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16 juillet 2022

Les combats poujadistes d’une droite rétrograde

 


Mis à part son combat traditionnel pour les privilèges des plus riches – «nous, les bourgeois, devons assumer ensemble nos responsabilités pour le bien de tous les habitants de la Suisse et mettre résolument un frein à l’appel de la gauche pour plus de redistribution, plus de nivellement et plus d’État», a déclaré Thierry Burkart, président du PLR suisse à la dernière Assemblée des délégués de ce parti ; c’est rare d’assumer avec une telle franchise conduire une lutte de classe…du côté de la bourgeoisie – le PLR a cherché à se profiler sur deux thèmes plus « porteurs » : la dénonciation, sur un ton outrancier, des « dérives sociétales » et des actions de désobéissance civile menées face à l’inaction des autorités eu égard à l’urgence climatique.

 

Nous nous concentrerons sur ce second aspect. Non pas que nécessairement toutes les actions choisies par les mouvements de désobéissance civile soient tactiquement pertinentes, ni que le fait de poursuivre une juste cause légitime par ce seul fait une violation de la loi. Le fait est en tout cas que l’urgence climatique est une réalité, et que ce qui est réellement criminel et « extrémiste » c’est l’inaction – voire la hausse des investissements dans les énergies fossiles –, de la part de la bourgeoisie et de ses gouvernements.

 

Que révèle du PLR le choix de ses combats, et la façon dont il les mène ? Le fait est que le PLR s’acharne sur la moindre action de désobéissance civile menée au nom de l’écologie, quand bien même elle n’impliqué aucun dommage à la propriété, et se limite à des perturbations mineures du trafic ou du fonctionnement ordinaire d’une agence bancaire. A entendre ces gens, la violation la plus légère de la loi est un scandale absolu, si ce n’est pas le plus grand problème de notre société, et justifierait la riposte la plus drastique.

 

Ce ton tapageur des critiques laisse entendre qu’aux yeux du PLR le problème dénoncé – le changement climatique ; ou plus spécifiquement les îlots de chaleurs urbains – est tout à fait mineur. Impression que confirme sa défense passionnée, et poujadiste, de la place de la bagnole en ville, au nom de la « liberté » ou des intérêts – réels ou supposés – des entreprises. La détestation quasi-irrationnelle envers tout mouvement écologiste vient visiblement de faits qu’on les voit au PLR comme des empêcheurs du business as usual. Notre profit d’abord ! Ensuite, la planète n’a qu’à brûler !

 

Pourtant, la sécheresse qui frappe aujourd’hui l’Italie montre bien que les restrictions à la « liberté » que dénonce le PLR paraîtront bientôt au mieux une aimable plaisanterie. Ce caractère rétrograde, pour ne pas dire attardé, des combats du PLR montre bien en tout cas la nocivité de ce parti, qui ne fait pas moins partie du problème que les climatosceptiques déclarés

07 juillet 2021

La pandémie n’est pas encore finie que la droite retourne à ses lubies néolibérales

 


Vous vous en rappelez peut-être de l’étrange débat sur le « jour d’après », où des représentants de la droite disaient que c’est en temps de crise que l’on devient plus intelligent, que les services publics sont en réalité essentiels, que le marché ne fait pas tout, que le rôle des collectivités publiques est essentiel pour le bien commun. Auraient-ils compris quelque chose ?

 

Si vous ne vous en souvenez plus, ce n’est pas grave. Leur bavardage était hypocrite de toute façon. La preuve ? La pandémie est loin d’être terminée, et les voilà qui reviennent déjà à la charge avec leurs vielles recettes empoisonnées à base de cadeaux fiscaux aux plus riches et aux grandes entreprises, de démantèlement des services publics, de coupes dans les conquêtes sociales, de plus « d’ouvertures » au marché et à ses ravages.

