09 juillet 2015

Le livre blanc du président Xi Jinping



Quel que soit le jugement que l’on pourrait porter sur les pays socialistes ou en tout cas qui se disent tels – et il faut éviter autant que possible de porter de tels jugements trop hâtivement, sans bien connaître les spécificités de l’histoire et de enjeux auxquels doivent faire face des communistes devant agir dans des pays à touts point de vue très éloignés du nôtre – il n’est jamais sans grand intérêt que d’étudier les publications officielles qui viennent de ces pays, ne serait-ce que pour comprendre, un peu, sans nécessairement approuver, les choix faits par les partis communistes qui y sont au pouvoir, et la trajectoire, parfois très singulière, et difficile à cataloguer si on se réfère aux écrits des classiques.

Or justement les Editions en Langues étrangères chinoises ont récemment publié un épais volume, contenant une sélection de discours de Xi Jinping, actuel président de la République populaire de Chine (RPC) et secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), avec pour titre La Gouvernance de la Chine et avec pour but affiché de permettre à la communauté internationale de mieux connaître et comprendre la Chine d’aujourd’hui et la ligne suivie par le PCC. Une publication particulièrement bienvenue, tant il est vrai que le PCC a suivi une trajectoire particulièrement singulièrement après la mort de Mao Zedong, et tant la RPC est aujourd’hui devenue méconnaissable par rapport à ce qu’elle avait été alors. La Chine est aujourd’hui l’exemple paradigmatique de la voie dite du « socialisme de marché », même s’il est vrai que le Vietnam a suivi une voie similaire, avec toutefois de notables variantes, ainsi que le Laos, pays socialiste totalement méconnu en Occident pour des raisons assez mystérieuses.

Et, malgré ce que nous avions dit au début, cette voie dite de « socialisme de marché » s’éloigne tellement de la vision que nous avons du socialisme qu’il est difficile de résister à la tentation de dire, sans autres nuances, qu’il ne s’agit pas de socialisme du tout, mais de restauration du capitalisme pure et simple. Mais regardons y de plus près. La motivation première de s’engager dans la voie dite de « réforme et d’ouverture » invoquée par Deng Xiaoping était l’extrême arriération économique dans laquelle se trouvait alors le pays et la nécessité de recourir aux investissements occidentaux ainsi qu’à certains mécanismes de marché, dans des limites bien définies et de façon temporaire, afin d’édifier la base matérielle du socialisme. Et il est indéniable que du point de vue du progrès économique et du progrès social les résultats obtenus par le PCC sont tout simplement remarquables. Le niveau de vie a nettement cru, et ce pour une large majorité de la population. Toutefois, le revers de la médaille, c’est que la politique de « réforme et d’ouverture » n’impliquait pas seulement le rétablissement de certains mécanismes de marché, mais bien aussi celle de l’exploitation de l’homme par l’homme, et quelques uns ont énormément profité de la croissance, au détriment des autres. En outre, on a l’impression nette que la « réforme et l’ouverture » sont allées beaucoup plus loin que ce qui était envisagé à l’époque de Deng Xiaoping, et que les restrictions initiales ont peu à peu été oubliées, l’ouverture au marché étant vue désormais comme une caractéristique permanente et structurelle du « socialisme à la chinoise »…


La compilation de discours de Xi Jinping –  à couverture blanche, et bien sûr le « prolétaires unissez-vous ! » en épigraphe n’est plus de rigueur – a l’indéniable mérite, à défaut de pouvoir savoir ce que pense réellement l’actuelle direction du PCC, du moins de connaître son discours public. Il est impossible ici, faute de place, de couvrir toutes les nombreuses thématiques traitées dans la Gouvernance de la Chine, qui pourtant mériteraient de l’être. Nous ne ferons qu’effleurer quelques aspects. Xi Jinping insiste sur la continuité de l’actuelle ligne du PCC avec ses origines, et la fidélité intactes aux principes fondateurs : « Le système théorique du socialisme à la chinoise est le fruit récent de la sinisation du marxisme qui englobe la théorie de Deng Xiaoping, la pensée importante de la « Triple représentation » et le concept de développement scientifique. Ce système théorique est la continuation, le développement, l’héritage et l’innovation du marxisme- léninisme ni la pensée de Mao Zedong, sinon on perdra les fondements ». En même temps, juste après, il annonce une rupture majeure, mais une rupture dans la continuité : « Dans un même temps, nous devons faire attention à l’application de la théorie marxiste, à la réflexion théorique sur les problèmes réels, à la nouvelle pratique et au nouveau développement autour des problèmes réels liésà la réforme, à l’ouverture et à la modernisation du pays et autour de ce que nous accomplissons présentement. Poursuivre le système théorique du socialisme à la chinoise dans la Chine actuelle, c’est poursuivre à juste tire le marxisme ».

