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17 novembre 2022

« Si l’on veut apporter des changements concrets y compris au sein de l’appareil d’État, on se doit également de mener ce combat dans les exécutifs »

 



Alexander Eniline a été désigné par l’Assemblée générale du Parti du Travail genevois du 10.10.22 candidat au Conseil d’État sur la liste Ensemble à Gauche. Il répond à nos questions.

 

Les personnes qui tiennent cet Encre Rouge entre les mains savent certainement déjà qui tu es. Mais peux-tu quand même te présenter en quelques mots ? Que peux-tu dire de ton parcours au Parti du Travail notamment ?

 

Alexander Eniline : Je suis adhérent du Parti depuis l’âge de mes 16 ans, il y a… 16 ans. J’ai été successivement secrétaire cantonal, président de la section genevoise et depuis peu co-président du Parti Suisse du Travail. Dans la vie, je termine une thèse de doctorat en philosophie médiévale. Aujourd’hui, je suis candidat au Conseil d’État suite à une demande de plusieurs camarades, que j’ai accepté.

 

Durant ces 16 ans, le Parti a traversé beaucoup de péripéties. Quand je suis arrivé, il était dans une situation meilleure que ce qu’il a pu être entre deux. Il y avait encore quelques sections locales, qui étaient un peu au bout, le Parti était affaibli, mais avait néanmoins un dynamisme, un potentiel bien réel. La politique des alliances n’a pas toujours été un exercice facile, ni toujours bien maîtrisé, d’où des conséquences négatives sur le Parti. Un début de reconstruction avait démarré, qui fut malheureusement saboté par quelques individus ayant pu s’introduire au Parti et faire des dégâts considérables. En 2010, quand j’ai été élu secrétaire cantonal, le Parti sortait de cette crise dévasté. Durant une dizaine d’années, on s’est employé à le rebâtir, à étoffer ses rangs, à en renforcer l’unité idéologique, le potentiel politique et organisationnel, pour arriver au point où on en est aujourd’hui. Le résultat n’est pas totalement à la hauteur des objectifs que nous nous étions fixés, mais les progrès accomplis sont indéniables.

 

Tu viens de faire le rappel d’une situation encore compliquée pour l’organisation, malgré des progrès notables. Sur le plan externe, nous vivons aussi une situation sociale qui mêle stagnation des salaires, explosion des dividendes, inflation, pénuries, le tout sur une planète qui subit les affres du changement climatique… Que portes-tu dans ta candidature par rapport à tout cela ?

 

Pour notre Parti la situation est, loin d’être idéale sans doute, mais bien plus favorable que les années précédentes. Notre renforcement fait que les rapports de force avec nos alliés sont devenus plus équilibré. Et plus globalement, la situation politique a changé de façon notable. Lorsque j’avais adhéré, la crise financière de 2008 n’avait pas encore eu lieu, la vague du néolibéralisme n’était pas encore retombée, et la gauche radicale apparaissait à beaucoup de gens comme un vestige du siècle passée. Aujourd’hui, après que les crises ses soient succédés, peu de gens considèrent encore que le système soit bienfaisant, et une aspiration à en changer grandit. L’urgence climatique ne fait que le rendre plus perceptible. La vague verte est venue de ce besoin, mais les Vert-e-s ne sont pas en mesure d’honorer leurs promesses de changement. Si j’avais adhéré au Parti du Travail, c’est parce que nos idées, notre héritage politique et organisationnel, représentent, à mon avis, la seule perspective pour un vrai changement de société. Nos réponses peuvent avoir d’autant plus d’impact aujourd’hui.

 

