23 mars 2009

Le secret bancaire est à l’agonie : aucune raison de le regretter !



Bien que la bourgeoisie suisse n’ose pas ou ne veuille pas l’admettre, le secret bancaire est bel et bien à l’agonie. Contrairement aux accusations aussi grandiloquentes que ridicules (« la cinquième colonne prépare la capitulation ») du libéral Pierre Weiss envers la gauche qu’il accuse de « trahison envers la patrie » (c'est-à-dire envers les banques suisses), c’est le Conseil fédéral à majorité bourgeoise qui a « capitulé », après quelques gesticulations et protestations de forme, face à ses rivaux impérialistes étatsuniens et européens, acceptant de conclure avec eux des traités supprimant pour leurs contribuables la subtile distinction entre fraude et soustraction fiscale, distinction qui constitue de facto le secret bancaire helvétique (et non pas la protection des données, impliquant que les services de l’Etat n’aient accès aux informations relatives au compte d’un individu qu’en cas de poursuites pénales, ce qui est le cas partout). Cette distinction entre fraude fiscale qui est punissable et soustraction fiscale qui ne l’est pas consiste simplement, au-delà de toutes les subtilités et sophismes de juristes, qu’un contribuable peut en toute légalité détourner une partie de ses revenus imposables, les cacher au fisc, s’il le fait assez subtilement (s’il commet une soustraction et non une fraude).

Ce subtil système a permis à des riches contribuables américains et européens, à des dictateurs des pays pauvres, à des mafieux, mais aussi à des riches contribuables suisses de soustraire des sommes gigantesques au fisc de leurs pays, de voler à leurs pays des fortunes qui auraient dû financer des prestations sociales, et cela sans être inquiétés, car protégés par la loi suisse. Le secret bancaire helvétique n’est donc pas autre chose qu’un soutien au vol, au détournement fiscal et au blanchiment d’argent. C’est ce qui a fait écrire à Jean Ziegler La Suisse lave plus blanc. Durant les années fastes, l’existence des paradis fiscaux, dont la Suisse, arrangeait les bourgeoisies européennes et nord-américaines qui en profitaient grandement. La crise mit fin à cet état de fait. Le laisser-faire néolibéral a mené le capitalisme à une crise sans précédent. Pour sauver le système de propriété privée qui est source de la richesse de leurs classes dirigeantes, les Etats bourgeois sont obligés de mettre en place un minimum de régulation, mais surtout renflouer leurs banques à coup de milliards pour les sauver de la faillite, c’est-à-dire faire payer une fois de plus leur crise à leurs peuples. Sous peine de se retrouver en faillite, les Etats bourgeois ne peuvent désormais plus tolérer qu’une partie de leurs possédants détournent leurs revenus du fisc.

Les bourgeoisies étatsuniennes et européennes se sont entendues pour liquider les paradis fiscaux et les off-shores, qu’elles considèrent être incompatibles avec leur plan de sauvetage du capitalisme, comme mesure anti-crise. Le Luxembourg, Liechtenstein, Andorre, l’Autriche… ont déjà cédé ou sont prêts à céder. Les Iles Caïman, Hong Kong, Macao… n’ont pas encore été inquiétés, mais leur tour va probablement bientôt venir. Dans cette situation, la bourgeoisie suisse n’avait d’autre choix que de « capituler » (si l’on veut reprendre la fanfaronne métaphore martiale de Pierre Weiss). Le secret bancaire n’est toutefois pas mort pour autant : des dictateurs africains ou des mafieux des pays de ce qui fut l’URSS pourront encore en profiter pour cacher dans les coffres forts suisses l’argent volé à leurs peuples… de même que des contribuables helvétiques fraudant le fisc suisse ! Toutefois, la panique de la bourgeoisie helvétique n’est que trop compréhensible : privée de la possibilité d’héberger des fortunes détournées par de riches européens et américains ne peut que la priver d’une part appréciable de ses revenus.

Face au tintamarre propagandiste grandiloquent (dont monsieur Weiss est sans doute le meilleur exemple) qui cache mal la panique de la bourgeoisie suisse, nous ne devons pas tomber dans le piège, tendu par l’ennemi de classe, de croire que sommes pas « tous dans le même bateau ». En tant que Parti communiste, il est de notre devoir de rappeler l’antagonisme fondamental entre les classes. Contrairement aux mensongers que la bourgeoisie distille à longueur de journées, le secret bancaire ne profite nullement aux travailleurs suisses. Tout au plus avons-nous reçu pendant ces dernières décennies quelques os de la table des patrons, des os qu’ils avaient eux-mêmes volés aux peuples des pays néo-colonisés. Certes les banques suisses payent des impôts qui servent à financer quelques maigres prestations sociales que les bourgeois nous ont presque toutes déjà enlevées. Mais si le niveau de vie moyen en Suisse est l’un des plus élevés au monde, le pays n’en est pas moins extrêmement inégalitaire (un million de personnes, soit environ un septième de la population totale, en dessous du seuil de pauvreté selon Caritas) et plus inégalitaire que ses voisins qui ne connaissent pas de secret bancaire.

C’est que, que les banques suisses se gavent de l’argent volé aux autres peuples de la planète ne rapporte pas pour autant le moindre bien être, ni le moindre emploi pour les travailleurs suisses. Car les banques privées ne peuvent avoir pour seul but que le profit maximum, elles ne vont donc pas investir leurs précieux trésors volés aux peuples de la planète dans l’économie réelle helvétique avec des salaires décents à la clé. L’usage qu’elles ont fait jusque là de leur argent n’est que trop connu : délocalisations industrielles dans les pays pauvres avec des salaires de misère à la clé, « restructurations » d’entreprises avec licenciements de masse et baisses de salaires, spéculations… prospérité qui a fini dans les subprimes américains, si bien que le peuple suisse a dû payer l’ardoise d’UBS. Continuer la politique que la droite et la social-démocratie veulent continuer ne peut conduire la Suisse à un autre destin que celui de l’Islande : la faillite intégrale. Vouloir sauver le capitalisme dans le fol espoir que la bourgeoisie suisse redevenue hautement bénéficiaire ait l’immense bonté de partager un peu sa richesse est absurde ; quelque soit la façon dont on pose l’équation, l’issue pour les travailleurs est toujours la même : la crise, le chômage, la misère. Face à un capitalisme désespérément en crise qui n’a rien à offrir aux peuples à part de le suivre dans le gouffre, nous devons porter haut et fort le vieux slogan des révolutionnaires russes : « Tu obtiendras ton droit dans la lutte ». Pour rompre avec ce non-avenir de chute dans le gouffre, nous devons arracher le pouvoir à cette bourgeoisie arrogante qui ne peut rien nous apporter à part la misère et la crise, afin de mettre en place une économie planifiée, une économie socialiste qui seule est capable de satisfaire les aspirations des peuples.

22 mars 2009

Documents d’identité biométriques : non à l’Etat Big Brother !

source de l'image: www.damweb.fr/wp-content/2008/09/big-brother-...

Voudriez-vous que la police fédérale crée à votre insu un dossier exhaustif sur vous, dossier enregistré dans une base de données centralisée dont vous ignorez tout du contenu, et qui serait consultable par les services de sécurité, mais aussi par les gouvernements étrangers et des entreprises privées, par une simple lecture à distance d’une minuscule puce cachée dans votre passeport, lecture à votre insu évidemment ? A cette question, il vous faudra répondre le 17 mai, dans le cadre de la votation nationale portant sur les documents d’identité biométrique. Il s’agit d’une loi, concoctée par les services du tristement célèbre ex conseiller fédéral Christophe Blocher et votée par la majorité de droite du parlement, qui sous couvert de modernisme branché et d’indispensable adaptation au progrès technologique est de fait dangereusement liberticide et s’inscrit dans la droite ligne du projet fascisant de la bourgeoisie suisse (de même que la modification de la loi sur la police dont parle notre éditorial).

Actuellement, les citoyens suisses peuvent choisir s’ils veulent avoir des documents d’identité biométriques ou non. La loi sur laquelle nous allons voter prévoit la suppression de ce choix. Si elle passe, les citoyens ne pourront avoir que des passeports et cartes d’identité biométriques, c'est-à-dire contenant une photo du visage numérisée, une empreinte digitale et une puce RFID dans le cas du passeport. Il sera impossible d’acquérir ces nouveaux documents « modernes » auprès de la mairie de sa commune, mais il faudra se rendre dans un des quelques centres prévus à cet effet (à Lausanne dans le cas des genevois). Quelques explications techniques s’imposent en ce qui concerne la puce RFID. Il s’agit d’une puce, comme son nom l’indique ; une puce qui peut être plus petite qu’un grain de sel mais pouvant contenir néanmoins des milliers et des milliers de page de texte dont le détenteur du passeport n’aurait aucune idée du contenu. Les informations qui y sont stockées peuvent être lues jusqu’à une distance de quelques mètres par un capteur à l’insu total du porteur du passeport. De plus, la technologie RFID, par l’intermédiaire de capteurs terrestres, est compatible avec le repérage par satellite. La carte d’identité ne contiendrait pas de puce RFID « jusqu’à nouvel avis » (dixit le Conseil fédéral). Mais selon la loi il aura toute latitude de rendre obligatoire la présence d’une puce RFID dans la carte d’identité, ainsi que toute autre innovation technologique dont nous n’avons pas la moindre idée actuellement, et ce sans aucune possibilité de référendum.

Les données biométriques seraient archivées dans une base de données centralisée, et par conséquent accessibles sans aucune limites ni aucun contrôle à touts les services de sécurité. Or même le parlement européen et des collaborateurs scientifiques du Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence se sont opposés à l’existence d’une telle base centralisée de données. Et combien à raison ! Car la loi qu’a voté le parlement n’est pas autre chose qu’un retour au fichage généralisé des citoyens (fichage qui de fait n’a certainement pas cessé une seconde), avec des moyens techniques et un pouvoir jamais vus auparavant donnés à la police fédérale. La droite de ce pays veut un espionnage de tous en permanence et sans limites, veut traiter tous les citoyens comme des criminels potentiels (seuls les suspects directs de crime devaient auparavant donner leur empreinte digitale). Les bourgeois veulent purement et simplement instaurer un Etat Big Brother, un Etat où chacun, sous un fallacieux prétexte de sécurité, serait fiché et surveillé sans limites par la police fédérale, sans plus aucune possibilité de contrôle démocratique ni même de contestation. De plus, les données sur les puces RFID seraient potentiellement lisibles, car ne pouvant être à 100% protégées, par des entreprises privées ou des services de sécurité étrangers.