Mais concrètement, qu’en est-il ? Honnêtement, il est assez difficile de reconnaître le marxisme dans la prose de Xi Jinping. La pensée claire et tranchante des classiques du marxisme, qui se reconnaît partiellement encore même dans les écris du PCUS tardif, n’est certes pas totalement absente ici, mais elle est présente comme en filigrane, mêlée à un propos technocratique non exempt de flottements et de contradictions. Des affirmations sur la nécessité de défendre les principes communistes et le socialisme face à toutes les infiltrations d’idées pro-capitalistes et de pertes de convictions font place à des thèses beaucoup plus discutables et que l’on ne voit pas, vraiment pas, comment pour le moins les rendre un tant soit peu compatibles avec le marxisme. La plus contestable à nos yeux étant la décision du XVIIIème Congrès du PCC, celui-là même qui a élu Xi Jinping au poste de secrétaire général, d’attribuer au marché un rôle « décisif » dans l’allocation des ressources, laissant pour l’essentiel à l’Etat celui d’assurer la stabilité macro-économique, ce qui se rapproche dangereusement de la définition d’une économie capitaliste développée. On peu constater également un escamotage quasi-totale de la question de la lutte des classes, au profit d’un idéal d’une « société harmonieuse » (divisée en classes pourtant), et de ce que l’impérialisme est et de la nécessité de combattre sa domination, au profit d’une promotion sans trop de restriction des traités de libre-échange.

Alors ne reste-t-il rien ou presque dans le PCC d’aujourd’hui de ce qu’il fut autrefois ? Pas exactement, non. Les communistes chinois ont gardé une conscience aigue, dans les principes pour le moins, du caractère populaire de la RPC et des devoirs du Parti envers le peuple. Ainsi que Xi Jinping le dit : « Servir le peuple corps et âme est le point de départ et l’objectif final de toutes les actions de notre Parti, et c’est là le trait marquant qui distingue notre Parti des autres. Toute activité du Parti doit prendre les intérêts fondamentaux du peuple comme la norme suprême. Pour pouvoir tester l’efficacité de notre travail, il faut voir si le peuple peut obtenir de réels profits, que sa vie s’améliore vraiment et que ses droits et intérêts soient vraiment garantis. ». Jamais un Juncker ou même un Hollande ne diraient rien de semblable ! On peut constater également que le PCC est en train actuellement de mettre en place une sécurité sociale généralisée pour faire face à l’explosion des inégalités due à la politique de réforme et d’ouverture, et qu’il affirme qu’une telle sécurité sociale est un droit, pendant qu’en Occident la droite et les sociaux-démocrates s’ingénient à inventer des prétextes pour détruire les acquis sociaux des travailleurs.

La question de la politique dite de réforme et d’ouverture menée par le PCC depuis une trentaine d’années est donc extrêmement complexe et mérite d’être étudiée. Nous ne nous permettrons en tout cas pas de jeter l’anathème au PCC – ce qui du reste serait ridicule. On nous permettra toutefois de rester extrêmement sceptique quant au « socialisme de marché », et quant au fait si c’est encore du socialisme.

Alexander Eniline

8ème Fête des peuples sans frontières : préserver notre héritage révolutionnaire pour construire l’avenir !



Cette année, c’est déjà la 8ème édition de la Fête des peuples sans frontières qu’organise le Parti du Travail, du vendredi 3 au samedi 5 juillet, dans le préau de l’école du Mail, une édition placée sous le triple signe de l’héritage, de l’internationalisme et de l’avenir, et du lien indissoluble qui les unit. Car si nous oublions, si nous négligeons notre héritage, notre héritage de pensée et de luttes que nos prédécesseurs nous ont légués, si nous nous limitons à l’ici et au maintenant le plus étroit, ou bien si nous cédons à l’utopie illusoire de tout réinventer en faisant table rase du passé, l’on se condamne au mieux à réinventer l’eau tiède, et au pire à tourner en rond ou bien à céder à toutes les modes, de ne produire qu’une nouveauté purement marketing. Or il en faut bien plus pour tenir tête à l’ennemi de classe et à son écrasante hégémonie idéologique. Ainsi que le disait Thomas Sankara, « En ces temps de tempête, nous ne pouvons pas laisser à nos seuls ennemis d’hier et d’aujourd’hui le monopole de la pensée et de la créativité ».

Et cette pensée et cette créativité, on ne peut pas les avoir si on ne se fonde pas aussi sur une connaissance approfondie de notre propre héritage, qu’il ne s’agit certes pas de simplement conserver, à la façon d’un antiquaire, ou en révérer une image figée – ce serait là le trahir – mais dont il convient de tirer l’inspiration et les enseignements utiles pour les luttes à venir. C’est aussi cela le but de la Fête des peuples.

Cette année, il sera même doublement atteint, puisque nous aurons deux thèmes principaux, avec les deux invités d’honneur que cela implique, ce qui n’était pas tout à fait prévu au départ – mais peu importe, les choses se passent rarement exactement telles qu’on les prévoit. Deux thèmes donc, qui évoquent le tout début, un peu avant même, de la grande vague révolutionnaire qui commence avec la Révolution d’octobre, et sa toute fin, dans les années 80, peu avant la tragique liquidation du socialisme dans la plupart des pays qui l’avaient édifié, en passant par son sommet le plus glorieux, la Grande Victoire de 1945. 