Du fait de l’urgence climatique, notre combat pour une rupture avec le capitalisme devient une exigence d’un avenir immédiat, il ne peut plus être remis à plusieurs décennies à l’avenir. Si l’on veut réaliser effectivement cette transformation sociale à laquelle nous aspirons, nous devons apporter des changements concrets y compris au sein de l’appareil d’État, donc on se doit également de mener ce combat dans les exécutifs. C’est le sens de la présentation d’une candidature du Parti du Travail au Conseil d’État : pour y mener une politique de lutte de classe. Car les représentants de la bourgeoisie, eux, mènent ce combat de classe, de leur côté naturellement, et avec virulence. Leur position est que les riches paient encore trop d’impôts et qu’il faudrait les baisser si on veut qu’ils restent. Le PS et les Vert-e-s, pour l’essentiel, n’ont pas une position de classe claire, et préfèrent rechercher un compromis avec la bourgeoisie, ce qui conduit au mieux à un aménagement du système à la marge, au pire à l’accompagnement des contre-réformes. Nous ne voulons pas de ce type de compromis, qui ne sont en tout cas pas à la hauteur des réponses que les multiples crises du capitalisme exigent. Même si le PS et les Verts sont des alliés, il est aisé de constater nos différences politiques d’avec eux. Ainsi, nous estimons qu’il faut imposer une redistribution des richesses, sans rechercher de compromis avec la bourgeoisie, sans s’arrêter à des hésitations que les réformistes éprouvent trop souvent. Nous sommes clairement pour des transports publics gratuits. Les Vert-e-s ne sont pas pour, le PS l’est à moitié. D’autres exemples montrent la Différence entre notre ligne et celle de la gauche réformiste.

 

Le Conseil d’État dans sa composition actuelle est souvent dépeint comme étant «de gauche», avec quatre représentants du PS et des Vert-e-s. Es-tu d’accord avec ça et quel bilan pourrais-tu tirer de cette législature?

 

Il y a certes une majorité de gauche au gouvernement depuis deux ans, depuis que Fabienne Fischer a remplacé Pierre Maudet, mais le « changement de cap » dont parlent le PS et les Vert-e-s, on ne l’a pas trop ressenti. Certes, la majorité au Grand Conseil est de droite, mais, malgré tout, dans l’application des lois et dans la gestion des départements, la marge de manœuvre des magistrats aurait pu être davantage utilisée. Je ne dis pas que tout est mauvais dans ce qui a été fait, je pense par exemple à l’indexation des prestations sociales au renchérissement du coût de la vie, ou des objectifs plus ambitieux qu’ailleurs en matière de rénovation des bâtiments, assortis de mesures contraignantes. Mais la droite est extrêmement agressive, organisée et rétrograde. Le PLR est à fond pour baisser encore les impôts des plus riches, couper dans les dépenses, défendre la voiture un peu partout, au mépris de la nécessité de sortir des énergies fossiles… Et ce Conseil d’État n’est pas assez offensif, alors qu’il pourrait l’être davantage.

 

Sur les droits démocratiques, la pratique de Mauro Poggia va même contre le droit international. Elle vise à dissuader les mouvements sociaux par un pur excès de zèle au-delà de ce que la loi exige, et le fait, par exemple, de demander des émoluments pour organiser des manifestations est arbitraire. Les quatre conseiller d’État de gauche pourraient bloquer cette pratique, mais rien n’est fait.

 

Sur leurs bilans respectifs : Anne Emery-Torracinta s’est principalement limitée à la gestion de son département, d’ailleurs plutôt mal si l’on en croit les scandales et graves problèmes devenus de notoriété publique. Thierry Apothéloz n’en a en tout cas pas fait assez pour un conseiller d’État de gauche pour répondre à l’urgence sociale. Il a fini par lancer un projet de réforme de l’Hospice général qui va dans le bon sens, mais ça lui aura pris du temps. Antonio Hodgers, au vu des projets d’aménagement réalisés ou qui vont sortir de terre, est objectivement du côté des promoteurs. D’ailleurs le bétonnage à l’extrême et l’abattage d’arbres à large échelle, ce n’est pas vraiment ce qu’on attendrait d’un magistrat vert. Difficile aussi de voir ce qu’a fait Fabienne Fischer, à part donner des conseils aux entreprises pour se verdir, même s’il faut reconnaître que deux ans ce n’est pas beaucoup pour juger d’un bilan. Sur le dossier Uber, elle a cherché le compromis avec l’entreprise et a avalé un arrangement désavoué par les syndicats et le dossier est loin d’être fini. De l’extérieur, on n’a en tout cas pas l’impression qu’ils font bloc pour utiliser la marge de manœuvre à leur disposition. Si le bloc de gauche était plus ferme sur les principes, le changement de cap se verrait un peu plus.