La raison officielle avancée par le Conseil fédéral pour voter oui à cette loi liberticide est qu’elle serait soi-disant imposée par les accords de Schengen avec l’Union européenne, et que donc sous peine de perdre notre liberté de déplacement dans l’UE (et dans les USA qui exigeraient également cette technologie), nous n’aurions pas le choix que de voter oui. Il faut toutefois rappeler que la Suisse irait ainsi plus loin dans le fichage que l’UE, qui n’exige ni base de données centralisée, ni que les cartes d’identité (document à usage interne) soient biométriques. Mais dans tous les cas, ce chantage de l’UE ne saurait nous impressionner. Au contraire, c’est une raison de plus de voter non ! Car pourquoi les peuples devraient-ils obéir aux arrogants bureaucrates nommés de la commission européenne ? Nous devons résolument combattre ce sophisme bourgeois, sous peine de perdre nos libertés démocratiques. Que l’Union européenne cherche une énième fois à nous imposer un projet anti-démocratique et en tous points contraire aux intérêts des peuples confirme une fois encore la justesse de la position qui fut toujours celle du PdT, la position du rejet de cette UE, qui loin d’être « l’Europe » n’est qu’un outil d’oppression des peuples au service du grand capital. Voter non le 17 mai est donc un acte de résistance contre la droite fascisante, mais c’est aussi un acte d’internationalisme, un acte de solidarité avec les peuples européens dans leur lutte contre la construction européenne, antidémocratique et réactionnaire.

Pour toutes ces raisons, le Parti du Travail vous invite à glisser un non résolu et sans nuances dans l’urne le 17 mai.

19 mars 2009

L'empereur Palpatine, nouvel idéologue des libéraux genvois

La tête de liste des libéraux-radicaux pour les cantonales 2009!






Dans le discours où il proclama l'Empire galactique, Palpatine définit ce nouveau régime de la façon suivante: "une société fondée sur l'ordre et la sécurité". Ordre et sécurité? Pratiquement ces mots signifient toujours tyrannie, oppression et terreur, terreur qui atteindra son apogée avec la destruction d'Alderaan dans l'épisode 4. De fait, l'Empire galactique est un symbole du fascisme selon les propres dires de George Lukas (notamment les uniformes des officiers impériaux, directement inspirés de ceux des nazis) dans l'ancienne trilogie; et un symbole du bushisme poussé jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'au fascisme, dans la nouvelle.
Or, Olivier Jornot, notre disciple cantonal de Palpatine (ce serait faire trop d'honneur à ce piètre démagogue d'extrême-droite que de le comparer au brillant Seigneur Noir des Sith) a repris la même formulation que l'empereur dans la modification de la loi sur la police qu'il parvint à faire accepter par le parlement. Cette modification, intitulée Pour renforcer les libertés (décidémment, la droite dure a le sens de la provocation) et restaurer la sécurité publique, généralise les "mesures d'éloignement" (qui de fait existent déjà pour les étrangers, les mendiants, les drogués et dans d'autres cas très précis), en donnant à la police de nouveaux pouvoirs dont elle peut faire usage dans l'arbitraire le plus total.
Jugez en plutôt. La police peut interdire à une personne l'accès d'un périmètre verbalement jusqu'à 24 heures, et par écrit entre 24 heures et 3 mois (avec certes possibilités de recours devant le tribunal administratif), sous des motifs aussi flous que "elle même ou un rassemblement de personnes auquel elle participe menace l'ordre et la sécurité publique (vive la formulation palpatinienne!) ...importune un tiers ou empêche sans motif l'usage normal du domaine public". Parmi les cibles potentielles, seuls les mendiants, les drogués et les dealers sont mentionnés explicitement. Autres victimes non-mentionnées dans la loi, mais dans le discours de monsieur Jornot, les jeunes qui vont discuter en groupes le soir dans la rue (des "bandes" qui "traîent" dans le jargon néo-fasciste). En effet, c'est un crime très grave s'il en est, un crime contre l'humanité serais-je tenté de dire, que d'être jeune et de parler le soir dans la rue. Mais voir des jeunes en groupes de plus de trois, et (suprême offense) sans porter de costume trois pièces, dans la rue et 18 heures passées est insupportable pour ces respectables monsieurs en cravate. Ces jeunes devraient avoir honte de déranger ainsi par leur simple présence nos bons bourgeois de droite, que dis-je devraient avoir honte d'avoir moins de 30 ans! Ils devraient rester chez eux 18 heures tombées, ou alors s'endetter à mort pour aller dans des boîtes bourgeoises où une seule soirée peut coûter plus cher qu'une journée de travail de leurs parents!
Mais les formulations que je viens de citer, ambigues à souhait donc authorisant toutes les dérives et instaurant le délit de faciès, laissent à réfléchir. Visiblement, les rassemblements de personnes sont visés. Il s'agit très visiblement de criminaliser les manifestations de gauche, qui chacun sait troublent "ce calme apparent que l'on appelle de l'ordre" (Victor Hugo, parlant de condamnés au bagne réduits au silence à coups de matraque). Pour la droite néo-fascisante, la seule existence d'une cotestation est innacceptable, car elle trouble son ordre, c'est-à-dire celui de la soumission aveugle, celui de la servitude. C'est pourquoi, elle veut criminaliser toute contestation, l'accusant de "troubler l'ordre (c'est-à-dire tout le monde au pas) et la sécurité publique". Par exemple, si cette loi avait déjà été en vigueur le 31 janvier, j'aurais sans doute été interdit d'accès à tout le périmètre de la Rue du Mont-Blanc pendant 3 mois pour avoir participé à une manif interdite contre le WEF (cf. l'article "l'ordre règne à Genève"). "Trouble de l'usage normal du domaine public"? Il s'agit là clairement d'une loi anti-syndicale, que le conseiller administratif Pierre Maudet, jeune carriériste radical sarkosyste crypto-fascisant, a appliqué avant même qu'elle soit votée par le peuple contre des syndicalistes d'Unia qui participaient à un piquet de protestation devant Manor pour protester contre le licenciement abusif de leur camarade Marisa Pralong (licenciée sur le prétexte d'avoir commis le crime très grave d'avoir dans une lettre de lecteur à la Tribune de Genève critiqué les pratiques anti-sociales des grands détaillants du canton, sans même avoir mentionné nommément son employeur... de fait licenciée pour ses activités syndicales).
Il s'agit là très clairement d'une énième loi liberticide et fascisante, rappelant le Chili de Pinochet où les rassemblements de plus de trois personnes étaient interdits, concoctée par une droite qui de démocrate n'a plus que le nom, une loi fascisante du même registre que celle concernant le passeport biomètrique sur laquelle nous voterons le 17 mai, ou la généralisation des caméras de sécurité, ou l'arrestation sur simple soupçon... en vérité, une très longue série de lois, série qui se retrouve dans tous les pays dévéloppé et qui prouve évidemment l'existence d'un projet cohérant de toutes les bourgeoisies impérialistes. C'est que la bourgeoisie a peur, très peur de son peuple qui a tout intérêt à la renvercer, si bien que dès qu'elle se sent menacée (ce qui actuellement du fait de la crise est le cas) elle liquide les uns après les autres tous les acquis démocratiques que le peuple avait précédemment conquis par des décennies de luttes jusqu'à parvenir à une dictature intégrale. C'est ce qui se passe actuellement. La bourgeoisie suisse, qui garde encore un masque démocratique, attaque de plus en plus violement des droits démocratiques de plus en plus fondamentaux. Continuer dans ces conditions à croire en la sacro-sainte "démocratie semi-directe suisse" serait une tragique folie, cela nous menerait à rester passifs ou trop mous jusqu'à ce qu'un jour la droite laisse tomber le masque et que nous nous révéillions dans une prison à ciel ouvert qui est précisément le fascisme. Mais du moins, cette évolution fasciste de la droite et de l'Etat bourgeois a au moins cela de positif qu'elle réveille les masses, leurs fait perdre leurs illusions sur la "démocratie la plus parfaite au monde" et fait apparaître l'oppression de classe dans ce qu'elle a de plus brutal. Elle rappelle aussi à certains qui se disent communistes une vérité qu'ils n'ont que trop souvent oubliée: « Les formes d'Etats bourgeois sont extrêmement variées, mais leur essence est une : en dernière analyse, tous ces Etats sont, d'une manière ou d'une autre, mais nécessairement, une dictature de la bourgeoisie. Le passage du capitalisme au communisme ne peut évidemment manquer de fournir une grande abondance et une large diversité de formes politiques, mais leur essence sera nécessairement une : la dictature du prolétariat. » (Lénine)
SIGNEZ TOUTES ET TOUS LE REFERENDUM LANCE PAR LE PARTI DU TRAVAIL

Résumé indispensable sur la crise du capitalisme


Source de l'article: http://reveilcommuniste.over-blog.fr/

Fidel Castro écrit (texte publié sur le bog de Danielle Bleitrach) :RÉFLEXIONS DU COMPAÑERO FIDEL,Une réunion qui valait la peine


Une fois conclues les Rencontres de La Havane sur la mondialisation et le développement auxquelles ont assisté plus de mille cinq cents économistes, personnalités scientifiques de renom et représentants d'organisations internationales, j'ai reçu une lettre et un document d'Atilio Borón, docteur en sciences politiques, professeur titulaire de théorie politique et sociale, directeur du Programme latino-américain de télé-enseignement en sciences sociales (PLED), en plus d'autres responsabilités scientifiques et politiques importantes. Atilio, un ami solide et loyal, avait participé le jeudi 6 à la Table ronde télévisée aux côtés d'autres sommités internationales qui assistaient aux Rencontres. J'ai appris qu'il partirait le dimanche et je l'ai invité à une rencontre le samedi 7 mars, à 17 h. J'avais décidé d'écrire des Réflexions sur les idées contenues dans son document que je vais synthétiser dans ses propres mots.