Le tout début donc, il y cent ans, en 1915, en pleine Première Guerre mondiale, les socialistes qui refusaient cette boucherie impérialistes et la trahison de leurs chefs qui avaient conclu les Unions sacrées avec la bourgeoisie, se réunissaient dans le village de Zimmerwald, dans le canton de Berne, pour une conférence internationale à ce sujet et qui allait signer le début d’une nécessaire rupture de tous les militants restés fidèles à leurs principes avec une Deuxième internationale définitivement et totalement faillie, et jeter les bases de ce qui serait le Komintern, le début aussi de notre propre histoire. En 1945 bien sûr, le drapeau rouge était hissé sur le Reichstag, signifiant la défaite totale de la barbarie nazie et le triomphe de l’URSS qui avait supporté le plus gros de l’effort de guerre pour vaincre les hordes hitlériennes, et ouvrit ainsi une étape glorieuse de luttes de libération nationale et pour le socialisme. De 1983 à 1987 enfin, une des révolutions les plus tardives du XXème siècle, celle qui eut lieu au Burkina Faso sous l’impulsion de Thomas Sankara, remporta des succès remarquables, mais fut assassinée, de même que son leader, par les agents de l’impérialisme. Une révolution tardive certes, mais en tout cas pas la dernière, car contrairement à ce que la propagande bourgeoise peut prétendre, la lutte des peuples pour le socialisme n’a jamais cessé et ne cessera jamais, jusqu’à la victoire finale.

Pour en parler, comme invités d’honneur, le Parti communiste de la Fédération de Russie, l’héritier le plus direct et le plus légitime du PCUS, du Parti de Lénine, dont même la trahison de Gorbatchev et de son équipe ne pourra jamais ternir la gloire éternelle, et le Centre Europe Tiers Monde, organisation anti-impérialiste qui a, parmi nombre de publications intéressantes, réédité des discours de révolutionnaires africains, y compris de Sankara. Sans oublier les nombreuses autres organisations qui apportent une contribution précieuse à notre fête.

Puisse la 8ème édition de la Fête des peuples être mémorable !


Alexander Eniline

29 juin 2015

Le 18 octobre prochain, faire entendre une autre voix sous la coupole



Tous les partis représentés aux chambres fédérales soutiennent, à quelques nuances près, le maintien de l’ordre établi et du système capitaliste, et ne diffèrent en réalité que dans les modalités de sa gestion qu’ils proposent. La droite, largement majoritaire, totalement aux ordres des grandes entreprises et des assurances qui en paient les élus – la quasi-totalité des élus de droite aux chambres fédérales siège dans plusieurs conseils d’administration de grandes entreprises, de caisses d’assurance-maladie, etc. – profite de sa position de force pour mener une politique au service exclusif d’une toute petite minorité et au détriment des intérêts les plus fondamentaux d’une large majorité de la population : baisses d’impôts successives pour les plus riches et les grandes entreprises, libéralisation et privatisation, et démantèlement social pour tous les autres. Les effets de cette politique ne manquent pas de se faire sentir : de plus en plus de gens tombent dans la précarité, ce alors que l’argent ne manque pas, et que seul Singapour présente une répartition plus inégale de la fortune sur notre planète. Pendant ce temps, le Parti socialiste, embourbé qu’il est dans sa politique de collaboration gouvernementale avec la droite, et les Verts ont des votes pour le moins à géométrie variable, préfèrent quand au fond la politique du compromis avec l’adversaire de classe à la lutte, et n’ont ni la capacité ni la volonté d’incarner une véritable alternative au service des travailleurs de ce pays.

Cette alternative, seul le Parti Suisse du Travail peut véritablement l’incarner, c’est dans ce but qu’il fut fondé en 1944. Pour relever ce défi, nous présenterons des listes aux prochaines élections fédérales fixées au 18 octobre prochain dans sept cantons – Genève, Vaud, Neuchâtel, Jura, Berne, Zürich et Tessin – sous notre propre nom, ou dans le cadre d’une alliance avec d’autres forces. A Genève, Ensemble à Gauche présentera une liste principale au Conseil national, assortie d’une liste jeunes et d’une liste internationale sous-apparentées, ainsi que d’une liste pour le premier tour de l’élection du Conseil aux Etats. Seuls des candidats du Parti du Travail et de solidaritéS y figureront, les autres composantes d’Ensemble à Gauche ayant fait le choix de ne pas participer  à cette élection.

Il y a cette fois-ci des chances bien réelles de décrocher un siège dans plusieurs cantons, voire d’en faire les cinq nécessaires pour former un groupe parlementaire. Certes, pourrait-on se dire, quelques sièges sur les deux cent que compte le Conseil national ne feront pas vraiment la différence. Certes, mais c’est le début d’une contre-offensive. Nous comptons utiliser cette présence politique aux chambres fédérales pour y mener une lutte politique différente de celle que fait le Parti socialiste, une lutte de classe sans concessions, et donner ainsi un appui indispensable pour fédérer les luttes au niveau fédéral contre les politiques antipopulaires de la droite et pour un meilleur avenir. Ainsi que l’a dit Lénine dans le Discours sur le parlementarisme, en 1920 : « Ce n’est qu’en faisant partie du parlement bourgeois que l’on peut, partant des conditions historiques données, lutter contre la société bourgeois… Aux conditions qui déterminent la ligne politique de toutes les classes de la société contemporaine vous substituerez votre propre volonté révolutionnaire ».