 

Sur l’avenir du Grand Conseil, il y a beaucoup d’inconnues, d’autant plus que le dépôt des listes n’est pas encore ouvert. Le PS pourra probablement se maintenir et les Vert-e-s pourront peut-être encore profiter de leur vague. On parle beaucoup des multiplications de listes à gauche, mais il y a aussi à droite une multitude de listes en concurrence, plus ou moins sérieuses, dont toutes n’atteindront pas le quorum. Selon le nombre de listes éliminées, la composition du Grand Conseil pourrait être très différente, et potentiellement éloignée du résultat réel du vote populaire (ce qui montre une fois de plus le caractère antidémocratique de ce quorum à 7%).

 

La coalition Ensemble à Gauche lance également deux autres candidats : Françoise Nyffeler et Téo Frei. Aux côtés de ton profil de co-président du PST, on retrouve donc des personnes connues notamment pour leurs activismes dans la Grève Féministe et dans la Grève pour le Climat. Cette variété des lignes est-elle une force?

 

C’est effectivement une bonne chose que d’avoir des représentants de ces mouvements sociaux du côté de solidaritéS, et nos trois candidatures sont complémentaires. Il est par ailleurs naturel que nos composantes portent des lignes différentes. Le Parti du Travail, solidaritéS et le DAL sont bien trois réalités différentes. Sinon, il n’y aurait pas de raisons que nous ne soyons pas un seul parti.

 

Plusieurs obstacles pourraient poser problème à EàG pour atteindre le quorum. Nous pouvons notamment penser à la présence probable de Résistons dans la course électorale. Qu’en penses-tu?

 

C’est certes un problème, d’ailleurs issu d’une crise interne douloureuse que solidaritéS avait traversée. Au point où on en est, je vois difficilement un accord avec ces gens. Mais au fond, on leur accorde beaucoup d’importance car nombre d’entre eux sont des élus, alors qu’il n’y a rien derrière. Le PdT, solidaritéS et le DAL existeraient sans participation parlementaire. Résistons, c’est un petit état-major sans base. Ils ont de l’argent, mais plus personne ne consentirait à remarquer leur existence s’ils n’étaient plus élus. Nous avons les moyens de passer le quorum sans eux, même si ça ne sera pas simple.

 

Il ne faut du reste pas surestimer les dégâts qu’ils sont encore en mesure de causer. Il y a quatre ans et demi, nous étions confrontés à trois listes rivales, avec déjà une décomposition d’EàG. La Liste pour Genève était composée de gens, qui jouaient un rôle extrêmement nuisible au sein de la coalition ; heureusement qu’ils l’ont quitté du reste. On les a oubliés depuis.

 

Propos recueillis par Balmain Badel

10 novembre 2019

Elections municipales du 15 mars 2020 : un combat important dans un contexte nouveau



A peine une élection est-elle terminée, qu’une autre se profile : les élections municipales du 15 mars 2020 (suivront ensuite trois années sans échéances électorales). Il s’agit d’un enjeu important, tant la politique communale – l’échelon politique le plus proche des gens – a un rôle essentiel. Actuellement, notre Parti est représenté par 6 élu-e-s (sur 8) au sein du groupe municipal Ensemble à Gauche en Ville de Genève, ainsi que par un élu au Conseil municipal de Confignon. Des élections qui se passeront dans un contexte inédit, puisque l’alliance  qui existe sous différents noms des forces à la gauche du PS depuis une trentaine d’années n’est plus, cassée de façon unilatérale par la volonté de solidaritéS, à notre grand regret et malgré nos efforts pour tenter de préserver ladite alliance.

Arrêt de mort d’une coalition

La décision de solidaritéS de rompre l’alliance avec notre Parti constitue de fait l’arrêt de mort de la coalition Ensemble à Gauche. Ensemble à Gauche est en effet, de par ses statuts, une coalition formée de trois composantes – le Parti du Travail, solidaritéS et le DAL – devant prendre toute décision engageant la coalition à l’unanimité des trois composantes. Or, la coalition Ensemble à Gauche ne s’est plus réunie depuis des mois, du fait d’une obstruction de la part de solidaritéS, au nom d’un acharnement injustifiable contre quatre élu-e-s au Conseil municipal qui furent leurs membres avant de nous rejoindre (et cela même s’ils ont été obligés de reconnaître leurs torts envers Maria Pérez lors d’une séance de conciliation au tribunal de Prud’hommes dans un communiqué public, sans que cela change quoi que ce soit à leur comportement).