 

Avec l’argent qui a été mis dans la lutte contre le Covid-19, les collectivités publiques ont plus que jamais besoin de recettes fiscales. Peu importe aux yeux de la droite qui revient avec des nouvelles idées de baisses d’impôts, dont toujours les mêmes bénéficieraient. L’Assemblée fédérale a ainsi décidé de supprimer le droit de timbre – impôt sur l’émission et la négociation de titres (actions et primes d’assurances essentiellement) – un des seuls impôts que certaines entreprises de la finance payent, qui est presque indolore pour elles, et qui rapporte 2,2 milliards de francs par année à la Confédération. La droite veut néanmoins le supprimer, sans même qu’il y ait une justification économique un tant soit peu plausible à ce scandaleux cadeau. A Genève, le PLR a lancé une initiative pour supprimer la taxe professionnelle communale, ce qui ferait perdre des rentrées fiscales indispensables aux communes.

 

Pendant ce temps, le Conseil fédéral souhaite privatiser Postfinance – pour achever le démantèlement du service public essentiel qu’est la Poste – privatisation purement idéologique, qui coûterait en plus cher au lieu de rapporter. Le même Conseil fédéral souhaite libéraliser totalement le marché de l’électricité ; ce qui impliquerait de rendre impossible de faire primer une politique énergétique un tant soit peu rationnelle sur la recherche du profit à court terme des entreprises privées actives dans ce secteur. Il n’est que logique hélas que le gouvernement de la bourgeoisie, même à l’heure de l’urgence climatique, ne pense qu’au profit du capital, plutôt qu’à l’écologie.

 

Et la majorité de droite de l’Assemblée fédérale veut faire passer une réforme de l’AVS sur le dos des femmes. C’est qu’il n’y aurait plus d’argent…évidemment, quand on le laisse s’accumuler dans les poches des plus riches !

 

La droite, représentation politique de la bourgeoisie, ne changera jamais. Elle ne peut que mener la même politique de classe, une politique qu’il faut résolument combattre. Jamais le jour d’après n’adviendra avant que fussent battu ceux qui ont régné sur le jour d’avant.

07 février 2021

Non à un nouveau vol des rentes ! Non à une nouvelle attaque contre la retraite des femmes !

 



Combien de fois faudra-t-il qu’on vote pour qu’ils comprennent que non ça veut dire non ? Le peuple a clairement refusé la hausse de l’âge de départ à la retraite des femmes. Tout comme il a refusé les tentatives de démantèlement du système de retraites, les attaques contre les prestations.

 

Mais, de la volonté du peuple, la Commission de la sécurité sociale et de la santé du Conseil des États (CSSS-E) n’en a cure. Elle revient à la charge. Le peuple a rejeté la réforme PV 2020 en 2017 ? Qu’est-ce que ça peut bien faire ? La CSSS-E remet une nouvelle mouture de ce projet à l’ouvrage : AVS 21. Cette commission – composée de neuf hommes, et de seulement quatre femmes – souhaite revenir avec pas moins que la disposition la plus décriée de PV 2020 : la hausse de l’âge de départ à la retraite des femmes, à 65 ans (contre 64 aujourd’hui).

 

Ainsi, deux ans après la grève des femmes, alors que l’égalité salariale n’est toujours pas réalisée, qu’un tiers des femmes qui partent à la retraite aujourd’hui n’ont pas de deuxième pilier, que les femmes assument encore aujourd’hui l’essentiel du travail de garde, de soins et d’assistance, mais que ces tâches caractérisant le travail de reproduction sociale ne sont pas prises en compte pour leurs retraites, la CSSS-E ne veut faire rien de moins qu’une réforme de l’AVS sur le dos des femmes !

 

Les services du conseiller fédéral Alain Berset (qui est, paraît-il, un socialiste) ont concocté plusieurs variantes pour compenser quelque peu cette régression : facilitations pour la retraite anticipée, possibilité pour les femmes qui ne gagnent pas plus de 56'880,- par an de partir à la retraite à 64 ans sans réduction des prestations, hausse des prestation pour celles qui ont un bas revenu et choisiraient de travailler jusqu’à 65 ans, voire au-delà…Mesures de compensations qui coûteraient 700 millions. La hausse de l’âge de départ à la retraite à 65 ans, elle, rapporterait 1’4 milliards de francs d’économie par an.

