

 

En URSS le 9 mai n’était pas une fête militariste – un défilé militaire n’eut lieu que deux fois, en 1965 et en 1985 – mais une fête familiale, une « fête avec des larmes aux yeux » (le souvenir des 20 millions de disparus étant alors encore frais). La guerre était comprise en un sens internationaliste, comme la victoire de l’URSS multinationale et socialiste contre la pire réaction capitaliste. La guerre était aussi un traumatisme collectif, et la leçon retenue était : plus jamais ça ! Quant à la couleur de la Victoire, c’était le rouge, celui du socialisme.

 

En Fédération de Russie, le 9 mai est devenue une fête militariste, de la grandeur nationale russe (le caractère multinational de l’armée soviétique étant « oublié »), et de légitimation d’un régime étranger à cette victoire – ce qui permet tout de même un chantage émotionnel détestable : si vous êtes pour la Victoire de 1945, vous devez être pour Poutine, sinon vous êtes pour les nazis. Le symbole de la Victoire est devenu le mal nommé « Ruban de Saint Georges » (l’ordre de Saint Georges, impérial, n’était plus délivré en URSS, et son ruban était noir et jaune), en fait le Ruban de la Garde soviétique, noir et orange, qui n’était présent que sur les médailles, alors que maintenant il est utilisé à toutes les sauces. Ce qui a l’avantage de remplacer le rouge du socialisme par un orange et noir idéologiquement plus « utilisable ». Le slogan favori est devenu : « C’est nous les vainqueurs, et on peut le refaire » (impensable à l’époque soviétique !).

 

Nationalisme et réaction

 

Dans un poème intitulé « Aux calomniateurs de la Russie », écrit en 1831, Alexandre Pouchkine justifie la répression sanglante d’une insurrection polonaise face aux critiques européennes. Le grand poète – mal inspiré en l’occurrence – y formule à l’avance tous les éléments de langage de la propagande poutinienne : il s’agit d’une dispute entre Slaves qui ne vous regarde pas (le « monde russe ») ; si vous nous critiquez, c’est juste que vous détestez la Russie (la « russophobie ») ; nous vous avons libéré du tyran qui vous opprimait (Napoléon en l’occurrence), et vous nous êtes redevables ; c’est nous les vainqueurs, et on peut le refaire.

 

C’est en effet à l’époque impériale, et non à l’époque soviétique, qu’il faut chercher le sens des symboles d’origine soviétique utilisés par le régime de Poutine.

 

En effet, la restauration du capitalisme dans les ex-pays socialistes d’Europe de l’Est et des 13 autres anciennes républiques soviétiques (le cas de la Biélorussie étant un peu différent) s’est fait sous la bannière du nationalisme, l’époque du socialisme étant définie comme une occupation étrangère russe, en continuité avec l’occupation tsariste. Un anticommunisme qui est aussi profondément antirusse (ce qui n’est pas incompatible avec de très bonnes relations avec le régime russe par ailleurs).

 

Or, c’est sur cet aspect-là que Poutine a rompu avec son prédécesseur : le libéralisme a été rejeté avec virulence pour ce qui est des libertés démocratiques (plus qu’aléatoires sous le règne de Boris Eltsine), mais surtout en tant qu’il était compris comme génuflexion devant l’Occident. Sous la présidence de Poutine, la Russie allait « se relever de ses genoux », retrouver sa grandeur impériale passée. Son véritable idéal n’est pas l’URSS, mais l’empire des tsars.

 

Mais parce que le nationalisme des pays sensés « appartenir » à la zone d’influence russe est anti-communiste, le nationalisme russe ne pouvait être anti-communiste jusqu’au bout, et se devait de renverser l’absurde équation de ces nationalismes, en réhabilitant l’URSS en tant que continuation de l’Empire russe, et de sa grandeur.

 

Dans ce tour de passe-passe idéologique, l’héritage soviétique perd tout son sens, est absorbé dans une idéologie de matrice nationaliste et réactionnaire : la Russie, Troisième Rome, a pour mission éternelle, de défendre des valeurs spirituelles éternelles et chrétiennes, face à un Occident décadent, dont l’homosexualité est la marque de fabrique de son caractère perverti. En ce sens, l’ennemi vaincu en 1945 est moins le nazisme dans sa réalité socio-économique et idéologique, qu’un énième avatar d’un Occident éternel, ennemi métaphysique d’une Russie éternelle. Ce qui permet de faire sens du non-sens d’une propagande qui voit des « nazis » partout, sauf dans l’extrême-droite russe. Autant dire qu’il n’y a rien d’« anti-impérialiste » dans ce délire mystico-impérial.