« ...Nous nous trouvons devant une crise générale du capitalisme, la première à atteindre une ampleur comparable à celle qui a éclaté en 1929 et à ce qu'on a appelé la "Longue Dépression" de 1873-1896. Une crise intégrale, de civilisation, multidimensionnelle, dont la durée, la profondeur et la portée géographique seront sûrement supérieures à celles des précédentes.


« Il s'agit d'une crise qui dépasse de loin les domaines financier et bancaire et qui touche l'économie réelle dans tous ses volets. Elle frappe l'économie mondiale et s'étend bien au-delà des frontières étasuniennes.


« Quelles sont ses causes structurelles : il s'agit d'une crise de surproduction doublée d'une crise de sous-consommation. Ce n'est pas par hasard qu'elle a éclaté aux États-Unis puisque ce pays vit artificiellement, depuis plus de trente ans, de l'épargne extérieure et du crédit extérieur, deux choses qui ne sont pas infinies : les entreprises se sont endettées au-delà de leurs possibilités ; l'État s'est endetté lui aussi au-delà des siennes pour faire face non à une guerre, mais à deux, non seulement sans augmenter les impôts, mais même en les réduisant, tandis que les citoyens sont systématiquement poussés par la publicité à s'endetter pour soutenir une surconsommation effrénée, irrationnelle et gaspilleuse.


« Mais, à ces causes structurelles, il faut en ajouter d'autres : la financiarisation accélérée de l'économie et la tendance irrésistible à l'incursion dans des opérations spéculatives toujours plus risquées. Une fois découverte la "fontaine de jouvence" grâce à laquelle l'argent rapporte toujours plus d'argent en se passant de la valorisation que lui apporte l'exploitation de la force de travail et compte tenu du fait que l'on peut obtenir des masses énormes de capital fictif en quelques jours ou quelques semaines au plus, le capital, tel un narcodépendant, en arrive à renoncer à tout calcul, et même à n'avoir plus aucun scrupule.


« D'autres circonstances ont favorisé l'éclatement de la crise. Les politiques néolibérales de dérégulation et de libéralisation ont permis aux acteurs les plus puissants qui pullulent sur les marchés d'imposer la loi de la jungle.


« On a assisté à une énorme destruction de capitaux à l'échelle mondiale, une sorte de "destruction créatrice" qui, à Wall Street, a abouti à une dévalorisation des sociétés cotées en bourse de presque 50 p. 100 : une société qui détenait un capital de 100 millions n'en a plus aujourd'hui que 50 ! On constate une chute de la production, des cours, des salaires, du pouvoir d'achat. L'ensemble du système financier est sur le point d'éclater. Les pertes bancaires se chiffrent à plus de 500 milliards, et on s'attend sous peu à un billion de plus. Plus d'une douzaine de banques ont fait faillite, et des centaines d'autres courront le même sort. À l'heure qu'il est, la Réserve fédérale a transféré plus d'un billion de dollars au cartel bancaire, mais il en faudra 1,5 billion de plus pour maintenir la liquidité des banques dans les prochaines années. Nous vivons la phase initiale d'une longue dépression, et le mot récession, si à la mode récemment, ne traduit pas dans tout son dramatisme ce que l'avenir réserve au capitalisme.


« L'action ordinaire de Citicorp a perdu 90 p. 100 de sa valeur en 2008. Dans la dernière semaine de février, elle était cotée à Wall Street à 1,95 dollar !


« Ce processus n'est pas neutre, car il favorisera les oligopoles les plus importants et les mieux organisés qui déplaceront leurs rivaux des marchés. La "sélection darwinienne des plus aptes" fraiera la voie à de nouvelle fusions et alliances entre entreprises, lançant les plus faibles à la banqueroute.


« On constate un essor accéléré du chômage. Le nombre de chômeurs dans le monde (environ 190 millions en 2008) pourrait augmenter de 51 millions en 2009. Les travailleurs pauvres (ceux qui gagnent juste deux euros par jour) se monteront à 1,4 milliard, soit 45 p. 100 de la population active de la planète. Aux USA, la récession a déjà détruit 3 600 000 postes de travail. En Union européenne, les chômeurs sont 17 500 000, soit 1 600 000 de plus que voilà un an. On prévoit la perte de 3 500 000 emplois en 2009. Plusieurs États centraméricains, ainsi que le Mexique et le Pérou, seront durement touchés par la crise à cause de leurs liens étroits avec l'économie étasunienne.


« C'est une crise qui frappe tous les secteurs de l'économie : la banque, l'industrie, les assurances, le bâtiment, etc., et fait métastase à l'ensemble du système capitaliste international. « Des décisions prises dans les centres mondiaux et touchant les filiales de la périphérie engendrent des licenciements massifs, des ruptures de paiements, des chutes de la demande d'intrants, etc. Les USA ont décidé d'appuyer les Big Three (Chrysler, Ford, General Motors) de Detroit, mais uniquement pour qu'elles sauvent les usines du pays. La France et la Suède ont annoncé qu'elles conditionneront les aides à leurs industries automobiles : ne pourront en bénéficier que les usines situées dans le pays même. La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a déclaré que le protectionnisme pouvait être "un mal nécessaire en temps de crise". Le ministre espagnol de l'Industrie, Miguel Sebastián, pousse à "consommer des produits espagnols". » J'ajoute pour ma part que Barack Obama promotionne le "Buy American !".


« On peut citer d'autres sources de propagation de la crise vers la périphérie : la chute des cours des produits de base qu'exportent les pays latino-américains et caribéens, avec ses séquelles récessives et la montée du chômage. "Les envois d'argent des émigrés latino-américains et caribéens dans les pays développés à leurs familles diminuent brutalement. (Dans certains cas, les envois de fonds familiaux constituent la plus importante source de revenus des pays, au point de dépasser les recettes d'exportations.)


« Le retour des émigrés dépriment encore plus le marché du travail. « Tout ceci se conjugue à une profonde crise énergétique qui exige le remplacement du modèle actuel basé sur une utilisation irrationnelle et prédatrice des combustibles fossiles.


« Cette crise coïncide avec la prise de conscience croissante de la portée catastrophique des changements climatiques.


« Ajoutez-y la crise alimentaire, aggravée par la prétention du capitalisme de maintenir son modèle de consommation irrationnel et de reconvertir des terres aptes à la production d'aliments en terres destinées à la production d'agrocarburants.


« Obama a reconnu que nous n'avions pas encore touché le fond, et Michael Klare a écrit voilà quelques jours : "Si la catastrophe économique actuelle se transforme en ce que le président Obama a qualifié de "décennie perdue", le résultat pourrait en être un panorama mondial gros de convulsions provoquées par l'économie". « En 1929, le chômage avait atteint 25 p. 100 aux USA, tandis que les cours des produits agricoles et des matières premières dégringolaient. Dix ans après, malgré les politiques radicales mises en œuvre par Franklin D. Roosevelt (le New Deal), le chômage restait très élevé (17 p. 100) et l'économie ne parvenait pas à sortir de la dépression. Seule la Deuxième Guerre mondiale avait mis fin à cette étape. Pourquoi devrait-elle être plus brève aujourd'hui ? La dépression de 1873-1896 n'a-t-elle pas duré vingt-trois ans !
« Compte tenu de ces antécédents, pourquoi sortirions-nous de la crise actuelle en quelques mois, comme le pronostiquent des publicitaires et "gourous" de Wall Street ?


« On ne sortira pas de cette crise par une ou deux réunions de G-20 ou du G-7. Si l'on veut une preuve de l'incapacité radicale du système à régler la crise, il suffit de voir la réponse des principales bourses de valeurs du monde à chaque annonce ou à chaque sanction d'une loi portant approbation d'un nouveau sauvetage : la réponse des "marchés" est immanquablement négative.


« Selon George Soros, "l'économie réelle subira les effets secondaires qui prennent maintenant toujours plus de poids. Puisque, dans de telles circonstances, le consommateur étasunien ne peut plus servir de locomotive de l'économie mondiale, l'administration étasunienne doit stimuler la demande. Et comme nous faisons face aux problèmes menaçants du réchauffement de la planète et de notre dépendance énergétique, la prochaine administration devrait lancer un plan visant à encourager les économies d'énergie, à développer des sources d'énergies alternatives et à mettre en place des infrastructures écologiques."


« Une longue période de tiraillements et de négociations s'ouvre pour définir de quelle façon on sortira de la crise, quels en seront les bénéficiaires et quels seront ceux qui en feront les frais.
« Les accords de Bretton Woods, conçus dans le cadre de l'étape keynésienne du capitalisme, ont coïncidé avec la stabilisation d'un nouveau modèle d'hégémonie bourgeoise dont la toile de fond nouvelle et inattendue, conséquence de la guerre et de la lutte antifasciste, a été le renforcement du poids des syndicats ouvriers, des partis de gauche et des capacités de régulation et d'intervention des États.


« L'URSS n'existe plus, dont la simple présence, doublée de la peur de l'Occident de voir son exemple y irradier, faisait pencher la balance en cas de négociations en faveur de la gauche, des secteurs populaires, des syndicats, etc.


« La Chine joue de nos jours un rôle incomparablement plus important dans l'économie mondiale, mais sans atteindre un poids similaire dans l'arène politique mondiale. Malgré sa faiblesse économique, l'URSS était en revanche une formidable puissance militaire et politique. La Chine est une puissance économique, mais sa présence militaire et politique dans les affaires mondiales est faible, bien qu'elle soit en train d'entreprendre une réaffirmation très précautionneuse et graduelle dans la politique mondiale.


« La Chine peut finir par jouer un rôle positif pour la stratégie de recomposition des pays de la périphérie. Beijing est en train de réorienter graduellement ses énormes énergies nationales vers le marché intérieur. Pour de multiples raisons qu'il serait impossible de discuter ici, son économie doit obligatoirement croître de 8 p. 100 par an, en réponse soit aux stimulants des marchés mondiaux soit à ceux qui découlent de son marché interne immense mais encore partiellement exploité. Si ce virage se confirme, on peut prédire que la Chine continuera d'avoir besoin de nombreux produits originaires des pays du Tiers-monde, comme le pétrole, le nickel, le cuivre, l'aluminium, l'acier, le soja et d'autres matières premières et denrées alimentaires. « Lors de la Grande Dépression des années 30, l'URSS était en revanche très faiblement insérée dans les marchés mondiaux. La Chine est dans une situation différente : elle pourra continuer de jouer un rôle très important et, tout comme la Russie et l'Inde (bien que dans un moindre mesure), acheter à l'extérieur les matières premières et les aliments dont elle a besoin, contrairement à l'URSS durant la Grande Dépression.