 

C’était pourtant encore trop généreux pour la majorité de droite à la CSSS-E, qui a décidé de restreindre les mesures de compensation, de limiter les possibilités de prendre une retraite anticipée, de façon à limitée le coût des mesures de compensation à 440 millions de francs. Par ailleurs, le Conseil fédéral voulait relever la TVA de 0,7% pour financer l’AVS, ce que la CSSS-E a jugé excessif (ce en quoi elle n’a pas tort, s’agissant d’une taxe fondamentalement antisociale).

 

Cette attaque est inacceptable. Et il ne faut en aucun cas se laisser duper par leur bavardage sur la « nécessité d’assainir l’AVS ». Il est tout à fait possible de financer un système de retraites par répartition garantissant des rentes décentes, si tant est qu’on en ait la volonté politique. Seulement, la droite néolibérale rejette l’État social en son principe. Aussi, à ses yeux, l’AVS ne sera jamais « assainie ». Si elle arrive à imposer la hausse de l’âge de départ à la retraite pour les femmes à 65 ans, elle reviendra à la charge avec une hausse de l’âge de départ à la retraite à 67 ans pour toutes et tous, ensuite avec de nouvelles baisses des rentes, et ainsi de suite, jusqu’à ce que d’un système de sécurité sociale il ne reste plus rien.

 

Non pas que le système des trois piliers soit satisfaisant. Mais, dans cet édifice, c’est le deuxième pilier, véritable usine à gaz, beaucoup plus cher, moins sûr et moins social que l’AVS qui pose problème. Une réforme structurelle est indispensable. Mais la vraie solution est l’intégration du deuxième pilier dans une AVS renforcée, pour avoir enfin un système de retraites populaires, par répartition intégrale, efficace et socialement juste, tel que le prône le Parti du Travail. En aucun cas un nouveau vol des rentes.

 

Pour l’instant, il ne s’agit que d’un projet de la CSSS-E. Le texte n’a pas encore été discuté en plénum du Conseil des États, encore moins par le Conseil national. On ne sait pas encore ce que sera la loi au final, ni si elle trouvera une majorité à l’Assemblée fédérale. Mais ce n’est certainement pas le moment de baisser la garde ! Il faut étouffer ce projet inadmissible dans l’œuf !

 

Un appel urgent, « Pas touche aux rentes des femmes ! », lancé par l’USS, a fait plus de 200,000 signatures en quelques jours. Nous vous invitons à le signer si ce n’est pas encore fait : https://appel.rentes-des-femmes.ch/signer

 

Si l’Assemblée fédérale finit par voter une réforme des retraites sur le dos des femmes, un référendum sera nécessaire. Il faut se préparer pour cette bataille.

19 novembre 2020

De la crise sanitaire à la crise économique

 

Si la pandémie du Covid-19 est loin d’être finie, que nul ne sait quand elle le sera, derrière la crise sanitaire, c’est une autre crise qui se profile, ou plutôt qui est déjà réalité : une crise économique majeure, doublée d’une crise sociale. L’économie mondiale est en récession, plus ou moins accentuée selon les pays, à l’exception notable de la République populaire de Chine.

 

La Suisse est également en récession. Les dégâts ont pu être globalement contenus jusque là, grâce aux mesures prises par la Confédération durant le premier semi-confinement : crédits cautionnés, allocations pour pertes de gain et RHT. Cela n’a pourtant pas suffi pour empêcher une première vague de licenciements. Mais ce n’est qu’un sursis. Beaucoup de PME, dans la restauration, le commerce, le tourisme,...sont à bout, et ne pourraient se permettre de s’endetter davantage. Le monde de la culture est aussi dans une situation dramatique. Le deuxième semi-confinement menace de causer une vague de faillites, avec le désastre social que cela impliquerait.