 

Alors, certes, une statue de Lénine a été restaurée dans une ville conquise (pardon, « libérée ») à l’Est de l’Ukraine. Mais c’est au mieux une forme de sinistre plaisanterie, qui aurait difficilement être plus opposée à l’enseignement de Lénine.

13 juin 2016

Le Parti est vivant, lorsqu’il agit




Rapport de Petro Simonenko, secrétaire général du Parti communiste d’Ukraine (KPU), à la réunion pan-ukrainienne du Parti du 28 mai 2016

(Nous publions ce rapport dans notre journal afin de tenir nos lecteurs informés de la situation en Ukraine, et parce que nos camarades du KPU, persécutés par la junte fasciste de Kiev, ont plus que jamais besoin de notre solidarité, NdLR)

Chers camarades !

La situation extrêmement compliquée, de plus en plus tendue dans notre pays, la situation dangereuse dans laquelle se trouve notre Parti, exigent de nous une analyse profonde et une évaluation objective, critique et autocritique de notre activité, et une adaptation précise de notre tactique d’action, tenant compte de l’évolution de la situation.

Prenant en compte ces circonstances, le Praesidium du Comité central a pris la décision d’organiser – en utilisant les moyens techniques modernes – une réunion de tout le Parti, avec pour ordre du jour : « Le Parti vit, lorsqu’il agit ». La proposition d’organisation d’une réunion de tout le Parti avec un ordre du jour unique est due à la nécessité pressante de discuter des problèmes d’une actualité aigue, qui préoccupent les citoyens d’Ukraine, des problèmes de tout le Parti, et surtout – procéder à un échange d’opinions sur la question : comment accroître la combativité des organisations du Parti, dynamiser leur travail ?

L’Ukraine vit aujourd’hui une des périodes les plus compliquées et les plus tragiques de son histoire. Ce qui la distingue, c’est que le coup d’Etat armé effectué en février 2014 avec le soutien avoué de l’Occident, tout en conservant la base clanique-oligarchique du régime bourgeois restauré, ne s’est pas contenté de remplacé au sommet dirigeant les oligarques de Ianoukovitch par les oligarques de Porochenko & Cie. Du fait du putsch non seulement sont parvenus au pouvoir, mais sont devenus  les alliés des oligarques les forces national-radicales les plus réactionnaires, les plus cruelles et avides de sang, et les bandes armées formées par les oligarques.

De cette façon, le pouvoir actuel est représenté par les oligarques avec Porochenko à sa tête, plus les national-radicaux et les néofascistes, plus les bandes armées.

L’analyse de leur activité confirme que ce pouvoir criminel résout les problèmes suivants :

Premièrement, imposer à la société ukrainienne une idéologie nationaliste et une pratique politique nazie, réviser l’issue de la Grande Guerre patriotique, voler à notre peuple, et avant tout aux vétérans, la Victoire, élever au rang d’héros de l’Ukraine les collabos des occupants hitlériens, et par la même occasion réécrire bien des pages de notre histoire, compliquée, mais glorieuse ;

Deuxièmement, modifiée l’orientation en politique extérieure de l’Ukraine, l’attirer dans l’OTAN, l’UE, dans d’autres structures réactionnaires, ce qui, dans les conditions d’une forte dégradation des relations entre l’Occident et la Fédération de Russie, est lourd de conséquences très dangereuses pour notre pays ;

Troisièmement, renoncer au choix de civilisation fait par le peuple ukrainien au milieu du XVIIème siècle, imposer à la société les soi-disant « valeurs occidentales », dont beaucoup vont à l’encontre des mœurs de notre peuple.

Aujourd’hui déjà, il est évident que, par son caractère et l’ampleur de ses conséquences, ce qui a déjà été fait par le régime au pouvoir pour atteindre les buts susmentionnés représente un danger plus grand que le putsch antisocialiste de 1991. Et son bilan sur deux ans est lamentable.

L’économie du pays est rejetée de plus d’un demi-siècle en arrière. Désormais son PIB annuel est plus que de moitié inférieur à celui des années 80, début années 90, du siècle passé, et ne cesse de décroître.

L’Ukraine a de fait perdu sa souveraineté nationale, est devenue un territoire sous mandat. Sa politique intérieure, extérieure, du personnel, est déterminée par les USA, l’OTAN, l’UE, le FMI, la Banque mondiale, et nombre de décisions importantes sont démonstrativement et sans scrupules imposées par eux.

Les faits concrets, camarades, sont connus de vous – ils ont été maintes fois cités dans les déclarations officielles du CC, les rapports et les plénums du CC, les documents de fond et les articles de notre presse de parti, d’autres documents officiels.