« Dans les années 30, la "solution" à la crise avait été le protectionnisme et la guerre mondiale. De nos jours, le protectionnisme se heurtera à de nombreux obstacles du fait de l'interpénétration des grands oligopoles nationaux dans les différents espaces du capitalisme mondial. Compte tenu de l'existence d'une bourgeoisie mondiale, ancrée dans de gigantesques compagnies qui, malgré leur base nationale, opèrent dans une foule de pays, l'option protectionniste dans le monde développé sera peu efficace en ce qui concerne le commerce Nord/Nord, et les politiques tendront - du moins pour l'instant et non sans des tensions - à respecter les paramètres établis par l'OMC. L'atout du protectionnisme apparaît largement plus probable quand on le jouera, comme cela se fera sûrement, contre le Sud dans son ensemble. Il est pratiquement impossible que des "bourgeoisies nationales" du monde développé prêtes à lutter entre elles pour la domination des marchés déclenchent une guerre mondiale, parce que ce genre de bourgeoisie a été écarté par l'ascension et la consolidation d'une bourgeoise impériale qui se réunit périodiquement à Davos et pour laquelle le choix d'un affrontement militaire constituerait une idiotie monumentale. Ce qui ne veut pas dire que cette bourgeoisie mondiale n'appuierait pas, comme elle l'a fait jusqu'alors pour les équipées militaires des États-Unis en Iraq et en Afghanistan, de nombreuses opérations militaires à la périphérie du système, nécessaires à la préservation de la rentabilité du complexe militaro-industriel étasunien et, indirectement, à celle des grands oligopoles des autres pays.


« La situation actuelle n'est pas celle des années 30. Lénine disait que "le capitalisme ne chute que si une force sociale le fait chuter". Cette force sociale n'existe pas de nos jours dans les sociétés du capitalisme de la métropole, dont les États-Unis. « Auparavant, les USA, le Royaume-Uni, la France et le Japon vidaient leur querelle pour l'hégémonie impériale sur le terrain militaire.


« De nos jours, l'hégémonie et la domination sont clairement aux mains des USA, le seul garant du système capitalisme à l'échelle mondiale. Si les USA chutaient, il en résulterait un effet domino qui entrainerait l'effondrement de presque tous les capitalismes métropolitains, sans parler des conséquences pour la périphérie du système. Au cas où Washington serait menacé par une insurrection populaire, tous courraient à son secours parce que les USA sont le soutien ultime du système et le seul qui peut, le cas échéant, secourir les autres.


« Les USA sont un acteur irremplaçable et le centre incontesté du système impérialiste mondial : ils disposent à eux seuls dans environ cent vingt pays de plus de sept cents missions et bases militaires qui constituent la réserve finale du système. Si les autres options échouaient, la force apparaîtrait dans toute sa splendeur. Seuls les USA sont en mesure de déployer leurs troupes et leur panoplie de guerre pour maintenir l'ordre à l'échelle planétaire. Ils sont, comme le disait Samuel Huntington, "le sheriff solitaire".


« Cet "étayage" du centre impérialiste bénéficie de la collaboration hors de pair des autres alliés impériaux ou des concurrents sur le terrain économique, voire de la plupart des pays du Tiers-monde qui accumulent leurs réserves en dollars des Etats-Unis. Ni la Chine, ni le Japon, ni la Corée ni la Russie, pour ne parler que des principaux détenteurs de dollars sur la planète, ne peuvent liquider leurs stocks dans cette monnaie parce que ce serait un mouvement suicidaire. Bien entendu, c'est là encore quelque chose à considérer avec beaucoup de prudence.


« Le comportement des marchés et des épargnants du monde entier renforce la position des USA : la crise s'aggrave, les sauvetages s'avèrent insuffisants, le Dow Hones de Wall Street chute en dessous du plancher psychologique des 7 000 points - soit moins que la cotisation de 1997 ! - et les gens cherchent pourtant refuge dans le dollar, tandis que les parités de l'euro et de l'or chutent ! « Zbigniev Brzezinski a déclaré: "Je suis inquiet parce que nous allons avoir des millions et des millions de chômeurs, et que des tas de gens sont vraiment dans une très mauvaise situation. Et cette situation se maintiendra pour un temps avant que les choses ne s'améliorent éventuellement."


« Nous sommes en présence d'une crise qui est bien plus qu'une crise économique ou financière. « Il s'agit d'une crise intégrale d'un modèle de civilisation insoutenable des points de vue économique et politique sans recourir une fois de plus à la violence contre les peuples ; tout aussi insoutenable du point de vue écologique, parce qu'il détruit, parfois d'une manière irréversible, l'environnement ; et tout aussi insoutenable sur le terrain social parce qu'il dégrade la condition humaine jusqu'à des limites inimaginables et détruit la trame même de la vie sociale. « La réponse à cette crise ne peut donc être seulement économique ou financière. Les classes dominantes feront exactement ça : utiliser un vaste arsenal de ressources publiques pour socialiser les pertes et renflouer les gros oligopoles. Accrochées à la défense de leurs intérêts les plus immédiats, elles ne sont même pas capables d'envisager une stratégie plus intégrale. »


« La crise n'a pas touché le fond », dit Atilio. « Nous nous trouvons devant une crise générale du capitalisme »... aucune n'a été pire. Celle qui a duré de 1873 à 1896, soit vingt-trois ans, a été nommée la Grande Dépression. L'autre crise très grave a été celle de 1929, qui a duré, elle aussi, au moins vingt ans. La crise actuelle est « intégrale, de civilisation, multidimensionnelle ». Et d'ajouter : « Il s'agit d'une crise qui dépasse de loin les domaines financier et bancaire et qui touche l'économie réelle dans tous ses volets. »

Quiconque glisse ce résumé dans sa poche, le lit de temps à autre ou l'apprend par cœur comme une petite bible sera mieux informé de ce qu'il se passe dans le monde que 99 p. 100 de la population dans un monde matraqué par des centaines de publicités et saturé de milliers d'heures d'infos, de romans et de films de fiction vrais ou faux.

Fidel Castro Ruz 8 mars 2009 11 h 16"

(la traduction est de JF Bonaldi)

Le Parti de la Gauche Européenne a peur des peuples!

Auteur de l'article: PCF de Vénissieux


Mais qu’est cette "gauche" qu’on nous promet dans le "front de gauche", le "parti de gauche", le "parti de gauche européen" ?

Allons-voir ce qu’elle dit là ou elle s’exprime sans contrainte, dans les textes du PGE auquel adhère la direction du PCF.

Les choses sont claires. Alors que jamais l’affrontement entre capital et travail n’a été aussi violent et aiguisé qu’aujourd’hui, la déclaration politique du PGE nous dit

« La “vieille” contradiction facilement comprise entre le Capital et le Travail est balayée par de nouvelles aspirations et contradictions entre les sexes, les générations, les cultures, les groupes ethniques et surtout par une conscience nouvelle de l’interrelation entre l’humanité et l’environnement »

Bien sûr, si l’histoire n’est plus celle des luttes de classe, les peuples n’ont pas besoin de souveraineté populaire ! Pire, les peuples sont suspects de "populisme".

C’est ainsi que le PGE analyse les tensions de plus en plus grande entre les peuples qui disent NON et l’Union Européenne qui impose toujours plus ses directives

« Les choix néolibéraux définis par Maastricht ont provoqué une érosion des conditions matérielles de vie de larges secteurs de la population, conduisant à une crise de rejet de l’intégration Européenne. Cette crise est due à la non-viabilité d’un modèle économique, écologique, patriarcal et social qui produit des inégalités intolérables, un désastre environnemental, la précarité au travail et dans la vie. Elle n’est pas en mesure de dénouer les nœuds politiques qui se trouvent à la base de la crise de cohésion sociale et politique sur le Vieux Continent. Cela crée un vide politique. Les vieux pouvoirs politiques ne peuvent résoudre ces problèmes parce qu’ils continuent à mettre en pratique les politiques de Maastricht. Cela est en train de créer un vide politique. Ce vide et l’absence de perspectives de changement pourrait engendrer la victoire de projets néo-populistes basés sur un mélange d’éléments xénophobes et racistes avec le néo-libéralisme. »

Résumons-nous

« Le processus de l’intégration Européenne devient plus lent et plus contradictoire. La crise de légitimité des politiques met en danger le processus d’intégration Européenne ».

L’Union Européenne a trouvé son fidèle soutien... le PGE combattra tout ce qui met en danger l’intégration européenne. Il a bien mérité de sa forte subvention !

30 janvier 2009

l'expression contre l'oppression v1.0


N.B: le texte qui suit est la reproduction fidèle du commentaire sur Dailymotion
l'expression contre l'oppression v1.0
Vidéo envoyée par linconnubxl
40 artistes belges répondent à l'appel, en soutien au peuple palestinien

Abdo, Arabica (Couscous Clan), Anakonda (DCS), Bilibra, Cheb Malek, Cybang
Djam le Rif (CNN), Driss, El Mago (DCS), Enas Reddin, Esko, Ertug (BCL), HMI
Hoomam (ULS Prod), Insaan (Couscous Clan), Issam, James Deano, Kazavetz
KHD (A6000), Kortas (Couscous Clan), L'Ab2C (Opak), Le Must (A6000)
Mourad (Ben label), Nerlock kila (OH My Prod), Passpartou,
RomOne (OH My Prod), Rayane et Adam, Saad (BX en force), SCYLLA (OPAK),
Shany, SegOne (Starflam), Seriak (OH My Prod), S'Jam, The Wil, Vedat,
Verbal (BCL), Youn-S, Yumer (A6000), Zz'ino (A6000)

Beatmaker : Daroum

pour info...