 

La bourgeoisie, ses associations patronales, ses hommes politiques, ses économistes, sont divisés sur la conduite à adopter face à cette crise. Et, parmi les différentes fractions de la bourgeoisie, c’est l’UDC qui a adopté la ligne néolibérale la plus jusqu’au-boutiste. Guy Parmelin s’est fait la mauvaise volonté incarnée d’aller au-delà des mesures déjà existantes, et notoirement insuffisantes, de soutien aux entreprises empêchées de travailler du fait des mesures sanitaires. Ueli Maurer s’est fait la caricature incarnée du grand argentier près de ses sous, et refusant d’en lâcher davantage que les infimes montants prévus à titre d’aides à fonds perdus pour les cas de rigueur.

 

A qui profiterait concrètement cette approche de laisser-faire et d’austérité ? La réponse n’est pas difficile : aux monopoles, dont la situation financière est assez solide pour résister à la période difficile de la crise, et qui auront beau jeu ensuite de récupérer les parts de marché laissées vacantes par leurs concurrents plus petits et plus faibles, qui auront fait faillite, pour relancer un nouveau cycle d’accumulation du capital. Et parmi ces monopoles, a fortiori ceux qui non seulement n’ont pas à se « restructurer », mais ne se sont jamais si bien porté : les GAFAM, les grandes banques…Ce qui rappelle, pour qui s’en douter, que l’UDC n’est aucunement le parti du « peuple suisse », ni celui des paysans, ni des PME, mais seulement celui des monopoles. Inutile de dire quel drame social impliquerait l’application de cette politique néolibérale. Pour l’UDC, ce sont sans doute de simples dommages collatéraux…

 

Toute la bourgeoisie n’est pas d’accord avec cette ligne jusqu’au-boutiste. Le canton de Vaud a décidé d’un plan de relance devisé à 115 millions de francs. On lit d’intéressants commentaires dans le Temps du 6 novembre à ce sujet. Nils Soguel, vice-directeur de l’Institut de hautes études en administration publique : « Quelle que soit la situation financière du canton, ce n’est de toute manière pas le moment de vouloir lutter contre l’endettement. Il est trop tard, ou trop tôt pour penser à ce problème ». Et Cédric Tille, économiste : « Il faut tout de même éviter de vouloir faire du perfectionnisme helvétique. Si on en fait trop et qu’on s’aperçoit qu’on a soutenu des zombies, on aura gaspillé un peu, mais rien ne sera irrémédiable. Si on déclenche une cascade de faillites, le savoir-faire et l’activité économique sont beaucoup plus difficiles à remettre en marche ». Une partie lucide de la bourgeoisie abandonne l’idéologie néolibérale (du moins, du temps de la crise) et se convertit au keynésianisme. Qu’est-ce que le Parti du Travail pense de cette situation de crise ? Premièrement, et avant toute chose, il faut répondre à l’urgence sociale. Le premier semi-confinement a révélé l’existence d’une pauvreté à grande échelle dans notre pays, pauvreté que la crise a encore aggravé. Le filet social existant est notoirement insuffisant. Un revenu garanti, pour toutes et tous, est indispensable.

 

Deuxièmement, la crise économique n’est pas la simple conséquence de la pandémie, et des mesures prises pour la combattre. Cette crise est une crise structurelle, de suraccumulation du capital. Un plan de relance ne suffira pas à « revenir à la normale ». Un tel plan de relance est néanmoins indispensable, ne serait-ce que pour éviter le désastre sociale de faillites en cascade, avec autant de travailleurs jetés sur le carreau. La « restructuration » par le marché de secteurs « dépassés » doit être refusée, pour des raisons tant sociales qu’économiques. Il n’est certes pas possible, ni raisonnable de maintenir artificiellement en vie des secteurs entiers de l’économie, mais si restructuration il doit y avoir, celle-ci doit être accompagnée, avec des solutions de reconversion sérieuses pour les travailleurs, plutôt que de laisser faire les forces destructrices du marché.

 

Mais les mesures keynésiennes ne sont au mieux que des solutions temporaires. Une relance de l’accumulation du capital se ferait au prix d’une aggravation de l’exploitation des travailleurs, et impliquerait un désastre écologique inégalé. Une sortie de crise, socialement juste et écologiquement durable, suppose selon nous la création massive d’emplois, publics ou coopératifs, socialement et écologiquement utiles. Mais la seule façon de mettre fin aux crises du capitalisme, c’est le socialisme.