Du caractère totalitaire, de facto néo-nazi du régime qui s’est établi en Ukraine témoigne sa pratique quotidienne. De même que les occupants fascistes, qui ont conquis l’Ukraine en 1941, et les forces antisocialistes en 1991, les organisateurs du putsch de février 2014 ont établi comme première tâche d’effacer de la carte politique de l’Ukraine le Parti communiste – qui exprime et défend de façon cohérente les intérêts des travailleurs – ont mis en place une terreur politique, morale, psychologique et physique contre ses cadres, ses militants, ses membres de base, contre leurs familles. Aujourd’hui encore des dizaines de nos camarades se trouvent dans les cachots du régime néonazi. Près d’un demi-millier sont poursuivis pour des accusations de crimes qu’ils n’ont pas commis.

La volonté d’interdire – sans base constitutionnelle – l’activité du Parti communiste, de détruire les monuments aux héros de la Victoire, aux héros du travail, aux figures marquantes de l’époque soviétique, les changements de noms à grande échelle des villes, des villages, des rues, des places, des entreprises, l’interdiction de la littérature, des films et d’autres œuvres d’art qui ont l’heur de déplaire au régime – ces actions-ci et d’autres des nouveaux « démocrates » ukrainiens dans le processus de la prétendue « décommunisation » et « lustration » se situent au même niveau avec ce que les hitlériens avaient fait en Allemagne nazie et en Ukraine occupée.

Il faut prendre en compte aussi le fait que la position du pouvoir envers notre Parti se caractérise par deux tendences mutuellement exclusives. D’un coté, les autorités essayent de convaincre la société du fait que notre Parti et son idéologie ne jouissent pas de soutien populaire. Et en même temps fait rage une psychose anticommuniste, sont organisées – l’une après l’autre – des campagnes anticommunistes à grande – échelle, est créée une véritable hystérie, le Parti communiste est accusé sans aucun fondement de collaboration avec des séparatistes et des terroristes, d’autres forfaits.

Le président P. Porochenko en est arrivé ces derniers jours au point de déclarer que l’interdiction des symboles communistes, la campagne de changements de noms de tout et de n’importe quoi n’est rien de moins que la condition principale de la garantie de la sécurité nationale. C’est-à-dire que la guerre avec les monuments – c’est la guerre pour la garantie de la sécurité nationale. Et le fait qu’il planque dans des offshores un capital mal-acquis, que la corruption prospère dans le pays et a augmenté plusieurs fois ces deux dernières années, que la guerre civile fasse rage dans notre pays – ce ne sont pas là des menaces pour la sécurité nationale ? La gouvernance imbécile, aveugle et incompétente, l’exécution de toutes les directives du FMI – ce ne sont pas des menaces pour la sécurité nationale ?

En effrayant la population avec la « menace communiste » les maîtres du régime antipopulaire de fait ne cachent pas leur peur bestiale face à, ainsi que l’a dit un des membres de l’actuel gouvernement ukrainien, les « émeutes sociales » – les possibles mobilisations des travailleurs contre le pouvoir de la bourgeoisie oligarchique, les voleurs des richesses publiques en tous genres. Le régime du capital comprend que mûrit une révolte réelle des travailleurs salariés, qu’émerge la menace d’un Maïdan social, qui ferait converger les tendances protestataires dans la lutte contre le capital. Le régime national-oligarchique essaye d’exclure la renaissance du soutien par les masses du Parti communiste.

C’est cela qui a dicté les mesures de dissolution illégale de notre groupe à la Verkhovna Rada de la dernière législature et sa privation de tribune parlementaire immédiatement après le putsch. L’utilisation insolente des ressources administratives, ainsi que d’autres leviers, dans le but d’empêcher l’accession de se représentants au parlement lors des élections extraordinaires. Les persécutions judicaires qui continuent contre notre Parti.

Nous devons prendre cela en compte et dans notre travail pratique partir de fait, que le régime néonazi ne s’arrêtera devant rien pour interdire le Parti, et s’il ne peut le faire par la voie judiciaire, puisqu’il n’y a pas de fondements légaux pour cela, ne permettre en aucun cas son activité légale.

Dans ce but – parallèlement aux menaces quotidiennes, le renforcement de la terreur contre les communistes et les représentants d’autres forces d’opposition – on mise spécialement sur la recherche de renégats dans nos rangs, la causation de scissions dans le Parti, la création de différentes organisations soi-disant de « gauche » (du type de la prétendue « Union des forces de gauche »). Ainsi agissaient ceux au pouvoir en août 1991. Mais de telles tentatives ont pris une ampleur particulière après le coup d’Etat en 2014.