En signant l’arrêt de mort de la coalition d’Ensemble à Gauche (EàG) en ville, solidaritéS prend la responsabilité de diviser les forces à la gauche des Verts et du PS et de priver ainsi les mouvements sociaux, citoyens et syndicaux engagés en ville de Genève des moyens politiques indispensables pour la défense des prestations sociales pour la population, pour le statut et les conditions de travail du personnel, contre les externalisations et les privatisations des services publics, contre les réductions de l’offre culturelle, pour la réalisation de réponses urgentes et massives face à la crise climatique, pour l’accueil des migrant.e.s et des réfugié.e.s, pour l’égalité entre hommes et femmes, pour la défense des minorités LGBTIQ, pour le renforcement de la solidarité internationale…

On ne peut que dénoncer la manœuvre à laquelle se livrent solidaritéS et le DAL en déposant des listes au Conseil administratif et au Conseil municipal de la Ville de Genève avec l’appellation Ensemble à Gauche. Il s’agit d’une tromperie éhontée, et d’une violation flagrante des statuts d’Ensemble à Gauche. Ce que les dirigeants de solidaritéS ont reconnu eux-mêmes dans une lettre qu’ils nous avaient envoyé peu avant la rupture définitive. Hypocrites et parjures par dessus le marché, c’est bien eux. Le Parti du Travail ne peut laisser passer une telle usurpation, et sera obligé de faire valoir ses droits en justice.

Un enjeu crucial pour le Parti du Travail

Le Parti du Travail se voit donc contrait de travailler à sa propre liste en Ville de Genève, une liste que nous voulons ouverte à des citoyennes et des citoyens qui ne sont pas membres de notre Parti, mais qui partagent les combats qu’ont mené nos élu-e-s au Conseil municipal. Nous disposons en effet d’un excellent atout en la personne de nos six élu-e-s sortant-e-s, la majorité du groupe municipal.

Les candidat.e.s sortant.e.s du groupe municipal d’EàG ont à leur actif un excellent bilan de législature dans la défense de tous ces domaines de luttes politiques où ils et elles ont joué à ce jour un rôle de premier plan, que ce soit au parlement municipal ou dans la rue, avec de très nombreuses victoires référendaires : six fois contre les coupes budgétaires de la droite dans l’ensemble des prestations à la population et notamment dans la culture, dans les prestations sociales ainsi que dans la solidarité internationale et encore pour empêcher la vente de Naxoo ainsi que la privatisation rampante du MAH avec le projet Nouvel-Gandur.

Nous avons d’ores et déjà déposé la candidature de notre camarade Maria Pérez, actuelle cheffe de groupe Ensemble à Gauche au Conseil municipal,  pour le Conseil administratif, puisque celle-ci avait d’ores et déjà été avalisée par une Assemblée générale du Parti.


Nous travaillons également sur des listes dans d’autres communes, où il s’agit de reconstruire la présence du Parti du Travail sur le terrain, plus indispensable que jamais aujourd’hui.

22 août 2019

Pour un changement radical, une liste du Parti du Travail au Conseil national et au Conseil des Etats



Le Parti du Travail genevois, section cantonale du Parti Suisse du Travail, présentera sa propre liste, formée de six candidates et six candidats, au Conseil nation, ainsi qu’un candidat au Conseil des Etats. Le Parti Suisse du Travail, Parti national présent dans les trois régions linguistiques de notre pays, et disposant d’un conseiller national sortant, Denis de la Reussille (dont nous avons régulièrement fait part du travail parlementaire dans ces pages), présentera également des listes dans les cantons de Vaud, Neuchâtel, Berne, Zürich et Tessin.

Sous-apparentement ou pas ?

Une question que pratiquement tout le monde se pose : notre liste sera-t-elle finalement sous-apparentée, dans le cadre de la coalition Ensemble à Gauche, avec celles déposées par solidaritéS et le DAL, permettant ainsi que les voix de ces différentes listes s’additionnent, et maximisant ainsi les chances d’Ensemble à Gauche d’obtenir un siège au Conseil national ? Cette question est légitime et importante, et nous souhaiterions pouvoir y répondre par la positive. Malheureusement, il nous est difficile de nous y engager, dans la mesure où solidaritéS, par son attitude et ses méthodes, rend l’avenir d’Ensemble à Gauche de plus en plus aléatoire.