19 avril 2020

Intervention par vidéo, 27.03.20

Citoyennes, Citoyens, Camarades,

C’est en ma qualité de président du Parti du Travail que je m’adresse à vous. Je le fais par cette voie-là, car dans les circonstances que nous vivons, nos moyens habituels de travailler politiquement sont impossibles. C’est aussi l’occasion d’inventer de nouvelles méthodes. Nous verrons si l’expérience est concluante.

Comme vous le savez, la situation est grave. Avec près de 11'000 cas répertoriés, la Suisse présente le taux le plus élevés de personnes infectées par nombre d’habitants (en tout cas, d’après les chiffres officiels fournis par les différents pays). Les hôpitaux sont proches du point de saturation, malgré tous leurs efforts remarquables, et le nombre d’hospitalisations continue d’augmenter chaque jour.

Les mesures de confinement partiel prises par les autorités sont certainement justes, quoique insuffisantes. Ce serait bien par contre que le Conseil fédéral nous laisse au moins la possibilité de les suivre. Or, il fait tout le contraire, en refusant de suspendre toutes les activités non-essentielles, pour ne pas trop importuner « l’économie », quitte à favoriser la propagation du virus sur les lieux de travail, et à rendre par là inopérantes les justes mesures sanitaires qu’il a prises. Les cantons de Genève et du Tessin ont décidé d’arrêter tous les chantiers, ce qui était une mesure juste et indispensable. Mais le Conseil fédéral les a forcé à revenir en arrière : mesure non-autorisée ! C’est tout simplement scandaleux ! L’économie - les profits des patrons en clair – passent avant tout, les vies humaines en second lieu seulement !

Et que se passe-t-il ailleurs ? En France, le gouvernement impose des mesures de confinement très strictes…sauf pour aller travailler ! La ministre du travail (il faudrait dire « du capital ») Muriel Pénicaud a même incité les entreprises à trouver des solutions pour maintenir leur activité, accusant celles qui ne le feraient pas de « paresse » et de manque de « civisme ». Ce gouvernement, qui a démantelé un peu plus l’hôpital public, et envoyé ses CRS gazer et matraquer les soignants qui protestaient, qui est incapable de procurer à la France les masques et les tests indispensable, profite de la situation…pour démanteler le Code du Travail. Le profit (de quelques-uns) d’abord ! La santé des gens, dans la mesure du possible ! Aux USA, des représentants du Parti Républicains ne se gênent même pas pour dire qu’il ne faut prendre aucune mesure de confinement, et que les gens n’ont qu’à mourir en virus, pour le bien de l’ « économie » !

A contrario, le pays socialiste qu’est Cuba, malgré le blocus assassin qui l’étrangle depuis des décennies, répond présent à l’appel à l’aide de nombreux pays, dont l’Italie, un pays capitaliste développé et membre de l’UE (qu’aucun autre pays membre de l’UE n’a voulu aider). C’est que la solidarité internationale n’est pas un vain mot à Cuba. C’est par contre un mot que les eurocrates ne sauraient comprendre. Pendant ce temps, l’administration Trump, incapable de prendre des mesures minimalement sérieuses contre l’explosion de l’épidémie du COVID-19 dans son propre pays, a encore l’indécence de faire pression sur les autres pays pour ne pas accepter l’aide cubaine, et a encore trouvé le moyen de mettre à prix la tête de Nicolas Maduro, président légitime de la République Bolivarienne du Venezuela, sous d’absurdes accusations de « narco-terrorisme » (quant on sait que les USA n’ont aucun scrupule à traiter avec les vrais narcoterroristes de l’extrême-droite colombienne, et est la plus grande puissance terroriste en ce monde). Mise à prix, c’est quoi ces méthodes de gangster ? On va lui envoyer des chasseurs de primes aussi ?! Cet exemple illustre bien je crois les mérites comparatifs, et la différence morale irréductible qu’il y a, entre le capitalisme finissant et le socialisme.