Malheureusement, des traîtres ont été trouvés, y compris au Praesidium du CC et au groupe parlementaire du Parti communiste à la Verkhovna Rada. Ils ont masqué leur trahison avec « la lutte pour l’avenir du Parti, pour la pureté de ses rangs, pour le renouvellement de la direction, pour l’implémentation de nouvelles approches ». Et le prix de cette trahison fut la dissolution du groupe parlementaire communiste, la privation pour nous de la possibilité de recourir aux médias. Les arrestations et les procès intentés aux communistes, les pogroms dans les locaux du Parti, ce fut aussi une conséquence de leur trahison. Cela fut facilité par les erreurs que nous avions commis dans la sélection des cadres, leur promotion aux postes dirigeants.

Le Parti a mis en échec ces deux dernières années quatre tentatives  de briser ses rangs. Pourtant, une partie des militants s’est laissée prendre à la démagogie des scissionnistes, n’a pas su tenir bon face aux menaces du pouvoir et néonazis sans scrupules, face aux actions terroriste d’un certain nombre de groupements de type fasciste. Le nombre de membre du Parti a baissé de moitié.

Le Comité central et les organisations du Parti ont agi avec les traîtres ainsi que nos statuts l’exigent. Pour ce qui concerne ceux qui ont juste fait preuve de faiblesse de caractère, ont eu peu des menaces terroristes, il faut agir avec eux, tout ont jugeant négativement leurs actions, de façon à ne pas les pousser dans le camp de nos adversaires.

Nous devons travailler dans des conditions difficiles. La société ukrainienne est démoralisée, profondément divisée. Une propagande massive à la Goebbels dans l’intérêt des oligarques et menée selon l’algorithme des américains a poussé certains à céder à la propagande mensongère anticommuniste et russophobe, et juste après les élections présidentielles de 2014 à croire aux promesse que sous le nouveau pouvoir on « vivra autrement », c’est-à-dire avec aisance et dans les conditions de la démocratie.

Dans ces conditions, notre Parti n’avait pas la possibilité de faire parvenir jusqu’aux larges masses des lecteurs, auditeurs et spectateurs son point de vue sur les événements. Les autorités ont tout fait, et continuent de tout faire, pour nous réduire au silence. C’est pourquoi bien des gens ont une appréciation inadéquate de la situation du pays. L’avenir montrera si ces modifications dans les opinions des gens ont un caractère stable ou temporaire. Cela fut confirmé notamment par l’étude sociologique menée en juillet dernier par l’Institut académique de sociologie. Par rapport à l’année passée, parmi ses participants, le nombre de ceux qui sont pour la réduction du rôle de l’Etat dans l’économie, qui veulent vivre sous le capitalisme, a augmenté.

Qu’est-ce que cela signifie ? Certainement pas les avantages du capitalisme, mais le fait que les autorités cachent soigneusement la situation réelle de l’économie. Le nombre des adversaires de l’idée d’une adhésion de l’Ukraine à l’Union de la Russie et de la Biélorussie, d’une adhésion à l’Union douanière de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan a drastiquement baissé, presque d’un facteur 2,5. Presque trois fois plus de personnes (jusqu’à 43%) sont désormais favorables à une adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.

Du reste, il est difficile d’être surpris par cela, si on tient compte du fait que l’anticommunisme zoologique et la russophobie hargneuse sont désormais le contenu principal des publications des médias favorables au régime (et il ne reste pratiquement plus de médias alternatifs).

Nous devons particulièrement nous inquiéter du fait que, parallèlement à une hausse significatif du poids relatif des partisans du soi-disant courant national-patriotique dans le spectre politique de la société ukrainienne (de 7,4% en 2012 à 18,9% en 2015), le nombre des partisans du courant communiste a sensiblement baissé, particulièrement en milieu ouvrier. Nous ne sommes pas au milieu des masses populaires. Nous manquons de flexibilité dans la tactique, de nombreuses organisations du Parti n’arrivent pas à passer des actions de masse sur les places publiques à un patient travail individuel.

En prenant compte des données du sondage, on est particulièrement surpris et préoccupé du fait que presque la moitié de ses participants (47,9%) ont soutenu la condamnation et l’interdiction légale de la symbolique communiste (armoiries soviétiques, faucille et marteau, étoile à cinq branches, drapeau rouge, etc.), ne l’ont pas soutenu 40%, et 11,6% se sont abstenus.

Tout cela exige une analyse complète du travail des organisations du Parti dans les conditions de réaction et des conclusions pratiques. Parallèlement on observe aussi d’autres tendances.