Nos éventuels élus au Conseil national s’engagent à mener une lutte sans concession contre toute régression sociale, qu’elle soit impulsée ouvertement par la droite ou par des personnes soi-disant de gauche, comme le conseiller fédéral « socialiste » Berset, pour une meilleure réparation des richesses, pour le progrès social, pour la défense des droits démocratiques et contre la dérive sécuritaire qui nous amène aux portes d’une dictature déclarée, contre les traités de libre-échange dont le seul but est de donner les pleins pouvoirs aux multinationales et de réduire toute démocratie à néant ; et au-delà de ça d’utiliser notre présence politique au Conseil national pour montrer à tous que les contradictions de plus en plus profondes du capitalisme ne peuvent être résolues dans le cadre du capitalisme même et que leurs solution nécessite une rupture radicale et profonde, pour construire la lutte pour cette nécessaire rupture avec l’ordre établi, oppressif et injuste : le socialisme.

15 mai 2015

Allocution prononcée à l’occasion de la commémoration des 70 ans de la Grande Victoire sur le nazisme



Chères et chers camarades,

Il y exactement septante ans, les derniers responsables du haut commandement militaire de la Wehrmacht signaient l’acte de capitulation inconditionnelle de l’Allemagne nazie en présence du maréchal soviétique Joukov et du général britannique Tedder, avec pour témoin un général étatsunien et un général français. La capitulation entrait en vigueur le 9 mai à 1h01 selon l’heure de Moscou, mais encore le 8 mai à 23h01 pour l’Europe occidentale, mettant ainsi fin au conflit le plus meurtrier de toute l’histoire de l’humanité. La Deuxième Guerre mondiale, elle, n’était pas encore tout à fait finie puisque l’Empire du Japon allait continuer le combat pour encore quelque temps.

Même en faisant abstraction de toutes considérations conjoncturelles, très importantes par ailleurs, même si le socialisme avait déjà triomphé sur toute la surface du globe, nous aurions considéré comme un devoir de commémorer cette date, tant son importance est centrale dans l’histoire de l’humanité, tant son importance est centrale pour notre propre histoire, pour l’histoire du mouvement communiste et ouvrier, pour l’histoire de notre propre Parti. Nous aurions dans tous les cas considéré comme un devoir de rendre hommage à l’héroïsme du peuple soviétique, qui a perdu près de vingt-sept millions des siens pour vaincre le nazisme, aux partisans communistes qui se sont battus dans bien des pays contre l’oppression fasciste, et à tous ceux qui ont pris les armes contre le Troisième Reich et ses alliés, car sans eux nous ferions le salut nazi aujourd’hui, notre Parti et nos idées seraient strictement illégales, et nous n’aurions jamais connu ni démocratie ni acquis sociaux.

Toutefois, la conjoncture présente ne nous permet pas de faire de cette journée simplement une commémoration et lui donne aussi un sens de lutte, de lutte pour la vérité et de lutte de classe. En effet, si vous demandez à une personne au hasard dans la rue quel pays a le plus contribué à libérer le monde de la terreur nazie, dans neuf cas sur dix vous aurez pour réponse : les Etats-Unis d’Amérique. Si vous lui demandez encore quelle fut la bataille des batailles, celle qui renversa le cours de la Guerre, vous aurez des grandes chances d’avoir comme réponse : le débarquement de Normandie. Ces deux réponses sont absolument fausses, mais c’est pourtant là la partie émergée de l’iceberg. Si vous poursuivez la conversation, vous aurez probablement la possibilité d’entendre des déclarations, tout de même surprenantes, comme quoi communisme et nazisme au fond ne sont pas si différents et que Staline et Hitler n’étaient pas loin d’être des alliés. Votre interlocuteur fictif citera sans doute à l’appui de sa thèse le pacte germano-soviétique, alors qu’il n’aura sans doute jamais entendu parler des Accords de Munich. Et ne parlons même pas de ce qui se fait dans les pays baltes aujourd’hui, où les vétérans de la SS défilent ouvertement et sont célébrés comme des patriotes, sous le silence assourdissant de l’Union européenne. L’Ukraine a fait encore un pas de plus sur cette pente glissante, en réhabilitant ouvertement ceux qui ont pris fait et cause pour Hitler en tant qu’héros de la nation, en reprenant officiellement des symboles nazis à peine détournés, en révisant ouvertement l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale – on se souvient du premier ministre Iatseniouk qui a déclaré sans sourciller que c’est l’URSS qui avait attaqué l’Allemagne ! – et en faisant du symbole du 9 mai l’étendard rouge et noir des collabos bandéristes – c’est comme si la France célébrait demain le 8 mai sous la Francisque !