Car, oui, nonobstant l’urgence sanitaire qui nous concerne tous et qui doit primer, la question de l’épidémie est une question profondément politique, une question de classe. Le virus est le même pour tous, certes, mais les politiques choisies pour y faire face, les politiques qui ont conduit à la situation actuelle, ne le sont pas. J’ai parlé de la situation des hôpitaux, proche du point de saturation. Pourquoi ? Certes, une pandémie telle que celle du COVID-19 est un défi de taille, pour n’importe quel système de santé. Mais, tout de même, si les hôpitaux suisses sont en difficulté, c’est que, depuis des années, ils ont fait l’objet de mesures d’économie néolibérales imposées par une droite ralliée à cette idéologie mortifère : autonomisation pour que l’hôpital fonctionne come une entreprise privée, pressions incessantes pour faire toujours plus avec toujours moins, horaires de travail interminables, réduction du nombre de postes. Les HUG ont subi pas moins de trois plans d’austérité. De ce fait, le Canton de Genève comptait encore 7.5 lits pour 1000 habitants en 2005 et seulement 4.9 en 2018. Le personnel était déjà à bout avant même l’épidémie. Or, cette idée de gérer un service public essentiel qu’est un hôpital comme une entreprise est une aberration absolue. Un hôpital « bien géré » d’un point de vue néolibéral est un hôpital qui travaille à flux tendu, à la limite de ses capacités. On paye aujourd’hui le prix de cette politique égoïstement comptable.

Je pourrais parler de nombre d’aspects de la politique fédérale et cantonale liée à l’épidémie. Je n’en évoquerai qu’un seul. Les votations du 17 mai sont reportées, comme vous le savez. Il n’est toutefois pas inutile de dire que nous aurions été appelés à voter sur un sujet cantonal en particulier – une loi constitutionnelle visant à introduire une garantie de déficit pour l’IMAD (Institution de maintien à domicile) – car il a tout à voir avec la situation d’aujourd’hui, et permet de montrer tout le hiatus entre les belles paroles de certains dans les temps difficiles que nous vivons, et leurs actes dans un passé très récent. La droite (PLR, PDC, UDC) a en effet combattu cette mesure – de simple bon sens – voté par la gauche et le MCG.

Je cite ici le mémorial du Grand Conseil, séance du vendredi 18 octobre 2019, quelques mois à peine avant la pandémie que nous vivons.

Pierre Conne, député PLR et rapporteur de minorité disait – je cite :

« Concernant les HUG, je l'ai dit, ce projet de loi sur la garantie constitutionnelle de déficit pour l'IMAD s'y réfère en postulant que puisque les HUG en disposent, l'IMAD doit en disposer aussi. Or, depuis la réforme de la LAMal de 2012, qui met sur pied d'égalité les hôpitaux privés et publics sur le plan de la planification et des financements, il n'y a aucune raison que les HUG seuls bénéficient d'une garantie constitutionnelle de déficit, alors que d'autres établissements hospitaliers du canton remplissent les conditions d'octroi de mandats de prestations. L'IMAD devra être soumise aux mêmes règles et répondre aux mêmes exigences. »

La proposition que soutenait fort logiquement Pierre Conne étant de – au lieu d’étendre la garantie de déficit à l’IMAD – de la retirer aux HUG.

Je cite aussi Bertrand Buchs, député PDC :

« Deuxièmement, on a raté quelque chose dans la planification: l'IMAD reprend en partie un travail effectué auparavant par l'Hôpital cantonal, puisqu'on est moins hospitalisé aujourd'hui et davantage pris en charge à domicile. Il faut donc des transferts de charge entre l'Hôpital cantonal et le service des soins à domicile. C'est ça qu'il faut ! On a deux budgets complètement séparés alors qu'on doit intégrer ces deux budgets. L'IMAD fait une partie de ce que faisait l'hôpital il y a vingt ou trente ans: elle doit donc peut-être recevoir une partie du budget de l'Hôpital cantonal pour pouvoir fonctionner. C'est à ça qu'il faut d'abord réfléchir avant de voter la tête dans le sac une garantie de déficit qui permet de n'avoir aucune réflexion, puisque, comme l'a très bien dit le rapporteur de minorité, il n'y aura plus de débats sur les demandes de crédits supplémentaires, il n'y aura pas besoin de débat du Grand Conseil étant donné que de toute façon l'argent sera garanti pour l'IMAD. »