L’étude menée récemment par la Fondation Razoumkov a montré que la situation dans la société change vite, la lucidité revient. La popularité de P. Porochenko, élu président – contrairement à tous ses prédécesseurs – dès le premier tour, est tombé en deux ans de 50% à 14%. Pour ce qui du parlement, du gouvernement, des forces de l’ordre, ces chiffres sont encore plus bas – le taux de confiance n’atteint pas même 10%.

En un bref laps de temps, le pouvoir a montré sa totale incapacité à assurer une gouvernance normale des affaires de l’Etat, des processus économiques et sociaux, à consolider la société.

L’étude susmentionnée de l’Institut de sociologie a fixé l’augmentation du nombre de personnes mécontentes de leur vie (47,4%). Il est caractéristique que dans notre société les gens ne sont pas unis par des objectifs communs, mais par des facteurs négatifs : mécontentement envers le pouvoir (36,4%), sentiment de perte d’une vie normale (34,1%), difficultés en général (29,7%), peur face à l’avenir (21,6%).

Chacun d’entre nous comprend qu’aujourd’hui ces chiffres seraient encore plus frappants. Le pouvoir s’est en effet montré incapable de garantir les droits et libertés constitutionnels des citoyens, de leur propriété, de leur santé et de leur vie même. Bien plus. Avec l’assentiment du pouvoir, et de fait au su et avec le soutien de ses représentants hauts placés furent créées de dizaines de structures militarisées, financées par les oligarques et dépourvues de toute base légale. Elles terrorisent la population, mènent des raids et même menacent des organes de l’Etat, y compris le président. Un exemple significatif en est la récente marche du régiment « Azov » à Kiev, dont les participants ont menacé le chef de l’Etat des conséquences qu’il encourrait en cas de solution pacifique du conflit dans l’Est du pays et d’une tenue des élections dans le Donbass.

Mais en réalité la marche du bataillon « Azov » fut organisée par le président lui-même et par ses courtisans, afin de montrer que le respect des accords de Minsk ne dépend pas de lui, mais des bandes armées formées par les oligarques.

Ces dernières années, sont apparues dans notre société des grands groupes de personnes que les savants qualifient de collectivités sociales démunies, insatisfaite de leur situation matérielle et socio-psychologique, et pour cela remontées contre le pouvoir en place, qu’il soit central, régional ou local. Nos organisations de base, et chaque communiste, doivent en tirer la conclusion qu’il est possible d’élargir notre base sociale grâce à un travail individuel actif d’agitation et de propagande.

Ce sont avant tout les millions de réfugiés, les dizaines de milliers de familles qui ont perdu leurs proches ou leur santé à cause des combats dans le Donbass, des échauffourées sanglantes dans la capitale, à Odessa, à Marioupol et dans d’autres villes.

Ce sont les millions de personnes dont les maigres retraites sont gelées.

Ce sont les savants, qui ont fait l’objet non seulement de discrimination, mais d’humiliations directes : un quart des travailleurs scientifiques de l’Académie nationale des sciences doivent être licenciés cette année du fait des moyens budgétaires misérables alloués à la recherche, et les autres sont mis à la semaine de quatre jours, avec la baisse de salaire qui s’en suit.

Ce sont les dizaines de milliers de travailleurs des services de l’Etat, des administrations locales, des militaires, qui se sont retrouvés sans travail suite à la scandaleuse loi anticonstitutionnelle de « lustration ».

Non seulement les gens ne font pas confiance au pouvoir, mais ils haïssent ce pouvoir. Beaucoup se rappellent avec regret  la vie sous le système soviétique, les conquêtes sociales perdues du socialisme. En demeurant au fond de leur cœur des partisans du socialisme, ils ont peur de soutenir ouvertement le Parti communiste sous le joug du régime totalitaire en place.

De ce fait, la base sociale, la fondation objective pour le mécontentement et les protestations de masse existe et croît tous les mois. Et cette tendance est caractéristique pour toutes les régions de l’Ukraine.

Pour ce qui concerne le pouvoir lui-même, il est déchiré par les contradictions internes, par une lutte interne de couloirs.  Une lutte pour les biens à privatiser, le repartage des biens privatisés précédemment et les morceaux de choix de la corruption et du partage du budget.

Relativement à cela, je voudrais attirer l’attention sur les circonstances suivantes. Cette année, la crise parlementaro-gouvernementale qui a duré trois mois s’est achevé, enfin, par la démission du gouvernement, dirigé par l’odieux Iatseniouk. Cela s’est déroulé dans les formes bien connues de tous, qui ont humilié et le parlement, et le pays tout entier. Mais l’affaire ne s’est pas arrêtée là : s’est posée la question (suite à l’exigence catégorique de l’ « obkom de Washington ») du remplacement du procureur général de l’Ukraine.