Ce tableau peu reluisant est entièrement le résultat d’un révisionnisme historique pratiqué sans la moindre once de scrupule en Occident, de décennies d’une propagande bourgeoisie effrénée et mensongère. De quoi relativiser le caractère démocratique de nos sociétés, tant un mensonge mille et mille fois répété par des canaux « autorisés » finit par faire oublier la vérité et à se faire passer pour elle…

Et dans ces circonstances, notre premier devoir est de rétablir la vérité des faits. Non, ce ne sont pas les Etats-Unis qui ont libéré le monde du nazisme. Leur rôle était en réalité pour le moins secondaire. Le débarquement de Normandie n’eut lieu qu’en 1944, lorsque le Reich était déjà aux abois. Il ne fut organisé que dans le but d’empêcher l’armée soviétique d’avancer jusqu’à l’Océan atlantique et de libérer l’entier du continent du fascisme comme du capitalisme. Et encore, Staline dut faire accélérer la prise de Berlin pour empêcher que les troupes alliées ne soient repoussées vers la mer. Il faut le dire et le redire : c’est l’Union soviétique qui assuma l’essentiel de l’effort de guerre face à Hitler et ses alliés, le cours de la guerre fut véritablement renversé à la toute fin de l’année 1941, quand les armées nazies furent repoussées devant Moscou, et la Bataille des batailles, celle qui rendit évident aux yeux de tous que la défaite des nazis était inéluctable était la bataille de Stalingrad. L’ex Yougoslavie et l’Albanie furent libérées par leurs propres partisans communistes, sans oublier non plus le rôle des résistants communistes dans d’autres pays, en France et en Italie notamment, qui furent longtemps bien seuls à lutter. Et si on regarde la guerre face à l’Empire du Japon, dont les crimes n’étaient pas moindres que ceux du Troisième Reich, les Etats-Unis, dans ce cas là aussi, n’ont assuré qu’une partie de l’effort de guerre. Leur attribuer tout le mérite serait oublier la lutte héroïque du peuple chinois, du peuple coréen, et de plusieurs autres, pour leur libération. Ce serait oublier également que la grande armée japonaise du Kwantung avait été battue par l’armée soviétique, et qui si l’empereur Hirohito avait déposé sa capitulation aux mains des Etats-Unis, c’était pour empêcher in extremis une occupation soviétique du Japon et ainsi garder son trône.

Pour rappeler cette évidence, qui n’a nullement besoin d’être prouvée tant elle est évidente, il suffit de rappeler les chiffres des décès imputables à la Deuxième Guerre mondiale : près de vingt-sept millions de Soviétiques, militaires comme civils, perdirent la vie du fait de la guerre, vingt millions de Chinois, et plusieurs millions de Yougoslaves. C’est même le quart – le quart ! – de la population de la République socialiste soviétique de Biélorussie qui perdit la vie au cours de la guerre. A contrario, c’est 400’000 étatsuniens qui furent tués au cours du conflit, presque tous des militaires.
Il faut rappeler aussi qu’à l’époque personne n’osait soutenir un révisionnisme historique aussi grossier, ni de nier la vérité, tant elle était alors évidente pour tous. Je ne citerai les propos que de trois des dirigeants majeurs du monde capitaliste d’alors. Winston Churchill tout d’abord, peu suspect de sympathie prosoviétique tant c’était un anticommuniste forcené qui avait joué un rôle majeur dans les interventions militaires occidentales destinées à renverser le pouvoir bolchevik dès ses premiers jours et tant il s’était empressé d’ouvrir les feux de la Guerre froide alors que les décombres de Berlin fumaient encore ou presque : « …Aucun gouvernement n’aurait tenu face à de telles terribles et cruelles blessures, qu’Hitler avait infligé à la Russie. Mais la Russie soviétique a non seulement tenu et s’est rétablie de ces blessures, mais a également porté à l’armée allemande un coup d’une puissance telle, que n’aurait pu lui porter aucune autre armée au monde […] La monstrueuse machine du pouvoir fasciste fut brisée par la supériorité de la manœuvre russe, de la bravoure russe, de la science militaire soviétique et de l’excellent commandement des généraux soviétiques […] A part l’armée soviétique, il n’y avait pas de telle force, qui pût briser l’échine de la machine militaire hitlérienne […] C’est bel et bien l’armée russe qui a éviscéré la machine militaire germanique ».

Franklin Roosevelt ensuite : « Du point de vue de la haute stratégie […] il est difficile d’échapper à ce fait évident, que les armées russes anéantissent plus de soldat et d’armements de l’adversaire, que toutes les autres 25 Etats des nations unies toutes ensemble ».

Sans oublier le général de Gaulle : « Les Français savent ce qu’a fait la Russie soviétique et ils savent que c’est elle qui a joué le rôle principal dans leur libération ».

Le combat pour la vérité est d’autant plus urgent pour nous que l’objectif de nos adversaires de classes dans cette entreprise de falsification de l’histoire est on ne peut plus clair : effacer de la mémoire et des cœurs des peuples le souvenir de l’idée du socialisme, d’effacer de leur mémoire et de leurs cœurs la glorieuse espérance que le drapeau rouge hissé sur le Reichstag avait incarné pour des centaines de millions de personnes à travers le monde, l’enthousiasme énorme que la Grande Victoire avait suscité, l’impulsion énorme qu’elle avait apporté aux luttes sociales dans les pays capitalistes, comme aux luttes pour la libération nationale et le socialisme dans les colonies. Sans la Victoire de 1945, sans le fait qu’elle fut gagnée sous le drapeau rouge, nous n’aurions jamais connu ni une inflexion dans les rapports de force entre les classes, ni la sécurité sociale, ni la décolonisation. Sans la Victoire de 1945, le racisme d’Etat, la ségrégation, l’apartheid, les empires coloniaux existeraient sans doute encore et les Etats capitalistes ne seraient probablement pas des démocraties. Sans la Victoire de 1945, le succès initial que notre propre Parti avait connu à ses débuts n’aurait jamais été possible. La Grande Victoire de 1945 garde en ce sens à tout jamais une portée révolutionnaire qu’il est impossible de surestimer et que nous devons absolument sauvegarder.