Les orateurs de gauche ont justement montré que, si l’IMAD en faisait plus qu’autrefois, c’était suite à un transfert des charges voulu par la même majorité de droite cantonale, et que celle-ci avait l’objectif, à peine caché, de profiter de la situation pour faire des coupes budgétaires, et ouvrir plus le secteur de la santé au privé, au libre-marché.

Si la droite avait réussi à faire passer de telles propositions de retirer la garantie du déficit des HUG, et en-sus d’amputer encore leur budget pour en transférer une partie à l’IMAD (au lieu de simplement allouer à cette institution indispensable le financement dont elle besoin, pour faire face aux missions que le Grand Conseil lui-même a voulu qu’elle se charge), on ne peut qu’imaginer la catastrophe que cela aurait représenté aujourd’hui, en pleine épidémie.

Plus dangereux, plus mortel, plus destructeur de nos sociétés que le COVID-19 est le virus néolibéral, un virus qu’il faudra éradiquer de toute urgence.

Un autre aspect dont je dois vous parler – sans vouloir en faire le point central de mon intervention – est le second tour des élections au Conseil administratif de la Ville de Genève, fixé au 5 avril prochain, et que le Conseil d’Etat a choisi de maintenir à cette date, malgré l’épidémie. Ce choix est-il contestable ? Sans doute. Le report du deuxième tour, au plus tôt à l’automne aurait toutefois aussi posé d’importants problèmes légaux. Selon la loi, le second tour devant en effet se tenir au plus tard cinq semaines après le premier, dont il est la continuation. Autrement, ce serait une élection nouvelle, dans un contexte changé. En cas de report, c’est le premier tour qui aurait été susceptible de recours, et d’annulation. Et certains sièges ont d’ores et déjà été repourvus au premier tour. Faudrait-il alors « désélire » des conseillers administratif élus ? La décision du maintien est toutefois contestée, pour des raisons parfaitement valables. Je vois même des appels au boycott se multiplier, car l’humain doit primer sur les élections. La réaction est certes compréhensible, mais peu judicieuse. Le fait est que le deuxième tour aura lieu. En toute probabilité, son résultat sera validé, même si le taux de participation devait être particulièrement bas. Or, le résultat sera l’élection des exécutifs municipaux. Pour les cinq prochaines années. Renoncer à voter, c’est laisser les autres choisir pour vous, un choix que vous devrez subir le cas échéant. Ce n’est donc pas une bonne idée.

La question qui se pose : à qui voulons-nous confier les responsabilités ? A ceux qui ont infecté la Suisse avec ce virus néolibéral, qui étaient prêts à couper dans le budget des HUG, qui font passer l’ « économie » avant les vies humaines, ou si nous voulons faire autre chose. La portée de l’action d’une collectivité publique comme la Ville de Genève est certes limitée, mais les forces politiques de la gauche combative et notre candidate Maria Pérez ont un engagement éprouvé et sans compromissions dans la défense des valeurs de solidarité, de justice sociale, de respect de l’environnement, en soutenant un service public fort et les prestations à la population. Je vous invite aussi à voter sans hésiter pour Maria Pérez, candidate du Parti du Travail au Conseil administratif de la Ville de Genève.

Car un changement radical est aujourd’hui indispensable. L’épidémie du COVID-19 a mis au grand jour toute la fragilité et toutes les aberrations du capitalisme mondialisé et néolibéral. Un système qui en vient à envisager à sacrifier massivement sa propre population pour ne pas mettre en danger « l’économie » et qui ne trouve pas d’autre moyen de se maintenir à flots qu’en faisant tourner à plein régime la planche à billets, ce qui ne peut être qu’une solution temporaire, créatrice d’une crise aggravée prochaine. L’économie mondiale est actuellement au  bord d’une crise cataclismique, autrement plus grave que celle de 2008. Ce système a fait son temps. Il est urgent d’en sortir.