L’enregistrement sonore et le clip ont été fait le même jour au studio face a, la plupart des mc's ont écrit sur place. Respect

"L'ordre règne à Genève"








"Engage-toi, réengage-toi !"

Nouvel hymne à la jeunesse rebelle du monde entier extrait du prochain album de Bérurier Noir.


N.B: l'article qui suit a été rédigé le 01.02.09

Le Conseil d'Etat de "gauche" à la solde de la droite croyait pouvoir décourager la gauche radicale de manifester contre le WEF en interdisant au dernier moment (alors que la coordination s'est montrée irreprochable dans ses négociations avec la police) la manifestation prévue pour le samedi 31 janvier. Pas de chance! Non seulement aucune organisation signataire de l'appel à la manifestation ne s'est désistée, mais solidaritéS et les syndicats (d'abord hésitants) s'y sont joints, ainsi que de nombreuses personnes non-membres des organisations en question mais attachées aux droits démocratiques: entre 1000 et 2000 au total. Le rassemblement avec prises de parole s'est très bien déroulé, les manifestants sont jusqu'au bout restés pacifiques, à écouter les discours au contenu clairement révolutionnaire: Jean-Luc Ardite, président du PdT, a rappelé l'alternative "socialisme ou barbarie", le célèbre sociologue socialiste de gauche Jean Ziegler a parlé d'une montée du fascisme à propos de l'interdiction de la manifestation.

Or cela, la police ne voulait pas l'accepter! Désireux de criminaliser toute contestation de l'ordre établi et voyant que les manifestants ne lui en donnaient pas le prétexte, le gouvernement genevois donna à sa police l'ordre de créer ce prétexte. Ce qui fut fait. Une partie des manifestants voulut défiler pacifiquement malgré l'interdiction, en parlementant d'abord avec la police; on les laissa marcher quelques mètres, puis la police les attaqua sans la moindre raison avec un tir de barrage de grenades lacrymogènes et des balles en caoutchouc, les forçants à refluer vers la Rue du Mont-Blanc. Auparavant, la police avait donné l'ordre aux manifestants de se disperser, tout en blocant les passages presque complètement, si bien que les gens ne pouvaient passer qu'au compte-gouttes, soit-disant pour garantir "l'ordre public". Or dès le jet des premières grenades, la police mit son plan à exécution: les passages furent totalement bloqués, laissants des dizaines de manifestants qui n'avaient pas eu le temps de se disperser, ainsi que de simples badauds pris au piège. J'étais resté avec quelques camarades afin de s'assurer que tous les membres présent du Parti quitteraient les lieux sains et saufs. Au moment des faits, je me trouvais sur l'esplanade d'où les discours avaient été prononcés, ce qui me donnait une vue surplombante. Depuis là, j'ai respiré du gaz lacrymogène jusqu'à l'overdose et j'ai pu voire de mes yeux toutes les exactions de la police: de ce que j'écris, je n'ai rien inventé, je me borne à relater les faits dont j'ai été le témoin oculaire.

Pendant des heures, les keufs déguisés pour l'occasion en infanterie lourde des temps jadis ont retenus en otage près d'une centaine de personnes, sans la moindre raison, refusant de parlementer et allant jusqu'à menacer de "coups de matraque dans les jambes" ceux qui s'y risqueraient. Or cela était de la provoc tout à fait classique: en effet les manifestants qui restaient, pour la plupart des jeunes aux intentions pacifiques (certains étaient venus par solidarité avec le peuple palestinien), surtout les plus nerveux ou ceux qui sont un peu claustrophobes, ne pouvaient que céder à l'insoutenable pression. Jeter des canettes ou des bouteilles de bière sur les flics était une réaction parfaitement naturelle. Par son attitude arrogante et autiste, la police a prouvé que cette réaction elle la voulait. A ces quelques jets, qui pouvaient tout au plus tacher de bière un uniforme (grave crime s'il en est!), la police répliqua, de façon scandaleusement disproportionnée, par le jet de dizaines de grenades lacrymogènes dans le tas, faisant fi de la santé des personnes présentes. Certains en ont pourtant eu des malaises, un jeune dut même être hospitalisé. Pourquoi une telle disproportion? Encore de la provoc! Les centaines de manifestants qui étaient déjà sortis de l'encerclement furent naturellement portés à venir au secours de leurs camarades pris au piège, à user de leur droit de légitime défense. Alors, la police put vraiment se déchaîner dans une répression hallucinante: grenades lacrymogènes, balles de caoutchouc, camions avec des jets d'eau, le tout ressemblait plus à la reconstruction d'un combat de rue qu'à une opération de police. Des policiers jetèrent même des grenades lacrymogènes à l'intérieur de la Manor, contaminant la ventilation! Certes, après d'âpres négociations avec ATTAC, la police accepta de laissa sortir les membres de certaines organisations (dont le PdT), mais dans l'arbitraire le plus total, refusant ce droit à la plupart pour simple délit de faciès... ou délit de port du foulard!

Pourquoi une telle répression sauvage? Les faits ont démontré (si toutefois cela n'était pas évident!) que le prétexte officiel que sont les "casseurs" ne tient pas la route. Bilan des dégâts: quelques papiers et bouteilles par terre, le contenu d'une poubelle brûlé (il l'aurait de toute façon été aux Chenevriers), une caissette de 20minutes renversée... par contre le prix de la répression est de 1,2 millions, au frais du contribuable! Invoquer une affiche hyper symbolique et stylisée, avec notamment un fond de flammes, était d'un ridicule sans nom, comme si les manifestants sont une horde de barbares venus brûler Genève (est-ce pour cela que les flics se déguisent en légionaires romains?) Il n'existe rien de tel que le black block, et aucun casseur n'était présent à la manifestation... ou plutôt si: le "blue block", les sbires de Moutinot! Par contre, interdire une manifestation sous prétexte que quelques insignifiants dégâts matériels pourraient en résulter est d'une gravité extrême, cela revient à remettre en cause un droit démocratique fondamental! Alors pourquoi le "socialiste" Moutinot prit une décision d'une telle gravité?

Cela devient plus clair si l'on songe à l'objet de la manifestation: le World Economical Forum de Davos. Car qu'est que le WEF? C'est tout simplement la réunion des représentantants des grandes multinationales (il faut avoir un chiffre d'affaires de 5 milliards de dollars annuel pour en être membre), le conclave des princes de la finance et des chefs des Etats bourgeois à leur solde qui cette année se sont réunis pour se mettre d'accord de comment construire le "monde d'après crise", c'est-à-dire de comment nous faire payer leur crise. S'il y a des "casseurs", c'est à Davos qu'ils se réunissent, légalement et sous la protection de l'armée suisse: en effet les seigneur du capital sont responsables de millions de morts, de centaines de millions de vies brisées, d'océans de sang et de larmes. En somme, le WEF est le meilleur exemple de la démocratie censitaire poussée jusqu'à l'absurde, voire d'un nouvel avatar du féodalisme, les potentats qui décident de la politique mondiale dans leur intérêt exclusif et dans le mépris le plus total de l'avis de leurs peuples! Or nous n'acceptons pas leur domination et de leur monde nous n'en voulons pas! Ce que nous souhaitons nous c'est construire l'après-capitalisme, leur arracher le pouvoir et la richesse qui revient de droit aux peuples pour rompre avec leur tyrannie et construire sans eux un autre monde.

Or la bourgeoisie, dont la droite mais aussi la pseudo-gauche modérée est le bras politique, se sentant affaiblie par la crise, honnie par les masses qu'elle exploite impunément, ne veut pas entendre parler de la contestation par laquelle elle se sent menacée: en effet les travailleurs ont toutes les raisons du monde de se révolter, de briser leurs chaînes et de renverser leurs oppresseurs. C'est pourquoi, pour sauver son pouvoir affaiblie par la crise, la bourgeoisie est aujourd'hui décidée de suivre la même voie que ses ancêtres en 1929: liquider la démocratie bourgeoise pour éliminer physiquement toute opposition et mettre à la place une dictature néo-fasciste. C'est pourquoi, quand Jean Ziegler parla de "montée du fascisme", il n'avait que trop raison. Pour éviter que le peuple ne se lève à la défense de ses libertés chèrement acquises, la bourgeoisie le noie, par l'intermédiaire de ses médias, sous une propagande mensongère, invoquant toujours sous forme de délire paranoïaque le même prétexte pour supprimer la liberté: la sécurité. Cette fascisation rempante prend aujourd'hui des proportions terrifiantes: caméras de sécurité, fichage des manifestants, criminalisation de toute contestation, suppression de l'habeas corpus (un droit acquis par la révolution bourgeoise anglaise de 1649!), arrestations "préventives" (c'est-à-dire arbitraires), documents biométriques, Guantanamo, torture, Patriot Act... la liste est très, très longue!