Aussi il n’est pas étonnant que la classe dirigeante des centres impérialistes, les héritiers de ceux qui avaient préféré Hitler au Front populaire, haïssent le symbole que représente le drapeau rouge sur le Reichstag et travaillent à en effacer autant que possible le souvenir du cœur des peuples, car sans cela ils ne pourraient pas réécrire l’histoire, ils ne pourraient pas faire rentrer dans les têtes le mythe absurde et antihistorique des deux « totalitarismes jumeaux », avec pour corollaire contemporain les « extrêmes qui se rejoignent », comme moyen de légitimation des diverses idéologies de droite et centristes – le libéralisme, le conservatisme, la démocratie chrétienne, la social-démocratie – et des partis gouvernementaux qui les incarnent, de tuer l’espoir d’un monde plus juste, de faire accepter leur régime rétrograde et oppressif comme le seul possible. Le but de la droite européenne est de détruire tout ce que la victoire soviétique de 1945 avait permis de créer. Ainsi que l’avait dit Denis Kessler, représentant du MEDEF mandaté par Sarkozy pour le conseiller dans son projet de démantèlement social : « C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la résistance ». La réalisation d’un tel programme réactionnaire ne serait pas possible sans effacer de la mémoire des classes populaires le souvenir de ce que fut vraiment la victoire de 1945, sans une falsification historique éhontée, qui autorise tous les mensonges aux yeux de ceux qui s’y livrent.

Naturellement, la vision idéologisée et déformante de l’histoire qui y sert de fondation théorique est absurde et grotesque, et la combattre est pour nous à la fois un devoir et une nécessité, car sinon elle nous fera à jamais obstacle. Le mythe des deux totalitarismes jumeaux ne résiste pas un instant à la critique, puisqu’il est frappé de deux tares, qui font qu’en réalité il n’en reste rien. Le rapprochement artificiel entre socialisme et nazisme ne procède que de quelques comparaisons superficielles, et surtout d’une falsification éhontée de ce que le socialisme réel fut dans les faits pour ceux qui le vécurent. Je ne dis certes pas que tout fut parfait et irréprochable dans la construction du socialisme en URSS et dans les pays socialistes existants ou ayant existé, et que des problèmes, des erreurs et des abus graves n’y sont pas survenus. Il n’en reste pas moins qu’eu égard aux conditions extrêmement hostiles et aux innombrables difficultés objectives quasi-insolubles auxquelles ils durent faire face, le bilan des communistes qui ont réussi à édifier le socialisme fut pratiquement partout absolument remarquable. Et quant à ceux qui sont prompts à décocher des critiques faciles à l’emporte-pièce à la direction soviétique d’avant Guerre, s’ils s’étaient eux retrouvés aux commandes du pays à ce moment là, ils n’auraient en tout cas pas fait mieux, sans doute n’auraient guère tenu plus de quelques mois au pouvoir, et auraient en tout cas perdu la guerre. Les réalisations en termes de progrès social des pays socialistes furent tout simplement extraordinaires, et bien supérieures à tout ceux qui put jamais être réalisé dans n’importe quel pays capitaliste, même les plus développés. C’est sans doute difficile de faire comprendre aux gens cette vérité aujourd’hui, cela va en tout cas à contre-courant ; mais comme on dit, seuls les poissons morts nagent dans le courant. Ou comme l’avait dit Jean Jaurès : « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire, c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques ». Entre l’idée d’émancipation humaine et de progrès social que représente le communisme, entre son incarnation, certes en-deçà de ce que certains espéraient dans le socialisme réel, et le despotisme réactionnaire fasciste et nazi, négateur de toute liberté et de toute dignité humaine, fossoyeurs de toutes les idées humanistes, raciste et impérialiste, au seul bénéfice d’une toute petite bourgeoisie impérialiste, il n’y a rien, absolument rien de commun.

Quant au pseudo-argument du pacte germano-soviétique, sensé prouver une soi-disant convergence objective entre communisme et nazisme, on fait juste semblant d’oublier que la droite française avait « préféré Hitler au Front populaire », que les sympathies envers le nazisme, quand ce n’est pas un soutien ouvert au Reich, étaient légion dans les pays capitalistes d’alors, que la droite britannique et française avait recherché une alliance avec Hitler au nom de l’anticommunisme, que Staline avait proposé aux démocraties capitalistes une grande alliance antifasciste, mais qu’au lieu de cela ils ont juste préféré de signer les accords de Munich avec le Reich, et que la direction soviétique n’avait plus d’autre choix que de signer à son tour un pacte de non-agression avec l’Allemagne sous peine de devoir faire la guerre à toutes les puissances impérialistes à la fois, guerre qu’elle n’était pas en mesure de gagner, enfin que les Etats-Unis et le Reich ont tenté de négocier en secret une paix séparée en 1944 contre l’URSS – négociations heureusement sabotées par des agents secrets soviétiques. Alors oui, le pacte germano-soviétique fut sans doute hautement contestable d’un point de vue politique, mais, très loin d’une quelconque convergence, il n’était pour l’URSS qu’un moyen de gagner deux précieuses années de temps pour réorganiser son armée et déplacer ses usines à l’Est du pays, en attente d’une guerre que la direction soviétique savait imminente et inévitable, et sans lequel la guerre n’aurait peut-être pas été gagnée.