 Et dans le cas présent un marchandage sans principes dura longtemps. Porochenko gagna, en imposant au parlement « sa » candidature – le bien-connu Loutsenko, dépourvu de formation juridique et qui n’a jamais travaillé au parquet.

Il a fallu – pour M. Loutsenko – modifier la loi sur le ministère public, se moquer impudemment de la loi sur le Règlement de la Verkhovna Rada : une heure après la modification de la loi sur le ministère public publier un journal avec le texte de l’acte de loi adopté. Pour nommer son poulain à ce poste Porochenko a même annulé une visite à l’étranger.

Pourquoi les dirigeants de l’Etat se soucient-ils tant de savoir qui occupera les postes supérieurs dans les autorités d'application de la loi ? Se créent-ils une échappatoire solide, « au cas où » ? C’est-à-dire qu’ils ont des raisons d’avoir peur.

Pour chaque communiste il doit être clair depuis longtemps, qu’avec le changement de gouvernement et du procureur général aucun des facteurs à l’origine des crises dans le pays n’a été écarté. Il suffit de savoir que, des cinq partis, qui composaient jusque là la coalition gouvernementale, trois – « Patrie », le Parti radical, et « Auto-assistance » – ont annoncé leur passage dans l’opposition. A la Verkhovna Rada il n’y a de fait pas eu de coalition formée. Les décisions sont prises la plupart du temps par des majorités de circonstance. Combien de temps un tel parlement durera-t-il, c’est difficile à dire.

Tout témoigne du fait, que des élections parlementaires anticipées ne sont qu’une question de temps. On ne peut parler dans de tels circonstances de stabilité du pouvoir, d’un travail parlementaires fructueux.

Tout, semble-t-il parle de ce qu’il est d’usage d’appeler une situation révolutionnaire : « ceux qui sont en haut » démontrent leur incapacité à gouverner efficacement le pays, pour la grande majorité de « ceux qui sont en bas » la vie devient insupportable. Néanmoins il n’y a pas aujourd’hui une force politique possédant l’autorité suffisante et des personnalités d’Etat connues qui bénéficieraient d’un soutien de la majorité de la population.

Malheureusement, nous devons reconnaître franchement – avant tout pour nous mêmes – que notre Parti n’est aujourd’hui pas prêt à jouer ce rôle. Il est affaibli, beaucoup de ses organisations sont malingres, dépourvues de combativité, et respirent à peine.

On ne peut se targuer d’une influence des communistes dans les collectifs professionnels, dans les lieux de formation. Au niveau de la combativité, de la radicalité nous sommes visiblement en retard sur les exigences du temps et les attentes des citoyens. Pendant ce temps, les forces politiques au service des oligarques et opposées au Parti communiste utilisent impudemment et à large échelle le populisme et la démagogie sociale pour mentir aux citoyens.

Nous n’avons toujours pas résolu le problème principal – garantir une influence systématique du Parti dans la classe ouvrière, parmi la jeunesse. Pour ce qui est des organisations de masse des travailleurs, elles sont composées soit essentiellement des membres de notre Parti (Union des officiers soviétiques), ou bien pour telles ou telles raisons notre influence y est affaiblie (Union des femmes travailleuses). Très peu a été fait et est fait pour aider la Jeunesse communiste à se relever. Le renforcement de la discipline dans beaucoup de structures du Parti, y compris au niveau régional, reste toujours un point délicat.

Tout cela nous amène à la conclusion qu’aujourd’hui le maillon principal, le problème essentiel à la résolution duquel doivent être consacrés nos efforts est le renforcement organisationnel et politique du Parti.

Concrètement, il s’agit avant tout de compléter les rangs du Parti avec des forces nouvelles, jeunes. Et ce ne sera possible que si les organisations du Parti à tous les niveaux aident sérieusement la Jeunesse communiste dans le recrutement dans son travail de jeunes gens actifs – travailleurs, spécialistes, étudiants, parmi lesquels on trouve de plus en plus de personnes qui réfléchissent sérieusement à ce que leur a réellement donné la restauration du capitalisme.

Il est particulièrement important d’être présents en milieu ouvrier. Aujourd’hui, ça doit être pour nous la question numéro un. A travers la famille, les connaissances il faut trouver des gens qui sont attirés par notre Parti, veulent savoir, comment il agit, comment ils pourront y réaliser leurs intérêts, prendre part à la lutte organisée contre le régime, qui les a privé d’une vie normale et de perspectives. Le travail de tout communiste doit être dirigé vers l’explication de la position du Parti à propos de toutes les questions qui préoccupent les gens ordinaires, les propositions concrètes avancées par le Parti.