Et c'est au service de cette politique que c'est mis le conseiller d'Etat socialiste Laurent Moutinot, c'est cette politique que promeuvent Pierre Weiss et Eric Stauffer. Sur le site de M. Moutinot, les pages "droit des personnes" et "sécurité et dignité" sont "en construction"... en effet, il y a du travail! S'il voulait être honnête envers ses électeurs, Moutinot devrait soit démissionner, soit adhérer à l'UDC! En effet, en quoi son bilan est il de gauche? Ministre des travaux publics: le peuple n'a guère vu les logements sociaux qu'il était sensé faire construire. Ministre des institutions: répression sauvage des mendiants roms (on n'osait pas en faire autant au Moyen Age!), défense du centre Frambois pour la détention de réquérents d'asyle déboutés qu'Amnesty international avait jugé contraire aux droits de l'homme, enfin répression sauvage d'une manifestation de gauche. Mais ce n'est pas la première fois que les socio-démocrates jouent le rôle de garde-chiourme du capitalisme. Au sortir de la Première Guerre mondiale, la bourgeoisie allemande donna le pouvoir au parti social-démocrate (SPD) afin qu'il écrase dans le sang la révolution spartakiste, c'est le notable du SPD Noske qui ordonna froidement d'assassiner Rosa Luxemenbourg et Karl Liebknecht. Après cela, le Parti communiste (KPD) jeta à la face des traîtres du SPD, bourreaux de la classe ouvrière, le slogan de "socio-traîtres". La "gauche non-communiste", ainsi que certains opportunistes du mouvement communiste, accusèrent et continuent d'accuser le KPD de secrtarisme et de stalinisme pour ce slogan. Or la prtique politique démontre que les socio-démocrates étaient et restent des socio-traîtres, et que c'est le SPD qui par sa trahison de la classe ouvrière ouvrit la route du pouvoir à Hitler. Il ne faudrait certes pas étendre ce jugement à tous les membres du PS genevois, il compte encore dans ses rangs une aile gauche, voire même une minorité (très réduite) qui est pour le socialisme. Mais, dans l'interview qu'elles ont donné au Gauchebdo de cette semaine, les trois candidates à la candidature socialistes pour le Conseil d'Etat ont approuvé la décision de leur collègue; on peut en déduire qu'une candidate qui soit vraiment de gauche n'aurait aucune chance d'être adoubée par les militants. CQFD!
Et qui sont ils, bourgeois et socio-traîtres, pour critiquer Staline? Non pas qu'il ne soit digne d'être durement critiqué, mais en quoi sont-ils meilleurs que lui? De quelle démocratie parlent-ils? Démocratie des lacrymos et des matraques! J'avais envie à certains moments de demander l'asyle politique à la Corée du Nord pour échapper à leur démocratie! En fait, démocratie bourgeoise signifie simplement démocratie pour les bourgeois et dictature pour les autres. Par contre, s'ils n'aiment pas Staline, c'est peut-être parce qu'il a dit des choses très justes et subversives pour leur régime. Par exemple dans ce qui fut en quelque sorte son testament politique, au 19e congrès du PCUS, en 1952, un an avant sa mort: "Autrefois la bourgeoisie se permettait d'être libérale (au sens de libéralisme politique, ndr.). Aujourd'hui du libéralisme il ne reste aucune trace. La bannière des libertés démocratiques bourgeoises est jetée par dessus-bord. Et c'est vous, Partis communistes, qui devez la relever parce qu'à part vous personne ne peut la relever". Hé bien oui, cette bannière nous la relèverons et nous la porteront haut, sans eux et contre eux. Nous ne plieront pas genou face à la droite fascisant et son Etat, nous lutterons jusqu'au bout contre son arbitraire, jusqu'au renversement de nos bourreaux. Du reste, ce combat n'est ni perdu d'avance ni même si dangereux. La bourgeoisie n'est forte que lorsque les masses sont désunies par la peur, sitôt qu'elles se lèvent son pouvoir s'évanouit. Au Brésil, à Bélem, pour le Forum Social Mondial, des centaines de milliers de personnes ont défilé dans la rue sans aucun obstacle de la part de la police. En France, les autorités ne peuvent interdire une manifestation pour laquelle ils ont reçu un préavis des organisateurs. Si la France et le Brésil sont plus démocratiques que la Suisse, c'est que les travailleurs brésiliens et français ne se sont pas laissés effrayer par leurs tyrans et ont lutté pour obtenir ces droits. Rappelons nous que: "Grand n'est pas synonyme de redoutable. Le grand sera renversé par le petit et le petit deviendra grand." (Mao Tse-Toung)
Mais la répression sauvage de la manifestation par l'Etat bourgeois aura au moins apporter une chose de bien. Elle aura été, je l'espère, une douche froide bienvenue pour la gauche étatiste et les communistes prônant une voie idéaliste et naïvement pacifiste vers le socialisme. Les événements du 31 janvier auront rappelé à cette tendance de la gauche radicale que l'Etat n'est pas l'incarnation de l'Idée du Bien commun mais un Etat de classe, la superstructure bourgeoise, le bastion armé du capitalisme et donc l'ennemi des masses populaires. La répression aura aussi rappelé aux idéalistes du mouvement communiste que la "démocratie" n'est qu'illusion, et que la bourgeoisie ne jouera pas le jeu de la "démocratie suisse semi-directe" lorsqu'elle aura le moindre risque de le perdre. La brutalité de la répression d'une manifestation qui n'avait pour but que de dénoncer et qui ne réunissait que 2000 personnes grand max laisse imaginer ce qu'elle fera le jour où elle se sentira réellement menacée. N'oublions pas que la bourgeoisie à écrasé dans le sang toutes les révolutions qui ne l'ont pas renversé. Dès lors, rêver d'une voie douce et sans heurts vers le socialisme tient précisément du doux rêve. "L'enfer est pavé de bonne intentions" dit le proverbe; respecter à la lettre des règles que la bourgeoisie ne songe pas même à respecter est une voie qui ne peut conduire le prolétariat, qui se sera ainsi privé de sa capacité de résistance, que dans la prison à ciel ouvert du fascisme. En un mot, la répression de la manif Anti-WEF rappelle aux communistes non-léninistes qu'ils ont tort sur toute la ligne! Il ne suffit pas de rêver de communisme pour être communiste, il faut encore se donner les moyens, tous les moyens, de construire effectivement le communisme. Le chant révolutionnaire Resolution der Kommunarden aux bourgeois: "Ihr hört auf die Kanonen, Andere Sprache könnt ihr nicht verstehen" (vous entendez les canons, vous ne sauriez comprendre une autre langue). L'histoire a montré que cela est malheureusement vrai et que les puissants ne comprennent jamais que le langage de la force, alors pourquoi les peuples devraient-ils leurs parler une autre langue? Faudrait-il se laisser massacrer au nom des valeurs de démocratie et de non-violence? "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs" (Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Révolution française, 1793). L'entêtement des puissants à vouloir conserver leurs privilèges par tous les moyens, y compris les plus criminels, oblige les peuples à devoir employer la force pour prendre le pouvoir et le conserver afin de pouvoir effectivement construire un monde plus juste. Pour rompre avec la dictature de la bourgeoisie qui nous opprime, comment saurions nous nous passer de la dictature du prolétariat?

25 janvier 2009

Pourquoi un NON sans ambiguïtés aux bilatérales s’impose ?




A première vue, comment être de gauche et dire NON à la libre circulation ? Cette terminologie induit en erreur les tenants du OUI. Car bien sûr il serait impensable d’être dans le camp des travailleurs et contre le droit de chacun de se déplacer librement. Mais ce n’est pas sur cela que nous voterons le 8 février. Les accords bilatéraux sont intitulés ainsi pour tromper les peuples, en vérité ils ne sont porteurs d’aucune émancipation, ni d’aucune liberté pour les travailleurs. Au contraire, il s’agit d’un projet ultraréactionnaire qui n’a de fait que peu à voir avec la « libre circulation des personnes » (qui est régie par la Loi sur les étrangers). Il s’agit exclusivement d’une libéralisation du marché du travail, non pas d’une quelconque « liberté » abstraite de tout être humain mais d’une « liberté » bien concrète pour le capital d’exploiter et de faire circuler sans entraves la marchandise force de travail. En fait, la vraie question à laquelle nous devrons répondre est si oui ou non nous acceptons que les règles en vigueur dans l’Union Européenne s’appliquent en Suisse.

De fait, nous voterons sur la superstructure juridique et étatique, et non sur des supposés droits nouveaux pour les travailleurs, droits qui n’existent que dans l’imagination de la gauche europhile. Dire OUI reviendrait à confirmer la « semi adhésion » de la Suisse à l’Union Européenne. Or l’Union Européenne n’est ni un magnifique « projet de civilisation » (dixit Laurent Fabius), ni un simple changement d’échelle pour dépasser le cadre obsolète des Etats nationaux. Née avec le traité de Maastricht en 1991 (l’année de la chute de l’URSS), celle-ci était destinée à un usage bien précis : graver dans le marbre l’avantage pris par la bourgeoisie sur le prolétariat, liquider tous les acquis sociaux ainsi que la démocratie bourgeoise, afin d’imposer une brutale thérapie de choc néolibérale aux peuples. C’est ce qui explique la flagrante absence de démocratie dans le fonctionnement de l’UE, dirigée par une Commission de technocrates cooptés et qui n’ont aucun compte à rendre aux peuples et régie par des traités ratifiés par les parlements, sans que les peuples aient le droit de se prononcer (et qu’ils rejettent toujours lorsqu’ils reçoivent la possibilité de voter). Il n’est donc pas étonnant que les institutions européennes mènent une politique réactionnaire forcenée : une récente directive européenne autorise les patrons à faire travailler leurs travailleurs jusqu’à 67 heures par semaine.

Et ce contenu réactionnaire constitue l’essence même des accords sur lesquels nous allons voter. Car ils prévoient la « libre prestation de services », c’est-à-dire le droit pour des entreprises de « détacher » à l’étranger des travailleurs pour une durée limitée aux conditions en vigueur dans les pays d’origine de ces entreprises, ou tout simplement le droit de faire travailler en Suisse des travailleurs d’Europe de l’Est aux salaires et horaires d’Europe de l’Est : la porte ouverte à tous les dumpings. A noter que les conventions collectives ne s’appliquent pas dans ces cas et que les syndicats ont l’interdiction de lutter pour les faire appliquer ! La Cour Européenne de Justice (une autre institution de technocrates cooptés…) a plusieurs fois statué dans ce sens. Ainsi l’argument selon lequel ce serait se tromper de combat que de combattre les accords bilatéraux plutôt que de lutter pour renforcer les mesures d’accompagnement ne tient pas la route : s’opposer aux bilatérales c’est lutter directement contre le dumping salarial et pour les droits des travailleurs.


L’argument de l’internationalisme ne tient pas la route non plus. Car l’internationalisme prolétarien implique de combattre l’ « internationale du capital », dont l’UE est un des avatars. « On ne défend pas les travailleurs si on ne défend pas tous les travailleurs », et c’est pour cela que nous devons dire NON aux bilatérales. Car contrairement à ce que prétend la propagande bourgeoise, l’Union Européenne n’a en rien profité aux peuples d’Europe de l’Est ; bien au contraire, l’UE a imposé comme condition d’adhésion aux ex-républiques populaires de l’Est une thérapie de choc néolibérale qui impliquait la liquidation de l’industrie d’Etat construite à l’époque socialiste. C’est la classe dirigeant d’Europe qui a volontairement créé le chômage et la misère de masse dans ces pays pour obtenir une grande armée de réserve au service du capital et liquider les acquis salariaux et sociaux obtenus par des décennies de lutte. Refuser les bilatérales c’est donc soutenir les travailleurs d’Europe de l’Est dans leur lutte contre leur oppression par la bourgeoisie européenne et les institutions de l’UE à son service.