La seconde tare du discours mensonger sur les « totalitarismes jumeaux », c’est que pour fonctionner, pour glorifier le libéralisme, il procède d’un tour de force scandaleux : ne prendre en compte que les métropoles, et faire complétement impasse sur les colonies. Mais tous les pays occidentaux un tant soi-peu importants étaient des puissances coloniales en ce temps, et le seraient encore sans la Victoire de 1945 et la dynamique émancipatrice qu’elle avait ouverte, et les colonies faisaient partie à part entière de leur territoire souverain. On ne peut donc en faire abstraction. Le cas des USA n’était pas fondamentalement différent, vu que c’était une puissance néocoloniale qui contrôlait directement et indirectement un certain nombre de territoire à l’étranger, sans oublier qu’ils avaient conquis leur propre territoire par un processus de colonisation en direction de l’Ouest, exterminant pratiquement toute la population autochtone. Si on prend en compte les colonies, on peut aisément constater que si convergence il y a c’est entre le fascisme et l’idéologie bourgeoise classique du XIXème et XXème siècle, celle qui unissait les libéraux et les conservateurs. Mieux encore, le fascisme se situe dans la stricte continuité de l’idéologie bourgeoise classique, simplement il la pousse à l’extrême, ou plutôt il l’applique à des populations européennes. L’oppression d’autres peuples au nom d’une prétendue supériorité raciale ? Tous les pays coloniaux l’ont pratiquée allégrement au détriment des peuples africains, asiatiques, autochtones américains, océaniens ; ils s’estimaient en droit de les traiter comme des esclaves, comme des animaux, et en tout cas pas mieux que les nazis ne le faisaient avec leurs victimes. Toutes les puissances coloniales ont multiplié les crimes coloniaux, des tortures, des mises au travail forcé, des massacres par millions, qui n’avaient rien à envier à ceux des nazis. Y compris le crime de génocide. Car quel est le premier génocide du XXème siècle ? Le Pape avait dernièrement dit que c’était le génocide arménien. C’est certes louable de reconnaître le génocide arménien, qui reste toujours contesté par certains de nos jours, mais il n’était pas le premier génocide du XXème siècle. Car le premier génocide du XXème siècle eut lieu en Namibie, sur ordre d’un gouverneur allemand, qui décida, conformément aux instructions de son empereur, d’exterminer la population autochtone pour laisser la place à des Allemands. Il est presque arrivé à ses fins. Et ce n’était malheureusement pas le premier génocide colonial. Tous les crimes que les nazis commirent avaient déjà été commis avant eux. Hitler ne fit en ce sens rien de nouveau que de faire subir à des populations européennes – les Juifs, les Tsiganes, les Slaves, les communistes, les homosexuels, les handicapés – ce que d’autres avaient déjà enduré de la main de l’auto-proclamée « race des seigneurs ». Les libéraux, les conservateurs et les centristes ont allègrement participé aux crimes coloniaux. Winston Churchill eut d’ailleurs un lot de crimes particulièrement lourd sur la conscience. Les sociaux-démocrates ont fini par les cautionner presque sans réserve. Ces partis n’ont pas la moindre leçon de démocratie ou de respect des droits de l’homme à donner, à qui que ce soit.

Pour prendre un exemple de l’état d’esprit qui régnait au sein de la classe dirigeante européenne avant même le fascisme, citons un extrait d’un discours adressé par l’empereur d’Allemagne Guillaume II à ses troupes envoyées en Chine : « Il n’y aura pas de clémence et l’on ne fera pas de prisonniers. Quiconque tombe entre vos mains, tombe sous vos coups ! [...] Puisse par votre œuvre s’affirmer le nom « allemand » pour des millénaires en Chine afin qu’aucun Chinois, aux yeux bridés ou non, ne puisse oser regarder un Allemand en face ». Du reste, Jean Vincent, fondateur et ancien secrétaire-général du Parti, avait décrit en des mots saisissants à quoi ressemblait la Chine sous domination coloniale, plus précisément Shanghai sous domination britannique, telle qu’il l’avait vue : une misère telle qu’on ne l’imagine pas, des cadavres d’enfants morts de faim si nombreux qu’on n’y faisait plus attention, un mépris envers les locaux de la part des britanniques qui dépassait toute mesure, une inscription « interdit aux chiens et aux Chinois » à l’entrée des parcs – pour les britanniques les Chinois valaient moins que les chiens ! –, le tout sous le regard indifférent des quelques uns qui amassaient des fortunes immenses sur le dos d’un peuple qui mourrait de faim. Aussi, quand on voit fleurir dans nos contrées toutes sortes de critiques fantaisistes à l’égard de Mao Tse Toung, accusé d’être peut-être le pire criminel de tous les temps, on ne peut qu’apprécier l’hypocrisie de l’Occident, dont les classes dirigeantes dissimulent à peine leur nostalgie de cette époque bénie pour elle ou la Chine était divisée, impuissante, et à leur merci. Car il faut le réaffirmer, oui, Mao Tse Toung et le Parti communiste chinois ont libéré la Chine d’une oppression coloniale séculaire et permis à la Chine de retrouver son indépendance, son unité et sa grandeur. Quoi que l’on pense du tournant pris par le Parti communiste chinois depuis Deng Xiaoping, la simple honnêteté intellectuelle contraint de reconnaître le progrès social énorme pour le peuple chinois que la révolution chinoise a apporté.
Comme l’avait très justement dit Thomas Mann : « Placer sur le même plan moral le communisme russe et le nazi-fascisme, en tant que tous les deux seraient totalitaires, est dans le meilleur des cas de la superficialité, dans le pire c’est du fascisme. Ceux qui insistent sur cette équivalence peuvent bien se targuer d’être démocrates, en vérité, et au fond de leur cœur, ils sont déjà fascistes ; et à coup sûr ils ne combattrons le fascisme qu’en apparence et de façon non sincère, mais réserveront toute leur haine au communisme ».