De fait,  solidaritéS bloquent le fonctionnement d’Ensemble à Gauche depuis presque une année entière – depuis que quatre conseillers municipaux anciennement membres de solidaritéS, soit Maria Pérez, Tobia Schnebli, Ariane Arlotti et Morten Gisselbaek, aient rejoint les rangs de notre Parti, après avoir en vain essayé et pas pu obtenir justice pour Maria Pérez, qui avait subi des atteintes à sa personnalité, et même à sa santé, inqualifiables lorsqu’elle était à solidaritéS. Depuis ce moment, il n’y a plus eu aucune assemblée d’Ensemble à Gauche, du fait d’un véritable lock-out de la part de solidaritéS (attitude très « unitaire » n’est-il pas vrai ?), ce qui n’a pas empêché les mêmes dirigeants de solidaritéS de faire et de dire tout ce qui leur chante au nom d’Ensemble à Gauche sans consulter personne, comme si la coalition leur appartenait à eux et à eux seuls. Ils ont prétexté de règles complètement inexistantes et tout droit sorties de leur chapeau pour justifier leur lock-out et tenter de nous faire interdire aux quatre camarades susmentionnés de se présenter à de nouvelles élections, ce alors qu’ils n’ont cure des règles réellement existantes, spécifiées dans les statuts d’Ensemble à Gauche, qu’eux-mêmes ont signés.

Depuis, la procédure de conciliation au Tribunal des Prud’hommes entre Maria Pérez et solidaritéS, son ancien employeur, a abouti, et s’est soldée par une indemnité de 8'000,- pour tort moral et un communiqué de presse commun dans lequel solidaritéS reconnaît notamment « avoir failli dans son devoir de protection de la personnalité de Madame Maria Lou Perez et reconnaît avoir contribué, en ne prenant pas toutes les mesures adéquates en temps opportun, à la violation de la personnalité de son ancienne employée ». Le communiqué mentionne également « des rapports asymétriques entre femmes et hommes au sein de solidaritéS ».

Les dirigeants de solidaritéS n’en semblent avoir toutefois tiré aucune leçon, et continuent à répondre à nos courriers comme s’ils ne les comprenaient pas, avec une mauvaise foi consternante, même par rapport à ce à quoi nous nous sommes habitués venant de leur part. ils ont également déposé, sans nous consulter des listes d’Ensemble à Gauche, ce qui constitue une usurpation grossière, que nous aurions pleinement le droit, et pleinement raison, de contester en justice (ce que nous souhaiterions pas faire, eu égard aux conséquences politiques d’un recours à la justice bourgeoise en pareil cas). Alors, un sous-apparentement reste encore à ce jour possible, mais la seule chose qui y fait obstacle, c’est l’arrogance et la mauvaise foi sans bornes dont font preuve les dirigeants de solidaritéS. Car si nous sommes fermement pour l’unité de la gauche radicale, une telle unité ne peut exister que dans le respect mutuel de la souveraineté et de l’égalité en droits entre partis, que dans les limites du respect d’un certain nombre de règles communes. Elle ne peut en aucun cas consister en une soumission sans conditions devant solidaritéS, et est absolument incompatible avec les lubies hégémonistes de ses chefs.

Une campagne nationale


Conformément à la volonté du Parti Suisse du Travail d’apparaître dans cette campagne électorale comme un parti politique national, le seul parti de notre pays qui soit réellement porteur d’une perspective d’un changement radical conforme aux aspirations des classes populaires – volonté que nous partageons totalement – nous ferons campagne sur la base du programme national du PST, adopté par une Conférence nationale convoquée dans ce but, et du visuel national du PST. Vous trouverez dans les pages qui suivent des extraits significatifs de notre programme, ainsi que tous nos candidats. Parce que la Suisse, comme le monde, a plus que jamais besoin d’un changement radical, et que le Parti Suisse du Travail est plus que jamais indispensable pour porter cette perspective.