Citer le « Discours sur le libre échange » de Marx à l’appui du OUI est tout aussi malvenu. Tout simplement parce que nous ne sommes plus en 1848 ; il ne s’agit pas aujourd’hui de voter pour le libre-échange afin de liquider les dernières survivances de l’économie féodale et que les acquis salariaux et sociaux ne sont pas du « protectionnisme ». De plus, « la pratique est le critère de la vérité » (Engels), la pratique et non pas la citation. Si nous suivons jusqu’au bout cette vision scolastique et citationiste de Marx, nous arriverons à la conclusion que nous ne devons pas défendre les acquis sociaux, mais au contraire de soutenir toutes les régressions néolibérales dans une optique « révolutionnaire », afin de durcir l’antagonisme entre classes jusqu’à ce que la révolution en résulte. Soutenir le néolibéralisme dans une optique révolutionnaire ? C’est une conception pour le moins étrange du marxisme. « Mondialisons nos luttes », a dit Julien Sansonnens. Eh bien justement, unissons-nous aux travailleurs des autres pays d’Europe dans un combat commun contre l’Union Européenne antidémocratique et réactionnaire, non pas pour retourner à un mythique âge d’or de l’Etat providence qui n’a jamais existé, mais pour renverser la bourgeoisie qui nous opprime et construire une nouvelle Europe, une Europe débarrassée à jamais de toute oppression, une Europe des peuples, démocratique et socialiste.

5O ans de socialisme à Cuba!


Cliquez sur l'image pour en avoir une vision nette

23 décembre 2008

Petite vidéo sur Sarkozy


Sarkozy empereur malefique
Vidéo envoyée par
sarkophage

Retrouvez d'autres vidéos et détournements sur le blog anti sarko le plus connu :
http://sarkostique.over-blog.com/

07 décembre 2008

Que penser de la victoire d'Obama?

source de l'image: civilisation socialista

« Je construirai une armée du XXIe siècle et un partenariat aussi puissant que l’alliance anticommuniste qui a remporté la guerre froide, afin que nous demeurions partout à l’offensive, de Djibouti à Kandahar. » Barack Obama

C'est un fait, Barack Obama sera le 44ème président des Etats-Unis d'Amérique. Pour une fois, l'opinion des analystes de droite comme de gauche est unanime pour saluer sa victoire. Les commentateurs de tous bords n'ont pas de mots assez élogieux pour décrire M. Obama. A les croire, c'est à peine s'il ne serait pas le nouveau messie venu tout droit du ciel pour mettre fin aux ténèbres de l'ère Bush et restaurer l'image des Etats-Unis tels que nous (qui est inclu dans ce "nous" d'ailleurs) les aimons, des States idéaux animés par un esprit de démocratie et de tolérance. Faut-il pour autant rejoindre cet enthousiasme béat et se réjouir de la victoire du candidat démocrate? Certes, il est incontestable que l'élection d'un noir à la présidence des USA est une première historique et un grand progrès dans le dépassement du racisme aux Etats-Unis (qui n'est pas vaicu pour autant) et qu'à tout prendre Obama est toujours moins pire, voire à certains égards plus progressiste, que McCain, et surtout que Sarah Palin si ce dernier devait décéder avant la fin de son hypothétique mandat. Mais cela suffit-il pour faire d'Obama un homme de gauche, ou du moins de centre-gauche?

La réponse est clairement non. Sans être, à l'image de Bush et McCain d'extrême-droite, Obama n'en est pas moins de droite, voire de droite dure. Du reste, le Parti radical genevois ne dit pas le contraire. Et ce n'est même pas qu'il ait fait des promesses qu'il ne voudra pas tenir, comme cela fut en partie le cas pour Bill Clinton. Car les promesses progressistes d'Obama n'existent que dans l'imagination de quelques journalistes et politiciens de gauche européens, qui n'ont visiblement pas pris la peine de lire un seul discours d'Obama, et en tout cas pas de s'informer sur son programme réel sur son site de campagne après sa victoires contre Hillary Clinton. Barck Obama est sans doute un orateur d'exception, maîtrisant brillamment la rhétorique classique et un homme charismatique qui sait donner à ses discours le ton de l'espoir, voire une certaine phraséologie progressiste. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'il ait fait la moindre promesse progressiste concrète. Le caractère "progressiste"de ses discours tient uniquement à des slogans creux martelés jour après jour dans des clips télévisés généreusement payés par de riches donateurs de Wall Street, des slogans tels que le celèbre "Yes, we can", qui n'a en fin de compte aucun sens. La seule chose qu'a promis Obama, c'est le "changement", dont le contenu ne fut à aucun moment précisé, ce qui fait du candidat démocrate tout au plus un habile démagogue.
Rappelon qu'Obama est contre une couverture de santé universelle, contrairement à Hillary Clinton, qui n'est pas exactement de gauche pourtant; cela alors que 46 millions d'Américains sont privés d'assurance maladie, qui est privée aux USA, faute de pouvoir payer, et qui donc ne sont pas soignés s'ils ne peuvent payer de leur poche, ce qui est presque toujours le cas. Et une majorité d'Américains qui ont une assurance maladie bon marché sont souvent non-soignés, sauf cas d'extrême nécessité, à cause de la volonté de leur caisse de payer le moins possible. C'est pourquoi l'espérence de vie est inférieure aux USA qu'à Cuba. Et quand on pense que c'est un tel système que Couchepin veut nous imposer! Obama est aussi pour la peine de mort. Et pour des réductions d'impôts aux "classes moyennes" dont il se fait le défenseur, alors que selon les tranches de revenus sur lesquels il se base se révèlent être les classes supérieures, ce qui supprime d'office tout espoir du moindre progrès social, ainsi que celui de résorber la dette du pays le plus endetté du monde (et le plus à droite...la droite hélvétique devrait y penser)
Et contrairement à ce que l'on pense souvent, l'un des volets les plus dangereux du programme d'Obama concerne la politique étrangère. La citation placée en tête de cet article le prouve, le nouveau président des Etats-Unis mènera une politique plus impérialiste que jamais. Il a d'ailleurs prévu de renforcer encore l'armée américaine, tenu des propos belliqueux face à l'Iran et à la Syrie, annoncé son intention de renforcée encore l'oppression impérialiste du peuple afgan, et devenu de plus en plus flou sur le calendrier réel du retrait d'Irak, avouant à demi-mot que l'armée étatsunienne y restera durablement. Il fermera peut-être Guantanamo, en tant que symbole par trop gênant, mais pas les innombrables prisons secrètes de la CIA (près de 400 en Irak), ni n'interdira la torture. Il est opposé aux régimes socialistes et anti-impérialistes de Bolivie et du Venezuela, critiquant d'ailleurs Bush d'avoir été "inéficace contre les démagogues" (démagogues? balayez devant votre porte M. Obama), et partisan d'une ligne dure face au peuple cubain. Ce développement est loin d'être exhaustif, j'y joins deux liens à lire absolument: un article de Gauchebdo et un de Mondialisation.ca.
En guise de conclusion nous pouvons dire à quel point sont mal inspirés ceux qui chantent des louanges à la démocratie américaine, ceux qui disent que les USA sont plus démocratique que ne l'était l'URSS ou ne l'est la Chine, ainsi que ceux qui disent que le bipartisme et l'alternance sont une bonne solution pour la démocratie. Car un Parti unique ou deux partis qui occupent à eux seuls tout le champs politique et empêchent les autres de faire entendre leur voix revient strictement au même. Les Etats-Unis d'aujourd'hui ne sont nullement une démocratie, mais une ploutocratie dirigée de facto par un Parti unique, les "républicrates", et où le soutient de Wall Street est la condition sine qua non pour être élu ou entendu, et où quelques lobbies du grand capital monopolistes règnent sans partage. D'ailleurs Barack Obama dit des Républicains « comprendre (leurs) motivations et reconnaître chez eux des valeurs [qu’il] partage », belle preuve de la stricte similitude entre les deux partis et des intérêts qu'ils défendent, confirmée par la composition du futur gouvernement Obama, mi-démocrate et mi-républicain (comptant notamment Colin Powell). Car l'alternance n'est pas la démocratie, ce n'en est qu'un triste simulacre, où les divergences les plus anecdotiques sont exagérées à mort, mais c'est toujours la même politique, celle des puissants, qui est appliquée. L'alternance vise essentiellement à simuler le jeu démocratique, et par le dangereux mensonge du "vote utile" à empêcher d'émerger tout troisième parti dont les buts pourraient être différents des deux, et ainsi à étouffer toute lutte des classes au niveau institutionnel. Car combien de candidats y avait-il aux élections présidentielles américaines? deux? Non, 10! Mais qui en parle? qui parle du socialiste Brian Moore? et l'écologiste de gauche Ralph Nader? et le trotskyste Roger Calero? Les démagogues comme Obama, ou les leaders de la pseudo-gauche officielle qui le soutiennent tels Walter Veltroni ou Ségolène Royal ne sont porteurs d'aucun espoir d'émancipation pour les peuples. Ils ne servent qu'à étouffer la voix de ceux qui représentent vraiment les travailleurs pour appliquer une politique au service du capital avec les votes des opprimés qui souffrent et qui se laissent tromper par leurs discours mensongers, à étouffer la voix des communistes qui seuls luttent pour une vraie alternative à l'injustice du marché et de la ploutocratie, qui seuls peuvent construire un monde meilleur où toute exploitation sera abolie, un monde communiste.