Conformément à la Constitution, dans les entreprises d’Etat, dans les institutions, dans les lieux de formation il est interdit de créer des organisations de parti. C’est pourquoi il faut utiliser les formes autorisées – par exemple la création d’organisations de communistes selon un critère professionnel (organisation des enseignants, des médecins de tel quartier, etc.). Il faut soutenir par tous les moyens les savants d’orientation socialiste.

Nombre de camardes tiennent des positions procommunistes, mais pour certaines raisons n’osent pas ouvertement se lier organisationellement au Parti communiste. Nous ne devons pas nous détourner de telles personnes. Il est important qu’ils soient avec nous, qu’ils participent à nos événements, à nos actions de protestation.

Il est indispensable de dynamiser la vie interne du Parti. En cela il est important, comme jamais auparavant, de suivre strictement les enseignements de Lénine. Dans le projet des Statuts du Parti, pour le IIème Congrès du POSDR (1903), il formula clairement trois exigences principales pour un membre du Parti :

·        Reconnaître le programme du Parti
·        Soutenir le Parti par des moyens matériels
·        Participer personnellement à une de ses organisations de base

Si il n’y guère de problèmes qui se posent pour ce qui est du premier point, les deux autres causent beaucoup de préoccupation. Que quiconque écoutant ces paroles réponde mentalement aux questions : quand ai-je payé pour la dernière fois mes cotisations ; pris part aux réunions du Parti ; exécuté les tâches que le Parti m’avait confié ?

Le rôle de la réunion du Parti comme facteur d’information des membres, de concrétisation et de dynamisation de notre travail est devenu plus important que jamais. Il est indispensable d’en finir avec la sous-estimation du rôle des réunions du Parti. Maintenant, on rencontre souvent des difficultés pour trouver des locaux pour nos réunions. Il faut trouver une solution. Les organisations du Parti ne comptent d’habitude pas beaucoup de membres, leurs réunions peuvent se tenir au domicile de quelqu’un, et en été – même en plein air (dans un parc, dans la datcha de quelqu’un).

Malheureusement, la plupart des comités du Parti et des organisations de base du Parti n’utilisent que très insuffisamment les députés communistes des conseils locaux dans leur activité pratique de défense des droits sociaux de la population. Pourtant, en 2015, il y en avait, d’après les données des comités du Parti, 1121 élus. En outre, encore 73 communistes sont devenus maires de villes, de bourgades et de villages.

Qu’entendons-nous au sujet de leur travail, quelles initiatives ont-ils prises, quelles promesses électorales ont-ils déjà rempli ? A ces questions, loin d’être oisives, il faut donner des réponses claires et honnêtes et aux électeurs, et aux organisations de base du Parti où ils militent.

Des nouvelles possibilités pour le travail avec la population, la dynamisation de notre activité, le renforcement du lien des communistes aves les masses, la démonstration du fait que le Parti vit et agit, sont ouvertes par les élections intermédiaires des députés du peuple du 17 juillet de cette année dans la Volyn, dans les régions d’Ivano-Frankovsk, Lougansk, Poltava, à Dniepropetrovsk, Kherson et Tchernigov.

Le département idéologique du CC est chargé de réfléchir à comment organiser dans ces conditions la formation politiques de communistes et des membres de la Jeunesse communiste. Il ne doit pas avoir là de formalisme. Il est important de choisir les questions qui préoccupent les gens, et les discuter franchement, en arriver à une opinion commune. L’immaturité politique fait d’un membre du Parti objectivement un agent du régime. L’incapacité à analyser ce qui se passe d’un point de vue de classe et de l’expliquer aux gens augmente le nombre des pessimistes, renforce les positions des réactionnaires.

Dans ces questions également il est important d’utiliser l’expérience de travail des bolcheviks-léninistes dans les conditions de la réaction. Un instrument important du travail d’agitation et de propagande peut être le journal « Gazette ouvrière », pour laquelle il faut augmenter le nombre d’abonnements d’un facteur exponentiel. La tâche est ici la suivante : chaque organisation de base du Parti doit disposer de cette publication, et il faut au moins un abonnement pour trois communistes.

Bien entendu, les organisations du Parti ne disposeront d’une autorité, ne pourront influer sur les opinions des gens, que quand les communistes seront en permanence parmi les gens, utiliseront chaque occasion pour l’explication de la position de notre Parti aussi des question d’une actualité brûlante, pour démasquer la nature antipopulaire du régime au pouvoir.