C’est absolument exact, et cette citation ne se vérifie que trop aujourd’hui. C’est une honte tout particulière que tous les dirigeants occidentaux, tous sans exception, ont boycotté la commémoration du 9 mai à Moscou cette année, cela parce que la Fédération de Russie met des bâtons dans les roues du gouvernement ouvertement néo-nazi ukrainien qu’ils soutiennent par calcul géopolitique. Mais c’est absolument logique qu’ils boycottent la cérémonie à Moscou, comme le fait qu’ils soutiennent les néo-nazis ukrainiens, comme le fait qu’ils ferment les yeux sur la réhabilitation des anciens SS dans les pays baltes. Cela va dans la droite ligne de leur haine de ce que le 9 mai représente, de leur volonté de l’effacer des mémoires, de leur volonté de criminaliser le communisme et tout ce qui s’y rapporte de près et de loin, alors qu’ils laissent une extrême-droite de plus en plus ouvertement fasciste prospérer.

Car qu’est-ce que le fascisme ? Georges Dimitrov en donne une définition devenue désormais classique : « Le fascisme est la dictature ouvertement terroriste des éléments les plus impérialistes, les plus réactionnaires, les plus chauvins, du capital financier. Le fascisme n’est pas un pouvoir au-dessus des classes et non le pouvoir de la petite bourgeoisie ou du lumpen prolétariat sur le capital financier. Le fascisme est le pouvoir du capital financier. C’est une organisation de représailles terroristes contre la classe ouvrière et la partie révolutionnaire de la paysannerie et de l’intelligentsia. Le fascisme en politique étrangère est le chauvinisme dans sa forme la plus grossière, cultivant la haine zoologique contre d’autres nations. »

Réfléchissons un instant à cette définition, et pensons aux Etats-Unis. Certes la correspondance n’est pas totale, mais en est on si loin ? Dès la capitulation du Reich et du Japon, les Etats-Unis ont pris la tête de la réaction mondiale. Ils ont menée des guerres criminelles, en Corée, au Vietnam – et nous célébrons cette année les 40 ans de la victoire de la République socialiste du Vietnam sur l’impérialisme américain ! – puis d’autres encore, sans pratiquement une seule année sans qu’ils interviennent dans d’autres pays souverains. Les Etats-Unis ont également de plus en plus réduit les droits démocratiques des citoyens depuis une dizaine d’année, et l’Europe les suit dans cette voie. Nous vivons actuellement une crise systémique du capitalisme, d’une profondeur inédite et sans issue dans le cadre du système actuel. Les deux crises précédentes d’une ampleur comparable ont débouché sur des guerres mondiales. Le caractère profondément réactionnaire, socialement destructeur, hostile aux intérêts des larges masses populaires, incompatible avec la démocratie à terme du capitalisme s’accentue. Toutes ses contradictions s’aggravent à l’extrême. Le danger de guerre et la tentation de la classe dirigeante de recourir à une dictature déclarée se précisent.

En ces temps de tous les dangers et de durcissement de la lutte des classes, nous devons être à la hauteur des enjeux et de nos tâches historiques, lever haut notre drapeau rouge, celui qui fut hissé sur le Reichstag pour signifier la défaite du nazisme et de la réaction.

Ainsi que l’a écrit hier Fidel Castro : « Les 27 millions de Soviétiques, morts dans la Grande Guerre patriotique, ont aussi donné leur vie pour l’Humanité et pour le droit à penser et à être socialistes, à être marxistes-léninistes, à être communistes et à sortir de la préhistoire. »

Gloire éternelle donc à tous ceux qui ont combattu le nazisme !

Gloire éternelle au peuple soviétique qui a perdu 27 millions des siens pour la Victoire !

Gloire éternelle au Parti bolchevik qui a édifié un pays socialiste capable de vaincre le nazisme !


Et vive le 9 mai et la portée révolutionnaire de ce qu’il représente !