29 novembre 2008

Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire

Je constate que mon article intitulé « retour vers le futur » fut durement attaqué , ce à quoi je m’attendais. J’admets que mes propos étaient plutôt polémiques, ce qui était voulu. J’admets également qu’il était par trop optimiste, et donc erroné, d’estimer que la tendance marxiste-léniniste représente les deux tiers du PST. Elle est évidemment inférieure en nombre, mais pas ultra-minoritaire pour autant, étant tout de même forte à Genève et dominante Outre-Sarine. Par contre je m’étonne de la violence de certains arguments de mes contradicteurs. Je n’ai à aucune reprise, ni au congrès, ni dans les pages de Gauchebdo, qualifié les camarades dont les positions sont opposées aux miennes d’opportunistes; contrairement à ce qui a été parfois dit, je n’ai jamais souhaité attaquer qui que ce soit, ni surtout demandé à marginaliser quelque tendance que ce soit. Mon propos était simplement de présenter les positions d’une certaine tendance du Parti, et non point de me livrer à des attaques personnelles. Du reste, je ne comprends pas qu’un simple article polémique soulève de telles réactions. Il est après tout bien normal que le Parti démocratique que nous sommes possède des tendances divergentes et que ces diverses tendances aient entre elles un débat parfois dur.

Je voudrais aussi répondre à certains propos avec lesquels je ne saurais être d’accord. Je ne ferais pas une explication de texte, mais insisterai en particulier sur un aspect : le lien entre la théorie et la pratique. Je n’ai jamais présenté l’idéologie comme une production intellectuelle détachée de la réalité concrète de la lutte des classes. L’idéologie est dérivée de la réalité sociale, le marxisme est avant tout « l’analyse concrète d’une situation concrète » (Lénine), et celui qui dit le contraire n’est pas marxiste. Mais le marxisme n’est pas non plus le rejet de toute théorie au profit de la seule pratique. Etre marxiste c’est voir le monde de façon dialectique : la théorie est la conceptualisation des contradictions de la société réelle, et cette conceptualisation est en retour nécessaire pour agir sur la réalité. Marx et Lénine ont certes combattu le dogmatisme et le gauchisme, détachés de la pratique. Mais il ne faut pas faire l’erreur de tomber dans l’autre extrême, l’empirisme et le subjectivisme, le spontanéisme et le refus de la théorie que Lénine a combattu au moins autant que le dogmatisme.

Car Lénine a dit avant tout : « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire… Seul un parti guidé par une théorie d’avant-garde peut remplir le rôle de combattant d’avant-garde. » Comment saurions-nous encore garder un but final si nous renions l’importance de l’idéologie ?. Car si la lutte de classe réelle est bien notre raison d’être, nous ne saurions nous contenter de porter les exigences immédiates du prolétariat, car un projet communiste ne peut naître de lui-même de cette somme de combats partiels. La lutte politique, c’est-à-dire la lutte pour le communisme, a nécessairement besoin d’un apport théorique provenant de l’extérieur, c'est-à-dire du marxisme-léninisme porté par le Parti communiste. Et puisque nous jusqu’à nouvel ordre nous vivons dans une société fondée sur des rapports de production capitalistes, le marxisme-léninisme, s’il doit être adapté aux conditions réelles de la lutte des classes en Suisse, demeure valide. Il ne s’agit donc pas d’une "pensée magique" mais d’un guide indispensable pour l’action.

Quelle crédibilité auraient nos revendications si nous ne pouvons les fonder sur une base théorique solide ? Comment pourrions-nous justifier qu’un monde plus juste est possible sans théorie révolutionnaire ? Et dans ce cas la droite aurait raison de nous traiter d’utopistes aux propositions farfelues, puisque nous nous serions privés de la simple possibilité de contre-argumenter sérieusement. Rassembler toutes les classes populaires, cela va de soi ! Adapter notre discours aux aspirations du peuple, évidemment ! Mais « les victoires idéologiques précédent toujours les victoires politiques » (Antonio Gramsci), et avant de pouvoir rassembler qui que ce soit, nous devons d’abord convaincre. Et pour cela précisément nous avons besoin de la théorie marxiste-léniniste. Car les mots que nous utilisons ont de l’importance. Car « la langue est la réalité première de la pensée » (Karl Marx), et si l’on dit « justice sociale » au lieu de « communisme », « lutte pour une société plus juste » plutôt que « lutte de classes », ou « Etat de tout le peuple » plutôt que «république populaire », ce n’est pas la même chose avec d’autres mots, mais bien autre chose que nous disons.

12 novembre 2008

Retour vers le futur

Dans les pages du Gauchebdo de la semaine dernière traitant du 19e congrès national du PST il est maintes fois fait mention de la ligne « orthodoxe » du Parti. Sur cette ligne, qui est tout de même celle d’environ deux tiers des délégués, circule bon nombre de jugements partiels, d’appréciations inexactes, ainsi que de critiques au contenu douteux de la part du camarade Jean-Baptiste Blanc. Néanmoins, aucun représentant de la ligne « orthodoxe » n’était invité à expliquer la position de sa tendance, qui est pourtant largement majoritaire au sein du Parti. Ayant été un des porte-paroles de la ligne « orthodoxe » au congrès, je vais faire ce travail qui, je l’espère, permettra de lever un certain nombre de malentendus.

De l’usage du terme « orthodoxe »

La tendance majoritaire du Parti a été qualifiée par notre camarade Jean-Baptiste Blanc d’ « orthodoxe ». Toutefois l’usage de ce terme est discutable et susceptible d’induire en erreur. Alors sommes-nous des « orthodoxes » ? Oui et non ! Si ce qualificatif désigne une fidélité inconditionnelle aux principes du communisme, alors la réponse est oui sans hésiter. Néanmoins, le terme « orthodoxe » est à l’origine lié à l’Eglise d’Orient qui prit cette étiquette pour affirmer sa fidélité au dogme. Et par là, en faire usage pour parler de la tendance majoritaire du PST est pernicieux : il sous-entend ainsi que la majorité des militants du PST seraient en fait des dogmatiques, pour ne pas dire des staliniens. Or le marxisme-léninisme n’est précisément pas un dogme ! Au contraire, c’est une pensée vivante, ouverte, et continuellement novatrice. C’est pourquoi, il est préférable de parler de ligne marxiste-léniniste plutôt que de ligne « orthodoxe »

Qu’est-ce que pour nous le communisme ?

Concernant la volonté de l’écrasante majorité des délégués de renforcer l’identité communiste du PST, il est à maints endroits sous-entendu que le terme « communisme » soit flou, voire incompris par ces délégués. Or c’est faux ! La ligne marxiste-léniniste du PST comprend les concepts qu’elle utilise. Les articles résumant les débats du congrès citent certes souvent les intervenants au congrès, mais aucune de ces citations ne contient les références idéologiques utilisées par les délégués de la tendance majoritaire, qui auraient pourtant été éclairantes. Il est certes fait mention des expériences socialistes d’Amérique latine qui sont intéressantes et porteuses d’espoir pour la renaissance du mouvement communiste international. Néanmoins, les communistes du PST n’ont pas que ces expériences en cours comme référence, nous avons aussi et surtout une base idéologique qui est précisément le marxisme-léninisme. Le terme « communisme » n’a rien de flou, il signifie aujourd’hui avant tout la réalisation concrète du projet du Manifeste du Parti communiste dans les conditions du XXIe siècle. Et cela a été dit ! A titre d’exemple, j’avais dit au congrès : « la modernité c’est Marx et Lénine », et défini comme but « l’instauration d’une république populaire » et « le passage à une économie planifiée » ; citations qui annoncent bien la couleur et qui auraient permis à tous les lecteurs du Gauchebdo de comprendre ce que nous entendons par communisme. Sans doute nombres de points concrets de notre projet communiste restent à approfondir, mais cela ne signifie nullement que nous ne sachions pas quelle société nous voulons construire.
Du rejet des résolutions vaudoise et jurassienne

Pour expliquer le rejet de la résolution vaudoise par la quasi-totalité des délégués non-vaudois, notre camarade Jean-Baptiste sort ce qu’il affirme être les deux objections principales, et une argumentation sophistique. Car il passe sous silence ce qui est tout simplement LA raison fondamentale du rejet de la résolution vaudoise, et de même de la jurassienne. La question n’est pas de savoir si une fusion de tout ce qui peut y avoir à la gauche du PSS est possible et/ou efficace. C’est que l’idée même est incompatible avec le rôle de notre Parti ! Car nous sommes, ou du moins devons être, un Parti de classe, ayant le marxisme-léninisme comme base idéologique et la construction d’une société communiste comme but final. Fusionner avec tous les mouvements à la gauche du PSS nous aurait conduits à nous dissoudre dans un parti auberge-espagnole, sans ligne claire, avec l’opposition à la droite comme seule base idéologique. De plus, vus la faible importance des forces de la « gauche combative » en Suisse, le parti unifié ainsi crée aurait tout de même été plus que petit. Remplacer un Parti communiste faible mais détenteur d’un projet porteur d’avenir par un groupuscule social-démocrate de gauche : brillante vision politique !
Pourquoi nous appeler Parti communiste ?

Un changement de nom est la suite logique du renforcement de l’identité communiste du Parti. Certes, comme l’a dit Jean-Baptiste Blanc, « la nécessité de nommer à tout prix le parti de la classe ouvrière « communiste » n’est pas un principe du marxisme-léninisme ». Néanmoins, « les victoires idéologiques précédent toujours les victoires politiques » (Antonio Gramsci) ; et pour la dure lutte idéologique que nous devons mener, une clarification de notre identité n’est pas de trop. Citer le climat anticommuniste qui nous entoure pour refuser ce changement est une attitude de renoncement et une analyse erronée. Céder à la pression des médias bourgeois, payés pour mener la lutte des idées au service du capital, serait une capitulation. La seule voie de la victoire pour nous est d’oser mener une vraie lutte idéologique contre la bourgeoisie, une lutte que nous ne pouvons mener qu’avec nos idées et nos concepts, et pas avec ceux que cherchent à nous imposer les bourgeois. L’inquiétude du camarade Jean-Baptiste Blanc que ce changement de nom pourrait poser problème à certains militants, nombreux dans certaines sections, qui ne se considèrent pas comme communistes, je la comprends. Mais la résolution bernoise autorise les sections qui le souhaiteraient à garder leur ancien nom, ce qui devrait permettre de conserver l’unité du Parti, qui se doit d’avoir une ligne générale claire, et non pas un consensus helvétique entre toutes les tendances, car il est impossible de mener une lutte idéologique digne de ce nom sans projet politique structuré et univoque.