Cette situation donne plus que jamais son sens à l’action d’un Parti come le nôtre, un Parti qui se refuse à considérer le capitalisme comme l’aboutissement de l’histoire humaine, et lutte pour le renversement de ce système fondamentalement inégalitaire, oppressif, prédateur, destructeur des êtres humains comme de la nature ; pour édifier à la place une nouvelle société socialiste, qui soit fondée sur les exigences du bien commun plutôt que du profit de quelques uns, où l’économie soit dirigée démocratiquement par la collectivité plutôt que par une poignée de possédants, où la démocratie devienne une réalité pleine et entière plutôt que d’être biaisée par le pouvoir de quelques lobbies au service d’intérêts privés.

A l’heure de l’urgence climatique, où l’exigence de profit  du capitalisme pousse les grandes entreprises et les politiciens bourgeois à s’engager toujours plus en avant dans une voie fatale, quelles que puissent être leurs belles paroles, où les experts du GIEC eux-mêmes parlent de la nécessité d’un changement de système, sortir du capitalisme devient une question de survie, et la lutte fondamentale de notre Parti plus nécessaire que jamais.

Parce que la pire des choses serait de revenir, quand l’épidémie sera terminée, au statu quo ante, à ce système mortifère qui nous a conduit là où nous sommes, et qui nous entraîne dans le gouffre, je finirai en citant Bertolt Brecht : « N’accepte pas l’habituel comme chose naturelle. Car en des temps de confusion organisée, d’une humanité déshumanisée, rien ne doit paraître naturel. Rien ne doit sembler impossible à changer. »


25 mars 2019

Inadmissible attaque d’Avenir Suisse contre le service public


Pendant que la jeunesse descend dans la rue pour le climat et notre avenir à tous, d’autres continuent à prôner la fuite en avant dans le capitalisme néolibéral, malgré le désastre social et écologique auquel il a déjà mené. L’officine néolibérale Avenir Suisse vient ainsi de proposer pas moins que…la privatisation de la Poste. Argument : la rentabilité de la Poste est en baisse, et devrait baisser encore ; donc, il faut laisser faire le libre-marché et la concurrence, qui sont la solution magique à tous les problèmes. Par ailleurs, la mission de service public universel de la Poste coûte cher, et ne serait même pas vraiment indispensable à l’ère du numérique.

Cette « proposition » d’Avenir Suisse n’a pas manqué de recueillir des soutiens, en tout cas des signes d’ouverture, de la part de politiciens de droite. Le conseiller national PLR Philippe Nantermod a ainsi dit que la question se pose légitimement, puisque la Poste est d’ores et déjà une SA et fonctionne de fait comme une entreprise à but lucratif. Remarquons que, contrairement à ce que la droite prétend, et conformément à ce que nous avons toujours dit, l’ « autonomisation » des régies publiques est bien un premier pas en direction de la privatisation.

Le conseiller national PDC Guillaume Barazzone (par ailleurs conseiller administratif en Ville de Genève) ne serait pas opposé à une privatisation de PosteFinance, car il n’y aurait pas besoin d’une banque d’Etat en Suisse, puisque de toute façon il y a assez de banques privées et que la garantie apportée par la Confédération biaise la concurrence. Rappelons que M. Barazzone est convoqué par le ministère public à titre de prévenu pour gestion déloyale…

Il faut le dire clairement, la proposition de privatisation de la Poste avancée par Avenir Suisse est celle d’un vol pur et simple d’un service public essentiel, qui appartient au peuple. La Poste remplit une mission de service public essentielle, qui est déjà par trop mise à mal par sa direction actuelle, et par les absurdes impératifs de marché auxquelles elle est soumise. Elle doit redevenir une régie publique qui n’a pas à être rentable, mais à remplir une mission au service de la population. Quant aux politiciens et propagandistes libéraux, ils jouent un rôle profondément nuisible dans notre pays. Il faut absolument les combattre.