22 février 2019

Quand le Conseil d’Etat déclare que les citoyens sont trop stupides pour voter…

Le Conseil d’Etat de la République et canton de Genève a donc décidé d’invalider l’initiative populaire 171, lancée par Ensemble à Gauche et intitulée "La BCGE doit rembourser les 3,2 milliards prêtés par l'Etat!". Rappelons à nos lecteurs qui ne s’en rappellent plus, ou qui n’ont pas vécu cette époque qu’en 2000 la Banque cantonale de Genève (BCGE) avait frôlé la faillite suite aux agissements aventureux, et certainement frauduleux, de ses dirigeants de l’époque. Pour sauver cette banque, majoritairement publique, le Grand Conseil avait voté à la hâte un plan de sauvetage avec de l’argent public. Un fond de valorisation mis en place par l’Etat devait racheter à hauteur de 5 milliards de francs les actifs pourris de la BCGE. Avec la revente desdits actifs, 2’7 milliards ont pu être récupérés. Le reste – qui équivaut aujourd’hui à 3,2 milliards si on compte l’inflation et les intérêts – a été perdu pour l’Etat, augmentant d’autant son endettement, et servant de justification à des coupes dans les prestations. La BCGE par contre a redressé la barre, et se porte très bien aujourd’hui. Il serait normal qu’elle rembourse ce que l’Etat lui avait avancé, avec l’argent du contribuable. Mais la question du remboursement n’a pas été réglée, ni dans la loi votée à l’époque par le Grand Conseil, ni durant les années qui ont suivi. C’est pour régler enfin ce problème qu’Ensemble à Gauche avait lancé l’initiative 171, initiative que le Conseil d’Etat a décidé d’invalider.

A l’appui de sa décision, à peine maquillée d’une mince couche de blabla juridique, il donne une raison véritable hallucinante : " Le Conseil d’Etat est parvenu à la conclusion que la plupart des dispositions proposées violaient la garantie de la liberté de vote au sens de l’article 34 de la constitution fédérale et le principe de la clarté qui en découle. En effet, l’initiative aurait eu pour conséquence l’inscription d’une dette de 3,2 milliards de francs au bilan de la BCGE, ce qui aurait pour conséquence d’entraîner un surendettement de la BCGE et différentes mesures à prendre par l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) afin de l’assainir. Or, l’électeur ou l’électrice ne peut se rendre compte de la portée de l’initiative au moment d’exprimer son vote, alors même que l’acceptation de cette dernière aboutirait à un résultat totalement opposé au but exprimé."

C’est plus que contestable. L’initative prévoyait un remboursement étalé sur trente à quarante ans, remboursement après distribution d’un dividende et plafonné à 50% du bénéfice ; pour éviter justement à la BCGE les désagrements que craint le Conseil d’Etat.

Mais même si le Conseil d’Etat pense avoir raison, que n’essaye-t-il de convaincre le peuple durant la campagne de votation ? Au lieu de cela, il préfère déclarer que les électeurs ne pourraient se rendre compte des enjeux de leur vote, en bon français, qu’ils sont trop stupides pour comprendre. Il s’agit en vrai d’une grave et inadmissible attaque contre la démocratie. Le Conseil d’Etat se croit ainsi en droit d’empêcher le peuple de voter si le peuple risque de « mal » voter, c’est-à-dire pas comme le préconise le Conseil d’Etat. Mais est-ce le peuple qui est souverain, ou bien est-ce le Conseil d’Etat ? On dirait l’attitude typiquement antidémocratique des eurocrates, qui annulent des votes populaires, exigent d’en annuler, ou refusent d’en organiser, parce que le peuple n’aurait « pas compris » et donc « mal voté », parce que ce serait « trop compliqué » pour lui.


Ensemble à Gauche fera recours bien sûr contre cette invalidation. Mais, qu’il soit par ailleurs favorable ou non à l’initiative 171, aucun démocrate sincère ne devrait laisser passer cette inadmissible décision du Conseil d’Etat, car c’est la démocratie elle-même qui est mise en cause.

17 mai 2018

Elections cantonales : succès pour Ensemble à Gauche

Malgré toutes les voix qui prédisaient la disparition soi-disant inéluctable d’Ensemble à Gauche du Grand Conseil, et espéraient sans doute que la répétition de leurs prophéties aurait un effet performatif, malgré ceux qui ont tout fait pour rendre ces pseudo-prédictions réalité, notre coalition ne remporte pas moins plus de 7,8% des voix (ce qui est certes moins d’un point au-dessus du quorum, mais tout de même un score relativement bon, la barre du quorum étant placée particulièrement haut) lors des élections cantonales du 15 avril dernier, et conservera une représentation de 9 députés. Le Parti du Travail peut tout particulièrement féliciter son élue, Salika Wenger, 3ème mieux élue sur la liste, et qui continuera à représenter notre Parti durant la législature qui commence.