Il y pour cela plus de matériel qu’il n’en faut. Les gens voient, par exemple, que le remplacement du gouvernement Iatseniouk par le gouvernement Groïsman n’a rien changé dans leur vie. Le nouveau premier-ministre a commencé par donner des gages, avant tout à l’Occident, qu’il remplira toutes les obligations, souscrites par Iatseniouk, envers le FMI. Et en tout premier lieu a augmenté drastiquement les tarifs sur le chauffage, l’eau chaude, a « conseillé » aux habitants ruraux de renoncer au gaz et de se chauffer plutôt à la paille et au bois.
Disant cela, il est important de souligner que toutes les difficultés de notre vie actuelle sont liées à l’exécution des exigences du FMI, que ce sont là les premiers résultats de l’intégration de l’Ukraine à l’Europe.

Il convient de rappeler aux gens, quelles promesses avait données Porochenko, et comment ces promesses sont tenues. Cela concerne tout particulièrement les événements à l’Est du pays, où le sang continue à couler, où nos gens meurent, alors que l’exécution des accords de Minsk est arrivée dans une impasse. La cessation d’une guerre fratricide, la possibilité donnée aux habitants du Donbass – comme du reste à ceux d’autres régions de notre pays – de réaliser leurs intérêts spécifiques dans la sphère économique, sociale, culturelle, linguistique reste leur droit légitime, une exigence fondamentale et la seule voie possible pour la solution d’une conflit qui n’a que trop duré, qui a emporté les vies de dizaines de milliers de nos concitoyens, qui a transformé en réfugiés des millions de personnes dans leur propre pays.

Notre tâche la plus importante est de nous opposer résolument à une fascisation ultérieure de la vie étatique et sociale du pays, à la volonté du régime néonazi de priver notre peuple de sa mémoire historique, d’imposer à notre peuple, tout particulièrement à la jeunesse, une représentation déformée du passé – héroïque et tragique – de notre Patrie, de transformer en héros les bourreaux et les traîtres à notre peuple.

La célébration du Jour de la Victoire a montré que notre peuple a refusé de célébrer ce jour pour nous sacré le 8 plutôt que le 9 mai. Le Comité central a chaleureusement soutenu la proposition de nombreux vétérans de célébrer le 22 juin qui vient les 75 ans du déclanchement de la Grande Guerre patriotique en tant que Jour de la mémoire de nos pères et grands-pères, qui ont su défendre la liberté, l’honneur et l’indépendance de notre Patrie, ont conquis la Victoire sur le pire ennemi de l’humanité – le fascisme germanique et ses alliés.

Nous en sommes convaincus : toutes les organisations du Parti participeront le plus activement possible à ce travail. Nous devons tout faire pour que cette initiative soit soutenue par des millions de nos compatriotes dans toutes les villes et les villages de l’Ukraine.

Chers camarades !
Le Comité central du Parti considère indispensable que, après notre réunion d’aujourd’hui, dans toutes les organisations du Parti, dans les plénums des comités de quartier, de ville et de région ait lieu une discussion franche sur les questions qui furent soulevées ici, sur ce que nous devons faire, pour élever le travail du Parti, de toutes ses organisations, à un niveau qualitativement nouveau, en faire de nouveau une force puissance et influente, capable de soulever les masses dans la lutte avec le régime antipopulaire, pour la réalisation des buts inscrits dans le programme de notre Parti.

Les événements peuvent évoluer différemment. Nous ne pouvons pas dire aujourd’hui, quelle décision sera prise par le tribunal au sujet de l’interdiction de l’activité du Parti. Dans tous  les cas, nous devons apprendre à agir de façon plus radicale, en utilisant les droits, garantis par la Constitution et les lois du pays, sans faire prendre à nos camarades des risques injustifiés.

Des recommandations concrètes pour le cas de circonstances extraordinaires sont données par le plénum du Comité central. Quelle que soit la tournure que prendront les événements, les communistes agiront, défendant les intérêts de notre peuple qui a tant souffert.

Le fondateur et le guide du Parti bolchevik, Vladimir Ilitch Lénine, prédisant toutes sortes de tournants dans la lutte politique, disait :

« …Seulement alors nous apprendrons à vaincre, quand nous n’aurons pas peur de reconnaître nos défaites et nos défauts, quand nous regarderons en face la vérité, aussi triste fût-elle »
Il nous légua : « Ne pas craindre de reconnaître les défaites. Apprendre de l’expérience de la défaite. Refaire plus soigneusement, plus prudemment, plus systématiquement ce qui avait été mal fait. Si nous acceptions la position, selon laquelle reconnaître une défaite cause, ainsi que l’abandon d’une position, le désespoir et la perte d’énergie pour la lutte, il faudrait dire que de tels révolutionnaire ne valent pas un clou » 

Suivons en cela aussi l’enseignement de Lénine !

Traduction : Alexander Eniline