Ce score constitue une véritable victoire, étant données les circonstances : malgré la pseudo-division d’Ensemble à Gauche, avec les quelques individus à la tête de feue la Liste pour Genève, qui n’ont pour le moins pas épargné leur peine pour tenter de nous nuire par toutes les manières possibles, manières aussi détestables que pathétiques, auxquels certains médias ont accordé pendant quelque temps une place inversement proportionnelle à leur importance réelle (le peuple souverain s’étant depuis chargé de révéler on ne peut plus clairement le néant de leur représentativité réelle) ; malgré la présence de La Liste femmes et de la liste Egalité et équité, qui ont dû engranger des voix principalement à gauche ; malgré toutes les spéculations plus ou moins malveillantes sur nos chances réelles ou supposées de ne peut-être pas atteindre le quorum, et qui ont sans doute poussé quelques électeurs à voter « utile » (PS ou Verts), Ensemble à Gauche franchit néanmoins la barre fatidique du quorum, avec certes un score un peu plus bas qu’il y a quatre ans et demi (8,7%), mais qui aurait sans doute été plus proche des 10% sans tous les facteurs défavorables susmentionnés. Celles et ceux qui espéraient nous voir disparaître en sont pour leurs frais : nous sommes toujours là, plus déterminés que jamais.

Ce succès n’est pas l’effet du hasard. Il marque avant tout la reconnaissance du bon travail de notre groupe parlementaire, et au-delà du combat sans failles des organisations composant Ensemble à Gauche – dont le Parti du Travail – contre l’offensive néolibérale et réactionnaire de la droite, en faveur et aux côtés des classes populaires, pour le progrès social et démocratique. D’ailleurs, le vainqueur principal de ce 15 avril est bien la gauche, l’Alternative : le Parti Socialiste progresse en effet (de 15 à 17 sièges), et les Verts opèrent une spectaculaire remontée (de 10 à 15 sièges). Nous aurions bien sûr préféré que cette progression profite directement à Ensemble à Gauche, mais nous ne pouvons que nous réjouir du succès de nos alliés. L’Alternative en sort considérablement renforcée, augurant un rapport de forces plus favorable au Grand Conseil, sur lequel nous ne manquerons pas de nous appuyer pour tenter d’imposer une autre politique, plus favorable aux classes populaires qu’à l’infime minorité de millionnaires, qui seuls comptent aux yeux du PLR.

De l’autre côté de l’hémicycle, le PLR certes non seulement reste le premier parti du canton, mais progresse même (retrouvant surtout son niveau d’avant la fusion entre radicaux et libéraux) ; le PDC progressant légèrement aussi. Mais cette progression de l’Entente s’est faite principalement au détriment de l’UDC (qui franchit à peine le quorum) et du MCG (qui perd presque la moitié de ses sièges). Il s’agit, au fond, d’une configuration plus favorable que celle de la dernière législature. Reste le fait que le MCG demeure en position de faire et défaire les majorités parlementaires. Nous verrons quel comportement adoptera ce parti – dirigé par des politiciens bourgeois, mais ayant une base populaire, trompée par les slogans démagogiques de ses dirigeants – désormais que l’affaire du GeM est définitivement réglée (ce qui est d’ailleurs un des points les plus réjouissants du scrutin du 15 avril : il y a quand même une certaine justice en ce bas monde, l’argent  n’achète pas tout).

Nous ne pourrions clore ce bilan des élections cantonales du 15 avril dernier sans rendre l’hommage qui lui est dû à Christian Grobet, qui quitte définitivement le Grand Conseil après y avoir siégé plusieurs dizaines d’années : ancien conseiller municipal, député et conseiller d’Etat, homme de gauche et compagnon de lutte précieux, auquel les classes populaires de ce canton, tout particulièrement les locataires, doivent tant. Christian arrête certes la politique parlementaire ; nous nous ne l’oublierons pas pour autant, ni toutes les luttes que nous avons menées en commun.


Mais ces élections ne sont pas tout à fait finies : reste le deuxième tour de l’élection au Conseil d’Etat. Le Parti du Travail vous recommande résolument de cocher les noms de Jocelyne Haller, Anne Emery-Torracinta, Antonio Hodgers et Thierry Apothéloz, pour avoir une chance d’avoir un Conseil d’Etat moins à droite et menant une politique plus favorable aux classes populaires de ce canton.